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Avec « Toute la famille que j’aime » on découvre l’héritage en héritage, ou l’art de se déchirer en famille

Spectacle

Avec « Toute la famille que j’aime », Fabrice DONNIO et Sacha JUDASZKO signent une comédie mordante qui ausculte la famille française là où elle est la plus fragile : L'ARGENT.

Sous des dehors légers et un humour ravageur, la pièce explore les non-dits, les calculs et les lâchetés qui surgissent lorsque l’héritage devient une obsession. Mise en scène par Anne BOUVIER, cette comédie cruellement drôle transforme un salon familial en véritable champ de bataille.

 

Un décor familier, faussement rassurant

Dès l’ouverture, le décor pose le ton : un intérieur américain aux accents Route 66. Jean-Philippe, le père, vient de se faire cambrioler. La mère est morte récemment, ... il y a treize ans.

Et aujourd’hui, on fête son anniversaire — il a entre 63 et 70 ans, on ne sait plus très bien. Un détail ? Pas vraiment. Ici, tout est flou, instable, prêt à exploser. Pingre notoire, fan absolu de Johnny Hallyday, Jean-Philippe semble vivre dans un monde à part, entre souvenirs et tendresse mal assumée.

 

Une mécanique de quiproquos jubilatoire

Convaincus que leur père s’apprête à les déshériter pour imiter son idole Johnny, David et Laura décident d’agir. Leur objectif : le faire passer pour inapte auprès de Madame Brisson, médecin censée l’examiner, pour obtenir le contrôle sur sa fortune.

Problème : Jean-Philippe croit, lui, avoir rendez-vous galant. De là naît une avalanche de quiproquos, de mensonges et de manipulations. Tout un arsenal est déployé pour le faire vaciller : mises en scène grotesques, contradictions absurdes, petites tricheries mesquines.

 

On ment, on triche, on pinaille pour un rien. Une vraie famille de calculateurs.

 

Des personnages délicieusement détestables

David, interprété par Guillaume BOUCHÈDE, est un grand enfant immature, incapable de maîtriser ses nerfs comme ses plans.

 

Laura, campée par Anne-Sophie GERMANAZ, avance masquée, faussement aimante, stratège redoutable. De sale coup en sale coup, ils s’enfoncent dans l’absurde

Raphaëline GOUPILLEAU, en Madame Brisson, trouble les lignes : est-elle médecin, arbitre ou opportuniste attirée par l’or plus que par Freud ?

 

Quant à Michel BOUJENAH, il compose un père touchant et imprévisible, oscillant entre folie douce et lucidité désarmante.

 

Rire jaune, mais rire juste

La grande force de « Toute la famille que j’aime » réside dans son équilibre entre comédie franche et regard acéré. On rit beaucoup, souvent jaune, car tout sonne juste. Derrière les situations cocasses se dessine une réalité glaçante : quand l’argent entre en jeu, l’amour filial vacille.

 

La pièce ne juge pas, elle observe, grossit le trait, et nous tend un miroir parfois inconfortable.

 


 

Drôle, cruelle et terriblement actuelle, « Toute la famille que j’aime » est une comédie efficace qui transforme les travers familiaux en matière théâtrale jubilatoire.

 

🎭 À découvrir sans tarder au Théâtre des Variétés : un spectacle qui fait rire… avant de nous demander ce que nous ferions, nous aussi, pour un héritage.

 

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