Acteur populaire passé par « On ne demande qu’à en rire », Cyril GARNIER sillonne aujourd’hui les routes de France avec deux succès du théâtre privé : la comédie « Rupture à domicile » de Tristan PETITGIRARD, portée par le trio irrésistible Isabelle VITARI, Loup-Denis ELION et lui-même ; et la pièce culte « Lily et Lily » de BARILLET et GREDY, aux côtés de Michèle BERNIER et Francis PERRIN.
Deux productions très différentes, deux atmosphères, mais un même fil rouge : l’exigence du jeu… et la vie de tournée, avec son lot de trains manqués, de loges improvisées, de fous rires et de rituels d’équipe.
Au-delà des projecteurs, Cyril GARNIER nous ouvre les portes d’un quotidien peu connu du grand public : celui des tournées, avec des nuits d’hôtel en cascade, des trajets partagés avec les partenaires de scène, des filages express dans des théâtres qui changent chaque soir, et cette camaraderie unique qui soude les troupes en déplacement.
Comment s’organise une journée type en tournée, du départ au baisser de rideau ?
En tournée, tout dépend de la distance. On part en train ou en voiture selon le trajet. En général, j’attrape un sandwich à la gare et je rejoins notre administrateur de tournée. C’est lui qui fait le lien entre la production, les comédiens et les salles qui nous accueillent. Il gère absolument tout : les déplacements, l’hébergement, la nourriture… un vrai pilier !
Pendant les déplacements, mon ordinateur ne me quitte jamais. Je profite de ces heures de trajet pour écrire, c’est un moment de concentration précieux… quand mes camarades me laissent tranquille. Avec Isabelle VITALI et Loup-Denis ELION – Rupture à domicile – c’est un défi quotidien !
À l’arrivée, chacun prend possession de sa chambre. Je n’ai pas d’exigence particulière, mais j’ai une vraie tendresse pour les petits hôtels indépendants.
La route fatigue moins qu’on ne le pense : la production prend tout en charge, ce qui nous permet de vraiment lâcher prise. Paradoxalement, nous avons moins de charge mentale qu’à Paris, car il n'y a aucun quotidien à gérer. Nous nous concentrons sur l'essentiel, prenons le temps de faire un peu de sport et, surtout... nous tentons d'éviter de déguster tout ce qui est proposé par le catering !
Parfois, l'itinéraire prend un tournant inattendu... Je me souviens de ce soir, il y a plusieurs années : en l'absence de gardien de nuit, l'hôtel nous avait simplement communiqué le code du bâtiment et laissé les clés sur le comptoir. De retour d'un dîner bien arrosé avec l'équipe du théâtre qui nous accueillait, nous avons « emprunté » une bouteille de whisky. Nous avons filé sur la plage, lancé des cailloux aux mouettes (sans jamais en toucher une), refait le monde... Ces souvenirs de partage sont incroyables.
Que se passe-t-il à votre arrivée dans un nouveau théâtre ?
On commence par saluer tout le monde, puis on découvre des loges, on échange avec le régisseur du lieu, et on fait le tour des lumières, du son, on vérifie les repères.
En tournée, chaque plateau a ses particularités avec son lot de surprises. Je viens de l’école des cafés-théâtres et cette expérience m’aide beaucoup, je m’adapte facilement aux espaces.
Quand les dates s’enchaînent, comment gardez-vous concentration, énergie et une troupe soudée pendant la tournée ?
Le secret est simple : il faut dormir. Bien dormir, pour éviter de se blesser ou d’avoir des trous de mémoire.
La tournée, c’est aussi un esprit d’équipe très spécifique. Par exemple, avec l’équipe de « Ruptures à domicile », nous sommes constamment en vigilance bienveillante. On observe le travail des uns et des autres, on se dit les choses, on se tire vers le haut. La précision, c’est la clé.
Les trajets deviennent parfois des répétitions : on fait souvent des italiennes dans le train, sous le regard parfois curieux des autres passagers !
Avez-vous un souvenir marquant, drôle ou inattendu, qui montre l’envers du décor ?
Les comédiens sont des grands enfants ! On se fait des blagues en permanence. Une fois, lors d'une représentation de « A deux lits du délits » j’ai fait peur à Laurence PORTEIL en me cachant sous un élément du décor. Elle a eu tellement peur qu’elle a fait demi-tour… et s’est retrouvée malgré elle sur scène ! Elle a dû improviser en direct devant le public.
Comment vivez-vous le « lendemain de représentation » en tournée ?
On est toujours partagé : à la fois triste de quitter des copains, mais heureux de rentrer chez soi. Nous rencontrons des gens fantastiques partout… qu’on ne reverra sans doute jamais. Chaque tournée est une petite aventure, à l'instar d'une colonie de vacances...
À travers ses récits de trains bondés, de loges éphémères et de camaraderies qui se nouent sur les routes, Cyril GARNIER nous rappelle que la tournée est bien plus qu’un simple enchaînement de dates.
Lorsque la tournée s’achève, on peut retrouver Cyril GARNIER à Paris, sur la scène du Théâtre des Mathurins dans le phénomène interactif « Dernier coup de ciseaux », ou bientôt, en mars 2026 seul en scène au Théâtre Michel avec son spectacle intime et cosmique « J’aurais voulu être astronaute ». Deux occasions de découvrir sous d’autres facettes, un comédien aussi généreux sur scène qu’en coulisses.
Le saviez-vous ?
- Cyril GARNIER est connu collectivement avec Guillaume SENTOU dans le duo d'humoristes « Garnier et Sentou »
- Il a entre autres incarné le rôle de Thomas Delcourt dans la série télévisée quotidienne de TF1 « Demain nous appartient ».
- Passionné d'espace, Cyril GARNIER a été sélectionné en 2013 par le projet « Axe Apollo » pour un vol spatial touristique. Bien que le projet n'ait finalement pas abouti, il lui a inspiré son seul-en-scène « J'aurais voulu être astronaute ».


