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    Le Hasard Merveilleux 

    Le Hasard Merveilleux au Théâtre de la Contrescarpe
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    Théâtre de la Contrescarpe - Paris

    Contemporains Comédie dramatique One Man Show Seul en scène

    De Jean-Christophe DOLLE

    Un merveilleux hasard ramène Sylvie, entraîneure de l’équipe de handball féminine d’Aubervilliers, dans sa ville natale : Constantine en Algérie, ville qu’elle a dû quitter encore petite... Lire plus

    Un merveilleux hasard ramène Sylvie, entraîneure de l’équipe de handball féminine d’Aubervilliers, dans sa ville natale : Constantine en Algérie, ville qu’elle a dû quitter encore petite fille, en 1962, à la fin de la guerre.
    Son passé la rattrape, faisant resurgir des blessures enfouies, des rires et des pleurs qu’il a fallu cacher. Réveillant les visages du passé, elle retrouve le sentier de son enfance que l’exil avait pulvérisé. Ses souvenirs volent au vent, reconstruisant son être, réconciliant dans un rire ce qui jusque là ne pouvait être réuni.


    Un monde magique s’ouvre à nous, où les morts apparaissent, où les objets parlent, où les rêves, les souvenirs et la réalité forment une étrange alchimie. Il paraît même que depuis qu’elle raconte cette histoire la paix règne sur le monde. Vous la croyez ?

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    Distribution :

    Brigitte GUEDJ

    Mise en scène :

    Laurent NATRELLA

    Lumière :

    Damien DUFOUR

    Costumes & accessoires :

    Delphine BROUARD

    Assistant mise en scène :

    Anne DIDON

    Création sonore :

    Dominique BATAILLE

    La presse parle de Le Hasard Merveilleux

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    "Le hasard merveilleux", un petit bijou de spectacle.

    Monologue dramatique de Jean-Christophe Dollé interprété par Brigitte Guedj dans une mise en scène de Laurent Natrella. Cris de mouettes, sirène de bateau. A la faveur du "Tournoi de l'amitié" à Constantine sa ville natale, Sylvie, entraîneuse d'une équipe féminine de... Lire plus

    Monologue dramatique de Jean-Christophe Dollé interprété par Brigitte Guedj dans une mise en scène de Laurent Natrella.

    Cris de mouettes, sirène de bateau. A la faveur du "Tournoi de l'amitié" à Constantine sa ville natale, Sylvie, entraîneuse d'une équipe féminine de handball d'Aubervilliers qui représente la France, vient de retrouver son passé. Et tout lui revient.

    Elle va raconter comment cet épisode a changé sa vie. Au cours de cette journée extraordinaire, la vie de Sylvie va devenir une extraordinaire aventure sur les traces de son enfance.

    L'écriture limpide, à la fois drôle, tendre et caustique de Jean-Christophe Dollé donne à Brigitte Guedj un rôle sur mesure où peut briller toute sa gouaille, son émotion et son jeu instinctif. Elle est terriblement attachante et conduit le spectateur de surprise en surprise dans un texte qui est une terrible allégorie du contexte actuel.

    Le tournoi de l'amitié va en effet vite devenir le reflet des tensions entre les différentes communautés religieuses. Il faudra pour redonner de l'apaisement aux équipes, toute la sagesse et l'humanité d'une femme en lien avec Sylvie et dont on va découvrir peu à peu l'histoire.

    Elle sera peut-être celle qui parviendra à faire changer la face du monde. Même si ce n'est qu'une illusion, la force de conviction de Sylvie parvient à rendre cette possibilité crédible.

    La mise en scène délicate et magique de Laurent Natrella avec un mélange de légèreté et d'effets comiques appuyés mène ce récit de réconciliation, à la fois manifeste féministe et fable humaniste, sur un rythme effréné.

    "Le hasard merveilleux", un petit bijou de spectacle.

     

    Nicolas Arnstam

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    C’est notre coup de cœur de ce début d’année 2020 !

    L’amour en héritage C’est notre coup de cœur de ce début d’année 2020 : Le Hasard merveilleux de Jean-Christophe Dollé, qui arrive enfin à Paris, au Théâtre de la Contrescarpe, après son succès avignonnais, propulsant Brigitte Guedj en... Lire plus

    L’amour en héritage
    C’est notre coup de cœur de ce début d’année 2020 : Le Hasard merveilleux de Jean-Christophe Dollé, qui arrive enfin à Paris, au Théâtre de la Contrescarpe, après son succès avignonnais, propulsant Brigitte Guedj en Algérie pour un retour vers le passé aussi drôle qu’émouvant.
    Sylvie est née en Algérie. Elle est juive pied noire et a dû quitter son pays natal en 1962. Sa tante Viviane, elle, est restée au pays, vouée aux gémonies par toute sa famille pour vouloir épouser un musulman. Mais Sylvie a refoulé tout ça, tout comme les claques et les insultes récurrentes de son père. Sylvie est maintenant quinquagénaire. Elle est entraîneure de handball féminin à Aubervilliers et la voici à Constantine, là où elle a vécu enfant, car son équipe y dispute un match. Un match dont l’issue aura des répercussions à travers le monde, provoquant une onde de paix sans précédent. Pourquoi ? Parce que Sylvie a accepté de se réconcilier avec son passé et de retrouver sa tante Viviane…
    Avec Jean-Christophe Dollé, on est toujours en proie avec des textes inspirés qui ne ressemblent à aucun autre, où le concret, l’intime, le profond, le disputent avec l’imaginaire, l’infini et l’universel. Ici, tout un chacun peut se reconnaître en cette femme. Tout le monde a dans sa famille un membre en autarcie, oublié, conspué. Tout le monde a des racines qui parfois ont du mal à pousser ou qui s’épanouissent en mauvaises herbes. Tout le monde a besoin de faire la paix avec lui-même et d’être aimé pour ce qu’il est. Mais Jean-Christophe Dollé l’écrit sans aucune mièvrerie. Il n’hésite pas à dire les choses crûment, avant d’entourer les mots de poésie. Un équilibre fragile permanent, que l’on retrouve dans toutes ses créations, de Mangez-le si vous voulez à Je vole et le reste je le dirai aux ombres, en passant par Timeline.

    Pour Le Hasard merveilleux, il ne signe pas la mise en scène et il a laissé la main à un ex-sociétaire de la Comédie Française, Laurent Natrella, aux milles trouvailles. Ici un foulard en train de voler, là une robe rouge qui apparaît subitement, là encore, des ombres chinoises du passé qui s’amalgament au présent, ou ici, des sons, de la musique qui soulignent et enveloppent le propos, plutôt que de l’appuyer vraiment. C’est subtil, c’est fin, c’est de la dentelle brodée, tandis que Sylvie quitte son survêtement d’entraîneure pour mettre des escarpins à talon et porter une robe qu’elle n’aurait pas oser mettre devant son père.

    Cette Sylvie est magnifiquement interprétée, ou plutôt incarnée par Brigitte Guedj, crédible autant en petite fille qui a peur de recevoir une nouvelle gifle paternelle qu’en femme de cinquante ans à l’existence trop simple mais suffisante, incarnant à la fois autorité et empathie pour ces sportives qui comptent sur elle. Une femme capable de redevenir enfant en retrouvant l’ours en peluche de son enfance, douée de communication avec les objets ou en proie à une imagination débordante pour dissimuler une vérité moins heureuse que prévue. Brigitte Guedj est l’âme de ce spectacle qui ne ressemble qu’à lui-même, qui met de côté les questions philosophiques et religieuses afin de ne garder que l’essentiel : la fraternité.

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    Un conte poétique où le merveilleux côtoie une vérité presque documentaire.

    Le hasard merveilleux. Théâtre de la contrescarpe   Un merveilleux hasard ramène Sylvie, entraineur de l'équipe de handball féminine d'Aubervilliers, dans sa ville natale : Constantine en Algérie, ville qu'elle a dû quitter encore petite fille, en 1962, à la fin de la guerre. Son... Lire plus

    Le hasard merveilleux. Théâtre de la contrescarpe
     
    Un merveilleux hasard ramène Sylvie, entraineur de l'équipe de handball féminine d'Aubervilliers, dans sa ville natale : Constantine en Algérie, ville qu'elle a dû quitter encore petite fille, en 1962, à la fin de la guerre.
    Son passé la rattrape, faisant resurgir des blessures enfouies, des rires et des pleurs qu'il a fallu cacher. Réveillant les visages du passé, elle retrouve le sentier de son enfance que l'exil avait pulvérisé.
    Ses souvenirs volent au vent reconstruisant son être, réconciliant dans un rire, ce qui jusque-là ne pouvait être réuni. Un monde magique s'ouvre à nous, un monde où les morts apparaissent, où les objets parlent, où les rêves, les souvenirs et la réalité forment une étrange alchimie.
    Il paraît même que depuis qu'elle raconte cette histoire la paix règne sur le monde. Vous la croyez ?
     
    Et si l'enchaînement de tous ses hasards...merveilleux donnait vraiment ce résultat...merveilleux ?
    Et si, enfin, toutes ces idéologies et traditions religieuses pouvaient s'accorder ?
    Et si un tournoi sportif pouvait unir les peuples ?
    Moi, j'en envie d'y croire, en tout cas.
     
    Le hasard merveilleux est avant tout un magnifique texte de Jean-Christophe Dollé. Un conte poétique où le merveilleux côtoie une vérité presque documentaire.
    Rien n'est vrai, mais Brigitte Guedj, qui défend ce texte avec une fougue et une énergie folle rend le tout possible. Elle virevolte sur scène, crie, court, se perd, nous perd un peu dans ce texte très dense, mais finit par retomber sur ses pieds en une conclusion merveilleuse.
     
    Laurent Natrella qui a bien cerné la magie de ce texte a mis en scène ce spectacle avec plein de très bonnes idées visuelles et même, parfois, féeriques.
     
    Je vous conseille vivement de venir rencontrer Sylvie ou Alice au pays des merveilles qui fait une halte de quelques dates (sept, seulement, les mardis et dimanches de janvier

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    l'œil d'olivier
    Un conte moderne, simple et touchant, un manifeste féministe plein d’humanité

    « Avec légèreté et fraîcheur, dans Le hasard merveilleux Jean-Christophe Dollé brode un conte moderne, simple et touchant, un manifeste féministe plein d’humanité et de tendresse. Sans pathos et avec beaucoup de finesse, la mise en scène sobre et élégante de... Lire plus

    « Avec légèreté et fraîcheur, dans Le hasard merveilleux Jean-Christophe Dollé brode un conte moderne, simple et touchant, un manifeste féministe plein d’humanité et de tendresse. Sans pathos et avec beaucoup de finesse, la mise en scène sobre et élégante de Laurent Natrella vient en souligner l’éloquence. Enfin, le jeu tout en fougue, énergie et fureur de Brigitte Guedj en révèle la puissance et le rythme singulier. Un joli moment de théâtre à déguster avec gourmandise. »

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    Logo Reg'Arts
    Une belle histoire de reconstruction. Un grand message d’amour entre les peuples

    « Le hasard merveilleux est une belle histoire de reconstruction. Une ouverture vers un monde magique. Un grand message d’amour entre les peuples et les religions, bien loin du handball mais vraiment humaine et porteuse de tant d’espoirs. Si l’histoire est belle, la mise en scène et le jeu de la comédienne...

    Logo La revue du spectacle
    Un petit bijou de J.-C. Dollé que nous offre généreusement Brigitte Guedj

    “Quand le hasard (qui n’existe pas) fait si bien les choses, quand la petite histoire rencontre la grande, quand le présent devient la promesse d’un futur. Un petit bijou de Jean-Christophe Dollé que nous offre généreusement Brigitte Guedj.”

    Logo Rue du Théâtre
    Drôle, poignant, beau et sensible plaidoyer contre les dérives religieuses.

    « Drôle, poignant, beau et sensible plaidoyer contre les dérives religieuses. Brigitte Guedj nous émeut aux larmes. »

    logo Le théâtre côté coeur
    Plaidoyer contre les dérives religieuses de tous bords

    « La mise en scène de Laurent Natrella est fluide et magique. Les lumières d’Elsa Revol ponctuent les allers-retours entre souvenir et instant présent. Brigitte Guedj est dynamique, battante, drôle, sensible, extrêmement émouvante et attachante dans ce plaidoyer contre les dérives... Lire plus

    « La mise en scène de Laurent Natrella est fluide et magique. Les lumières d’Elsa Revol ponctuent les allers-retours entre souvenir et instant présent. Brigitte Guedj est dynamique, battante, drôle, sensible, extrêmement émouvante et attachante dans ce plaidoyer contre les dérives religieuses de tous bords, contre la haine et l’intolérance. Dans ce monde quel espoir pour la paix si on ne commence pas par la rêver ? On a tellement besoin d’y croire. »

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    Logo La Théâtrothèque
    Le public ressort conquis par ce spectacle !

    « En ces périodes troublées où d’aucuns n’aiment plus leur voisins et que certains s’arrogent le droit de vie ou de mort sur des concitoyens inconnus, adultes ou enfant, ceux-là mêmes, forcément, ne sont plus capables de comprendre que l’on vit dans un monde multiple et... Lire plus

    « En ces périodes troublées où d’aucuns n’aiment plus leur voisins et que certains s’arrogent le droit de vie ou de mort sur des concitoyens inconnus, adultes ou enfant, ceux-là mêmes, forcément, ne sont plus capables de comprendre que l’on vit dans un monde multiple et justement riche. Eh bien handball démontre que tout est possible. Le public ressort conquis par ce spectacle et démontre que le prix attribué à Jean-Christophe Dollé par la Fondation Beaumarchais lui a été décerné à juste titre. »

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    Un seule en scène sportif marquant des points sur la paix entre les peuples...

    « Un seule en scène sportif marquant des points sur la paix entre les peuples et les religions. La performance de Brigitte Guedj force l’admiration. Tantôt entraineure tyrannique, tantôt jeune femme meurtrie, brisant peu à peu sa carapace d’ours mal léché, elle passe du rire à... Lire plus

    « Un seule en scène sportif marquant des points sur la paix entre les peuples et les religions. La performance de Brigitte Guedj force l’admiration. Tantôt entraineure tyrannique, tantôt jeune femme meurtrie, brisant peu à peu sa carapace d’ours mal léché, elle passe du rire à l’émotion et jongle avec les personnages à une allure vertigineuse, pour faire aussi la paix avec sa féminité avant de marquer le but de la victoire. Si le sport permettra de dépasser les questions de traditions et de religions, le théâtre lui permet de renouer avec son héritage.»

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    LaProvence
    UNE GROSSE CLAQUE : Un spectacle vivement recommandé.

    « UNE GROSSE CLAQUE : un seule-en-scène remarquable avec, en prime, une belle leçon d’humanité sur la place de la femme et la paix au sein des conflits religieux. Un spectacle vivement recommandé. »

    Logo L'Humanité
    Coup de cœur !

    « Un texte inédit de Jean-Christophe Dollé joliment mis en scène par Laurent Natrella. Sur la scène, Brigitte Guedj est dans le bon tempo. Coup de cœur. »

    Logo France Bleu
    Une véritable ode à la femme, au vivre ensemble, mais surtout à l’espoir

    « À travers un très beau texte « Le hasard merveilleux » célèbre les valeurs positives dont nous avons tous besoin. Une véritable ode à la femme, au vivre ensemble, mais surtout à l’espoir… et au hasard. Une comédienne pleine de fougue et de vigueur, la... Lire plus

    « À travers un très beau texte « Le hasard merveilleux » célèbre les valeurs positives dont nous avons tous besoin. Une véritable ode à la femme, au vivre ensemble, mais surtout à l’espoir… et au hasard. Une comédienne pleine de fougue et de vigueur, la pièce submerge le spectateurs de sentiments. »

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    Logo France Inter
    Un spectacle d’utilité publique !

    « Une mise en scène ingénieuse. Une comédienne qui allie fragilité et force à merveille. Un propos essentiel et contemporain sur la place des femmes dans notre société. Un spectacle d’utilité publique ! »

    Logo_Mediapart
    La mise en scène simple et sensible de Laurent Natrella donne toute la place au jeu sincère de Brigitte Guedj.

    « Le hasard merveilleux touche nombre d’entre nous, car nous sommes beaucoup à ne pas nous laisser happer par les sirènes de l’obscurantisme, de la haine et de la violence mais sommes-nous entendus ? Les réponses sont à trouver certainement dans la volonté de l’espoir. La mise en... Lire plus

    « Le hasard merveilleux touche nombre d’entre nous, car nous sommes beaucoup à ne pas nous laisser happer par les sirènes de l’obscurantisme, de la haine et de la violence mais sommes-nous entendus ? Les réponses sont à trouver certainement dans la volonté de l’espoir. La mise en scène simple et sensible de Laurent Natrella donne toute la place au jeu sincère de Brigitte Guedj.»

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    Un texte d’un humour et d’une profondeur incroyables.

    « Sylvie (Brigitte Guedj) embarque le public dès les premières minutes dans son histoire […] Un texte d’un humour et d’une profondeur incroyables. « Le hasard merveilleux » est une invitation à rêver à l’impossible et un hommage immense, qui met les femmes en valeur et... Lire plus

    « Sylvie (Brigitte Guedj) embarque le public dès les premières minutes dans son histoire […] Un texte d’un humour et d’une profondeur incroyables. « Le hasard merveilleux » est une invitation à rêver à l’impossible et un hommage immense, qui met les femmes en valeur et parle d’égalité et de tolérance. .»

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    Les avis des spectateurs sur Le Hasard Merveilleux

    Daniel
    Daniel - membre depuis 88  mois 5

    Deuxième ressenti

    La première représentation à laquelle il m’a été donné d’assister l’an dernier m’avait particulièrement impressionné. J’y découvrais un thème original et une comédienne à la sensibilité à fleur de peau. Très vite je suis tombé sous le charme de sa voix si richement, poétiquement, dramatiquement modulée. Comment ne pas succomber à son charme, d’autant que son récit que l’on sent réellement vécu remue jusqu’aux entrailles de celui qui a connu sur place le début de son exil et très précisément le moment du départ – il faudrait peut-être dire la fuite – de sa terre natale. En juin et juillet 1962, j’étais à Philippeville enrégimenté dans le service de santé de cette armée que les partants accusaient de ne pas les avoir défendus. Je me souviens des chaleurs torrides de ces mois d’été et particulièrement d’un jour de juin où j’avais dû me rendre au dépôt de pharmacie de la région militaire à quelques kilomètres au sud de Constantine. C’est précisément cette ville que la famille de notre personnage quittait pour n’y plus revenir. Seule une de ses tantes décida de rester par amour. Tout est là. L’amour !
    C’est la très forte impression que j’ai ressentie hier en retournant voir cette pièce qui m’avait tant émue l’an passé lors de sa première. Et j’ai vu l’amour. Amour bafoué, amour banni, amour en recherche, amour désiré, amour apaisant, amour paix. Amour de la vie, des hommes, des pays, des senteurs et des couleurs de ce pays perdu. Amour désespérément attendu, espéré d’un père lointain, brutal, autoritaire et presque tyrannique. Amour de soi tant recherché et jamais atteint dans les seules activités capables de sublimer cette jeune fille, cette adolescente en quête d’elle-même et qui finit par devenir entraîneuse sportive. Mais là encore déviance. Ce qui aurait pu être un exutoire à la haine latente de cette âme tant basculée, bousculée, meurtrie faute d’être reconnue, voilà que le sport devient combat. Déviance des mots, perversion des esprits, dévoiement des responsables et des autorités. Entraîner cela devient former à la guerre, à la haine, au meurtre. Quel désastre ! Les Grecs avaient inventé à Olympie des rencontres où les champions de chacune des grandes cités, Sparte, Athènes Thèbes et d’autres encore s’affrontaient suivant des règles bien établies pour éviter que n’éclatent les guerres entre elles. Maintenant c’est à qui sera le plus brutal, tueur. Sylvie est elle aussi tombée dans ce travers, cette bascule mortifère.
    Et, elle n’est pas satisfaite. Il lui faut retrouver un apaisement. Une robe rouge détruite par son père va renaître et lui donner la force d’affronter pacifiquement celui qu’elle revoit en rêve au cimetière. Elle a mis la robe interdite et le regarde droit dans les yeux pour enfin s’affirmer comme personne respectable. Alors, sur la scène, grand silence. Seul vole au dessus de sa tête un voile comme une colombe de paix. Elle regarde fixement son père, ne baisse pas les yeux mais sans aucune arrogance. Tout au rebours. Elle ne bouge pas, ne parle pas. Une minute vingt-sept de silence. Et c’est le miracle. D’abord les traits de son visage semblent se détendre. Ils ne sont plus durs. Ses yeux commencent à esquisser comme une promesse de sourire. Ses muscles se relâchent. Apaisement. Le voile devient signe de paix. On sent presque physiquement une ébauche d’apaisement. Colombe de la paix ? On a le droit d’y penser et peut-être d’y croire. Le silence est enfin timidement rompu par une sorte d’aveu. Timidement, doucement, peut-être tendrement ce père si dure, si méprisant la nomme pour la première fois : « Sylvie » c’est son prénom qu’il n’avait jamais prononcé. Miracle de la robe rouge. Début de pardon, esquisse d’un peu de tendresse et d’amour peut-être.
    Et c’est très fort. Presque, presque, les larmes monteraient aux yeux. Celles de la joie, celles de ce qui peut devenir la paix. Ce prénom dit, murmuré, c’est l’annonce d’une reconnaissance. Les femmes ne sont plus que des « petites putes ». Elles commencent à avoir un statut d’être humain respectable. Et tout va s’enchaîner. La misogynie dépassée, condamnée, la lutte entre religions ringardisée, la suprématie des hommes condamnée. Les guerres, les combats, les matches de handball dévastateurs condamnés eux aussi. Ce seul prénom, ce tissu, colombe de la paix vont transformer le monde. Elle y croit, notre si touchante Sylvie et nous voulons y croie avec elle. Pourquoi ne lui ai-je pas crié à pleins poumons à la fin quand elle nous le demande ?
    Pièce tendre, au total, en plus de tout ce qui a été dit et écrit. Bien sûr, la mise en scène est parfaitement adaptée à l’esprit du texte et c’est aussi, avec le jeu sublime de Madame Guedj, là, sa sublime beauté. M’est-il permis aussi de dire que l’auteur a si merveilleusement décrit le processus de la progression des sentiments de tous les personnages virtuels et pourtant si vivants et présents. Pendant une heure et demi, je me suis revu, à 25 ans là-bas, à Philippeville et aussi quelques jours à Constantine. Je les ai aimées ces deux villes et leurs habitants métissés. Ils avaient les visages de l’Antique. Je les ai tous revus sur cette scène des Remparts. Aux côtés de la merveilleuse, ma faiseuse de paix, Brigitte-Sylvie. Grands mercis à tous pour de si belles minutes qui furent pour moi une vie revisitée et tant aimée.

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    Daniel
    Daniel - membre depuis 88  mois 5

    Handball, le hasard merveilleux tout d’abord. Sur une scène nue, s’avance une ombre vite prise dans le faisceau d’un projecteur. Une femme d’âge mûre, en survêtement. Très vite nous comprenons sa fonction. Entraîneuse d’une équipe féminine de hand-ball. Et qu’a-t-elle à nous dire ? Dire plutôt que jouer, car, cela devient vite perceptible, elle seule va occuper la scène pendant toute la durée d’un récit haché, divers, fait de retours arrière, flash-back cinématographiques, d’altercations avec des personnages virtuels – jeunes sportives de la banlieue parisienne aux prénoms maghrébins, familles, entremetteurs, – qui vont finir par occuper tout son espace, toute son histoire, toute sa vie. Sa vie ? Ici et maintenant nous sommes à Constantine en Algérie, où elle est née, quelques décennies après son indépendance conquise en 1962. Qu’y fait-elle ? Elle y revient pour accompagner une équipe sportive représentant la France à une compétition de l’amitié et de la concorde. Prétexte que l’on découvre petit à petit. Car, son but non avoué est de retrouver des membres de sa famille restés sur place après l’exode des européens. Ses parents et elle, ses oncles, tantes et cousins ont fui et se sont installés en France. Mais une tante est restée. Là va se jouer le drame. Tous, ils sont juifs vivant sur cette terre depuis des centaines d’années. Ce ne sont pas des Pieds-Noirs comme on appelait les colons. Ils sont juifs et autochtones de générations en générations. Ils sont de ce pays comme le sont les Kabyles musulmans. Constantinois d’avant la conquête de 1830, enracinés au plus profond d’un sol aride et si attachant. Ils sont ces juifs d’Afrique du Nord, diaspora de tous temps, d’avant l’ère chrétienne, d’avant la conquête islamique, qui ont su s’implanter et suivre les Maures jusqu’à Cordoue, Séville, Grenade ou Tolède. Constantine est d’origine d’abord une ville juive, sémite, mêlée, bâtarde, chrétienne sous l’influence du Père de l’Église Saint Augustin puis musulmane. Elle a su préserver ses acquis successifs et ses traditions respectives. Osmose souvent réussie. Et voilà que la révolte des petits va chasser les derniers arrivés aux pieds bottés à semelles noires, et qui n’acceptent pas leur défaite. Les juifs, citoyens français à part entière depuis la fin du dix-neuvième siècle vont, pour la plupart, les suivre au moment du retour. Pourtant certains restent par amour du pays ou d’un compagnon, d’une maîtresse. Et de ceux-là un personnage virtuel surgit sur la scène. La tante de notre héroïne. Elle n’est jamais partie et a préféré couper les ponts avec sa famille.
    Handball le hasard merveilleux, c’est la tentative de renouer des liens rompus. C’est aussi, symboliquement un passage, « mano a mano » de la balle qui fait le jeu, la compétition, la vie. Pour gagner le match il faut faire des passes, jouer collectif, retrouver les fondamentaux. Pour Sylvie, l’héroïne, l’important c’est de revivre ses enfances bousculées, ressentir ses pulsions premières, revoir cette tante mythique, sentir ses racines, humer les odeurs et les parfums des rues de cette Constantine abandonnée trop tôt. Voilà pour le passé repensé, irréel, déformé et finalement à jamais figé mais toujours indispensable. Reste ce présent incertain d’une ville de banlieue parisienne, périphérique, si périphérique qu’elle n’a rien de vraiment française ni d’algérienne. Alors explosent toutes les angoisses, les rancoeurs, les conflits séculaires entre juifs et musulmans, hommes et femmes toujours soumises et inférieures. La preuve, Moïse était un homme, Jésus était un homme, Mahomet était un homme. Jamais de femmes dans ces histoires de religion qui se veulent les guides des sociétés. Tout ressurgit avec force dans la tête de l’entraineuse de handball. Et le cocon devient chrysalide et la nymphe devient papillon. Le survêtement tombe comme la gangue pour faire place à une éblouissante robe rouge, signe de renaissance ou plutôt de résurrection. Tout se raccorde par la grâce de cette robe, véritable passerelle de tante à nièce, de mère à fille, de ville à ville et de meurtrissure à apaisement. La Sylvie décalée, meurtrie, déracinée, souvent rejetée va enfin vivre ayant définitivement effacé ses fantasmes dévastateurs et mortifères. Un nouveau match peut commencer.
    Un beau texte au théâtre ne vaut que s’il est bien donné. Et cette belle pièce le confirme. Brigitte Guedj en fait l’inoubliable démonstration. Quelle merveilleuse actrice, quelle envoutante voix, quelle présence captivante, enjôleuse, lumineuse. Son combat, celui d’une rebelle libertaire qui se bat pour sa dignité de femme, conquise et respectée par tous, celui d’une militante de tolérance de tous les instants et de toutes les sociétés, elle le mène de bout en bout de cette heure-et-demi qu’elle nous consacre à nous dire sa vie, ses passions et ses drames avec la force que lui inspire l’amour de l’homme. Avec, pour parfaire son cheminement la belle écriture si percutante de l’auteur, son sens du tragique et sa veine poétique. Voilà un très beau spectacle.

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