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6 pièces contemporaines à découvrir en mai chez les Théâtres et Producteurs Associés

Spectacle

Salle du théâtre Actuel LA BRUYère


En mai 2026, les Théâtres et Producteurs Associés lèvent le rideau sur une sélection de spectacles contemporains aussi variés qu’engagés à découvrir parmis la pléiade de nouveautés qui fait vibrer la scène parisienne cette saison.

« Ancien malade des hôpitaux de Paris » : une nuit d’urgences… et de rire incontrôlable

Au Théâtre Montparnasse, « Ancien malade des hôpitaux de Paris » propose une parenthèse aussi déjantée que salutaire, portée par la plume incisive de Daniel PENNAC et l’énergie jubilatoire de Olivier SALADIN.

Ce « monologue gesticulatoire », selon les mots mêmes de l’auteur, entraîne le spectateur dans une nuit d’errance hospitalière où le docteur Galvan, jeune urgentiste débordé, vacille entre certitudes et absurdités médicales. 

 

« Le sens de la description, l'humour tout particulier de Daniel Pennac font ici merveille. » – blog THEATRAUTEUR

 

À travers une succession de consultations improbables et de diagnostics insaisissables, le récit devient une véritable course-poursuite burlesque, révélant avec finesse les failles d’un système autant que les travers humains.

 

« C'est plein d'humour et nécessaire, comme un traitement d'urgence contre la morosité. » – CHARLIE HEBDO

 

Seul en scène, Olivier SALADIN réalise une performance impressionnante, incarnant une galerie de personnages avec une précision comique redoutable. Sa virtuosité vocale et corporelle transforme chaque situation en un moment de pur théâtre, oscillant entre humour noir, satire et poésie. Car derrière le rire constant, presque contagieux, affleure une réflexion plus profonde sur la médecine, ses limites et ses illusions.

 

« Une heure quinze de rires, de fous rires grâce à l’imagination délirante de Daniel Pennac et à l’interprétation d’Olivier Saladin.  » – FIGAROSCOPE

 

Jubilatoire et rythmé, « Ancien malade des hôpitaux de Paris » agit comme un remède inattendu : une heure quinze de théâtre où l’absurde soigne, et où le rire, lui, devient véritablement vital.

 

 

« La vie rêvée » : le vertige d’une vie d’artiste

Au Théâtre Actuel La Bruyère, « La vie rêvée » de Kelly RIVIERE déploie un seule-en-scène à la fois intime et universel, où l’autofiction devient terrain de jeu théâtral.

Après le succès d’« An Irish Story », l’artiste revient avec un spectacle qui explore les chemins sinueux entre aspirations profondes et réalité vécue. À travers son alter ego Kelly Ruisseau, elle convoque une galerie de personnages hauts en couleur, surgis de sa mémoire et de son imaginaire, dessinant peu à peu le portrait d’une femme en quête de sens.

 

« Piquant, tournoyant et virevoltant, Kelly Ruisseau s’envole avec panache vers le firmament.  » – LA TERRASSE

 

Avec une aisance remarquable, Kelly RIVIERE fait de son corps un véritable instrument de transformation, passant d’un accent à l’autre, d’une génération à l’autre, avec une fluidité déconcertante. Derrière l’humour omniprésent, souvent teinté d’autodérision, affleure une émotion sincère : celle des rêves contrariés, des illusions perdues, mais aussi de la persévérance et des rencontres qui façonnent une existence.

 

Portée par une mise en scène sobre et poétique, « La vie rêvée » se tisse comme un fil de souvenirs, entre héritage familial et parcours artistique.

 

« Le parfait manuel à l’usage des futurs dictateurs » : quand le pouvoir devient spectacle

Au Théâtre de Belleville, « Le parfait manuel à l’usage des futurs dictateurs » de Mariana LEZIN et Paul TILMONT est une satire politique grinçante aussi ludique qu’inquiétante.

Sous la forme d’un faux guide en dix leçons, le spectacle invite le public à suivre l’ascension d’un apprenti despote, façonné en coulisses par les rouages d’un système où se mêlent influence médiatique, manipulation des émotions et stratégies de pouvoir. Dès les premières minutes, la mise en scène joue avec les codes de la foire et de la conférence décalée, installant une complicité troublante avec le spectateur, tour à tour témoin, élève… et complice.

 

Portée par un trio d’interprètes engagés (Pauline VAUBAILLON,  Paul TILMONT,  Brice COUSIN), la pièce dévoile progressivement les mécanismes insidieux de la domination : banalisation de la haine, détournement du langage, instrumentalisation des peurs collectives. Loin des représentations spectaculaires de dictatures brutales, le spectacle préfère explorer les glissements progressifs, presque imperceptibles, qui fragilisent les démocraties contemporaines.

 

« Le Parfait Manuel interroge notre époque sans la citer frontalement. Il s’agit moins de désigner un coupable que de révéler un mécanisme. Moins de dénoncer que de comprendre. Moins de moraliser que d’alerter.  » – NOTE D'INTENTION

 

« Le parfait manuel à l’usage des futurs dictateurs » propose un théâtre incisif, qui rappelle avec acuité que derrière chaque dérive autoritaire se cache moins un monstre qu’un mécanisme collectif et que le premier rempart reste, sans doute, la vigilance de chacun.

 

« Nous les grosses » : corps et parole à vif

Au Théâtre la Manufacture des Abbesses, « Nous les grosses » de Guillaume DRUEZ est porté par l’interprétation habitée de Stéphane BISSOT.

À travers le personnage de Blanche, quarante-six ans, en lutte constante avec son corps et son image, le spectacle s’attaque frontalement à un sujet encore trop souvent réduit à des clichés : le rapport à la nourriture et ses dérives compulsives. Ici, pas de discours sociologique surplombant, mais une plongée intime, presque viscérale, dans les mécanismes de la boulimie.

 

Ce monologue, construit comme une confession, avance sans détour. Blanche parle, déborde, se raconte, avec une sincérité désarmante qui oscille entre humour, colère et fragilité. Peu à peu, derrière les régimes à répétition et les injonctions sociales, se dessine une souffrance plus profonde, faite de manque, d’ennui et de blessures enfouies.

 

« Magnifique pièce, touchante, drôle, sensible, cathartique sur certains aspects. » – Alex sur TPA.FR

 

Le texte choisit la simplicité pour mieux atteindre sa cible : dire l’indicible, mettre des mots là où le corps, trop longtemps, a pris le relais. « Nous les grosses » devient alors bien plus qu’un récit individuel : une parole libératrice, qui questionne notre regard sur le corps et sur nous-mêmes.

 

« Parce que c’est toi » : Amitié, amour et lignes de faille

Au Théâtre de l'Œuvre, « Parce que c’est toi » de David BASANT et Mélanie REUMAUX (les auteurs de « Pour le Meilleur et Pour le Dire ») explore avec délicatesse les territoires mouvants de l’amitié et de l’amour. 

Dans cette comédie dramatique les relations se tissent, se défont et se réinventent au fil des épreuves. Tout commence par des élans simples : une rencontre, un coup de cœur, une complicité qui s’installe. Mais très vite, la mécanique des sentiments se complexifie, révélant ce que chacun tait ou refuse d’affronter.

 

Au cœur de la pièce, le lien entre Simon et Alex se dessine comme un refuge fragile, une amitié masculine pudique, rarement exprimée, mais profondément ancrée. L’arrivée du drame agit alors comme un révélateur, faisant émerger tensions, non-dits et vérités enfouies. Autour d’eux gravite une galerie de personnages qui bousculent cet équilibre, à commencer par Jo, sœur incisive, et Manu, figure plus douce, apportant un contrepoint.

 

« Tout le défi est de traiter un drame …avec le rythme et l’humour qui sied à une comédie. » –  Note D'intention

 

La pièce joue sur les contrastes : légèreté des dialogues, intensité des situations, humour et gravité entremêlés. « Parce que c’est toi » questionne avec justesse ce qui nous lie aux autres : jusqu’où peut-on aller par amitié ? Que reste-t-il quand les certitudes vacillent ?

 

« Fin, Fin et Fin » : une apocalypse joyeusement absurde

Au Théâtre Lepic, « Fin, Fin et Fin » de Lancelot CHERER est un ovni théâtral aussi jubilatoire qu’inattendu. Le point de départ est aussi simple que vertigineux : la fin du monde est annoncée… et trois amis décident d’aller pique-niquer. De cette situation absurde naît une comédie apocalyptique qui détourne avec malice les codes du film catastrophe pour mieux interroger notre rapport à la normalité, au pouvoir et à l’amitié.

 

Sur scène, tout s’emballe dans une succession de tableaux rythmés où les comédiens, survoltés, enchaînent les personnages avec une énergie communicative. Entre tempêtes de sauterelles et absurdités administratives, le spectacle déploie un univers décalé où la société continue de fonctionner comme si de rien n’était, révélant avec humour l’absurdité de nos automatismes. Derrière le rire, souvent franc et immédiat, se dessine une satire plus mordante, pointant les dérives autoritaires et l’inertie collective face à l’effondrement.

 

Mais « Fin, Fin et Fin » est aussi une ode à l’amitié, à ces liens essentiels qui prennent tout leur sens lorsque tout vacille. Dans l’urgence de la fin, les gestes les plus simples deviennent précieux, les conflits dérisoires, et le présent, intensément vivant.

 

« C'est la fin du monde en version Monthy Python avec une dénonciation écologique de l'autoritarisme d'état, portée par des acteurs prodigieux. Génialissime ! » – LA PROVENCE

 

Inventive, déjantée et profondément humaine, la pièce transforme l’apocalypse en terrain de jeu théâtral, rappelant avec panache que, même au bord du chaos, le rire reste une forme de résistance.

 


 

Autant de propositions à découvrir sans tarder, qui témoignent de la vitalité et de la richesse du spectacle vivant : une belle occasion de pousser les portes des théâtres, de se laisser surprendre et d’aller à la rencontre de ces créations… et de bien d’autres encore.

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