L'Antichambre
Paris, 1750. À cinquante ans Marie du Deffand tient un des salons les plus réputés de la Capitale. Son esprit y attire et fascine les grands hommes de l’époque, aristocrates, hommes de lettres ou de sciences.
La cécité la guette : Marie doit se trouver une lectrice, elle choisit la fille illégitime de son frère, mais à une condition...
Entre 'Les Illusions perdues' et 'Les Liaisons dangereuses' dans les salons de Madame Du Deffand, les philosophes des lumières vous attendent.
Mise en scène : Tristan LE DOZE
Distribution : Céline YVON, Marguerite MOUSSET, Remy JOUVIN
Costumes : Jérôme RAGON
Lumières : Stéphane BALNY
Durée
1h15
Première et dernière
Du 07/02/26 au 30/04/26
Infos et réservations
Guichet : 15 Rue du Retrait
7020 Paris
Tél. location : 01 87 446 111
À partir de
7 ans
Plan d’accès Théâtre des Gémeaux Parisiens
Comment se rendre au Théâtre des Gémeaux Parisiens
- Gambetta (L3)
- 26 (Villiers de l'Isle-Adam), 64 (Gambetta - Mairie du XXe), 93 (Pyrénées - Ménilmontant), 60 et 61 (Gambetta)
- 211 av. Gambetta
- Vélib N°20 111 : Villiers de l’Isle Adam - Pyrénées / N°20 035 : Pyrénées - Ménilmontant
- Sortie Porte de Bagnolet Parking : 211 av. Gambetta - 75020 Paris
Dans L'Antichambre, de l'excellent Jean-Claude Brisville, le champ de bataille est feutré. La scène est occupée par 3 personnages qui engagent une conversation où chaque mot pèse et où chaque regard compte. Si l'endroit est banal, une antichambre (terme désuet pour désigner le vestibule, une pièce d'attente dans un grand appartement), c'est pourtant là que se noue l'intrigue.
Et c'est aussi là que le pouvoir s'exerce, dans ces endroits où l'on est observé, où l'on observe, écoute et où on influence. Avec une précision digne d'un grand orfèvre, Brisville nous transporte dans un 18 -ème siècle et offre au spectateur une langue « élégante, vivante, profondément théâtrale ».
C'est aussi une pièce sur la place des femmes à l'époque de l'encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Une place contrainte, surveillée, souvent réduite à l'ombre des hommes de pouvoir. Privées de reconnaissance officielle, elles exercent une influence par l'intelligence, la stratégie et la maîtrise des codes sociaux. Ici, elles pensent, observent et agissent, parfois avec plus de lucidité que ceux qu'elles servent ou côtoient.
Est-ce que cette violence feutrée d'un monde où les femmes doivent composer avec leur condition (user de diplomatie et de ruse pour exister, tout en portant sur leurs épaules le poids des ambitions masculines) est-elle si lointaine ? Cette tension constante entre soumission apparente et liberté intérieure donne à la pièce une résonance étonnamment contemporaine.
Une pièce à voir plutôt deux fois qu'une, et à écouter avec le plus grand soin. Le jeu des actrices Céline Yvon et Marguerite Mousset est superbe et Rémy Jouvin compose une présence impeccable et humoristique.
Avec L'Antichambre, ce sont les rapports de pouvoir, de genre et de parole qui sont évoqués. Sous les dehors d'un théâtre historique, c'est notre rapport au pouvoir et à la place que l'on accorde — ou refuse — aux femmes dans la société qui est abordé.
Ne manquez pas ce moment d'excellent Théâtre et allez occuper une place dans la belle salle des Gémeaux Parisiens