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    Entretien avec Clément Pouillot, directeur du Théâtre 100 Noms à Nantes

    Interview Brèves

    D’abord comédien, metteur en scène ou encore clown à l’hôpital, Clément Pouillot tient les rênes du Théâtre 100 Noms depuis 2017. Il crée en 2021, en collaboration avec 5 autres théâtres nantais, « la Nuit du Théâtre » à Nantes, une initiative unique proposant au public un parcours de nuit à travers le tissu théâtral nantais.Clément Pouillot, © David Carnel

    Pourriez-vous nous décrire votre parcours ?

    Initialement, je suis comédien. J’ai joué sur les scènes parisiennes des Théâtres et Producteurs Associés, au Théâtre Antoine et au Théâtre de Paris entre autres. Je me suis ensuite tourné vers la mise en scène avec une petite compagnie de spectacles jeune public.

     

    Puis la vie m’a fait accompagner mes deux parents vers leurs départs et c’est à ce moment que je me suis formé pour devenir clown à l’hôpital. Cette pratique était très connue pour les enfants et j’ai eu la volonté d’égayer les services adultes. J’ai été formé par le Rire Médecin et ils m’ont envoyé à Nantes pour faire ma partie pratique. Le hasard a fait que j’avais un ami qui travaillait au Théâtre 100 noms et qui m’a mis sur la piste d’une audition. Je suis arrivé en octobre 2015 au théâtre en tant que comédien puis, de fil en aiguille, je me suis investi sur différents projets.

     

    En 2017 la programmatrice m’a proposé de prendre sa place, enfin je suis arrivé à la direction. C’est un heureux concours de circonstances.

     

    Quel est l’origine du nom du théâtre : « Le Théâtre 100 noms » ?

    Quand le théâtre a été créé, il n’y avait pas encore de nom.  Le nom de l’entreprise était littéralement « TSN » : Théâtre Sans Nom. Un jeu-concours a été organisé pour engager les spectateurs à imaginer un nom avec ces initiales. L’un d’entre eux a eu l’idée du jeu de mot : « Théâtre 100 noms ».

     

    De là, nous avons créé une collection de photos Harcourt exposée dans le théâtre qui représentent les 100 noms en question. Le théâtre existe depuis 2013. Nous fêterons notre dixième saison l’année prochaine.

     

    Comment pensez-vous la ligne artistique du Théâtre 100 noms ?

    C’est un théâtre éclectique car notre programmation propose aussi bien des spectacles jeune public que de l’improvisation, des spectacles musicaux, du one-man-show, des comédies ou encore des classiques (par exemple « Le malade imaginaire » de Molière en ce moment).

    « Le malade Imaginaire » au Théâtre 100 Noms

     

    J’ai envie que tout le monde ait une porte d’entrée au Théâtre 100 noms. Nous voulons aussi faire basculer les gens pour leur faire découvrir autre chose. Par exemple, beaucoup de gens arrivent chez nous par le biais du jeune public et découvrent qu’il y a également une programmation pour les adultes.

     

    Au départ, l’orientation du théâtre était vraiment axée sur l’humour avec une programmation de one-man-shows. Beaucoup gardent cette image du théâtre bien qu’aujourd’hui ce type de spectacles représente seulement 10% de la programmation.

     

    J’aime aller chercher les gens et leur faire découvrir de nouvelles choses. En janvier, Alexis Michalik montera « Le porteur d’Histoire ». Ce sera une belle occasion pour présenter un nouvel aspect du théâtre à notre public.

    A ce propos, pourriez-vous nous parler de l’initiative unique que vous avez mise en place avec d’autres théâtres nantais en 2021 : « La Nuit du Théâtre » ?

    Cette idée est arrivée dans une période où nous voulions favoriser la circulation des spectateurs entre les différents théâtres nantais qui ont des programmations différentes. Nous avons la chance à Nantes d’avoir une grande offre en matière de théâtres. Il existe 21 théâtres avec des jauges de 50 à 800 places sans inclure les salles de concert ou les salles municipales.

     

    La première « Nuit du Théâtre » a eu lieu le 24 septembre 2021 après avoir été deux fois reportée. Elle s’est transformée en événement de la rentrée pour relancer l’activité des théâtres et communiquer sur la réouverture des salles de spectacles. L’idée était de proposer  20 spectacles pour faire voyager les gens de théâtre en théâtre tout au long de la nuit de 22h à 7h du matin. Ce fut une grande réussite !

     

    Grâce à l’aide de subventions de la ville de Nantes et du département de la Loire Atlantique, nous avons pu proposer des tarifs très attractifs : 10€ la place ou 20€ le pass pour 3 spectacles. Il y avait une euphorie ambiante et notre taux de remplissage a avoisiné les 80% de. Nous préparons actuellement la prochaine édition en 2022 qui aura également lieu le 24 septembre.

     

    Le théâtre impulse de nombreuses créations, existe-t-il une troupe interne au théâtre ?

    Il n’y a pas de troupe mais une ambiance similaire se crée car les spectacles se jouent longtemps et on retrouve certains comédiens d’un spectacle à l’autre. A mon sens, la troupe peut aussi enfermer la création car il y a toujours une injonction à distribuer tous les comédiens de la troupe. Dans ma réflexion artistique, je veux engager les meilleurs comédiens pour la pièce que je monte et pour les productions du théâtre.

    « Aladin » au Théâtre 100 Noms

     

    Parfois, un comédien ne sera pas fait pour un certain type de rôle. Il faut pouvoir être libre dans les choix. Par exemple, j’ai récemment auditionné une comédienne que je connais bien. Si elle s’est d’abord un peu offusquée de passer par une étape d’auditions, elle est revenue me voir quelque temps après pour me dire combien elle était heureuse, qu’elle se sentait impliquée dans projet parce qu’elle y avait vraiment sa place.

     

    Quelle proportion de la programmation occupent les productions locales par rapport aux spectacles parisiens ?

    Je dirais qu’il y a 70% de production et 30% d’accueil. Je parle en termes de dates car nous programmons près de 50 spectacles à l’année sur lesquels nous avons 5 productions, mais qui jouent beaucoup plus longtemps.

     

    « Le prénom » au Théâtre 100 Noms

     

    Je travaille beaucoup avec le tissu local pour la programmation, et c’est quelque chose que j’ai à cœur de développer.

     

    Aujourd’hui, nous avons une compagnie d’improvisation professionnelle « LA POULE » qui a un rendez-vous mensuel depuis les deux dernières saisons ; nous programmons deux spectacles de la compagnie : « Suprême Fourbi » "Miel" et "Je n’irai pas à Sing Sing" et accueillons le spectacle d’un humoriste local « Drôle de Soirée by Nilson » 2 fois par mois (one man show, plateau d’humoristes ou comédie)

     

    De mon côté, je continue à prendre du temps pour découvrir d’autres compagnies locales afin de les produire au théâtre.

     

    Vous êtes comédien, metteur en scène, directeur. Comment articulez-vous l’ensemble de ces métiers ?

    Je n’ai pas de vraie méthode. Parfois, je passe d’une chose à l’autre dans la journée. Je suis moins comédien car cela demande trop de temps d’implication et de disponibilité pour être au top chaque soir. La mise en scène me permet d’être plus ponctuellement présent sur les créations. Finalement l’un nourrit l’autre. Je ne pourrais pas être à la direction d’un lieu sans être aussi impliqué dans la partie artistique. Je sais aussi que sans une bonne direction et une bonne équipe, l’artistique ne peut pas exister.

     

    Ce qui me plaît, c’est d’être à la jointure. Ce n’est pas simple tous les jours mais j’essaye d’y mettre du cœur, d’autonomiser l’équipe, de me rendre très disponible et de viser les priorités. Sur une période de création par exemple, mon équipe administrative sait que la priorité est donnée à l’activité l’artistique.

     

    Quand j’ai repris la direction du théâtre, je continuais d’être clown à l’hôpital avec la compagnie que j’ai créé Le Nez à l’Ouest. Nous avions une exigence artistique pour les clowns que je ne pouvais plus assumer conjointement à la direction du théâtre. J’ai donc dû mettre mon travail de comédien un peu de côté. Mais je suis heureux de retrouver la scène dans un spectacle qui s’appelle « La famille Bijoux ».

     

    Vous pouvez retrouver Clément Pouillot dans la programmation du Théâtre 100 Noms à la mise en scène du spectacle « Le prénom » les vendredis à 20h15, dans « Le malade imaginaire » les dimanches à 17h15 ainsi que dans « Aladin », un spectacle musical jeune public qui se joue les dimanches à 14h30.


    On peut aussi le voir sur scène dans « La famille Bijoux » les samedis à 19h15 jusqu’au 19 janvier !

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