Paris
Les théâtres à Paris

Théâtre de la Contrescarpe 

Salle ouverte
Chères spectatrices, chers spectateurs,

Votre sécurité et celle de notre personnel restent notre priorité !

Voici nos mesures sanitaires complémentaires :
• Nous désinfectons les rampes et les poignées avant et après chaque représentation, en plus d’une désinfection quotidienne de la salle par une entreprise de ménage spécialisée.
• Nous aérons et renouvelons l’air de la salle entre deux spectacles.
• Nous mettons à votre disposition du gel hydroalcoolique à l’entrée et sur les paliers.
• Nous organisons la circulation au sein du théâtre afin de limiter les contacts.
Lire plus Fermer

5 rue Blainville 75005 Paris

T : 01 42 01 81 88

Directrice Artistique : Maud MAZUR

Directeur : Dominique GOSSET

Inscrit dans un environnement vivant, intellectuel, chargé d’histoire, à deux pas du Panthéon, du Jardin du Luxembourg, de la Sorbonne,… le Théâtre de la Contrescarpe met à l’honneur le théâtre contemporain (historique, philosophique, sociétal, jeune public…), avec une sélection exigeante de spectacles tous publics !

 

Le Théâtre de la Contrescarpe abrite et participe également à la création d’œuvres théâtrales inédites. 

 

L’intimité avec le public et l’acoustique sont particulièrement appréciées, en théâtre, mais aussi lors des spectacles musicaux et concerts ! Musique baroque, concerts internationaux de guitare Fingerstyle, artistes Pop/Rock,… ont déjà choisi le Théâtre de la Contrescarpe pour des représentations exclusives : Imany, Oldelaf, Ben Mazué, Austin Brown… !

 

Le Théâtre de la Contrescarpe, écrin rouge et noir de 110 places, se niche dans une petite rue pittoresque du quartier mythique du Quartier Latin et de la rue Mouffetard.

A l'affiche au Théâtre de la Contrescarpe

La presse parle du Théâtre de la Contrescarpe

Des mots pour vous dire

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Rémi Mazuel (...) rend hommage non sans humour.

Il ne surgira pas de votre mémoire. Mais d’un passé glorieux. Cet illustre inconnu au bataillon des plus grands peintres de son époque (Sisley, Monet, Renoir, Bazille…) était pourtant l’objet de toutes les attentions de la société et le plus adulé quand d’autres... Lire plus

Il ne surgira pas de votre mémoire. Mais d’un passé glorieux. Cet illustre inconnu au bataillon des plus grands peintres de son époque (Sisley, Monet, Renoir, Bazille…) était pourtant l’objet de toutes les attentions de la société et le plus adulé quand d’autres s’essayaient encore dans les ateliers de Gleyre. Peintre officiel, il décorera notamment plafonds et décors de théâtre, comme celui de la salle Richelieu de la Comédie-Française, ou celui de l’Opéra Garnier. Il sera salué par la presse et recevra la légion d’honneur.


Alexis-Joseph Mazerolle – oui c’est son nom au Voisin incognitode Picasso, juste dans la galerie voisine – s’adonnait dans une exigence de travail à servir sa passion : sublimer le réel, rapprocher les gens du divin. Académique, il se voulait aussi libre.


Alors, qu’est devenu Mazerolle ? Apollon le garderait-il jalousement près de lui, loin des hommes et de leurs réminiscences ? Et ses œuvres ?
Rémi Mazuel retourne le sablier du temps, réécrit son histoire et nous invite sur une mise en scène de Marie-Caroline Morel à découvrir les traits de son visage, de son histoire, de sa fin controversée (suicide ou maladie ?).


Dans une éloquence qui lui est familière (il a remporté le Concours d’Éloquence de l’association Forum Event à Bordeaux), Rémi Mazuel, dans la peau d’un gardien de musée, répare cette injustice et lui rend hommage non sans humour. De quoi passer une bonne soirée.

Fermer
Source Source
Art Critique logo

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Un spectacle drôle et touchant !

Une pièce qui réhabilite Alexis-Joseph Mazerolle Tous les mercredis à 21h, au Théâtre de la Contrescarpe dans le 5e arrondissement de Paris, se tient une pièce différente des autres : Le Voisin de Picasso. Mise en scène par Marie-Caroline Morel, elle a été écrite par... Lire plus

Une pièce qui réhabilite Alexis-Joseph Mazerolle
Tous les mercredis à 21h, au Théâtre de la Contrescarpe dans le 5e arrondissement de Paris, se tient une pièce différente des autres : Le Voisin de Picasso. Mise en scène par Marie-Caroline Morel, elle a été écrite par son interprète, Rémi Mazuel. Ou l’histoire d’un jeune gardien de musée attristé que les visiteurs préfèrent la salle d’à côté consacrée à Picasso, tandis que lui surveille celle dédiée à Alexis-Joseph Mazerolle, pourtant un des peintres stars du 19e siècle. C’est en effet à lui que l’on doit, entre autres, la décoration de l’Opéra Garnier, de la Comédie-Française et de divers autres lieux partout en France et en Europe. Officier de la Légion d’Honneur, il est aujourd’hui (presque) totalement oublié, après avoir été célébré par ses contemporains. Et cette pièce a pour but de le réhabiliter auprès du plus grand nombre, tout en offrant une réflexion sur la célébrité et son côté éphémère, ainsi que sur la création.

Bien évidemment, Mazerolle n’est pas le seul artiste reconnu de son vivant et qui a depuis été un peu effacé de l’histoire de l’art ou presque. Mais ici, Rémi Mazuel en a fait un spectacle drôle et touchant, permettant au peintre et aux autres, d’être remis en lumière, l’espace d’une heure. Un spectacle né d’une histoire toute personnelle pour l’auteur : un grand-père lui-même artiste-peintre et une grand-mère qui lui a fait découvrir Mazerolle, par le biais d’un catalogue d’exposition. Le comédien voit là l’occasion de raconter une histoire dont il a le secret et cherche à contacter les descendants de l’artiste : qu’à cela ne tienne, ils font partie de sa propre famille et il l’ignorait totalement : un des héritiers de Mazerolle est en effet l’époux de la cousine de son grand-père. De quoi avoir les informations nécessaires pour raconter la carrière étonnante d’un peintre qui mérite de retrouver l’éclat de sa palette.

Fermer
Source Source
Logo Figaro Magazine

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

L’idée est vraiment plaisante !

DANS LES OUBLIETTES DE L’HISTOIRE « L’idée est vraiment plaisante : parler d’un peintre, contemporain de Renoir, Monet, Sisley et les autres, qui a eu plus rapidement que ses petits camarades une grande notoriété et qui est aujourd’hui totalement inconnu. L’élu, Alexis-Joseph... Lire plus

DANS LES OUBLIETTES DE L’HISTOIRE
« L’idée est vraiment plaisante : parler d’un peintre, contemporain de Renoir, Monet, Sisley et les autres, qui a eu plus rapidement que ses petits camarades une grande notoriété et qui est aujourd’hui totalement inconnu.
L’élu, Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889), adulé très vite par ses professeurs, croulait sous les commandes. Il a laissé quelques traces comme brillant décorateur au Conservatoire de musique de Paris…
Rémi Mazuel imagine donc un comédien au chômage - un « intermittent », comme on les appelle désormais -, devenu gardien de musée dans la salle Mazerolle, voisine de celle de Picasso. Il réhabilite comme il peut son héros devant des visiteurs étrangers qui n’y comprennent goutte et qui snobent le petit Mazerolle pour le grand Picasso.
C’est assez amusant, surtout dans la première partie, Rémi Mazuel étant un comédien pince-sans-rire qui sait utiliser sa voix grave et sa bonne bouille de faux naïf. »
Jean-Luc Jeener

Fermer
Télécharger l’article
Logo Publikart

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Ça vaut le coup !

Un retour historique sur une étape méconnue de l’histoire de l’art avec la pièce Le voisin de Picasso au Théâtre de la Contrescarpe.   La pièce commence avec le personnage d’Antoine, un gardien de musée qui travaille au milieu d’une foule bruyante et disparate,... Lire plus

Un retour historique sur une étape méconnue de l’histoire de l’art avec la pièce Le voisin de Picasso au Théâtre de la Contrescarpe.

 

La pièce commence avec le personnage d’Antoine, un gardien de musée qui travaille au milieu d’une foule bruyante et disparate, grand admirateur du peintre académique Alexis-Joseph Mazerolle, ultra connu au XIXe siècle mais tombé depuis dans un oubli quasi général. Rémi Mazuel s’amuse à accumuler les rôles pour décrire une histoire remplie d’anecdotes très mal connues. Le spectacle commence comme le récit d’un personnage lunaire pour finir dans le drame, presque sans prévenir.

 

Un peintre oublié et un personnage ambigu
Mazerolle a vécu à l’époque de peintres rentrés dans la postérité, Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, qui eux à l’époque luttaient pour une reconnaissance incertaine. Mazerolle lui n’a pas connu autant de difficultés, décorant de nombreux lieux de spectacles comme l’Opéra Garnier, la Comédie Française, le Conservatoire de musique de Paris, le Théâtre d’Angers et le théâtre de Baden Baden). Les multiples commandes reçues de l’état français et de prestataires privés ont fait sa prospérité et sa reconnaissance de son vivant, jusqu’à être élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur. Le comédien enchaine les scénettes pour faire connaitre le contexte, l’ascension et la gloire de Mazerolle. Le personnage d’Antoine se transforme en contemporains de Mazerolle, les scènes s’enchainent, jusqu’à mélanger la vie du gardien à celle des autres intervenants. Le titre de la pièce vient de la proximité supposée entre deux salles d’un même musée, celle visitée par tous et consacrée à Picasso, et celle rapidement traversée consacrée à Mazerolle. Le récit tragicomique devient finalement vraiment dramatique quand le nœud de l’affaire est révélé avec un souffle coupé dans toute la salle. il faut voir la pièce pour en savoir plus, désolé, mais ça vaut le coup !

 

Le voisin de Picasso est un voyage dans l’histoire artistique récente et l’esprit d’un homme troublé par son histoire personnelle. Le spectacle est à découvrir au Théâtre de la Contrescarpe.

Fermer
Source Source
Logo Valeurs Actuelles

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Éminemment sympathique !

« Seul en scène, solide sur ses grandes jambes, éminemment sympathique, il s’adresse aux (nombreux) spectateurs avec une fausse bonhomie et un ton pince-sans-rire assez réjouissant. C’est dire qu’on sort place de la Contrescarpe, bourré des mêmes touristes plein d’envie, le... Lire plus

« Seul en scène, solide sur ses grandes jambes, éminemment sympathique, il s’adresse aux (nombreux) spectateurs avec une fausse bonhomie et un ton pince-sans-rire assez réjouissant. C’est dire qu’on sort place de la Contrescarpe, bourré des mêmes touristes plein d’envie, le cœur léger et le sourire aux lèvres.»

Jean-Luc JEENER

Fermer
Sorties à Paris logo

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Un beau travail, une interprétation brillante. Un spectacle étonnant !

Antoine, est un comédien en rupture - provisoire - de contrats. Alors, pour vivre, il devient guide dans un musée. Tous les visiteurs demandent le chemin de la salle réservée aux œuvres de Picasso, et passent sans la voir devant celle consacrée à Alexis-Joseph MAZEROLLE (1826-1889).   Un... Lire plus

Antoine, est un comédien en rupture - provisoire - de contrats.
Alors, pour vivre, il devient guide dans un musée.
Tous les visiteurs demandent le chemin de la salle réservée aux œuvres de Picasso, et passent sans la voir devant celle consacrée à Alexis-Joseph MAZEROLLE (1826-1889).
 
Un peintre qui a eu beaucoup de succès et a décoré de sa peinture, nombre de bâtiments célèbres comme la Comédie Française ou le Palais Garnier.
 
Il a été officier de la Légion d'Honneur, et son nom est tombé dans l'oubli, personne ne fait jamais référence à lui.
Rémi MAZUEL, qui a écrit et joue ce spectacle, nous entraîne dans le parcours d'une bonne dizaine de personnages ayant fréquenté ce peintre, aujourd'hui totalement méconnu et oublié.
 
Un voyage pictural, au long de cimaises oubliées de tous. Un beau travail, une interprétation brillante. Un spectacle étonnant !
 

Fermer
Source Source

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Spectacle aussi profond que bien troussé.

Un jeune gardien de la salle Alexis-Joseph Mazerolle, voisine de celle de Picasso se désespère que son protégé soit quasi invisible malgré ses efforts pour attirer l’attention d’un public indifférent à cette ancienne gloire académique. Lui-même acteur au chômage en... Lire plus

Un jeune gardien de la salle Alexis-Joseph Mazerolle, voisine de celle de Picasso se désespère que son protégé soit quasi invisible malgré ses efforts pour attirer l’attention d’un public indifférent à cette ancienne gloire académique. Lui-même acteur au chômage en quête de gloire il s’interroge sur la fragilité de la reconnaissance du talent.

Un héroïque gardien de (salle) mémoire
Seul sur scène Rémi Mazuel ne ménage pas ses efforts et ses talents de pince-sans-rire décalé. Il incarne pas moins de quatre personnages – pour sortir de l’ombre Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889), l’ancienne gloire académique. Et le défi est de taille tant le peintre pompier star, contemporain et compagnon d’atelier de Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, est tombé dans l’oubli. Drôle, la plongée bourrée d’anecdotes piquantes et de silhouettes connues est très vivante « aux pays des sans-gloire, des inconnus au bataillon et des laissés pour compte qui n’en pensent pas moins » comme le dit l’auteur-interprète avec ce ton savoureux et engagé qu’il porte à incandescence grâce à la fluidité et aux astuces de la mise en scène par Marie-Caroline Morel.

Un triomphe au goût du jour
Rémi Mazuel déploie un talent de conteur pour réhabiliter le destin de A-J Mazerolle.
Pour tenter de réhabiliter l’ancienne gloire pompier – aussi contemporain des frères Flandrin – l’héroïque gardien de salle fait revivre son irrésistible ascension institutionnelle ; le spectateur suit les conseils et les attentes du professeur prêchant les sujets historiques. Et participe à ses triomphes, alors que ses camarades impressionnistes sont marginalisés, notamment les commandes du plafond de la Comédie-Française ou de la décoration du Conservatoire de musique de Paris, de l’Opéra Garnier, du Théâtre d’Angers … Célébrité démultipliée par le soutien de son éditeur qui diffuse ses œuvres sous forme d’un procédé neuf à l’époque, la lithographie.

Sortir ou rentrer dans l’ombre de l’histoire
Las, les goûts changent, et la disparition de l’essentiel de ses hauts faits d’arme par le feu l’a quasi effacé de l’histoire de l’art (voir une fiche wikipédia expéditive) malgré une exposition à La Piscine de Roubaix en 2015. En trame, le récit très enlevé interroge les mécanismes éphémères pour tout artiste de la notoriété et de l’ombre . Il ménage un retournement final plus intime, plus dramatique aussi qui ne manquera pas de toucher le spectateur. « On sait que parfois « l’enfer c’est les autres », mais si le vrai cauchemar c’était « pas de regard du tout » ? » plaide Rémi Mazuel.
Le spectateur lui a toutes les raisons de venir sans attendre porter un regard sur ce spectacle aussi profond que bien troussé.

Fermer
Source Source

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Performance d’acteur (...) comédien dont le travail mérite d’être salué.

La photographie d’Alexis-Joseph Mazerolle par Nadar en 1883 est posée sur un chevalet au centre de la scène. Le noir se fait. Des bruits évoquent la folie alors qu’un faisceau de lumière blanche découvre un homme recroquevillé et secoué d’angoisse. Contemporain de Monet,... Lire plus

La photographie d’Alexis-Joseph Mazerolle par Nadar en 1883 est posée sur un chevalet au centre de la scène. Le noir se fait. Des bruits évoquent la folie alors qu’un faisceau de lumière blanche découvre un homme recroquevillé et secoué d’angoisse.

Contemporain de Monet, Renoir et Sisley, Mazerolle (1826-1889) appartient à la catégorie des peintres académiques. Son style correspondait aux goûts de son époque et il connut une belle notoriété. Il a en effet reçu de multiples commandes privées et publiques. Il a décoré de nombreux lieux de spectacle comme l’Opéra Garnier, le Conservatoire de musique de Paris, les théâtres d’Angers et de Baden Baden… et la Comédie Française, ce qui lui valut la Légion d’honneur.

Le grand public ne le connait plus vraiment. Et pour cause puisqu’en 1900, un incendie détruisit les plafonds peints en 1877-1879. Il n’en subsiste que des gravures et esquisses. Rémi Mazuel s’est penché sur ce parcours qu’il estime injuste en écrivant son histoire pour le théâtre tout en rendant plus largement hommage aux artistes qui connaissent une éphémère gloire, parce que ce fut aussi le cas de son propre grand-père, devenu artiste-peintre après une carrière d’entrepreneur. Il a eu envie d’écrire sur ces deux mondes, l’art et l’entreprise, que l’on oppose trop souvent.

Et ce qui est amusant c’est que c’est sa propre grand-mère qui lui avait donné le point de départ de sa pièce en lui offrant un jour un catalogue sur l ‘œuvre d’Alexis-Joseph Mazerolle. C’est bien plus tard qu’il apprit qu’un descendant de ce peintre était marié à la cousine de son grand-père. Cette découverte renforça sa motivation.

Étant comédien, il a choisi d’interpréter tous les rôles. Par contre il ne voulait pas se priver d’un regard extérieur et il a eu raison. Il a donc préféré confier la mise en scène à Marie-Caroline Morel, qui comme lui a suivi le Cours Cochet-Delavène.

Après le prologue, la pièce se poursuit autour de l’histoire d’Antoine, un comédien que son agent lâche brutalement faute de réussir à lui trouver des contrats. Comme il lui faut gagner sa vie, le jeune homme dépité devient gardien de musée, dans un lieu où le plus célèbre est Picasso. Si bien qu’on lui demande à longueur de temps où se trouvent ses tableaux.

Rémi Mazuel renseigne sur tous les tons et gère des situations cocasses, surtout pendant les visites scolaires. Le comédien mime une incroyable bagarre le précipitant hors de scène avant que la pression ne retombe. Il réhabilite aussi l’artiste surdoué et tombé dans l’oubli en convoquant les personnalités marquantes de sa carrière dans la « salle Mazerolle », voisine de celle de Picasso. Il joue quatre personnages principaux et six lieux différents joués dans le décor épuré conçu par Alix Cohen.

Sa passion n’est pas incompatible avec une certaine objectivité car soutenir un artiste c’est aussi lui dire ses quatre vérités quand il le faut.

On peut aller au théâtre de la Contrescarpe voir Rémi Mazuel pour connaitre l’histoire de Mazerolle mais c’est tout de même la performance d’acteur que j’ai grandement appréciée. J’ai découvert un comédien dont le travail mérite d’être salué. C’est en toute logique qu’il s’est illustré dans l’improvisation et l’éloquence. Et sa carrière ne fait que commencer !

 

Fermer
Source Source
Logo Spectacles Sélection

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Rémi Mazuel, troublant de vérité...

LE VOISIN DE PICASSO de et avec Rémi Mazuel. Mise en scène de Marie-Caroline Morel.  Il est difficile d'être celui qu'on ne voit pas, n'écoute pas, ne remarque même pas. A plus forte raison quand on voudrait être le comédien reconnu sur le devant de la scène, et non ce gardien de... Lire plus

LE VOISIN DE PICASSO de et avec Rémi Mazuel. Mise en scène de Marie-Caroline Morel. 
Il est difficile d'être celui qu'on ne voit pas, n'écoute pas, ne remarque même pas. A plus forte raison quand on voudrait être le comédien reconnu sur le devant de la scène, et non ce gardien de musée quasi transparent, à qui il échoit d'indiquer la direction vers Picasso, au détriment de ce portrait qu'il côtoie, celui d'un laissé-pour-compte qui eut cependant son heure de gloire, avant de sombrer aux oubliettes de la notoriété escamotée. Alexis-Joseph Mazerolle, élève de Charles Gleyre, condisciple de Sisley, Renoir, Monet, Bazille. Peintre honoré du temps où il peignait la coupole de la Comédie Française, décorait le foyer de l'Opéra, entre autres. Un beau palmarès sans suite.
Mazerolle, c'est par son frère aîné Gabriel qu'Antoine a appris à le connaître au point d'en retracer toutes les facettes, devant les publics passagers qu'il tente d'y intéresser. En vain.
Pour combler le vide de son existence, il brosse les diverses figures qui hantent son esprit tourmenté, endossant tour à tour la blouse du peintre ou le costume étriqué de sa fonction, jouant sur les dialogues tronqués avec les peintres un instant ressuscités ou les petits visiteurs scolaires dont il hérite momentanément, à son corps défendant. Tyran d'atelier, élèves indisciplinés. Une noria de personnages qu'on s'imagine sans les voir. 
Peintre oublié, frère escamoté, comédien raté, gardien frustré. De lourds secrets pèsent sur cet être déchiré qui sombre lui aussi dans l'ombre définitive, celle de la démence.
Rémi Mazuel, troublant de vérité, brosse de ce personnage un portrait en clair-obscur, amertume et désenchantement, entre tendresse et dérision, forçant le rire et la compassion face à l'injustice du talent et aux aléas de sa reconnaissance.
L'espace scénique est alternativement habité par la réalité contemporaine ou suggéré par les évocations d'Antoine. A quelques siècles d'écart. Cette jonglerie protéiforme déstabilise sciemment le spectateur qui ne peut manquer de s'interroger : où s'instaure le vrai du récit ? où s'inaugure le délire mental ?
C'est à la camisole de force d'ouvrir le spectacle et de le clore... 

Fermer
Source Source

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Comédien talentueux et inspiré (...) Spectacle diablement créatif

Au Théâtre de la Contrescarpe Rémi Mazuel (texte et interprétation) ressuscite la figure singulière du peintre français Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889). Mis en scène par Marie-Caroline Morel Le voisin de Picasso nous propose un spectacle original et drôle scrutant tout à la fois... Lire plus

Au Théâtre de la Contrescarpe Rémi Mazuel (texte et interprétation) ressuscite la figure singulière du peintre français Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889). Mis en scène par Marie-Caroline Morel Le voisin de Picasso nous propose un spectacle original et drôle scrutant tout à la fois la saveur même et la cruauté de la condition artistique.
Malicieusement, Rémi Mazuel interprète le rôle d'un atypique gardien de musée enthousiaste et tourmenté, vivant dans l'obsession de Joseph Mazerolle, peintre pompier du XIXe siècle célèbre de son vivant puis retombé dans un anonymat complet. Pour bien comprendre l'histoire il faut préciser que ce gardien de musée est un comédien frustré et que la salle désertée où il exerce sa fonction est consacrée à l'artiste Mazerolle. Au cours du spectacle ce lieu symbolique est mis constamment sen parallèle avec la salle bondée voisine, consacrée aux œuvres de Picasso d'où ce titre énigmatique.

La mise en scène dynamique de Marie-Caroline Morel et le jeu créatif et imprégné d'humour de Rémi Mazuel fait ressortir à la fois l'ambition solitaire et le courage chez ce gardien mais aussi sa vulnérabilité et son sentiment d'inachèvement artistique et existentiel. Outre qu'il présente un intéressant voyage dans la peinture, cet alerte et amusant spectacle solo nous plonge au coeur même des conceptions artistiques du XIXe siècle et de leurs antagonismes féroces. Il nous rappelle que l’art académique officiel régnait sans partage une bonne partie du XIXe siècle et que ses représentants étaient formés et récompensés de façon immuable par de grandes institutions étatiques et monotones telles que : école des beaux-arts, Académie, Salon. De façon naturelle et sur le mode enjoué de l'humour pince-sans-rire un brin british Mazuel se faufile élégamment dans une galerie de personnages habités et réalistes comme celui par exemple de Charles Gleyre, peintre suisse paternaliste, qui initie Mazerolle dans son atelier aux secrets de la peinture.

De façon amusante et sur le mode rythmé de scènettes expressives Le voisin de Picasso nous raconte aussi l'histoire d'un amour frustré, celui d'un de ces innombrables intermittents des planches cherchant tout simplement la reconnaissance sociale. Par petites touches, ce texte fin et malicieux nous suggère également l'aspect névrotique résultant de l'identification poussée à l'extrême du gardien de musée à Mazerolle. De façon crédible Mazuel interprète un de ces tragiques anti-héros modernes, un de ces fervents et anonymes esthètes ou intellectuels devenus pédagogue par besoin existentiel comme dans ses tentatives quotidiennes dans le musée à faire découvrir auprès des classes scolaires l'oeuvre de Mazerolle, constamment éclipsée par celle de Picasso. Sur la scène l'on perçoit bien - et toute la progression narrative du spectacle nous oriente vers cette très vivante impression théâtrale - qu'il y a dans ce musée un fossé inséparable entre deux univers, celui de Mazerolle et de Picasso.
C'est en quelque sorte l'éternel conflit entre les gueux et les puissants. Les gueux d'aujourd'hui, c'est justement Mazerolle, l'artiste flamboyant d'hier qu'aujourd'hui tout le monde a oublié et dont l'oeuvre, pour des raisons esthétiques mais aussi idéologiques, peut prêter à controverse. La fascination du comédien/gardien de musée pour Mazerolle nous interroge. Elle se profile presque anachronique, voire burlesque. Pour accompagner sa révolte intérieure de comédien que l'on devine fauché et touché par un traumatisme familial - il a un frère artiste peintre récemment suicidé - la logique même voudrait que le personnage principal jette son dévolu sur un artiste bien maudit comme Schiele, Modigliani, Soutine ou Van Gogh. L'aspect ironique de l'histoire réside dans ce choix surprenant du gardien de musée pour Mazerolle, ce symbole fort de l'art officiel pompier, comme purent l'être d'autres représentants comme Cabanel et Bouguereau, tous honnis par les impressionnistes et les artistes avant-gardistes.

De façon amusante Mazuel nous rappelle dans son interprétation d'un Charles Gleyre hautain et traitant en larbin un certain Van Gogh (le revoilà !) le mépris des élites culturelles au XIXe siècle vis à vis de tout peintre aventureux. Pourtant, ces peintres dits péjorativement « pompiers » avaient une maîtrise technique très convaincante, voire savante, mais on leur reprochait surtout de peindre très bien des sujets creux et d’un intérêt insuffisant empruntés à l'histoire, à la mythologie et à la religion.

Au final Le voisin de Picasso donne un éclairage surprenant sur cette ambiguïté même de la démarche de l'artiste, empêtré dans ses choix, ses doutes et ses espoirs. Dans Maîtres anciens (1988) l'écrivain et dramaturge autrichien Thomas Bernhard (1931-1989) avait déjà évoqué dans le huis-clos d'un musée toute l'ambivalence de la condition de l'artiste. Comédien talentueux et inspiré, Rémi Mazuel réussit l'exploit, dans un spectacle court mais diablement créatif, de nous faire réfléchir d'un point de vue humain sur les enjeux fondamentaux de l'art.

Fermer
Source Source
La presse en parle

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

À voir pour découvrir un comédien de grand talent !

"Le voisin de Picasso" : une performance d'acteur à la Contrescarpe ! Rémi Mazuel qui vient de l’improvisation théâtrale (festival du RING à Grenoble 2015 & 2016, Trophée des Arts à Barcelone 2016), occupe le plateau du théâtre dans un seul en scène très... Lire plus

"Le voisin de Picasso" : une performance d'acteur à la Contrescarpe !
Rémi Mazuel qui vient de l’improvisation théâtrale (festival du RING à Grenoble 2015 & 2016, Trophée des Arts à Barcelone 2016), occupe le plateau du théâtre dans un seul en scène très original...
Ayant eu l'idée d'écrire sur Alexis Joseph Mazerolle, un peintre académique contemporain de Sisley, Monet et Renoir, aujourd'hui tombé dans l'oubli, il s'interroge sur les caprices de la notoriété en interprétant Antoine, un gardien de musée qui jalouse le succès de la salle Picasso...
Le jeune acteur longiligne interprète avec talent tous les rôles, passant d'un registre à l'autre, seulement vêtu d'un costume trop petit pour lui sur un superbe gilet jaune d'or...
Le ton badin du début se fait plus grave au fur et à mesure des épisodes de l'histoire de ce peintre préféré à l'époque aux impressionnistes, qui décora le plafond de la Comédie française et fut même élevé au grade d'officier de la légion d'honneur...
Antoine s'associe en miroir au destin malheureux de Mazerolle pour nous raconter  son triste quotidien d'acteur sans engagement, lâché par son agent...
A la fin de son monologue, habité par son rôle, Rémi Mazuel nous emmène aux confins de la folie...
A voir pour découvrir un comédien de grand talent !

Fermer
Source Source
It Art Bag

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Interprétation à la fois drôle, touchante et poignante.

« Rémi Mazuel livre une interprétation de ce seul en scène à la fois drôle, touchante et poignante.» « La mise en scène signée Marie-Caroline Morel et le décor épuré mettent en valeur le brillant jeu d’acteur et le texte de Rémi Mazuel. »

Source Source

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Époustouflant, plein d’énergie et de talent, captivant et émouvant.

Performant, Vivant, Attrayant. Antoine comédien, est aujourd’hui gardien de musée, son agent l’a laissé tomber. Antoine est posté prés du peintre Alexis-Joseph Mazerolle , voisin de la salle Picasso. Désespéré de ne pouvoir exercer sa passion, il imagine son espace en... Lire plus

Performant, Vivant, Attrayant.
Antoine comédien, est aujourd’hui gardien de musée, son agent l’a laissé tomber. Antoine est posté prés du peintre Alexis-Joseph Mazerolle , voisin de la salle Picasso.
Désespéré de ne pouvoir exercer sa passion, il imagine son espace en scène de théâtre.
Juxtaposant sa propre existante à la vie de Mazerolle et de ses contemporains ‘ Monet, Renoir, Sisley ou Van Gogh’, il enchaine de magnifiques saynètes en interprétant différents personnages avec grand brio, sa gestuelle et son jeu nous enchante.
Il nous amuse, nous émeut, nous questionne…
Pour quelle raison un artiste reconnu tombe-t-il dans l’oubli ?
Le texte finement écrit, plein de petites histoires cocasses qui nous mènent doucement vers une fin qui nous bouleverse , la mise en scène rythmée et intercalée par des moment de silences et d’ombres intensifient l’émotion et l’imagination.
Au théâtre de la Contrescarpe vous ferait connaissance  avec Alexis-Joseph Mazerolle ce peintre décorateur 1826-1889 qui eut une importante carrière, décora entre autre  le plafond de la comédie française mais qui est depuis tombé dans l'oubli.
Et, vous découvrirez avec grand  plaisir  Rémi Mazuel époustouflant, plein d’énergie et de talent, captivant et émouvant.
Claudine Arrazat

Fermer
Source Source

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

C'est aussi bien écrit que joué, on adore !

Un «gardien de musée», Jeune, immense et usé, Par la foule, abusé, Artiste comédien Mais qui aimerait bien Diriger un théâtre. Chaudes braises dans l'âtre D'Histoire culturelle En fraîcheur naturelle. «Théâtre Contrescarpe», Tous les chemins... Lire plus

Un «gardien de musée»,
Jeune, immense et usé,
Par la foule, abusé,
Artiste comédien
Mais qui aimerait bien
Diriger un théâtre.
Chaudes braises dans l'âtre
D'Histoire culturelle
En fraîcheur naturelle.

«Théâtre Contrescarpe»,
Tous les chemins s'escarpent
Pour que «Mazerolle» entre
Dans la picturale antre.

«Ici, il décore la Comédie Française»
«Et l'Opéra Garnier». Ça devient une ascèse.
Passionnante histoire sautant du coq à l'âne
Avec brio. L'acteur a vraiment la banane
Pour nous conter d'intéressantes anecdotes.
Il se shoote à la peinture sans antidote
Tellement il est convaincu de sa parlotte.
Son incroyable narration, il la dorlotte.

Fougueux, imprévisible et très original,
Sa pêche d'enfer agit sur notre moral
Grâce à son irrésistible interprétation.
Rémi a un talent fou dans sa prestation.
Il passe d'un registre à l'autre en temps record ;
C'est aussi bien écrit que joué, on adore !

Fermer
Source Source
Logo Etat critique

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Excellent moment. C’est une heure qui passe vite, très vite, trop vite.

  Le temps d’un « épisode » La pièce démarre comme elle se termine, sur la même vision pour le public, la même image. Image que l’on comprend au fur et à mesure. On suit les fulgurances, les pérégrinations, du cerveau « dérangé... Lire plus

 

Le temps d’un « épisode »

La pièce démarre comme elle se termine, sur la même vision pour le public, la même image. Image que l’on comprend au fur et à mesure.

On suit les fulgurances, les pérégrinations, du cerveau « dérangé » , obnubilé par Joseph Alexis Mazerolle, et en plein épisode psychotique, en phase maniaque, d’Antoine, comédien « en pause » et gardien de musée.

Il fait le trafic entre une salle menant à Picasso et une autre à son idole: Mazerolle. Se désespérant de voir le public s’intéresser à autre chose qu’au grand Picasso, Rémi Mazuel à la fois auteur et acteur nous entraîne dans un voyage à la découverte d’un peintre tombé dans l’oubli malgré son succès retentissant de son vivant.

Antoine (Rémi Mazuel) redonne vie à Joseph Alexis Mazerolle, à son histoire. Il le porte de nouveau sur le devant de la scène, devenant tour à tour son professeur ou son assistant.

On le retrouve ainsi un jour de 1863 dans les ateliers de Charles Gleyne professeur aux beaux-arts. Une scène magique où Monet, Renoir, Basile, Sisley, décideront de quitter son atelier après une remarque de trop d’un Gleyne dépassé, en désaccord profond avec la vision nouvelle de ces artistes alors méconnus et qui compteront pourtant parmi les têtes de file du mouvement impressionniste. C’est d’ailleurs Monet qui mènera cette désertion.

On y est.

Antoine devient technicien en couleur et nous explique comment les mélanger pour obtenir les teintes désirées.
Pion improvisé – coincé malgré lui dans une salle qui doit rester silencieuse où il oriente des groupes de brésiliens colorés – il trouve le temps de nous raconter l’histoire du veau (poulet) Marengo et du chef napoléonien qui en est à l’origine.

On suit le cheminement interne d’Antoine admirablement joué par Rémi Mazuel qui, auteur de son propre texte, sait toujours avec justesse user de son corps, de sa gestuelle, de ses expressions pour accompagner et inciter au rire ou à l’écoute, au sérieux.

On vit la pièce, on l’accompagne partout où il se rend. C’est d’ailleurs parfois frustrant de voir un portail se fermer. Heureusement, un autre s’ouvre aussitôt sur une scène tout aussi captivante !
C’est une heure qui passe vite, très vite, trop vite. Bougeant sans cesse, dynamique jusque dans le tressautement de ses doigts quand il est le vieux professeur de Mazerolle, Rémi Mazuel habite complètement le décor simple, épuré qui correspond idéalement aux besoins de la pièce et à l’évolution de ses tableaux successifs. Le jeu des lumières et du son permet au spectateur de véritablement s’immerger. J’ai passé un excellent moment et je remercie ceux qui en sont à l’origine.

C’est la seconde pièce que je vois dans ce théâtre. De nouveau s’y mêle rêve et réalité avec cette fois-ci, en plus, la composante psychiatrique bien mise en avant et qui apporte une interrogation supplémentaire à tout ce que la pièce porte déjà en elle.

Vérifiez le niveau de votre lithium avant de venir vous régaler !

Fermer
Source Source
La grande parade

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Un spectacle revigorant !

Le Voisin de Picasso, sur le mode cocasse, évoque grandeur décadence d’un peintre du XIXe. Avec de forts accents actuels. Antoine, comédien « provisoirement » au chômage, officie comme gardien dans un musée. Le voici accompagnant du geste et de la parole, en anglais, espagnol,... Lire plus

Le Voisin de Picasso, sur le mode cocasse, évoque grandeur décadence d’un peintre du XIXe. Avec de forts accents actuels.

Antoine, comédien « provisoirement » au chômage, officie comme gardien dans un musée. Le voici accompagnant du geste et de la parole, en anglais, espagnol, italien, de cuisine et transport, les visiteurs empressés de se rassembler, devant les œuvres de Picasso, sans nécessairement les apprécier. Lui, désespère de leur faire découvrir, un des grands peintres du XIXe, aujourd’hui poussé dans les tiroirs poussiéreux de l’oubli. Et pourtant. Il s’agit, rien moins, que d’un contemporain de Monet, Sisley, Renoir et même Van Gogh, tous à l’aube de carrières encore balbutiantes et soumises aux critiques acerbes des peintres académiques et des journalistes. Qui donc est cet artiste, décorateur adulé en son temps, au point qu’on lui passa commandes pour peindre plafonds et murs d’institutions parisiennes aussi prestigieuses que le Conservatoire de musique, l’Opéra Garnier et, consécration suprême, la Comédie française ? Acteurs, hommes politiques se l’arrachent ; sa réputation enjambe les frontières : il décore des édifices à Bruxelles, Baden Baden, ses toiles se vendent à New York, Naples, Sydney. Mais, comme sa fresque de la Comédie française, peinte en 1877-1879, et partie en fumée lors d’un incendie en 1900, sa gloire n’est plus, après sa mort en 1889, que cendres froides. Un homme, gardien de musée, toutefois tente de raviver la flamme auprès de publics occasionnels : amateurs d’art, familles, gamins d’école primaire en visite. Créant un théâtre imaginaire, il narre, au risque de sa santé mentale, la vie de ce peintre oublié : Alexis-Joseph Mazerolle.

La nouvelle vague impressionniste
Ecrit et interprété par Rémi Mazuel, Le Voisin de Picasso, au-delà de la figure de Mazerolle, parle de peinture, de marché de l’art, d’avant-garde, de culture enfin. Le texte interroge sur la définition de la beauté, de la nécessité, de l’essentialité de la culture, du statut de l’artiste. Autant de questions qui se sont posées de tous temps et qui perdurent. Pour cela, l’auteur-comédien convoque Charles Gleyre, professeur aux Beaux-arts, débordé par la vague de ses jeunes élèves : Basile, Monet, Renoir, Sisley, chefs de file des impressionnistes, et l’éditeur de Mazerolle, qui explique doctement qu’œuvre d’art et reproduction enrichissent artiste et maison d’édition (nous y ajouterons, aujourd’hui, galeristes et diffuseurs sur le web), dans une course obsessionnelle à la notoriété et à l’argent. Ces réflexions s’appliquent à toute forme artistique, comme le suggère Antoine, comédien, obligé d’user ses souliers sur les dalles d’un musée, après quelques apparitions dans une série télévisée.

Les clés du comique
Rémi Mazuel, seul en scène, avec quelques accessoires et vêtements qui lui permettent de voler d’un personnage à un autre, déploie toute sa fougue et sa maîtrise de la voix et du geste pour donner corps aux différents personnages. On rit aux mimiques et expressions affectées du vieux birbe professeur des Beaux-Arts, aux gesticulations du gardien de musée-conteur tentant de contrôler la farandole énervée d’écoliers en goguette. Le texte joue avec bonheur du dialogue « monologué ». Le spectateur est amené à deviner les répliques muettes des interlocuteurs invisibles ; le jeu de Rémi Mazuel en délivre les clés et rajoute au comique. Un spectacle revigorant en notre époque quelque peu maussade où pas mal de valeurs sont bafouées et vouées à s’afficher sur la grande scène du marché.

Fermer
Source Source
Logo Théâtre Passion

Le voisin de Picasso - De la peinture à la Comédie Française

Une histoire étonnante, curieuse, émouvante et drôle aussi.

Dis Antoine, dessine-moi un Mazerolle ! Voilà ce qu’aurait pu dire un des enfants à qui Antoine raconte l’histoire de Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889) peintre aujourd’hui bien oublié, mais si connu de son temps. Antoine, intermittent du spectacle, est gardien de musée, il faut bien gagner... Lire plus

Dis Antoine, dessine-moi un Mazerolle !

Voilà ce qu’aurait pu dire un des enfants à qui Antoine raconte l’histoire de Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889) peintre aujourd’hui bien oublié, mais si connu de son temps.

Antoine, intermittent du spectacle, est gardien de musée, il faut bien gagner sa vie et ma foi, il est au milieu de toiles, ceci compense cela… Sur un chevalet trône le portrait du peintre dont il a la garde.

Le voisin le plus connu et le plus demandé de Mazerolle est Picasso ! Décidemment le public n’est guère curieux… Picasso bon d’accord, mais les autres ? Alors Antoine capte l’attention d’un groupe d’élèves, certes dissipés, mais il parvient à les intéresser à l’histoire passionnante de ce peintre, si renommé en son temps.

Jugez plutôt, il a été contemporain de Monet, Renoir, Sisley, ceux-là encore bien connus du grand public. Il a dessiné le plafond de la Comédie Française, hélas, cette œuvre partira en fumée en 1901.

Il a décoré également le Palais Garnier, le Conservatoire de musique de Paris, des théâtres en province ainsi qu’à l’étranger.

Alors Antoine, lui aussi a bien du mal à tracer sa route, un feuilleton télé connu, mais ça ne suffit pas, que fait-il à présent ?

Une histoire étonnante, curieuse, émouvante et drôle aussi. Rémi Mazuel réussit le tour de force en interprétant les différents personnages sous l’œil bienveillant de Marie-Caroline Morel.

Mazerolle ? allez voir ce spectacle, la curiosité n’est pas toujours un vilain défaut !

Fermer
Source Source

La Chute de Camus

Une œuvre majeure, sur le sujet majeur l’individualisme de l’homme moderne.

Jean-Baptiste Clamence est un avocat français émigré au Pays bas, à Amsterdam. Il vit une vie parfaite, à tous niveau, jusqu’au jour où un bruit assourdissant brise cette perfection. Le bruit d’un corps s’abattant sans l’eau calme du fleuve, quelque minutes après... Lire plus

Jean-Baptiste Clamence est un avocat français émigré au Pays bas, à Amsterdam. Il vit une vie parfaite, à tous niveau, jusqu’au jour où un bruit assourdissant brise cette perfection. Le bruit d’un corps s’abattant sans l’eau calme du fleuve, quelque minutes après qu’il soit passé sur le pont. Glacé par la stupéfaction de cette situation, il ne parvient pas à faire quoi que ce soit.
Jean-Baptiste Clamence est un être à qui tout sourit. Le travail, la famille, les femmes. Il est formidable et tout le monde le lui rend.
Le jour où il passe sur un pont traversant la Seine, et que la jeune femme qu’il avait aperçue alors, se jette dans le fleuve, tout son être est pétrifié. Il ne sait pas quoi faire. Il attend, il se questionne. Il se dit que quelqu’un va faire quelque chose, qu’il n’est pas seul. Mais personne n’agit. Et il poursuit sa route. 

À ce moment-là, sa vie parfaite bascule. Sa culpabilité remonte à la surface. Sa vie est menée que par une chose : la crainte du jugement dernier. Il n’est plus si parfait que ça, il se sent épié par les autres (et on sait bien que l’Enfer c’est les autres …). Le regard des autres le traumatise. Il pense que tout le monde considère qu’il a laissé mourir cette femme, qu’il aurait pu la sauver. Mais est-ce vrai ? Personne ne peut l’affirmer. 
Parlons de la mise en scène de Géraud Bénech. Il faut expliquer tout d’abord que Jean-Baptiste Clamence s’adresse à quelqu’un. Quelqu’un qu’il croise dans un bar. Mais que nous ne voyons pas. Dans un décor savamment épuré, chaque objet a sa signification. 
Il passe de chez lui à la salle du bar en quelques mots. La scène est donc partagée entre les deux lieux. Mais le bar est-il réel ? Parle-t-il véritablement à quelqu’un ou est-ce finalement son jugement dernier qu’il matérialise ici ? 

Précisément au milieu de ces deux espaces, un mannequin représentant cette femme, dans le fond mais qui prend la place la plus importante de la scène. 
Le mannequin éclairé, qu’on voit tout au long de la pièce, qui nous regarde, nous rappelle la culpabilité de Clamence, qui pèsera toute sa vie sur lui. Cette femme avec qui il vit désormais, sans la connaitre. 
Une œuvre majeure, sur le sujet majeur l’individualisme de l’homme moderne. L’homme moderne qui ne voit plus que son propre intérêt, sa propre vie, au point de passer son chemin sur la détresse de l’autre. 
Parce qu’en fait, qui n’a rien sur la conscience ? Même quelque chose dont on n’est pas responsable ? C’est toute cette question qu’aborde Camus dans cette œuvre. 

 

Fermer
Source Source

La Chute de Camus

Magnifique mise en scène ! Intense et sobre !

La chute. Théâtre littéraire à la contrescarpe. Nouveau horaires Jean-Baptiste Clamence se confie à un inconnu, dans un bar douteux d’Amsterdam. Il se présente comme « juge-pénitent », étrange profession consistant à s’accuser soi-même afin de pouvoir... Lire plus

La chute. Théâtre littéraire à la contrescarpe. Nouveau horaires
Jean-Baptiste Clamence se confie à un inconnu, dans un bar douteux d’Amsterdam. Il se présente comme « juge-pénitent », étrange profession consistant à s’accuser soi-même afin de pouvoir devenir juge.
Il se raconte : naguère avocat à Paris, il mena une brillante carrière. Respecté de tous et ayant une haute opinion de lui-même, il se considérait au-dessus du jugement du commun des mortels. En parfait accord avec lui-même, sa vie était une fête, et il était heureux.
Jusqu’au soir où il passa sur un pont duquel il entendit une jeune fille se jeter. Il poursuivit son chemin, sans lui porter secours. Cette chute entraîna celle, morale, de Clamence et marqua le début de sa quête existentielle.
Depuis 10 ans, Géraud Bénech, metteur en scène et Stanislas de la Tousche, comédien explore la littérature et l’emmène au théâtre.

Après le merveilleux Céline, Derniers entretiens joué au théâtre de la contrescarpe et au poche Montparnasse, Cette année est l’occasion de revisiter, de façon théâtrale, ce récit écrit par l’une des figures les plus marquantes de la pensée du XXe siècle.

Loin des affrontements historiques et idéologiques des années 1950 (Guerre froide, décolonisation, forte influence du marxisme dans les courants de pensée en Europe), qui lui donnaient des allures de manifestes, cette étrange confession s’inscrit à présent dans un contexte plus émouvant et proche de nos sensibilités contemporaines, davantage tournées vers l’intime et le personnel.

Un homme rompu à l’art de la parole, brillant avocat comme il se décrit... comédien comme il se prétend, va se mettre à nu dans un « jeu de la vérité » sans concessions.
Un homme rompu à l’art de la parole, brillant avocat comme il se décrit... comédien comme il se prétend, va se mettre à nu dans un « jeu de la vérité » sans concession ?
La mise en perspective théâtrale de ce texte s’appuie sur la stratégie d’écriture de Camus. Le spectateur, tout comme le lecteur, n’est pas pris à partie directement. La parole de Jean-Baptiste Clamence, portée par le comédien Stanislas de la Tousche, est adressée à cet interlocuteur invisible qu’il tente de convertir et d’entraîner dans sa chute salvatrice. Petit à petit, sans s’en apercevoir, alors que la confession avance, on se sent tous concernés, pris à partie et presque gênés de voir à quel point le mensonge, si souvent usité, peut faire des dégâts colossaux.

Qui est ce personnage qui se désigne sous le nom de Jean-Baptiste Clamence. À qui s’adresse-t-il ?

La magnifique mise en scène de Géraud Bénech, à la fois intense et sobre met la place du miroir en évidence et à chaque instant, le spectateur est confronté à plusieurs informations. Jeu d'acteur, bande sonore, projections. Le tout se mêle en un jeu d'illusions et ajoute encore, une folle intensité à cette introspection. Un texte, tout en ambigüité voulue par Camus et très bien retranscrit par Stanislas de la Tousche, à la mélopée très particulière.
” Ces nuits-là, ces matins plutôt car la chute se produit à l’aube, je sors, je vais, d’une démarche emportée, le long des canaux. Dans le ciel livide, les couches de plumes s’amincissent, les colombes remontent un peu. Une lueur rosée annonce, au ras des toits, un nouveau jour de ma création (...) Alors planant par la pensée sur tout ce continent qui m’est soumis sans le savoir, buvant le jour d’absinthe qui se lève, ivre enfin de mauvaises paroles, je suis heureux. Je suis heureux, vous dis-je, je vous interdis de ne pas croire que je suis heureux, je suis heureux à mourir ! ”

Fermer
Source Source
Sorties à Paris logo

La Chute de Camus

Un spectacle profond, actuel voire intemporel.

On se régale de ce texte qui a - sans doute - contribué à l'attribution du Prix Nobel de Littérature, qui a récompensé Albert CAMUS en 1957. Une jolie promenade dans l'univers existentiel du héros Clarence, marri de ne pas avoir sauvé une jeune fille se jetant d'un pont et de s'y noyer.... Lire plus

On se régale de ce texte qui a - sans doute - contribué à l'attribution du Prix Nobel de Littérature, qui a récompensé Albert CAMUS en 1957.

Une jolie promenade dans l'univers existentiel du héros Clarence, marri de ne pas avoir sauvé une jeune fille se jetant d'un pont et de s'y noyer.

Un spectacle profond, actuel voire intemporel.

Fermer
Source Source
A voir à lire

La Chute de Camus

Époustouflante adaptation de La Chute.

Alors que cette année célèbre le triste anniversaire des soixante ans de la mort d’Albert Camus, l’un des plus grands intellectuels français, quel plus beau cadeau pouvaient lui faire Géraud Benech et Stanislas De La Touche avec cette époustouflante adaptation de La Chute, court roman aux... Lire plus

Alors que cette année célèbre le triste anniversaire des soixante ans de la mort d’Albert Camus, l’un des plus grands intellectuels français, quel plus beau cadeau pouvaient lui faire Géraud Benech et Stanislas De La Touche avec cette époustouflante adaptation de La Chute, court roman aux allures de monologue intérieur.

Résumé : La Chute c’est celle d’un homme, Jean-Baptiste Clamence. Alors qu’il s’enivre dans un bar d’Amsterdam, il va faire la rencontre d’un français à qui, sous couvert de servir de guide, va en réalité se dévoiler. S’il le fait au départ sous un jour des plus favorables, petit à petit, son autoportrait se fait de plus en plus aigre, cynique, mesquin et se termine par l’aveu d’une culpabilité qu’il tente de taire depuis des années.
Critique : Sur sa machine à écrire, il tape frénétiquement, buvant avidement avec l’air de celui qui boit, mais qui n’a plus soif, sans prêter à attention à nous. Puis, alors que la salle se remplit peu à peu, il nous jette enfin un regard pour nous toiser de son regard inquisiteur, comme si nous étions entrés par effraction, sans lui demander son avis.

Alors qu’il est seul sur scène, des bruits de fêtes se font entendre, le décor est planté Stanislas de la Touche devient Jean-Baptiste Clamence, héros camusien iconique, parfois considéré comme l’alter ego de l’auteur.
Semblant errer sans but dans cette fête, il va faire la rencontre d’un Français qu’on ne verra jamais et dont on ne sait rien, avec qui il va se mettre à parler.
Comme dans le texte de Camus, le choix est fait de laisser cet homme dans l’ombre, pour accentuer la solitude du héros qu’on pourrait qualifier sans difficulté de tragique, car c’est là que réside toute la violence du texte, dans la solitude de l’homme moderne, pour reprendre les mots de Camus.
Rapidement Jean-Baptiste Clamence se présente à son nouvel ami sous un jour des plus plaisants, avec parfois une pointe de vantardise propre à celui qui cherche l’approbation de son auditoire. Pourtant, très vite, le monologue de Clamence prend une toute autre dimension et devient plus introspectif, plus intime. Petit à petit, la carapace se fissure et il se donne à voir tel qu’il est vraiment, n’hésitant pas à se décrire sous un jour plus cynique, mesquin, comme lorsqu’il avoue jubiler à l’idée de faire l’aumône ou lorsqu’il parle de ses conquêtes amoureuses et de sa façon de traiter les femmes.
Si, dans le texte de Camus, l’intime est à ce point dévoilé, Géraud Bénech et Stanislas de la Touche, à travers leur mise en scène, ont fait le choix de l’accentuer, pour faire raisonner un peu plus en nous ce texte écrit il y a plus de soixante ans et dont la modernité reste toujours aussi saisissante.
En effet, si l’intime est à ce point central dans l’adaptation à l’instar de l’œuvre originale, c’est qu’il est au cœur de l’évolution du personnage. Il ne fait aucun doute que Clamence était au départ l’homme qu’il décrit avec délectation, mais un événement tragique va venir bousculer ses certitudes et le transformer en cet être cynique qui se donne à voir.

Le récit de Camus est parfois abrupt, tant le personnage semble passer d’un état à un autre, tel un corps porté par les flots. La prestation de Stanislas de la Touche parvient, avec beaucoup de justesse, à transposer le texte sur scène. L’acteur est constamment en équilibre pour conférer au propos ce qu’il faut de pathos et de cynisme, sans jamais exagérer le trait. Stanislas de la Touche donne vie sous nos yeux au héros camusien, avec une incroyable facilité.
De plus, le choix de la mise en scène et du décor épuré accentuent cet effet de solitude et participent au sentiment de malaise que le spectateur ressent parfois à l’écoute des confidences du héros. Le spectateur assiste impuissant à la chute de cet homme, mais pas à celle de l’acteur qui, au contraire du héros, s’élève grâce à sa prestance.

Fermer
Source Source
BAZ'ART

La Chute de Camus

Un texte puissant, impeccablement servi !

"La Chute" au Théâtre de la Contrescarpe : un texte puissant, impeccablement servi Quel bonheur de pouvoir retourner au Théâtre de la Contrescarpe où Baz'art a pu voir tant de beaux spectacles ces dernières années, comme Fausse note de Didier Caron ou Pas d'souci du... Lire plus

"La Chute" au Théâtre de la Contrescarpe : un texte puissant, impeccablement servi

Quel bonheur de pouvoir retourner au Théâtre de la Contrescarpe où Baz'art a pu voir tant de beaux spectacles ces dernières années, comme Fausse note de Didier Caron ou Pas d'souci du génial Philippe Fertray ! Un bonheur décuplé quand la pièce du Grand Retour s'avère aussi puissante que bien interprétée.

Nous voici dans un bar miteux, quelque part en Hollande. Un homme, Jean-Baptiste Clamence (Stanislas de la Tousche) se tient debout, ou du moins, essaie, fortement ébranlé par un état d'ébriété qui va le pousser à la confidence.

Pendant une heure, il raconte, s'épanche, se dévoile. Tantôt avec désespoir, tantôt avec colère. Parfois avec cynisme. Il nous parle d'une Chute, ou plutôt, de plusieurs. Celle d'une femme, un soir, dans la Seine : une femme qu'il n'a pas voulu secourir et dont le souvenir le hante. De celle qui a été la sienne, depuis le drame, aussi. Jadis homme du monde, brillant avocat, apprécié des femmes, Jean-Baptiste Clamence a connu la déchéance et se présente désormais comme comédien, ou "juge-pénitent" à qui veut bien l'entendre et accepte de l'écouter.

Les mots puissants d'Albert Camus sont incroyablement incarnés par Stanislas De la Tousche, impeccable du début à la fin, quelles que soient les émotions traduites dans ce soliloque déversé comme un intarissable torrent.

La mise en scène sobre et efficace de Géraud Bénech allie habiles effets de lumière et sonores qui nous projettent tantôt dans l'obscurité d'un bar bruyant, tantôt en pleine rue, au bord d'une eau glacée. Des images vidéo viennent s'ajouter à ces effets techniques, mettant l'homme face à lui-même, face au reflet de son égoïsme, de sa lâcheté, de sa culpabilité.

Albert Camus a voulu nous offrir une peinture sans fards de l'homme occidental à travers cet homme qui a subi la Chute - ou l'a précipitée. C'est parfois troublant, souvent touchant, toujours puissant.

"La Chute" est une pièce exigeante à voir, à soutenir, maintenant que, ô bonheur, nos théâtres ont rouvert leurs portes. Bravo !

Fermer
Source Source
It Art Bag

La Chute de Camus

Superbe pièce interprétée à merveille par le talentueux comédien Stanislas de la Tousche !

« C’est une superbe pièce que nous présente le metteur en scène Géraud Bénech interprétée à merveille par le talentueux comédien Stanislas de la Tousche. »

Source Source
Logo Froggy's Delight

La Chute de Camus

La parole est portée de manière émérite avec une éloquence sensible par Stanislas de la Tousche !

Monologue dramatique d'après l'œuvre éponyme de Albert Camus interprété par Stanislas de la Tousche dans une mise en scène de Géraud Bénech. "La Chute" dernier opus de l'écrivain et philosophe Albert Camus, s'articule autour de la chute, entendue comme le péché... Lire plus

Monologue dramatique d'après l'œuvre éponyme de Albert Camus interprété par Stanislas de la Tousche dans une mise en scène de Géraud Bénech.

"La Chute" dernier opus de l'écrivain et philosophe Albert Camus, s'articule autour de la chute, entendue comme le péché originel, et la thèse de la culpabilité consubstantielle à la nature humaine dans une variation athée de la morale judéo-chrétienne qu'il aborde dans le registre de la controverse philosophique.

Albert Camus a précisé qu'il dressait "le portrait d'un petit prophète comme il y en a tant aujourd'hui. Ils n'annoncent rien du tout, et ne trouvent pas mieux à faire que d'accuser les autres en s'accusant eux-mêmes". Un homme singulier, et dont le nom Jean-Baptiste Clamence renvoie symboliquement au prophète biblique Jean le Baptiste clamant dans le désert, se révélant un vaniteux pratiquant une autosatisfaction sans limite quant à sa supériorité intellectuelle, délivre sa confession de p(r)êcheur pour qui "chaque homme témoigne du crime de tous les autres".

Ce témoignage-confession sous forme dialogale de convention avec un interlocuteur muet est celui d'un homme obsédé par un acte, non sa commission mais son omission, qui ressort à la confrontation avec soi-même sur le mode du plaidoyer et/ou réquisitoire d'un homme révélant non seulement sa culpabilité mais sa duplicité.

Travaillent régulièrement de concert, ainsi pour le superbe "Derniers entretiens" d'après l'oeuvre de Louis-Ferdinand Céline, le comédien Stanislas de la Tousche et le metteur en scène Géraud Bénech présentent une transposition scénique qui rend compte de la dualité consubstantielle du personnage, ainsi que ce dernier l'indique en évoquant "la fine crête qui sépare l'hyperacuité de la folie".

L'ambiguité de la confrontation avec soi-même, à laquelle s'ajoute l'invocation, d'autant plus brillante qu'elle émane d'un ancien avocat, de la circonstance atténuante tenant à l'universalité du comportement humain se révèle, en l'espèce, on dans le bar orignel mais "in door" dans l'espace intime d'un cabinet de travail.

La parole est portée de manière émérite avec une éloquence sensible par Stanislas de la Tousche qui navigue subtilement entre la vraie fausse humilité du repentant et le faux vrai cynisme du "pécheur".

Fermer
Source Source
Logo Publikart

La Chute de Camus

Camus porté en majesté !

Une adaptation libre et nécessaire du texte d’Albert Camus La chute au Théâtre de la Contrescarpe Programmée tous les mercredis et les jeudis à 19h au théâtre de la Contrescarpe, la pièce imaginée par Albert Camus et publiée chez Gallimard en 1956 retrouve une nouvelle... Lire plus

Une adaptation libre et nécessaire du texte d’Albert Camus La chute au Théâtre de la Contrescarpe

Programmée tous les mercredis et les jeudis à 19h au théâtre de la Contrescarpe, la pièce imaginée par Albert Camus et publiée chez Gallimard en 1956 retrouve une nouvelle jeunesse avec l’excellent Stanislas de la Tousche dans le rôle de Jean-Baptiste Clamence avec la mise en scène inventive de Géraud Bénech. Quelques accessoires bien trouvés permettent d’insuffler un vrai rythme à un monologue qui remet en cause les certitudes sur une vie réussie. La pièce montre bien que le blanc est noir, que le noir est blanc, et rien n’est acquis à l’homme, ni sa force, ni sa faiblesse ni son cœur.

 

Camus porté en majesté
Ce qui est considéré comme le dernier grand récit d’Albert Camus est un véritable réquisitoire contre les fausses certitudes de l’homme moderne. Avec un art consommé du mot et du verbe, l’auteur nobelisé remet en cause la réussite professionnelle, la reconnaissance collective et les conquêtes amoureuses en soulignant bien la vanité constante des choses, les flagorneries jamais entendues et tout ce qui construit l’édifice du vaniteux du XXe siècle. Un quidam visiblement imbu de lui-même si on tient compte de sa prolifique et inarrêtable faconde s’adresse à un inconnu dans un bar miteux d’Amsterdam nommé Mexico City. Ce rade dérisoire est le dernier royaume d’un mondain parisien échoué là suite à une disgrâce personnelle. Après un torrent de fleurs jetées sur son oeuvre de grand homme et de bon samaritain, le masque tombe et la véritable personnalité, longtemps autant cachée qu’ignorée, refait surface. Jean-Baptiste Clamence avoue ses travers et se définit comme un juge pénitent qui s’accuse soi-même afin de pouvoir devenir juge des autres. Le comédien rivalise de procédés oratoires pour coller au texte de Camus tout en prenant des libertés surprenantes, comme ce moment charnière où le personnage entend un corps tomber dans l’eau sans savoir sauver cette personne à la dernière extrémité de sa vie. Le moment où tout bascule passe sur un magnéto qui fait défiler une bande qui accompagne le comédien tout du long du spectacle. Avec une canne à pêche, il signifie son désir de sauver autrui, avec une ballerine, il figure ses conquêtes féminines, un miroir symbolise un côté sombre où des personnages démoniaques apparaissent. Là où la fête occupait l’existence d’un homme imbu de lui-même, le spectacle de la déchéance personnelle le fait descendre de son piédestal et se rendre compte de l’égoïsme de sa condition. Le texte, la mise en scène et le comédien sont au diapason pour faire réfléchir les spectateurs sur la force intrinsèque d’un texte essentiel de la littérature française.

Après de nombreuses présences à d’autres adaptations de ce texte de Camus, force est de constater que celle-ci est au-dessus du lot. Parfaitement interprété avec un texte déclamés au cordeau, La Chute redevient ce texte essentiel à lire et relire pour se donner une bonne dose de modestie et d’humilité. De quoi croire aux valeurs de justice et de responsabilité en mettant à distance les mirages de la société capitaliste, le bon moment pour revoir cette pièce tous les mercredis et jeudis soir de Juillet au Théâtre de la Contrescarpe à Paris !

Fermer
Source Source

La Chute de Camus

Une belle performance d’acteur !

Un avocat très imbu de lui-même croise sur un pont une jeune fille prête à sauter à l’eau. Il continue son chemin, l’entend tomber, et ne se retourne pas. Sa vie dès lors prendra une tout autre tournure. Cette surprenante pièce, adaptée du roman éponyme d’Albert... Lire plus

Un avocat très imbu de lui-même croise sur un pont une jeune fille prête à sauter à l’eau.
Il continue son chemin, l’entend tomber, et ne se retourne pas.
Sa vie dès lors prendra une tout autre tournure.
Cette surprenante pièce, adaptée du roman éponyme d’Albert Camus, nous interroge sur notre égoïsme et la futilité de nos motivations.

Stanislas de la Tousche, seul en scène, fait vivre intensément son personnage. Une belle performance d’acteur !

Fermer
Source Source
Théâtre au vent

La Chute de Camus

L’homme qui parle nous émeut.

Dans sa prière d’insérer de l’édition de la Chute (1956) Camus présente « L’homme qui parle » : Il a le cœur moderne, c’est-à-dire qu’il ne peut supporter d’être jugé… Fait-il son procès ou celui de son temps ?... Lire plus

Dans sa prière d’insérer de l’édition de la Chute (1956) Camus présente « L’homme qui parle » : Il a le cœur moderne, c’est-à-dire qu’il ne peut supporter d’être jugé… Fait-il son procès ou celui de son temps ?
Pour adapter ce roman-monologue sur une scène de théâtre, il faut rentrer dans le film du personnage, c’est-à-dire deviner ce qu’il voit, ce qu’il ressent tandis qu’il parle car aussi bien, il y a ce que disent les gestes, le corps et que les mots seuls ne peuvent exprimer.  C’est tout l’intérêt de cette représentation théâtrale de la chute. Incarné par Stanislas de la TOUSCHE, Jean-Baptiste Clamence devient un personnage sur scène au même titre qu’un personnage Shakespearien ou plus évident pour nous qu’un personnage de Dostoïevski, Stavroguine dans les Possédés ou le narrateur des Carnets du sous-sol décrit comme un individu maniaco-dépressif.
Mais au fond, au-delà de sa description sociale – il s’agit d’un ancien avocat très prisé – qui se nomme Jean-Baptiste Clamence, il est un homme parmi les hommes qui est tout nu dès lors qu’il s’expose au jugement et au regard des autres. Le point de départ du cataclysme moral de cet individu est terrible. L’homme est obsédé par le souvenir d’une défaillance : il n’est pas venu au secours d’une jeune femme en train de se noyer. 
L’origine de cette défaillance pourrait être interprétée de diverses façons. La plus simple est de penser qu’il n’a pas eu le courage. Manquer de courage c’est aussi être humain mais Jean-Baptiste Clamence déteste cette image que lui renvoie son comportement, il la déteste au point qu’il la foule à ses pieds et à travers reconnait celle de l’homme en général.
Le réquisitoire contre la société de son temps est sous-tendu par la véhémence d’une douleur quasiment physique, l’homme a aussi bien mal dans son corps que dans son esprit.


La mise en scène de Géraud BENECH fait penser à un rêve éveillé, un cauchemar qui a cela de pittoresque qu’il nous transporte dans un bouge, un bar d’Amsterdam où se retrouvent des êtres qui fuient la solitude. Et il y a cet instrument magique du miroir qui ne cesse de s’agiter, de vaciller, se consumer comme une flamme telle la vie de cet homme.
Cette intrusion du fantastique donne de la chaleur au personnage, elle s’accorde à la fièvre qui l’habite si justement exprimée par Stanislas de la TOUSCHE.


Le personnage hanté par le souvenir de sa propre lâcheté, nous ne le voyons pas en quête du bonheur ni même de son salut. Pour excessive que puisse paraître son introspection bordée de cynisme, elle agit comme un volet qui frappe contre le mur, elle l’appareille au monde.


Le public se trouve dans la position de l’interlocuteur muet de Jean-Baptiste Clamence, certainement embarrassé, médusé par cette confession torrentielle.  Stanislas de la TOUSCHE ne donne même pas l’impression de jouer, il est cet homme qui se confesse, se livre corps et esprit pour regarder la nuit en face.  De chair et de sang, avec cet ego vacillant comme une mouche aveugle, en quête de lumière, l’homme qui parle nous émeut.

Fermer
Source Source
Logo Spectacles Sélection

La Chute de Camus

À voir absolument !

Un bar à matelots à Amsterdam. Une atmosphère enfumée, glauque, pleine de la cacophonie des beuveries qui s'entrechoquent. Jean-Baptiste Clamence, un habitué des lieux, y détone par son élégance décontractée, son sourire et sa faconde courtoise. Il se porte au secours d'un... Lire plus

Un bar à matelots à Amsterdam. Une atmosphère enfumée, glauque, pleine de la cacophonie des beuveries qui s'entrechoquent. Jean-Baptiste Clamence, un habitué des lieux, y détone par son élégance décontractée, son sourire et sa faconde courtoise. Il se porte au secours d'un client en peine de boisson et noue une camaraderie de circonstance, qui va se muer en complicité touristique au long des quais, dans la senteur trouble des feuilles mortes.
S'inaugure alors, comme une sorte d'exorcisme inefficace, la longue confession de Clamence, ressassée, sans cesse peaufinée. Celle des souvenirs décrits avec précision qui l'ont amené à son statut actuel, loin du Paris de ses succès professionnels et mondains d'antan. Tel fut le choc vital d'une mauvaise conscience jamais amendée, du cynisme amoureux, de la vanité qui explosent au détour d'un quai nocturne, d'une chute inexorablement amorcée.
L'exil vers ces lieux sordides, quasi exotiques, autorise une résurrection morale, que désormais il partagera avec des inconnus de fortune, à qui il offre ainsi la possibilité de leur salut. Juge-pénitent, juge légitimé par sa propre pénitence, Clamence extrapole son expérience au dévoilement de la veulerie universellement partagée.

 

Ce texte flamboyant, d'une originalité et d'une puissance inouïes, n'a pas pris une ride depuis 1956. Stanislas de la Tousche renforce davantage sa vitalité signifiante, faisant de chaque spectateur l'inconnu de passage qu'il interpelle sans lui laisser le temps de reprendre souffle, avant de le laisser s'en retourner vers son propre questionnement. Ébranlé, pas indemne.
À voir absolument.

Fermer
Source Source

La Chute de Camus

C'est magistralement servi !

La Chute au Théâtre de La Contrescarpe : Stanislas de la Tousche, impressionnant, sert le texte d’Albert Camus dans une mise en scène de Géraud Bénech, une mise en abyme qui laisse le spectateur fixer la limite entre la représentation et sa réflexion Sur la scène, un bureau, une... Lire plus

La Chute au Théâtre de La Contrescarpe : Stanislas de la Tousche, impressionnant, sert le texte d’Albert Camus dans une mise en scène de Géraud Bénech, une mise en abyme qui laisse le spectateur fixer la limite entre la représentation et sa réflexion
Sur la scène, un bureau, une machine à écrire, un magnétophone à bandes, un miroir. Pendant que le public trouve sa place, un homme entre sur scène, en marcel et bretelles, écoute la bande au casque, tape à la machine… Cette nuit là, en novembre, je regagnais la rive gauche et mon domicile par le Pont Royal…

Cette nuit là, l’homme a vu une jeune femme tomber dans la Seine, il n’a pas réagi. Maintenant il est à Amsterdam, au Mexico City, un bar de marins. Il partage des genièvres avec un inconnu, il va lui raconter sa vie. La vie d’un avocat brillant à qui tout vient facilement, la réussite, l’argent, les femmes. Devant cet homme, il va prendre conscience de l’égoïsme, du vide de sa vie. Il a laissé un de ses camarades mourir sous ses yeux, il a manipulé les femmes, sans jamais s’intéresser à un autre que lui. Petit à petit, ce n’est plus de lui qu’il parle, mais de l’homme moderne, en tout cas dans sa version occidentale.

Le spectateur est là, il voit cet homme mettre à nu sa conscience devant un inconnu, s’observer à travers un miroir, laisser s’effondrer les valeurs sur lesquelles il s’est construit.


Le travail de Stanislas de la Tousche est impressionnant. Il sert le texte avec une profondeur qui force le respect, en se donnant le temps, dans les gestes, dans la voix, une voix sans urgence, qui sait allonger les syllabes, retrouver le ton du parisien bien éduqué des années 50. Avec lui, grâce à lui, je sentais petit à petit s’effondrer Jean-Baptiste Clamence, ses certitudes, ses barrières. Je voyais un homme qui ne s’est intéressé qu’à lui même franchir une borne, réaliser sa propre vacuité, cette vacuité à laquelle il ne peut plus échapper.

 

La mise en scène de Géraud Bénech apporte une mise en abyme complémentaire, il y a sur scène un acteur, deux hommes, celui qui se livre et celui qui écrit, Clamence et Camus. Clamence est-il Camus, je suis sorti sans trancher, faut-il d’ailleurs choisir entre le niveau de la réflexion et celui de la représentation, le spectateur observe-t-il Camus qui observe Clamence, ou le spectateur est-il, comme Camus, comme Clamence, un homme moderne face à sa vacuité… chacun trouvera sa frontière.

 

Une raison d’aller voir la pièce ? Parce que c’est Camus, et que c’est magistralement servi. Pour la beauté du texte. Parce que le propos est actuel, trop actuel. Parce que vous aimez le théâtre. Parce que Camus est à votre programme de Français ou de Philo. Parce qu’il vous arrive de réfléchir.

Fermer
Source Source

La Chute de Camus

Un texte aux profondes réflexions, sans préjugés...

À chacun son esclave, mais qui le dira ? Certaines vérités, qui les reconnaîtra ? Qui s'afficherait tel qu'il est réellement ? Un homme se revisite intérieurement, Il retrace sa vie presqu'éternellement Comme un voyage se refait mentalement. Au «Théâtre de la... Lire plus

À chacun son esclave, mais qui le dira ?
Certaines vérités, qui les reconnaîtra ?
Qui s'afficherait tel qu'il est réellement ?
Un homme se revisite intérieurement,
Il retrace sa vie presqu'éternellement
Comme un voyage se refait mentalement.

Au «Théâtre de la Contrescarpe», défilent
Toutes les petites lâchetés qui s'enfilent
Sur le collier d'existence où s'attache un fil
Qui pourrait se transformer en un nœud coulant.

Chacun exige d'être innocent à vil prix ...
Un miroir renvoie une image déformée,
Livrant son âme pieds et poings liés et pris
Dans les filets du monde qui s'est transformé.

«Le sommeil était une chute»
«Et la veille un accroupissement»,
Dans une cellule où on lutte
Recroquevillé sur ses tourments.

«Je suis la fin et le commencement»
«J'annonce la loi» pour un jugement.
«Les juges intègres» ne sont finalement
Qu'une pâle copie voguant innocemment.

Discours qui libère philosophiquement ;
«Plus je m'accuse et plus j'ai le droit de vous juger».
Un texte aux profondes réflexions, sans préjugés,
Servi par un souffle qui a su exiger
De l'acteur qu'il l'expulse de lui intensément.

Fermer
Source Source

La Chute de Camus

Vibrant hommage à Albert Camus ! Formidable performance !

Une méditation vertigineuse sur l'homme moderne occidental, un vibrant hommage à Albert Camus. Dans La Chute se joue l'introspection aussi partiale que, néanmoins, impitoyable, d'un brillant avocat au soir de sa vie. Un homme aux succès multiples, parfaitement satisfait dans son égoïsme et son... Lire plus

Une méditation vertigineuse sur l'homme moderne occidental, un vibrant hommage à Albert Camus.
Dans La Chute se joue l'introspection aussi partiale que, néanmoins, impitoyable, d'un brillant avocat au soir de sa vie. Un homme aux succès multiples, parfaitement satisfait dans son égoïsme et son hubris, fascinant son entourage - à l'en croire du moins. Un jeu constant avec les sentiments d'autrui. Un tourbillon de divertissements, jusqu'à l'épuisement. Une forme d'enivrement, après les années noires de la guerre. Mais une homme qui sombre lorsqu'il se rend compte qu'il a eu la lâcheté de laisser sous ses yeux se noyer une jeune femme, sans un regard, sans une main tendue. Chute d'un corps dans la Seine, qui dès lors se représentera sans cesse à son imagination enfiévrée, chute morale d'une conscience brusquement rappelée à une responsabilité qu'elle avait oubliée. Chute d'un esprit qui ne peut supporter l'éblouissement de la lucidité.


C'est un défi que de représenter La Chute sur scène. Relevé haut la main. Formidable performance de Stanislas de la Tousche qui, seul sur scène, sait capter l'attention de son public. Il sait restituer ce malaise instauré par le point de vue unique, l'abîme insondable d'un être confronté à la fissuration de son être social et à l'irruption soudaine d'un miroir assassin.
Henriette Casaubieilh

Fermer
Source Source
Logo Télérama

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Cette adaptation se caractérise par son éclatante cohérence !

“Une valise à la main, tout de blanc vêtu, l’homme avance lentement sur scène. Bientôt, les mots de Proust s’élèvent dans leur troublante et mystérieuse beauté. Réalisée à partir d’extraits plus ou moins connus de “À la recherche du temps perdu”, cette adaptation se caractérise par son... Lire plus

“Une valise à la main, tout de blanc vêtu, l’homme avance lentement sur scène. Bientôt, les mots de Proust s’élèvent dans leur troublante et mystérieuse beauté. Réalisée à partir d’extraits plus ou moins connus de “À la recherche du temps perdu”, cette adaptation se caractérise par son éclatante cohérence. Une même évidence qui se retrouve dans la mise en scène où le moindre objet a sa justification, le moindre silence sa raison d’être. Une réussite parachevée par l’interprétation envoûtante de David Legras, qui nous emmène sur le chemin sinueux des souvenirs à la rencontre de la duchesse de Guermantes ou d’Albertine. Un plaisir rare au goût aussi savoureux que celui d’une petite madeleine.”

Fermer
A voir à lire

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

La présence scénique humanise tout en sobriété cette écriture géniale.

Une gageure que de mettre sur les planches “À la recherche du temps perdu”. Virgil Tanase s’y essaie pourtant et parvient à nous faire entrer dans le monde de Marcel Proust par une petite porte tout en finesse. Des morceaux choisis, des phrases, des moments de texte qui évitent l’écueil des raccourcis. Sur scène,... Lire plus

Une gageure que de mettre sur les planches “À la recherche du temps perdu”. Virgil Tanase s’y essaie pourtant et parvient à nous faire entrer dans le monde de Marcel Proust par une petite porte tout en finesse. Des morceaux choisis, des phrases, des moments de texte qui évitent l’écueil des raccourcis. Sur scène, quelques-unes des thématiques fortes du roman : la réminiscence et le souvenir chers à l’auteur, entre autre. Et David Legras, seul sur le plateau, nous fait partager intelligemment la phrase proustienne, dont la structure complexe se déroule avec jouissance, servie par la clarté de la diction et l’expressivité du comédien. La présence scénique humanise tout en sobriété cette écriture géniale. Sans l’appauvrir.
L’on écoute comme une évidence ce soliloque oiseux, cette introspection qui, au sens propre, nous parle. Les quelques accessoires suggèrent l’incarnation des figures chéries. Ils rythment les moments du texte soutenant l’attention de l’auditoire, servant d’allégories à tous les personnages et notions présents fantomatiquement. En une heure et quart, le spectateur perçoit les plus minuscules détails qui peuplent la vie de l’enfant jusqu’à ceux qui obnubilent l’homme d’âge mûr. Une description de chambre, une évocation de femme ou une peinture de comparses vieillissants.
Combray, Albertine, Swan, vous n’aurez qu’une hâte au terme du spectacle : les retrouver, (r)ouvrir l’un des tomes, au hasard et ressentir à nouveau ce que vous avez éprouvé à la lecture d’un Proust, jadis”

Fermer
Logo La Terrasse

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Des tonalités cristallines pour une symphonie romanesque.

Des tonalités cristallines pour une symphonie romanesque “À la recherche du temps perdu de Marcel Proust rivalise avec l’ambition des cathédrales et des symphonies. Virgil Tanase met en scène cette balade du souvenir aux couleurs sépia, trempées des rayons réfractés de la vie passée. Des occasions... Lire plus

Des tonalités cristallines pour une symphonie romanesque
“À la recherche du temps perdu de Marcel Proust rivalise avec l’ambition des cathédrales et des symphonies. Virgil Tanase met en scène cette balade du souvenir aux couleurs sépia, trempées des rayons réfractés de la vie passée. Des occasions d’éblouissements pour des intuitions que l’on croyait perdues, avec la sérénité et l’inquiétude contrôlée de David Legras, le flâneur dont les pensées et les mouvements mènent à des relais obligés du cycle proustien. L’écriture, produite dans une chambre tapissée de liège, ne saurait oublier toutes les alcôves protectrices de l’enfance, entre rideaux de mousseline à la blancheur d’aubépines chez les grands-parents à Combray, et l’odeur de renfermé que distillent des brindilles de bois sur le sol, un morceau de temps retrouvé: « Longtemps, je me suis couché de bonne heure… ». Surgit soudainement à la mémoire la disparition signifiante de la grand-mère, l’instant où le garçon prend conscience qu’il ne la reverra plus, tout en chaussant ses bottines.
Miracle d’un crissement qui laisse affleurer les jours anciens
Au rendez-vous, la fameuse madeleine, moment inattendu d’une félicité goutée à nouveau, à l’instant même où les «miettes du gâteau » imbibées de thé touchent le palais. Voilà l’envahissement d’un « plaisir délicieux » dont l’adulte ne peut saisir la cause, une simple offrande dominicale de la tante Léonie à l’enfant qu’il était. Quand au sentiment de l’amour, il s’impose à travers le portrait d’Albertine, l’adolescente si changeante rencontrée pendant la villégiature normande. Le spectacle donne la mesure des trésors poétiques de l”A la recherche du temps perdu” à l’aide d’images scéniques réinventées, non pas par le déséquilibre attendu des « deux dalles inégales du baptistère de Saint-Marc », mais grâce à une voiture enfantine du siècle dernier avec un guignol de poupées. Miracle d’un crissement de métal pleurant qui laisse affleurer les jours anciens.”

Fermer
Logo La Théâtrothèque

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Les réminiscences s’entremêlent et donnent la vie à ce très beau “À la recherche du temps perdu”

“Il faut du cran pour se risquer à pénétrer dans le temple de Proust. Le parfum de ses réminiscences échappe à nombre de flacons… Alors, une heure et quart de recherche. Il s’agit de faire jaillir le passé dans le présent ; de réitérer une sensation pour lui faire dire ce qu’elle renferme de souvenirs. Le... Lire plus

“Il faut du cran pour se risquer à pénétrer dans le temple de Proust. Le parfum de ses réminiscences échappe à nombre de flacons… Alors, une heure et quart de recherche. Il s’agit de faire jaillir le passé dans le présent ; de réitérer une sensation pour lui faire dire ce qu’elle renferme de souvenirs. Le désir de Proust – retrouver par les mots un plaisir évanoui – est atteint grâce à un processus mental minutieux, auquel le spectateur assiste, en même temps qu’il se délecte de la magie poétique des images. David Legras apparaît là comme un « voyant ». Il transmet cette « fièvre de la recherche » au pays de la mémoire, avec une flamme particulièrement captivante. Il voyage dans l’écriture de Proust, en nous la restituant fluide, voluptueuse et enivrante. Les moments choisis, dont fait partie le passage de la mythique madeleine «imbibée de thé», l’amour exaltée envers l’étrange, l’ambigüe Albertine, s’incarne dans les quelques accessoires présents sur la scène. Un phono, du vieil or, des fleurs, une poupée, un simple grincement : tout nous propulse dans cette galerie de miroirs, où les émotions enfouies se conjuguent et se reflètent encore une fois, au creux des phrases complexes et infiniment extatiques de Proust. Les réminiscences s’entremêlent et donnent la vie à ce très beau “A la recherche du temps perdu”, sous le pinceau d’un Virgil Tanase, au meilleur de sa forme.”

 

Fermer
Logo Reg'Arts

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

David Legras est fascinant, magistral !

D’emblée c’est beau, blanc sur noir. Atmosphère, ombre et lumière… Des draps blancs recouvrant des meubles, et déjà prend vie une maison prometteuse d’histoires, dans laquelle pénètre lentement un homme très élégant, tout de blanc immaculé... Lire plus

D’emblée c’est beau, blanc sur noir. Atmosphère, ombre et lumière… Des draps blancs recouvrant des meubles, et déjà prend vie une maison prometteuse d’histoires, dans laquelle pénètre lentement un homme très élégant, tout de blanc immaculé vêtu, entre deux âges. Ses mains s’emploient à interroger l’espace en le/se découvrant au fur et à mesure… Son regard hypnotique invite à une intimité étrangement pudique. Il raconte, partage des fragments de son passé. Avec une fébrilité maîtrisée, de sa voix modulable, il décortique les mots qui décortiquent les moments choisis, de manière à ce qu’ils paraissent tangibles pour/par tous les sens. L’éphémère devient universel, le banal se revêtit d’une importance capitale. L’homme qui parle au passé, par sa présence, est une évidence, apaisante et troublante à la fois. Il semble chercher sans réellement en avoir besoin, sauf peut-être pour se rassurer enfin de ne pas l’avoir perdu… tout ce temps.

Seul en scène, David Legras est fascinant, magistral dans son art de jongler avec le rythme et les intonations, la précision, l’émotion. Il sert avec panache et justesse le magnifique texte proustien.

Quant à la mise en scène, elle est surprenante, esthétique, épurée et inventive à la fois : Virgil Tanase l’a forgée à la hauteur de son talent et de son imagination. Et nul doute, ce grand Monsieur est un magicien espiègle qui aime transporter les spectateurs dans son univers particulier, où derrière le moindre détail scénique se cache un symbolisme inattendu. À vous/nous de trouver !

Certains, comme Gide, aiment Proust. Les autres le (re)découvrent grâce à cette pièce qui lui rend si majestueusement hommage.

Luana Kim

Fermer
Source Source
A voir à lire

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Il y a en effet de quoi être impressionné par l’interprétation de David Legras !

Réuni au sein de la petite salle du Théâtre de la Contrescarpe, le public, souvent épris de l’œuvre de l’auteur mis en scène, découvre avec surprise, parfois même avec interrogation, un spectacle captivant, toujours sur le fil. Notre avis : Proust est l’auteur qui,... Lire plus

Réuni au sein de la petite salle du Théâtre de la Contrescarpe, le public, souvent épris de l’œuvre de l’auteur mis en scène, découvre avec surprise, parfois même avec interrogation, un spectacle captivant, toujours sur le fil.
Notre avis : Proust est l’auteur qui, souvent, fait l’unanimité au sein des adeptes de littérature. Il est certain cependant que l’écriture de ce dernier peut dérouter, par son caractère fortement descriptif, introspectif, patient. Pour réussir à lire Proust, il faut du temps, il faut aussi avoir vécu. Sinon, la magie n’opère sûrement pas pleinement.
On mesure alors le défi du comédien, David Legras, et de son metteur en scène, Virgil Tanase, pour rendre la Recherche accessible. Car c’est bien le texte de Proust que le spectateur écoute, attentivement, durant cette heure de réflexion. Réflexion sur l’oubli, sur le souvenir, sur l’être.
Il y a en effet de quoi être impressionné par l’interprétation de David Legras, totalement habité par ce texte, par ses circonvolutions, par sa musicalité, qu’il nous transmet merveilleusement. Mais il fut étonnant, en tant que spectateur, de ressentir parfois l’envie de retrouver ces mots seul, à côté d’une lampe de chevet, de se les dire à soi, dans sa tête. Le texte de Proust a cette particularité qu’il ne se donne pas facilement. Et si le comédien réussit brillamment à adapter son phrasé à la complexité du propos, le désir de le faire sien est plus grand que celui de se le faire conter.
Tout n’est qu’une question de goût finalement, car ce seul-en-scène aiguise toutes les subjectivités. Qui ne s’est pas en effet, un jour, repassé le film de sa vie en retrouvant sa chambre d’adolescent ? Son odeur, sa lumière, ses bibelots. Pour qui aime à se laisser aller à des pensées, sans pour autant s’y perdre, pour qui a le goût du questionnement, de la démesure et de l’absolu dans la quête de sens, cette pièce résonnera très certainement en lui.
Mais il fut par la même amusant de ressentir davantage l’envie de se replonger dans les pages de Proust, plutôt que de se projeter dans l’imaginaire du comédien. La Recherche a cette magie, cette plénitude, qui fera d’elle le roman de chacun.
En tout cas, ce spectacle démontre que l’amour des artistes pour cette œuvre est bien palpable.

Fermer
Source Source

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Un bien beau moment à conseiller vivement...

Virgil Tanase, romancier et dramaturge d’origine roumaine, est bien connu du public français. Installé sur notre territoire depuis 1977, il a réalisé depuis cette date nombre d’adaptations théâtrales d’inspirations très diverses. C‘est un court texte d’André... Lire plus

Virgil Tanase, romancier et dramaturge d’origine roumaine, est bien connu du public français. Installé sur notre territoire depuis 1977, il a réalisé depuis cette date nombre d’adaptations théâtrales d’inspirations très diverses.
C‘est un court texte d’André Gide sur l’œuvre de Marcel Proust qui déclencha en lui cette envie d’un nouveau spectacle.

A partir d’extraits soigneusement choisis des divers tomes de « A la Recherche », Tanase analyse le subtil processus de souvenir inconscient indissociable, selon lui, de l’acte de création artistique.

Dans les passages proposés on retrouve bien sûr les grands classiques, de l’église de Combray à la petite madeleine trempée dans le thé. Et puis d’autres, moins connus, qu’on vous laisse identifier.

Des noms évocateurs surgissent du passé, celui de la Duchesse de Guermantes, ceux de Bergotte et de Saint Lou et aussi des prénoms qui nous sont familiers, Albertine et Gilberte, par exemple.

C’est à David Legras qu’incombe la tâche délicate d’incarner le narrateur. Nous l’avions découvert dans une adaptation du « Petit Prince » de Saint-Exupéry au théâtre de la Pépinière il y a une dizaine d’années.

Tout de blanc vêtu de la tête aux pieds, avec un élégant chapeau, il est l’incarnation parfaite du sublime Marcel. Pendant une heure un quart il nous susurre sur le ton de la confidence, parfois gourmand, amusé ou surpris, les phrases choisies par le metteur en scène. Le tempo est lent, régulier puis soudain accéléré, comme dans une sonate au piano.

Quelques meubles, d’abord cachés par des draps blancs, constituent le premier décor. Un guéridon, une chaise et une commode, objets familiers anciens d’une maison de campagne que l’on ferme après l’été et que l’on retrouve à la saison suivante.

D’autres accessoires font petit à petit leur apparition sur la scène de manière originale, tels une poussette grinçante ou un chapeau d’Albertine. La parole de l’acteur est quelquefois relayée par un gramophone qui délivre le texte derrière un délicieux grésillement.

Un bien beau moment à conseiller vivement à tous ceux qui aiment être bercés par la magie des mots et la réminiscence des souvenirs qu’on croyait perdus à jamais.

«Proust est quelqu’un dont le regard est infiniment plus subtil et attentif que le nôtre, et qui nous prête ce regard tout le temps que nous le lisons. Et comme les choses qu’il regarde sont les plus naturelles du monde, il nous semble sans cesse, en le lisant, que c’est en nous qu’il nous permet de voir ; par lui tout le confus de notre être sort du chaos, prend conscience et « nous nous imaginons » avoir éprouvés nous-mêmes ce détail, nous le reconnaissons, l’adoptons, et c’est notre passé que ce foisonnement vient enrichir » disait André́ Gide.

Alex Kiev

Fermer
Source Source
Des mots pour vous dire

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

David Legras sert avec justesse et une sacrée mémoire ces très beaux textes.

Trois grands draps blancs recouvrent le mobilier.
Sous une lumière tamisée qui rend immaculé et rutilant son costume trois-pièces, David Legras surgit du passé, une valise noire à la main que l’on devine pleine de souvenirs. Le regard accrocheur, il balaie la salle, retire doucement... Lire plus

Trois grands draps blancs recouvrent le mobilier.
Sous une lumière tamisée qui rend immaculé et rutilant son costume trois-pièces, David Legras surgit du passé, une valise noire à la main que l’on devine pleine de souvenirs.

Le regard accrocheur, il balaie la salle, retire doucement redingote et chapeau, et par la bouche de Proust nous transporte au temps jadis, dans la mémoire de l’écrivain.

Là resurgissent son amour pour Albertine, la maison de Combray, la mort de sa grand-mère, sa fascination pour la duchesse de Guermantes, sa sensation extatique pour la fameuse madeleine trempée dans une tasse de thé servie par sa tante Léonie. Mais aussi, dans une introspection profonde, toutes les petites émotions de son enfance qui restituées au présent – et sous l’analyse nécessaire de l’art, chère à Proust – les rendent immortelles.

Immortelles aussi les métaphores poétiques de cette œuvre colossale constituée de sept tomes et qui résonnent par extraits choisis dans la salle de La Contrescarpe.

Le grésillement d’un phonographe, le crissement d’un landeau qui se déplace comme par magie sur scène, une coiffeuse et un vieux lampadaire rappellent le XIXe siècle.
Écharpe et pot de fleurs donnent vie aux états d’âme de Marcel entre les mains de David Legras qui, sert avec justesse et une sacrée mémoire ces très beaux textes.

Carole Rampal

Fermer
Source Source
Logo Webthéâtre

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Belle et saisissante plongée dans une écriture !

Critiques / Théâtre A la recherche du temps perdu de Marcel Proust par Gilles Costaz Le tournoiement de la mémoire Proust au théâtre. C’est une transposition bien périlleuse que quelques aventuriers tentent de faire régulièrement. En général, le parti pris... Lire plus

Critiques / Théâtre
A la recherche du temps perdu de Marcel Proust
par Gilles Costaz
Le tournoiement de la mémoire

Proust au théâtre. C’est une transposition bien périlleuse que quelques aventuriers tentent de faire régulièrement. En général, le parti pris n’est pas celui de la grande reconstitution d’une société mondaine, comme le cinéma a pu le faire à plusieurs reprises, mais celui de la miniature où l’évocation passe d’abord par la diction du texte et par la mise en place d’une atmosphère. Le spectacle réglé par Virgil Tanase – grand écrivain qui n’a jamais rompu avec son goût du théâtre et de la mise en scène – se place dans cette continuité. C’est un moment à une voix, à un acteur. Le décor est 1900, rétro, nostalgique. Mais les éléments – un miroir, un fauteuil, un gramophone (qui fonctionne) – se détachent de l’obscurité. Ils semblent à peine posés, comme cette écharpe blanche que l’acteur va suspendre en entrant en scène. 
Tout est centré sur le souvenir. Le choix de textes comprend bien entendu le passage sur l’émotion déclenchée par la mastication d’une madeleine mais, dans un montage subtil qui tourne comme une valse, fait se succéder d’autres pages hantées par la mémoire, l’attente du baiser quotidien de la mère et bien d’autres… C’est un calme et pourtant brûlant tournoiement.
David Gras est tout de blanc vêtu. L’acteur traduit ainsi un homme de la bonne société, soucieux de son élégance, mais pris dans la mélancolie, par sa quête lancinante du « temps perdu ». Il ne reste pas dans l’immobilité – comme on joue généralement Proust -, il a les gestes d’une personne qui veut s’expliquer et même convaincre, d’une façon un peu désespérée. La voix est tendre, mais ferme. Les émotions sont là mais non libérées, non transparentes. Nouées au contraire. C’est une courte, belle et saisissante plongée dans une écriture, un temps et une âme heureuse de sa nostalgie.

Fermer
Source Source
Logo Froggy's Delight

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Une remarquable prestation qui sort judicieusement des sentiers battus.

Seul en scène d'après l'oeuve éponyme de Marcel Proust interprété par David Legras dans une mise en scène de Virgil Tanase. De la lecture ("Ecouter Marcel Proust") à la variation warlijowskienne ("Les Français") en passant par la causerie théâtralisée ("Proust en... Lire plus

Seul en scène d'après l'oeuve éponyme de Marcel Proust interprété par David Legras dans une mise en scène de Virgil Tanase.
De la lecture ("Ecouter Marcel Proust") à la variation warlijowskienne ("Les Français") en passant par la causerie théâtralisée ("Proust en clair), "A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust, oeuvre-monde, à la fois monument littéraire, mausolée d'une société disparue et réflexion sur le temps, est régulièrement portée sur scène.
Indiquant dans sa note d'intention l'envie de prolonger son plaisir de la lecture de cette oeuvre et le faire partager au public, et avec la complicité efficace de Virgile Tanase à la mise en scène, le comédien David Legra a développé une partition à la forme singulière à plus d'un titre.
En effet, pour théâtraliser cette machine à remonter le temps et à créer, par le processus de la mémoire, un présent éternel à partir d'un passé enfui matérialisé dans une oeuvre d'art, il a composé un puzzle subtil d'extraits, brefs ou longs, recomposés qui n'évoquent que de manière presque incidente certains épisodes inscrits dans l'inconscient collectif tels, entre autres, la fameuse madeleine de Tante Léonie et le coucher à Combray.
Ensuite, il s'est affranchi de la déférence rigide dévolue aux chefs-d'oeuvre et à une prose mythique dont l'oralisation dans le cadre de la théâtralisation implique l'interprétation par l'acteur usant de toute la technique vocale du comédien pour, en l'espèce, traduire en rythmes les multiples ponctuations qui maintiennent l'écriture proustienne. une écriture funambule, et soutenir, comme en musique, son expressivité.
Ainsi, en adresse au public, du grave au facétieux, en jouant les mots à l'envi et osant la fantaisie, voire l'humour avec de malicieux clins d'oeil et d'inattendus inserts, David Legras endosse le personnage du narrateur autofictionnel dans sa quête du temps retrouvé.
Celui d'un voyageur dandy de blanc vêtu apparaissant, au sens premier du terme, tel un fantôme, dans un pièce aux meubles houssés du voile de l'oubli qui se révèle sinon familière du moins suggestive d'un lieu ressortant à un espace mental pour un voyage auquel il convie le spectateur.
Et il dispense une remarquable prestation qui, n'en déplaise aux pseudo-puristes proustiens, sort judicieusement des sentiers battus.

Fermer
Source Source

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

David Legras nous entraine dans la beauté du texte et sublime ces phrases...

Dans un enchaînement judicieux de passages choisis, David Legras nous invite à une promenade dans l’œuvre de Marcel Proust.  En sa compagnie, nous partons pour un voyage littéraire, A la recherche du temps perdu. À travers le fil conducteur du souvenir, thème central de... Lire plus

Dans un enchaînement judicieux de passages choisis, David Legras nous invite à une promenade dans l’œuvre de Marcel Proust. 
En sa compagnie, nous partons pour un voyage littéraire, A la recherche du temps perdu.

À travers le fil conducteur du souvenir, thème central de l’œuvre, David Legras nous guide et nous aide à suivre le narrateur en regardant non pas avec les yeux mais avec la mémoire.

L’enchaînement et les coupes choisies vont à l’essentiel de la Recherche et réussissent à extraire la plus pure essence du texte.
Les chambres dans lesquelles s’est endormi le narrateur, la madeleine de tante Léonie, les yeux fiévreux d’Albertine ou le malaise de Bergotte, chacun des passages de l’œuvre trouve ici naturellement sa place.

La diction et la gestuelle permettent de dépasser la simple lecture pour retrouver le plaisir d’une théâtralité qui crée un véritable échange avec le public. 
La mise en scène évoque toute la particularité de l’écriture de Proust centrée sur le détail.
Les meubles drapés de tissus trônent sur la scène tels des fantômes du passé. David Legras, élégant, vêtu d’un costume banc d’époque est entouré de ces objets d’un autre temps qu’il découvre et à qui il redonne vie.
L’adaptation éclaire tous les détails qui naissent de l’imagination fertile du narrateur, cette force narrative qui fait que les objets prennent vie et deviennent une figure amicale et réconfortante. 

Proust est sans cesse à la recherche d’une sensation éprouvée. David Legras et Virgil Tanase saisissent toute l’importance de cet anachronisme, ce décalage émotionnel entre les faits et leur ressenti.
La vivacité du souvenir nait d’une émotion, une émotion qui renait à travers ces extraits choisis qui s’entrelacent et s’articulent avec une cohérence qui éclaire l’œuvre de Marcel Proust.

David Legras nous entraine dans la beauté du texte et sublime ces phrases complexes chargées d’émotion et de poésie. Théâtre et littérature s’harmonisent et bercent nos retrouvailles avec la délicatesse de l’écriture proustienne.

Fermer
Source Source

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Chaque description se goûte comme une madeleine...

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil... Lire plus

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait… Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, Première partie Combray.
Jamais les premières phrases de la Recherche, ses phrases de Marcel Proust n’auront paru si juste, lui l’insomniaque de Balbec, de Combray. Revenu aujourd’hui, en ces temps de couvre-feu imposé dans certaines villes de France depuis samedi 17 octobre 2020, à 0h, qu’en aurait-il pensé de ce temps maintenant suspendu ? Lui, l’insomniaque du boulevard Haussmann et de la rue Hamelin. Lui, dont le père, le professeur Adrien Proust fut chargé, en 1869, d’une mission officielle en Russie & en Perse en vue d’obtenir un cordon sanitaire pour protéger l’Europe du choléra ! Comment son père aurait-il “combattu” la pandémie mondiale de la Covid-19 ?

Vêtu de blanc, comme revenant d’une station balnéaire, mallette-gramophone à la main, Marcel Proust (1871 – 1922) entre dans ce lieu. Est-ce son appartement ? Les meubles sont recouverts de draps blancs, comme si le propriétaire était de nouveau là, après plusieurs semaines d’absence. Un retour vers le présent. Il lui suffira de les ôter pour qu’apparaissent une table, un lampadaire, une coiffeuse suspendue, une voiture d’enfant avec sa poupée, une chaise. Les souvenirs peuvent resurgir, le temps aussi. La Recherche va renaître en heure quinze. Au lieu de 64 jours de lecture, à raison de deux heures par jour si l’on en croit le site Proustonomic soit 128 heures (1).

Á partir de ce qui semble être la chambre de Combray du narrateur, d’où tout partit un soir, David Legras nous entraîne dans le resurgissement de l’enfance, d’Albertine, de noms de personnes rencontrées, du fatal petit pan de mur jaune… Des extraits de la mystérieuse beauté des phrases de Marcel dites d’une façon lente, très lente, dans des instants où chaque description se goûte comme une madeleine. Avec délectation pour ce choix d’extraits intemporels choisis par Virgil Tanase.

Fermer
Source Source
picto De la cour au jardin

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Un bien beau moment de théâtre et de littérature, que cette heure et quart-là !

Allez chauffe, Marcel ! Marcel, il arrive côté jardin, dans un somptueux costume blanc cassé très début XXème siècle, grand manteau, trois-pièces assorti, feutre sur le chef et chaussures bicolores. Dans sa main droite, une petite valise verte. Comme une première impression de... Lire plus

Allez chauffe, Marcel !

Marcel, il arrive côté jardin, dans un somptueux costume blanc cassé très début XXème siècle, grand manteau, trois-pièces assorti, feutre sur le chef et chaussures bicolores.
Dans sa main droite, une petite valise verte.
Comme une première impression de remonter le temps.

Le temps…

Ce temps qui semble s’être arrêté dans cette chambre dont les meubles ont été recouverts de draps, afin de les protéger de la poussière de l’oubli.

Ce temps proustien que le metteur en scène Virgil Tanase et le comédien David Legras ont eu l’excellente idée voici quelques années déjà (le spectacle fut créé à Avignon en 2002), l’excellente idée de nous faire retrouver.

Les deux hommes ont donc décidé de nous proposer cette immersion dans la colossale œuvre de Proust, en sélectionnant d’une part des extraits qu’ils jugeaient essentiels, et en « passant au gueuloir » ces morceaux choisis. Une gageure totalement réussie.

Passer Proust à l’oralité ? Pas seulement.
Non content de mettre en voix le texte, il s’agit véritablement ici de “mettre en corps” tout ce que nous écrit et nous dit l’auteur, de rendre non seulement audible, mais également visible ce qui fait la spécificité de la langue de Proust.
Nous voici donc dans la chambre de Marcel.
Avec l’auteur et le comédien, nous allons nous souvenir. Nous allons nous approprier les mots, la mémoire, les images qui nous seront dits et montrés afin d’obtenir ces morceaux de « temps à l’état pur ».

David Legras va les dire ces mots, ces images mémorielles. Il va les jouer.
Et de quelle façon !

Il commence de façon assez lente, comme étonné de se retrouver dans cette chambre.
Grâce à sa diction précise, grâce aux mots qui semblent s’envoler, grâce à la gestuelle de son personnage de dandy, nous sommes vraiment plongés dans l’univers du grand Marcel.

La présence scénique de David Legras permet de rendre « palpable » le texte ô combien passionnant.

Nous ressentons ces souvenirs d’enfance et de jeunesse, nous voyons, nous avons le goût de la célèbre madeleine, nous voici face à la duchesse de Guermantes, à côté d’Albertine (quelle bonne idée que ce grand foulard couleur chair…), ou de Mme Swann, nous nous étonnons de la gravure du Prince Eugène, nous apercevons même Bénodet…

Le souvenir, la mémoire sont également mis en scène grâce au contenu de la petite valise verte qui se révèlera être beaucoup plus qu’une petite valise verte.

Le monde de l’enfance est symbolisé notamment par un petit landau, un jouet, dans lequel se trouve une poupée de chiffon.

Avec ce montage d’extraits plus ou moins connus, Virgil Tanase et David Legras nous rappellent et nous démontrent le caractère paradoxalement intemporel de l’œuvre de Proust.
Grâce à eux, Proust nous parle vraiment. Au sens propre comme au figuré.

Comme plusieurs familles hier soir, si vous voulez faire découvrir l’œuvre à des adolescents, emmenez-les donc au théâtre de la Contrescarpe.

Quant à moi, je n’avais qu’une envie en sortant de la salle : ouvrir les différents volumes de la Recherche afin de retrouver ce que j’avais vu et entendu.

Un bien beau moment de théâtre et de littérature, que cette heure et quart-là !

Fermer
Source Source

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

David Legras, voyageant dans l’écriture de l’auteur, nous les restitue de façon remarquable.

Le goût particulièrement agréable des petites madeleines trempées dans du thé chez sa grand-tante Zélie à Coudray fait surgir chez Marcel Proust, une explosion de souvenirs. David Legras, voyageant dans l’écriture de l’auteur, nous les restitue de façon remarquable.... Lire plus

Le goût particulièrement agréable des petites madeleines trempées dans du thé chez sa grand-tante Zélie à Coudray fait surgir chez Marcel Proust, une explosion de souvenirs.

David Legras, voyageant dans l’écriture de l’auteur, nous les restitue de façon remarquable.
Il évoque, tout d’abord ,le souvenir de la chambre où il séjournait, au décor d’autrefois avec ses rideaux de mousseline et la lumière qui pénétrait par la fenêtre à travers les branches d’un aubépine.
Il pense ensuite à la disparition successive de sa grand-mère, de son père et de sa mère.
Une nuit de 1908, il a la révélation que grâce à l’écriture la mort de ces êtres chers ne les a pas tout à fait atteints.
Ensuite, le souvenir de son ami Abertine, lui rappelle que l’amour n’est pas comme l’écoulement de l’eau d’un long fleuve tranquille. Toute passion mène à l’échec.
Il n’existe pas d’amour heureux, car aimer revient à éprouver de la jalousie.
Le tableau du duc de Guermande lui rappelle qu’en politique la vérité n’existe pas, et, que les nationalismes mènent à la guerre…
Marcel Proust n’a pas de bons rapports avec la médecine mais les bienfaits apportés par l’évocation de tout ces souvenirs en fait un médecin de l’âme.

David Legras, très élégant, voyage dans l’univers de Proust et nous le restitue sous la forme de confidences.
Le public est captivé, et pense que Marcel Proust est à la recherche des paradis perdus car ce sont les vrais paradis !

Fermer
Source Source

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Une pièce tout en élégance et sensualité qui s’écoute autant qu’elle se voit.

Quand Virgil Tanasse s’intéresse à Marcel Proust, cela donne un spectacle d’une beauté et d’une élégance rares. « À la recherche du temps perdu » est une rêverie poétique et mélancolique sur le temps, les souvenirs et l’art. Le passage sur la... Lire plus

Quand Virgil Tanasse s’intéresse à Marcel Proust, cela donne un spectacle d’une beauté et d’une élégance rares. « À la recherche du temps perdu » est une rêverie poétique et mélancolique sur le temps, les souvenirs et l’art.

Le passage sur la Madeleine est un moment d’une beauté époustouflante, mais la magie opère, particulièrement, quand le thème de la création artistique est abordé.

Qu’est-ce qu’une œuvre d’art sinon cette façon de contraindre l’émotion à se plier aux règles de l’esprit ?

Le lien se resserre, alors entre l’œuvre magistrale de Proust et cet objet théâtral.
Théâtre littéraire, promenade de la pensée, parcours poétique, ce seul en scène est totalement inclassable et le poser, le temps d’un instant au Théâtre de la Contrescarpe, dans le quartier de La Sorbonne, est une très bonne idée.

Tout de blanc vêtu, le comédien David Legras nous fait une démonstration malicieuse de la pensée avec un texte dense et difficile et un travail sur le rythme, remarquable.

Que ce soit par son corps ou sa voix, les ruptures sont très belles. Parfois très immobile ou se déplaçant comme un chat, il nuance subtilement le ton et passe par un phrasé très posé à des envolés beaucoup plus aériennes.

« À la recherche du temps perdu » est une pièce tout en élégance et sensualité qui s’écoute autant qu’elle se voit. La beauté des mots associée à la mise en scène et la scénographie donne une sensation très particulière proche du rêve éveillé.

Fermer
Source Source
Théâtre au vent

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Interprété avec ferveur par l’excellent comédien David LEGRAS, l’expérience vaut le détour.

« Enivrez-vous. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise nos épaules et nous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve ». Comment ne pas songer à cette exhortation inspirée de Baudelaire (le spleen de... Lire plus

« Enivrez-vous. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise nos épaules et nous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve ». Comment ne pas songer à cette exhortation inspirée de Baudelaire (le spleen de Paris) après avoir assisté au spectacle A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, mis en scène par Virgil TANASE et interprété avec ferveur par l’excellent comédien David LEGRAS.

Il semblerait que les deux artistes se soient mus en abeilles penchées sur quelques phrases proustiennes, quelques branches de fleurs, quelques grappes pour en extraire le suc et le meilleur, de nature à nous étourdir et satisfaire notre soif de curiosités. 
Élégant comme un dandy, vêtu d’un long manteau blanc, le comédien distille, enveloppe, la pensée proustienne d’une voix qui accentue son apparente préciosité mais soulève ses profondeurs. 
Proust n’aurait pour seuls guides que ses sens pour se retrouver. C’est un artiste qui revient toujours sur son motif. Grâce à lui, nous nous tâtons, nous nous pinçons pour éprouver cette malléabilité de l’environnement dans laquelle nous baignons corps et esprit confusément.
Si Proust peut donner l’impression de parler une langue étrangère, cela signifie-t-il que nous ayons perdu notre faculté d’émerveillement ? Nous ne sommes pas musiciens du silence, après tout, nous n’avons pas l’oreille absolue et nos sens ne sont pas si aiguisés !
Il y a des réjouissances à portée de main, à portée de notre respiration, nous enseigne Proust, à portée de notre sensibilité. 

N’est-elle point actuelle cette réflexion « L’oubli dont on commence à sentir la force parce qu’il détruit en cours le passé ».

 

Aujourd’hui dans le 5ème arrondissement de Paris, celui où se trouve le théâtre de la Contrescarpe, la librairie GIBERT Jeune, Place Saint Michel qui datait des années 30 vient de disparaitre au grand dam de tous ses amoureux qui ne cachent pas leur tristesse. Une page de plus est tournée mais comment se résigner à cet argument à savoir que nous sommes entrés dans l’ère de l‘image et du numérique.

 

Nous ne pouvons pas empêcher les pages de se tourner mais nous pouvons continuer à cultiver notre miel, celui de tous nos sens, toujours solidaires de Don Quichotte et ses moulins à vent !

 

Dans ce joli théâtre de la Contrescarpe, véritable petite ruche théâtrale, le spectacle A la recherche du temps perdu, nous invite à rencontrer Proust, un écrivain qui nous propulse hors du temps, n’est-il pas l’auteur de cette phrase : un fauteuil magique me fera voyager à toute vitesse dans le temps et dans l’espace. Était-il visionnaire ? 
Si le passé rentre dans l’invisible, cela signifie-t-il qu’il se soit effacé ? Que penserez-vous de ces meubles recouverts de housses comme des fantômes ambulants, de ce bizarre gramophone, de cette étrange poussette 1900 qui grince et avance sur la scène aussi hésitante ou timide que peut l’être une chose du passé, vivante, dans notre présent ? A qui attribuerez-vous les pensées que ces objets vous inspireront sinon à vous-mêmes ? 

L’expérience vaut le détour. Quand le passé fait bruire notre actualité ! 

Fermer
Source Source

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Jubilatoire. L’évidence gourmande et sensuelle d’une prose. Cette invitation séduit...

La quintessence, très subjective signée par le metteur en scène Virgil Tanase, de La Recherche du temps perdu est scandée par la diction gourmande et la présence physique très maitrisées de David Legras. Cette invitation séduit autant ceux que la fresque mémorielle de plus de 3000... Lire plus

La quintessence, très subjective signée par le metteur en scène Virgil Tanase, de La Recherche du temps perdu est scandée par la diction gourmande et la présence physique très maitrisées de David Legras. Cette invitation séduit autant ceux que la fresque mémorielle de plus de 3000 pages rebute, que ceux qui se targuent de la relire régulièrement. Elle réussit à transmettre l’essentiel, la force de l’art, revendiquée comme par la pratique unique « de contraindre l’émotion à se plier aux règles de l’esprit ». Jubilatoire.

 

L’évidence gourmande et sensuelle d’une prose
La diction et la présence physique de David Legras portent avec gourmandise cette Recherche.

N’ayez pas peur ! Le défi est immense, presque vertigineux. Il est largement relevé. Pour tout public. Avec une très grande économie de moyens – pour mieux concentrer le spectateur sur la fascinante prose proustienne – l’adaptation et le mise en scène de Virgil Tanase l’entraine dans le pli du verbe – grâce au jeu de David Legras – bien au-delà des questions esthétiques et cognitives qu’elle embrasse. « Longtemps, je me suis couché de bonne heure », le fameux incipit de À la recherche du temps perdu fait du rituel du coucher – cette douloureuse séparation qui prive le narrateur de sa mère le temps du sommeil – la dynamique créative d’une œuvre toute entière et un formidable attrait du théâtre où l’acteur nous entraine.

En moins de 75 minutes, toute la densité d’une prose unique – et son évidence sensuelle – jaillit en matière organique et mémorielle au fil des extraits habilement sertis et joués avec une gourmandise communicatrice ; épisodes et figures (Albertine, Combray, tante Léonie, …) les plus connus sont égrenés sans artifice. Les littéraires retrouvent leurs marques mémorielles de ce roman sans intrigue. Les autres y plongent bien guidés dans les mystères de l’esprit (via la mémoire) et de l’art (via un travail en action sélective). « Mon œuvre sera la création de la mémoire involontaire. » Loin de toute théorie, le spectacle nous entraine dans ce process de recherche de la vérité compliqué des sensations.

 

Éviter l’artifice du digest
L’économie de moyens de la mise en scène de Virgil Tanase favorise à partir de quelques objets les réminiscences chères au travail proustien.

Miracle d’un crissement d’un landau enfantin pour réveiller un souvenir, prose flottante pour associer les réminiscences, tout est signifiant dans la mise en scène, même si certains recours à des enregistrements font baisser le rythme merveilleusement incarné par l’acteur dandy. Habilement, Virgil Tanase évite cependant de tomber dans la tentation de l’(auto)biographie pour tirer par l’oreille le spectateur dans leur cœur génétique de la Recherche, et de le plonger dans la réalité éphémère de la mémoire. Ce puzzle de phrases – sans autre enjeu que son déroulement – constitue une merveilleuse introduction à l’ambition de Proust ; la perception de la réalité s’enrichit quand la conscience laisse la place aux lâchers prises mémoriels déclenchés par une émotion qu’il ne s’agit de ne pas perdre : “Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais, à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi.”. Cette capacité volontaire de remémoration involontaire devient au sens plein, le travail de l’art.

 

Une heure et quart d’introspection
David Legras ne ménage pas ni de sa présence, ni les effets de comédie pour permettre au spectateur de lâcher prise sur Proust.

Dans un effet immersif et en miroir, le spectateur se laisse entrainer par la cohérence du récit. Pour le faire vivre, pour faire partager la jouissance des phrases, et nous tenir en haleine dans cette quête mémorielle de plaisir évanoui, visant à libérer tous les freins de la conscience. La pièce et son acteur nous invitent dans cette relativité du temps proustien, dans un espace du théâtre qui n’est jamais tout à fait le passé ni tout à fait le présent, mais qui participe aux deux. Le verbe nous touche, parce que ce travail d’écriture devient par la grâce de l’acteur une musique vivante, ensorcelante .
Nous ne résistons pas à citer Proust dans le dernier tome de son œuvre, Le Temps retrouvé : « La grandeur de l’art véritable, c’est de retrouver, de ressaisir, de nous faire connaître cette réalité loin de laquelle nous vivons, cette réalité que nous risquerions fort de mourir sans avoir connue, et qui est tout simplement notre vie. La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature . »

 

En ouvrant d’une manière aussi généreuse le paradoxe fertile du verbe et du conte, cette invitation à la Recherche s’impose comme une action d’intérêt général. et singulière.

Fermer
Source Source
Théâtre & Co

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Une interaction envoûtante...

Créée il y a presque vingt ans au Festival d’Avignon (2002), À La Recherche du Temps Perdu conçue par Virgil Tanase, romancier et dramaturge entre autres, est toujours à l’affiche au théâtre de la Contrescarpe (>). C’est un spectacle intime tiré de l’œuvre... Lire plus

Créée il y a presque vingt ans au Festival d’Avignon (2002), À La Recherche du Temps Perdu conçue par Virgil Tanase, romancier et dramaturge entre autres, est toujours à l’affiche au théâtre de la Contrescarpe (>). C’est un spectacle intime tiré de l’œuvre fleuve de Proust, un seul-en-scène fait comme sur mesure pour David Legras qui interprète avec élégance le personnage de narrateur Marcel.
L’œuvre de Proust ne cesse de fasciner autant ses nombreux lecteurs que ses admirateurs inconditionnels amenés jusqu’à vouloir la faire vivre sur scène. S’il est inimaginable de la représenter dans sa totalité, chaque parti pris dramatique n’en propose pas moins une approche singulière qui exprime un rapport personnel à son immense richesse littéraire. Une transposition purement narrative de l’histoire paraîtrait réductrice, d’autant que cette histoire est révélatrice des processus de remémoration et par-là de la construction d’une temporalité subjective propre à chaque individu.
La conception de l’intrigue par Virgil Tanase s’inscrit précisément dans cette perspective du travail de la mémoire sur le souvenir : mettre en évidence ce travail théorisé par Proust dans des passages de La Recherche en s’appuyant sur un certain nombre de réminiscences épiques évoquées par Marcel dans son récit.
      L’effet produit est doublement proustien : le narrateur-personnage réactive des souvenirs de lecture non seulement à travers les extraits empruntés à l’œuvre, mais aussi grâce aux accessoires utilisés sur scène : le travail de remémoration provoqué par le spectacle remodèle dans le même temps ces mêmes souvenirs en les recontextualisant dans une pratique scénique tout aussi évanescente que la lecture et en suscitant de nouvelles émotions dans une intimité étroite de chaque spectateur avec lui-même. Les émotions ainsi renouvelées affectent celui-ci dans son rapport sensible à l’œuvre de Proust en allant parfois jusqu’à remuer subrepticement les sensations et sentiments de son propre vécu  conceptualisés dans le récit porté par David Legras.
« Un spectacle où les images du souvenir, « arbitraires », pour reprendre le mot de Marcel Proust, se réunissent selon la logique d’un puzzle merveilleux. Elles composent une atmosphère et s’emploient à expliciter une démarche, celle qui consiste à obtenir, par le mécanisme de la mémoire, un peu de “temps à l’état pur” ».
Virgil Tanase, Note d’intention
 
      Le discours sur les processus de remémoration se mêlent comme par accident à des épisodes épiques tirés de La Recherche, à commencer par le séjour de Combray chez la grand-mère en passant par Paris, Balbec ou Venise. Ce faisant, le Marcel de David Legras évoque plusieurs personnages significatifs dont on espère entendre parler : la mère, la tante Léonie, Gilberte ou Albertine, la duchesse de Guermantes et son époux Bazin, Robert de Saint-Loup, Bergotte, mais aussi et surtout la grand-mère dont la disparation sensible est relatée dans Sodome et Gomorrhe. Les mouvements lents, parfois hésitants, de David Legras, ses regards tournés comme dans le vide, sa voix posée, sa posture songeuse d’un voyageur dans le temps, nous transposent dans leur intimité romanesque avec un profond sentiment de nostalgie.
Une scénographie sobre, contrairement à l’abondance inépuisable des images fleuries et de menus détails fournis par l’œuvre de Proust dans l’élaboration conceptuelle de son univers romanesque, est amplement mise au service du parcours retenu de Marcel. David Legras pénètre, au lever du rideau, dans une pièce plongée dans la pénombre, les meubles recouverts de tissus blancs pour être protégés contre l’usure du temps. C’est ainsi qu’il introduit le spectateur dans la fameuse chambre du début du Côté de chez Swann où Marcel se met à parler de ses insomnies, chambre que décrit en l’occurrence le Marcel de David Legras avec une voix feutrée avant d’en dévoiler les décors qui lui rappellent certains moments de son passé. Cette trouvaille repose sur une démarche symbolique fondée aussi bien sur la métaphore du temps sur fond d’un récit rétrospectif que sur celle des fouilles dans les replis de la mémoire ranimée par la présence de certains objets à la manière de la célèbre madeleine : un bouquet de fleurs, un téléphone à cadran, un miroir ou un phonographe, tous ces objets sont porteurs d’un passé révolu qui ne cesse d’irradier nostalgiquement le présent de Marcel.
Un bagage à la main comme pour mettre l’accent sur son pèlerinage dans le temps et dans l’œuvre de Proust, David Legras paraît sur scène en habits blancs confectionnés avec une élégance d’antan, en harmonie avec nos représentations suaves de la Belle-Époque sublimée dans des images empreintes d’une joliesse raffinée. Tel un dandy sorti du salon de la duchesse de Guermantes, il condense dans son apparence éblouissante tous ces clichés gracieux sur le beau monde exposés dans Le Côté de Guermantes. Son costume contraste ainsi délicatement avec la sobriété expressive de la scénographie tout en s’inscrivant dans l’époque que celle-ci symbolique à travers le mobilier et les accessoires choisis. Il construit par-là une image scénique très forte en concurrence avec notre propre représentation mentale du personnage-narrateur parvenu à l’âge mûr, celui de la naissance de l’écrivain du Temps retrouvé, identifiable à l’auteur lui-même. La finesse avec laquelle David Legras revêt le costume de Marcel suscite cependant l’adhésion complète d’un spectateur séduit par sa prestance distinguée.
      À La Recherche du Temps Perdu montée par Virgil Tanase se joue ainsi par intermittence depuis vingt ans avec le même succès qu’à sa création et ce, dans l’intimité chaleureuse de la salle du théâtre de la Contrescarpe. Cette chaleur naît en l’occurrence dans le frottement produit par une interaction envoûtante entre une mise en scène raffinée et une attente savoureusement satisfaite.

 

Fermer
Source Source
logo la vie

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Un jeu et une adaptation relevant de la virtuosité !

Théâtre. Vingt ans après sa création au Festival d’Avignon et 600 représentations au compteur, l’adaptation à la scène par l’écrivain et metteur en scène roumain Virgil Tanase d'À la recherche du temps perdu se joue toujours avec succès. Dans une... Lire plus

Théâtre. Vingt ans après sa création au Festival d’Avignon et 600 représentations au compteur, l’adaptation à la scène par l’écrivain et metteur en scène roumain Virgil Tanase d'À la recherche du temps perdu se joue toujours avec succès. Dans une ambiance feutrée, seul en scène, le comédien David Legras réussit l’exploit de nous livrer l’essence même de la Recherche, grâce à un jeu et une adaptation relevant de la virtuosité. Virgil Tanase s’est immergé au cœur de la démarche proustienne : à partir de morceaux choisis, formant un tout d’une remarquable cohérence, il nous montre la manière dont l’auteur plonge dans les mécanismes les plus enfouis de la mémoire, ceux de la réminiscence, pour y obtenir un peu de « temps à l’état pur ».
Le souvenir surgit au cours d’une sensation, à l’instant du réveil, à la dégustation d’une madeleine ou encore à la contemplation du petit pan de mur jaune d’un tableau de Vermeer. Dans un décor d’une belle sobriété, quelques accessoires (une voiture d’enfant, un bouquet de fleurs blanches, une étole vieux rose…) suggèrent les figures aimées, Gilberte, Albertine, la duchesse de Guermantes… En dandy de la Belle Époque, David Legras nous entraîne de son impeccable diction dans le monde éblouissant d’un des génies de la littérature. I.F.

Fermer
Source Source
L'Évasion des Sens

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Un condensé aussi savoureux que la célèbre madeleine

C’est un sacré défi que d’adapter sur les planches le monument littéraire de Marcel Proust que si peu d’entre nous ont lu intégralement, avouons-le. Le metteur en scène Virgil Tănase nous en offre un condensé aussi savoureux que la célèbre madeleine. Le texte,... Lire plus

C’est un sacré défi que d’adapter sur les planches le monument littéraire de Marcel Proust que si peu d’entre nous ont lu intégralement, avouons-le. Le metteur en scène Virgil Tănase nous en offre un condensé aussi savoureux que la célèbre madeleine.
Le texte, composé d’extraits piochés dans les sept tomes de l’œuvre écrite entre 1906 et 1922, se concentre sur l’essence de La Recherche, à savoir la mémoire et le souvenir. Sur scène, dans une chambre dont les meubles ont été recouverts de draps, le temps est comme suspendu.
Un grincement métallique, et voilà le travail de réminiscence soudain à l’œuvre. Au gré des sensations, le narrateur interprété par David Legras, seul sur le plateau et tout de blanc vêtu, revit des moments oubliés de son enfance et de sa vie d’adulte. Plongeant dans les méandres du passé, la phrase hésite parfois, comme butant au pied du souvenir, mais les images finissent par affleurer à la surface. Une poupée, un landau, un foulard… les quelques accessoires disposés sur scène font ressurgir les figures tant aimées, comme la grand-mère ou Albertine. Les noms de ville, évoqués avec gourmandise, forment à eux seuls des tableaux. Sans oublier le « petit coquillage de pâtisserie » imbibé de thé, dont le goût rappelle au narrateur les dimanche matins à Combray, quand il allait dire bonjour à sa tante Léonie.
Quel plaisir pour le spectateur d’entendre aussi distinctement les longues phrases serpentines de Proust, quel délice que de replonger dans cette œuvre magistrale, ou de la découvrir ! Qui a dit que la nostalgie ne pouvait pas être envoûtante ?

Fermer
Source Source
Sorties à Paris logo

Chirac

Vraiment bluffant ! C'est drôle, c'est brillant ! Une pièce merveilleusement ciselée...

SORTIES À PARIS vous parle de "CHIRAC" Cet après-midi la Générale de presse de ce spectacle, "CHIRAC", qui sera à l'affiche du Théâtre de la Contrescarpe, tout l'été. C'est un très bon moment, dont il ne faut pas se priver. Une pièce merveilleusement... Lire plus

SORTIES À PARIS vous parle de "CHIRAC"

Cet après-midi la Générale de presse de ce spectacle, "CHIRAC", qui sera à l'affiche du Théâtre de la Contrescarpe, tout l'été.

C'est un très bon moment, dont il ne faut pas se priver.

Une pièce merveilleusement ciselée par : Dominique GOSSET & Géraud BÉNECH

Une jeune femme lit dans un parc, une biographie de Jacques Chirac.
Elle s'assoupit en écoutant de la musique, casque sur les oreilles, et... C'est le Président qui la réveille.

Une rencontre fictive bien sûr, mais illustrée par des faits réels.

Le comédien Marc CHOUPPART, a l'allure et le gabarit de celui qu'il incarne, et pour l'occasion il parle comme lui.
Vraiment bluffant !
C'est drôle, c'est brillant !

La jeune femme qui va poser des questions pertinentes  à l'ancien Président de la République, c'est : Fabienne GALLOUX.

Fermer
Source Source
Logo Froggy's Delight

Chirac

Le duo de comédiens fonctionne au diapason !

Comédie de Dominique Gosset et Géraud Bénech, mise en scène de Géraud Bénech, avec Marc Chouppart et Fabienne Galloux. Jacques Chirac, c'est une silhouette d'escogriffe aux cheveux gominés, "mégot au bec" et lunettes d'écaille, quatre décennies de carrière et deux... Lire plus

Comédie de Dominique Gosset et Géraud Bénech, mise en scène de Géraud Bénech, avec Marc Chouppart et Fabienne Galloux.
Jacques Chirac, c'est une silhouette d'escogriffe aux cheveux gominés, "mégot au bec" et lunettes d'écaille, quatre décennies de carrière et deux mandats présidentiels pour une girouette de l'échiquier politique dont le bilan est qualifié de "contrasté".
Celui qui, dans la mémoire nationale de poisson rouge, demeure pour ses réparties brutes de décoffrage dépourvues de marquises littéraires mais non dénuées d'un humour souvent paillard, buveur de bières Corona, amateur de tête de veau, mangeur de pommes et flatteur de croupes.
Et celui dont la marionnette caricaturale enchantait en son temps l'émission satirique télévisée "Les Guignols de l'Info" en oeuvrant notamment avec son double de super héros, Super Menteur.
Cette figure historique, et personnage pittoresque, a inspiré Dominique Gosset et Géraud Bénech pour concevoir, à partir de documents d'archives, un dialogue imaginaire entre l'intéressé et une lectrice de ses "Mémoires".
La partition ne ressort pas au théâtre de conversation mais au biopic à deux voix proposant une approche dépourvue de polémique politicienne et de caricature appuyée du parcours de l'homme, de l'intime à la fonction publique.
Dans un décor mouvant d'enfilade en distorsion de portes à la Hammershoi de Romain Veillon signifiant un univers onirique, le songe de l'une rejoignant l'outre-tombe de l'autre, et sous la direction de Géraud Bénech, le duo de comédiens fonctionne au diapason.
Fabienne Galloux campe efficacement la mouche du coche entre admiration et bienveillance, et la grande taille de Marc Chouppart lui permet de réussir un rôle de composition avec un mimétisme parfait jusque dans la diction singulière du chef d'Etat aujourd'hui décédé, du martèlement des mots aux liaisons inédites.

Fermer
Source Source

Chirac

On ne peut qu’aimer cette belle fiction !

Que l’on aime ou pas Jacques Chirac on ne peut qu’aimer cette belle fiction magnifiquement servie par Marc Chouppart.
 Il campe dans cette pièce un Chirac plus vrai que nature.
 Dans cette rencontre imaginaire il dialogue avec une inconnue  lisant ses mémoires dans un jardin public.
 Cela nous permet de... Lire plus

Que l’on aime ou pas Jacques Chirac on ne peut qu’aimer cette belle fiction magnifiquement servie par Marc Chouppart.
 Il campe dans cette pièce un Chirac plus vrai que nature.
 Dans cette rencontre imaginaire il dialogue avec une inconnue  lisant ses mémoires dans un jardin public.
 Cela nous permet de découvrir un Chirac qui, bien que de droite, avait une sensibilité de gauche sur le plan social.
 On le découvre  grand amateur de poésie, très soucieux de l’avenir de la planète et des  plus démunis.
 On retrouve là le président que les français ont aimé pour son empathie et son charisme.
Christian Dumoulin

Fermer
Source Source

Chirac

L’ensemble est très plaisant, jusqu’à la scène finale, particulièrement réussie.

"Chirac" à la Contrescarpe : un homme de droite sur la rive gauche Une femme sommeille sur un banc d’un jardin public, un livre à moitié ouvert à ses côtés. Des oiseaux chantent, des enfants passent en se chamaillant. Arrive un homme que l’on reconnait tout de suite tant la ressemblance est... Lire plus

"Chirac" à la Contrescarpe : un homme de droite sur la rive gauche
Une femme sommeille sur un banc d’un jardin public, un livre à moitié ouvert à ses côtés. Des oiseaux chantent, des enfants passent en se chamaillant. Arrive un homme que l’on reconnait tout de suite tant la ressemblance est frappante. C’est Jacques Chirac, notre président Chirac récemment disparu.
Il réveille la dormeuse et la conversation s’engage entre les deux personnages. L’une, qui a projet d’écrire un livre sur l’ex-président, veut tout savoir et profite de l’occasion pour poser ses questions, multiples et parfois indiscrètes. Elle ne l’épargne pas, passant alternativement de la politique à des épisodes de sa vie privée.

L’autre, piqué au jeu, y répond volontiers, souvent avec franchise, parfois avec quelques hésitations suivies par des pirouettes mais toujours avec une grande spontanéité.

Le dialogue se poursuit, non sans quelques tentatives de l’un ou de l’autre d’aller un peu plus loin, car notre Président, en grand séducteur né, n’est pas insensible au charme de sa sémillante interlocutrice…

C’est dans cet univers bucolique et onirique que Dominique Gosset et Géraud Bénech situent l’action de leur pièce originale intitulée « Chirac ».

Marc Chouppart, qu’on a vu tant au théâtre dans Marivaux qu’au cinéma chez Francis Girod est Chirac, un Jacques Chirac encore jeune et dynamique, plein de ressources et d’énergie, celui de l’époque de ses fonctions à l’Elysée.
Il en a le physique, grand, mince et dynamique, ressemblance renforcée encore par une paire de lunettes en écaille comme les affectionnait particulièrement notre président. Il en a aussi la parfaite diction et le juste phrasé, à tel point que, fermant les yeux, on croit par moment être revenu quelques décennies en arrière.

Son interlocutrice, Valérie -prénom qui ne plait guère à notre Chirac- est jouée par Fabienne Galloux, qu’on avait appréciée il y a quelques années dans « Bienvenue au paradis » de Bernard Werber. Elle donne à son personnage toute la fraîcheur et la malice de la fausse ingénue qui, séduite elle aussi, n’en oublie pas pour autant son but ultime.

Pour sa mise en scène, Géraud Bénech a choisi un décor minimaliste : un banc et une chaise, venant du Jardin du Luxembourg tout proche. Sur le fond de plateau Romain Veillon projette des vidéos mouvantes qui nous plongent dans le rêve éveillé vécu, le temps d’une heure, par nos personnages, et par nous-mêmes.

L’ensemble est très plaisant, jusqu’à la scène finale, particulièrement réussie.
Une bonne occasion de retrouver le chemin de ce charmant petit théâtre après cette longue période de fermeture.

Alex Kiev

Fermer
Source Source
Tu Paris combien ?

Chirac

C’est bluffant, drôle, poétique, un régal.

Chirac au Théâtre de la Contrescarpe J’aime beaucoup le Théâtre de la Contrescarpe pour sa situation géographique, son accueil et bien sûr pour sa belle programmation. En ce moment à l’affiche : Chirac   Rencontre fictive avec le Président, inspirée de faits... Lire plus

Chirac au Théâtre de la Contrescarpe

J’aime beaucoup le Théâtre de la Contrescarpe pour sa situation géographique, son accueil et bien sûr pour sa belle programmation. En ce moment à l’affiche : Chirac

 

Rencontre fictive avec le Président, inspirée de faits réels…
« Dans un jardin public, une femme dort. Quand soudain apparait…Jacques Chirac !


D’abord méfiant, il accepte de lever le voile sur l’homme qui se cachait derrière de grosses lunettes en écaille.
Une ultime séduction. »

Cette comédie met en scène un dialogue imaginaire basé sur des faits réels avec pour cadre un jardin parisien. Elle tente de répondre à la question :

 

Alors…qui était Jacques Chirac?

 

Comme dans un songe
La mise en scène épurée nous installe sur les fameuses chaises vertes des jardins parisiens pour ensuite nous projeter dans un songe. Peut-être participons nous au rêve de cette femme endormie. Le décor signé Romain Veillon transporte le spectateur dans une ambiance onirique. A moins que les « portes » se soient ouvertes sur une autre dimension.



Un bon moment en bonne compagnie
Marc Chouppart n’imite pas, il incarne avec brio et élégance l’ancien président. Sans jamais tomber dans la pale imitation, encore moins dans la caricature, il fait revivre le temps de ce songe Jacques Chirac en personne. Les lunettes, la coiffure, la voix, l’allure, les mimiques et l’humour…tout y est. Fabienne Galloux ne manque pas elle non plus d’élégance. Derrière sa douce apparence ne manque pas de piquant.


Les répliques sont généreuses, et les clins d’œil subtils. Si la rencontre est pure fiction, elle se base sur des faits réels s’appuyant sur les discours prononcés, les débats ou encore les discussions rapportées par les proches de Jacques Chirac, les journalistes et les biographes, nous rappelant ce personnage si contrasté que l’on a tous connu et que l’on découvre. Que l’on apprécie ou pas Chirac, que l’on soit de droite, de gauche, que l’on vote ou pas, le public passe un très bon moment, en très bonne compagnie.

C’est bluffant, drôle, poétique, un régal.

Fermer
Source Source
picto De la cour au jardin

Chirac

Impressionnant et troublant !

« On est nostalgiques d’un temps que l’on n’a pas connu ! ». Voici ce que me confiaient deux très jeunes spectatrices dans la file d’attente du théâtre de la Contrescarpe, impatientes qu’elles étaient de découvrir cette pièce. Chirac. Comme pour illustrer la... Lire plus

« On est nostalgiques d’un temps que l’on n’a pas connu ! ».
Voici ce que me confiaient deux très jeunes spectatrices dans la file d’attente du théâtre de la Contrescarpe, impatientes qu’elles étaient de découvrir cette pièce.
Chirac.

Comme pour illustrer la fascination au sens premier du terme qu’exerce encore et toujours l’ex-président de la République.
Comme pour dire leur besoin de retrouver l’homme, public et privé, l’animal politique.

Pendant une heure et quart d’un remarquable spectacle, étonnant et passionnant, nous allons le voir, Jacques Chirac.
En chair et en os, serais-je tenté d’écrire.

Nous voici dans le jardin du Luxembourg.
Sur une chaise métallique estampillée Sénat, une jeune femme lit les mémoires chiraquiens.
Je vous aurais bien révélé son prénom, mais celui-ci est prétexte à une formidable séquence que je me garderai bien de déflorer.

Elle s’endort. La rencontre peut avoir lieu.

A cour, dans la pénombre, le voici qui paraît en contrejour sur la scène.
Tout d’abord une silhouette familière.
Un grand gaillard en costume, avec les lunettes si célèbres (La maison Bonnet est remerciée sur le dossier de presse, ce sont bien les mêmes…), avec la coupe de cheveux gominés bien connue…

Impossible de s’y tromper. C’est bien lui. Le voici qui entame la conversation.

Durant ces soixante-quinze minutes, le dialogue entre les deux personnages va littéralement passionner les spectateurs.

La pièce de Dominique Gosset et Géraud Bénech va nous faire revivre les heurs, bonheurs et malheurs de ce président « pas comme les autres ».
Ni hagiographie, ni dossier à charge. Le curseur est à sa bonne place.

Dans un réalisme saisissant, grâce à une écriture ciselée reprenant des éléments journalistiques et biographiques, aux formules percutantes souvent très drôles, parfois bien émouvantes, nous allons assister à une joute oratoire, souvent à fleurets mouchetés, entre les deux personnages.


Vont se dérouler devant nous un retour sur la vie privée, un bilan de l’action politique, (avec les réussites incontestables et incontestées mais aussi les casseroles), un retour sur les conceptions de l’État, de la place des femmes, de l’écologie, ou encore une évocation des paradoxes et des contradictions de cet homme.

Le duo de comédiens fonctionne à la perfection.

Elle, c’est Fabienne Galloux.
Elle est parfaite, tour à tour candide posant des questions, espiègle titillant l’ancien chef de l’Etat ou provocatrice rappelant les « dossiers » chiraquiens.

Et puis, il y a Marc Chouppart, qui livre une véritable performance.

L’ex-pensionnaire de la Comédie-française est purement et simplement Jacques Chirac.
C’est même par moments très troublant. Une véritable performance.

Nous l’avons vraiment devant nous.

Tout y est.
La silhouette, donc, mais également la gestuelle, (je vous conseille des bien observer ses mains…), les mimiques, sans oublier l’incroyable ressemblance du visage.

Et puis la voix. La célèbre voix.

Jacques Chirac a beaucoup été imité. Dans des sketchs n’excédant bien souvent pas plus de dix minutes.
Marc Chouppart, lui, tient son personnage durant une heure et quart.

Tout y est : les intonations, le timbre si particulier, les consonnes finales prononcées, les variations subites de volume...
Impressionnant et troublant, vous dis-je.

Il est très drôle, à nous rappeler les célèbres expressions attendues par tout le monde, (vous savez, le « ça m’en touche une, etc, etc »…), à envoyer des piques à ses «petits » camarades de droite, ou encor à tenter de séduire son interlocutrice.
Il est également bouleversant lorsque sont évoqués les souvenirs douloureux de cet homme.

Le comédien excelle vraiment dans les habits de ce personnage hors du commun. Il nous ravit et nous sidère.

Je n’aurai garde d’oublier de mentionner le magnifique travail du créateur-lumières.
De subtiles éclairages mettent parfaitement en valeur ce qui se joue devant nos yeux.
Un travail rendu d’autant plus difficile en raison de la présence de projections video au lointain, et de multiples pans réfléchissants. De la très belle ouvrage.

Courez donc toutes affaires cessantes au 5 rue de Blainville retrouver celui qui présida à la destinée de la France pendant onze ans, onze mois et vingt-neuf jours.

What do you want ? Me to go back to the Contrescarpe Theater ?

Fermer
Source Source

Chirac

Jacques Chirac joué avec brio par Marc Chouppart !

Alors que Jean Dujardin incarne le Président Sarkozy au cinéma, c'est sur scène que l'on peut retrouver Jacques Chirac. Au Théâtre de la Contrescarpe, à Paris, "Chirac" met à l'honneur l'ancien président qui revisite et commente, dans un retour d'outre-tombe, son action politique. Le lieu ?... Lire plus

Alors que Jean Dujardin incarne le Président Sarkozy au cinéma, c'est sur scène que l'on peut retrouver Jacques Chirac. Au Théâtre de la Contrescarpe, à Paris, "Chirac" met à l'honneur l'ancien président qui revisite et commente, dans un retour d'outre-tombe, son action politique. Le lieu ? Un jardin public. L'interlocutrice ? Une jeune femme, Valérie, incarnée par Fabienne Galloux, admirative de l'homme et de l'animal politique.

"N'ayez pas peur" lance Jacques Chirac - joué avec brio par Marc Chouppart - à la jeune femme qu'il retrouve dans son sommeil. "Mais vous êtes mort", s'exclame t-elle. "Mort et enterré", lui répond-il.

Dès lors, va s'engager un échange sur l'action politique de l'ancien président. Surprise et heureuse, Valérie ne va cesser de l'interroger avec une certaine malice.

Entre anecdotes, jeu de séduction et questionnement, Jacques Chirac va revisiter ses années d'enfance, son inimitié avec Valéry Giscard d'Estaing dont il avait été le Premier Ministre démissionnaire en 1976 mais aussi sa cohabitation avec François Mitterrand en 1986, puis ses actions présidentielles de 1995 à 2007.

De nombreuses allusions à ses discours sont présentes au cours de cette heure de spectacle. Actions politiques en France et à l'étranger, anecdotes sur la Coupe du monde de foot, c'est un hommage théâtral à l'homme dont la disparition en 2019, avait provoqué l'émotion des Français qui est proposé dans cette pièce écrite par Dominique Gosset et Géraud Bénech. Une façon de relire une part de notre Histoire contemporaine.

Fermer
Source Source
R42 Culture gourmande

Chirac

On n’est absolument pas dans la caricature !

Dans un jardin public, Valérie (Fabienne Galloux) s’est assoupie et soudain Jacques Chirac la réveille ! Mais que se passe t’il ? Oui, on est dans un rêve évidemment mais qui a un petit gout de réalité sympathique à souhait. Valérie est un peu surprise, mais sa curiosité... Lire plus

Dans un jardin public, Valérie (Fabienne Galloux) s’est assoupie et soudain Jacques Chirac la réveille ! Mais que se passe t’il ? Oui, on est dans un rêve évidemment mais qui a un petit gout de réalité sympathique à souhait. Valérie est un peu surprise, mais sa curiosité va prendre le pas pour découvrir ce Chirac qui sait très bien qu’il n’est plus de ce monde et qui n’a pas envie de remuer le passé. Mais l’envie de parler est plus forte que tout (oui le personnage est contradictoire, c’est même un peu sa signature) et le voilà en train de deviser et de boire du Gin tonic en compagnie de Valérie. Il évoque les femmes de sa vie : Bernadette, sa fille disparue et d’autres…, mais aussi de nombreux autres sujets plus ou moins médiatiques ou politiques et des souvenirs peu connus qui donnent un aspect romanesque à la vie de ce grand homme qui se cachait derrière ses fameuses lunettes en écailles.

 

Premier choc, quand Marc Chouppart incarnant Chirac apparait sur scène : choc visuel ! Il y a indéniablement quelque chose de proche du président. Tout est dans le détail de la gestuelle qui a été étudiée avec soin.

Second choc, quand il s’adresse à Valérie : choc auditif ! Là aussi, il y a eu un gros travail sur le personnage pour restituer sa façon de parler si particulière. C’est bien de l’homme dont on s’est inspiré, pas de son Guignol ! On n’est absolument pas dans la caricature !

Marc Chouppart est totalement convaincant, on a la sensation d’échanger avec le fantôme du président.

Il faut aussi souligner la mise en scène de Géraud Bénech, assisté par Emmanuelle Benhaim : L’univers onirique est parfaitement rendu via les images projetées et la lumière des différentes scènes. On sait parfaitement qu’on est dans un rêve et on n’a guère envie de se réveiller.

J’aurai, moi aussi, bien volontiers bu un Gin tonic en compagnie de Jacques car j’ai une sacrée liste de questions pour lui.

Fermer
Source Source
It Art Bag

Chirac

Un moment plein d’humour et de fraîcheur !

Un moment plein d’humour et de fraîcheur s’installe au Théâtre de la Contrescarpe ! Chirac,une pièce de théâtre de Dominique Gosset et Géraud Bénech, également metteur en scène, vous apportera une pause sympathique et touchante pendant une heure dix. Tout... Lire plus

Un moment plein d’humour et de fraîcheur s’installe au Théâtre de la Contrescarpe !
Chirac,une pièce de théâtre de Dominique Gosset et Géraud Bénech, également metteur en scène, vous apportera une pause sympathique et touchante pendant une heure dix.

Tout commence dans un parc ensoleillé. Une jeune femme s’installe, écoute de la musique et s’endort tranquillement. Soudain, apparaît majestueusement Jacques Chirac, comme dans un rêve. Une discussion commence alors, ils se posent des questions, rient, s’invectivent…

Cette figure imposante de l’ancien président est reconnaissable dès les premières secondes, grâce au magnifique jeu de Marc Chouppart.
Lunettes en écaille, expressions, style, mimiques, et évidemment « gin tonic», Jacques Chirac est devant nous.

Président proche du peuple, avec un grand humour et un appétit certain, Jacques Chirac se dévoile comme chez un psy en répondant aux questions de la jeune femme, Valérie, interprétée par Fabienne Galloux. Valérie, grande admiratrice de l’ancien président, souhaite alors écrire un livre sur ce grand homme. Lorsque ce dernier apparaît, elle s’empresse de lui poser des questions sur son intimité, mais aussi sur sa vie politique, ses passions.

Trois écrans encadrent la scène, pour emmener le public dans les différentes ambiances de la pièce. Un parc, puis de la fumée, et enfin la porte d’une demeure réalisée comme une peinture de Salvador Dalí, se succèdent sur ces écrans. Une immersion totale est alors faite, le spectateur ne peut qu’être envoûté.

C’est très étonnant qu’un président puisse faire l’objet d’une pièce de théâtre au ton humoristique et touchant, c’est sûrement le seul… Car les metteurs en scène ne souhaitent pas mettre en avant sa vie politique, mais le côté humain de ce président qui a tant touché les français pour son accessibilité, sa gentillesse, et son charisme.
Dans cette pièce, vous retrouverez les grands moments de ce président, ces phrases cultes comme « Je suis un grand mangeur de pommes » ou encore « Abracadabrantesque », et j’en passe…

Une heure dix de souvenirs au Théâtre de la Contrescarpe, avec la pièce Chirac.

Fermer
Source Source

Chirac

Passionnant et sidérant de réalisme !

« Chirac », une rencontre fictive captivante Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥♥ « Bison égoïste » (surnom chez les scouts), « Super menteur » (Les Guignols de l’Info), « Chichi », « 5... Lire plus

« Chirac », une rencontre fictive captivante

Avis de PrestaPlume ♥♥♥♥♥

« Bison égoïste » (surnom chez les scouts), « Super menteur » (Les Guignols de l’Info), « Chichi », « 5 minutes douche comprise » (référence à ses conquêtes féminines), ou encore « L’Agité » (surnom donné par VGE) et « Bulldozer » (surnom affublé par Pompidou) désignant un homme qui parvient toujours à ses fins, etc. Les sobriquets ironiques ou affectueux attribués à Jacques Chirac sont légion. Chacun a l’avantage d’éclairer un trait de caractère de cet animal politique de la VE République française resté douze ans aux commandes de la France, et qui n’hésitait pas à sacrifier son bonheur pour ne pas avoir à renoncer.
Quoi qu’on pense de sa conduite des affaires de l’État, personne ne pourra lui enlever l’amour profond et sincère qu’il éprouvait envers son pays et ses contemporains. S’il fut longtemps la personnalité politique préférée des Français, l’homme est un mystère, dont la pièce éponyme de Dominique Gosset et de Géraud Bénech soulève le voile avec tendresse et intelligence, au théâtre de la Contrescarpe jusqu’au 22 août.

Entre badinage et gravité, non sans humour et répliques bien senties, Chirac (Marc Chouppart) se confie à Valérie (Fabienne Galloux), une grande admiratrice qui rêve d’écrire une biographie « intime » sur l’ex-président. La conversation est imaginaire, mais tous les propos sont vrais. Si son parcours politique rappelle bien des souvenirs, des aspects de sa vie privée le montrent sous un jour nouveau. Passionnant et sidérant de réalisme !

À la frontière entre rêve et réalité, au jardin du Luxembourg où elle s’est réfugiée pour lire « Ici, c’est Chirac » (de Jean-Luc Barré), Valérie (Fabienne Galloux) rencontre Chirac (Marc Chouppart) qui revient de l’au-delà, intrigué par cette fascination pour sa personne. On admet volontiers que seule une charmante jeune femme aurait le pouvoir de ramener Chichi à la vie terrestre pour y goûter une délicieuse discussion à bâtons rompus. Sauf que Valérie — prénom que goûte moins Chirac — aimerait qu’il lui raconte sa vie comme un père à sa fille qu’il ne connaîtrait pas. Elle entend écrire une biographie intime qui révèlerait l’homme derrière le politique. Bref, percer le mystère Chirac, qu’elle compare à un iceberg dont elle désirerait déchiffrer la partie immergée, cachée, préservée. Fine dans ses questions liées à son parcours politique et indiscrète sur celles touchant plus à ses blessures, elle joue de la sympathie qu’elle suscite chez son interlocuteur pour le pousser jusqu’à ses retranchements, avec délicatesse et espièglerie.

 

Passant allègrement du coq à l’âne, mordant avec audace sur la ligne personnelle à ne pas franchir, elle le mène (presque) par le bout du nez. Presque, car, en homme politique avisé, il brouille les pistes, acquiesce tout en renâclant, faisant accroire à une avancée dans ses confessions pour ensuite les balayer d’un revers de plaisanterie. Ainsi, pour contrebalancer les constats négatifs de ses deux mandats qu’elle énumère sans ménagement, il s’amuse à dresser une liste à la Prévert de tout ce qu’il a accompli de positif. Il évoque non sans fierté ses multiples résurrections politiques — une première non égalée dans ce milieu ! — malgré toutes les « casseroles » et les dérapages de langage qu’il regrette. Avec nostalgie et tristesse, il rappelle sa tendre passion pour la journaliste Jacqueline Chabridon dans les années 70, mais on ne divorce pas chez les Chirac ! Madame Chirac, qu’il surnommait malicieusement Bourriquette, veillait au grain. Déjà, la présidence de la République était le projet de vie de ce couple uni pour le pouvoir.

 

Le « Chirac » de Dominique Gosset et de Géraud Bénech, les auteurs de la pièce, se situe dans la fleur de l’âge, fringant, conquérant, séducteur, spirituel, poète, mais aussi secret. L’homme que la mère appelait Cary Grant, affectionnant autant les bains de foule que la mélodie d’un Haïku, haïssant l’injustice et le fracas d’un arbre qui tombe, nous honore d’un testament post-mortem sincère et vibrant.
Qu’on l’aime ou déteste, qu’on soit de gauche ou de droite, qu’importe ! On nous a rendu notre Chichi, certes avec ses travers, mais surtout avec ses failles que l’on découvre. Pour y parvenir, les auteurs se sont appuyés sur des faits réels, les discours, les débats, les discussions rapportées par ses proches, les journalistes et les biographes. La mise en scène tout en délicatesse et précision de Géraud Bénech et la scénographie à la fois bucolique et onirique font de ce moment de théâtre une parenthèse spatio-temporelle intense et magique.

 

Le comédien Marc Chouppart est hallucinant de réalisme. Dans sa gestuelle, dans ses mimiques, son intonation de voix et son phrasé, il est Chirac. Le personnage est ressuscité une nouvelle fois, mais sur les planches. Sa performance est remarquable, car il campe sans faiblir un Chirac plus vrai que nature. Ce n’est pas une imitation, c’est une réincarnation. Si bien que le spectateur est séduit — voire reconquis — par la prestance, la finesse de pensée et les saillies oratoires. On nous remémore ses nombreuses actions pour la grandeur de la France, occultées par ses erreurs qu’on gommerait presque, comme on pardonne à un être aimé. Quel autre président depuis peut se targuer de faire cet effet ? Fabienne Galloux est la partenaire idéale, à la fois taquine et provocante, jouant sur les cordes du mystère et de la séduction. Elle donne à son personnage les nuances nécessaires au passage du « coq à l’âne », soufflant le chaud et le froid, tour à tour empathique et tyrannique. Ces allers-retours sont menés avec délicatesse, parfois avec un regard entendu, un sourire compréhensif, un geste de retenue. C’est un bien joli duel auquel nous assistons, percutant et intelligent, où il n’y a aucun perdant, mais que des gagnants. Si le bonheur n’était qu’une succession de renoncements pour M. Chirac, cette pièce-là — qui rétablit les injustices — est un bonheur sans renoncement.

Fermer
Source Source
Logo Publikart

Chirac

Un résultat étonnant !

Chirac, un personnage bigger than life mis en scène avec maestria sur les planches du théâtre de la Contrescarpe Jacques Chirac pourrait n’avoir été qu’un personnage de fiction. Grand, charmeur, charismatique, une carrière remplie de coups d’éclats et de coups du sort, une... Lire plus

Chirac, un personnage bigger than life mis en scène avec maestria sur les planches du théâtre de la Contrescarpe
Jacques Chirac pourrait n’avoir été qu’un personnage de fiction. Grand, charmeur, charismatique, une carrière remplie de coups d’éclats et de coups du sort, une existence nimbée d’une aura de légende, il reste de lui un souvenir encore présent dans beaucoup d’esprits. Mais connait-on vraiment un homme aussi complexe, disparu à 77 ans avec des rumeurs d’Alzheimer? La pièce offre des éclairages saisissants en se basant visiblement sur son autobiographie pour un résultat étonnant. Il faut dire que Marc Chouppart, ancien pensionnaire de la Comédie Française, joue le mimétisme avec énormément de conviction. Une pièce à découvrir absolument au Théâtre de la Contrescarpe pendant l’été 2021.


Une biographie jouée sur scène
Une femme lit sur des sièges ressemblant à ceux disposés au Jardin du Luxembourg. L’atmosphère est estivale, elle feuillette un livre et s’endort tout naturellement. C’est alors qu’apparait un grand homme avec les cheveux plaqués en arrière, de grandes lunettes et une démarche immédiatement reconnaissable. Le spectateur se demande si c’est un songe, l’inconnu réveille celle qui se prénomme Valérie et se présente comme l’ancien président présenté sur l’affiche. S’en suit une heure de mots bien connus de tous (Ecoutez…. Vous savez… Valérie…) qui font naitre une aura de connivence entre les spectateurs et les comédiens, qui en jouent avec grâce. Les faits d’armes sont relatés, les points de friction avec son suiveur Nicolas Sarkozy ou son adversaire Valéry Giscard d’Estaing, presque rien sur François Mitterrand, bizarrement, Chirac badine, Chirac construit sa légende, depuis son enfance, son départ sur un cargo au large des cotes africaines et son passage à l’ENA. C’est une vraie pièce de théâtre, qui en apprendra beaucoup sur ceux qui connaissent mal celui que les Guignols ont appelé Supermenteur, c’est surtout un concours de bons mots et de plaisanteries savantes (Moi aussi, je suis mal à droite, et parfois gauche, savoureux!). Était-il vraiment à droite ou plutôt à gauche, militariste ou pacifiste, fidèle ou séducteur, le Chirac de scène enchaine les effets de manche pour brouiller les pistes. Son interlocutrice a beau être une connaisseuse éprouvée de ses faits d’arme, il ne se trouve quasiment jamais pris en défaut, enchainant les citations poétiques pour montrer sa valeur humaniste à défaut d’avoir laissé son empreinte dans l’histoire de la Ve République.


Cette pièce louvoie entre comédie drolatique et moments plus graves pour offrir un portrait tout en contradiction d’un personnage d’apparence simpliste mais qui cachait son jeu pour mieux contrôler l’opinion publique, la marque des grands hommes politiques que de savoir se faufiler dans la jungle épaisse, voire hostile, de la masse des votants. La mise en scène sobre et efficace de Géraud Bénech est parfaite pour donner toute la pleine mesure des comédiens!

Fermer
Source Source
Télématin

Chirac

Chirac, quelle bête de scène !

Source Source
Logo Le Parisien

Chirac

La performance est sidérante !

«Chirac» : l’ancien président réincarné sur les planches du théâtre de la Contrescarpe L’ex-président de la République, décédé en septembre 2019, reprend vie sur la scène du théâtre de la Contrescarpe, à Paris. Son... Lire plus

«Chirac» : l’ancien président réincarné sur les planches du théâtre de la Contrescarpe
L’ex-président de la République, décédé en septembre 2019, reprend vie sur la scène du théâtre de la Contrescarpe, à Paris. Son caractère attachant et complexe inspire les auteurs.
Dès l’entrée du comédien Marc Chouppart sur scène, les sourires des spectateurs se font entendre dans la petite salle du théâtre de la Contrescarpe, à Paris (Ve). Aucun d’eux n’en doute, c’est bien Jacques Chirac qui se tient là, de toute sa hauteur. Tout y est pour les berner : ses fameuses grosses lunettes en écaille, son nez pointu, ses cheveux noirs plaqués en arrière mais surtout, son timbre de voix si particulier.

 

Jusqu’au 22 août, l’ancien président décédé en septembre 2019 reprend vie dans la pièce intitulée sobrement « Chirac », écrite par Dominique Gosset et Géraud Benech et mise en scène par ce dernier. Le « fantôme » de Jacques Chirac, comme se plaît à l’appeler son interprète, entame un dialogue riche en rebondissements avec une de ses admiratrices, Valéry - un prénom en clin d’œil à Giscard d’Estaing - interprétée par Fabienne Galloux, qui le voit apparaître en songe. D’abord réticent à toute introspection, il se laisse séduire par la jeune femme. Pendant une heure, défilent alors sous nos yeux toutes les facettes de cette personnalité, habitée de contradictions : l’homme aimable mais brutal, le grand séducteur, l’amateur de bière et de poésie, l’écologiste assumant une politique productiviste.


« Une personnalité hors norme »
« On s’est intéressé à l’homme qu’il était et pas au politique », assure Dominique Gosset. « C’est l’énorme ferveur qu’a suscitée sa mort, qui a attiré notre attention. On entendait parler en permanence du mystère Chirac, ce qui nous a donné envie de creuser. C’était une personnalité hors norme, avec un certain physique, qui était assez comédien, tenace, parfois très sympathique. Une personne intéressante pour en faire un personnage de théâtre. »
Pendant le processus d’écriture, les auteurs se sont donc attelés, avec brio, à ne pas caricaturer la figure du président. « Je ne suis pas un imitateur professionnel, je suis comédien. Je ne pousse pas le trait pour garder une certaine humanité », explique Marc Chouppart. « Tu ne l’imites jamais, tu l’incarnes », rebondit sa partenaire de scène, Fabienne Galloux. Incarner l’homme d’État et ancien maire de Paris n’a pas été évident au début. « Ma porte d’entrée a été la perruque. Dès que je l’ai mise, il s’est passé quelque chose. Je n’étais plus moi. Ensuite, je l’ai beaucoup regardé lors de ses discours, ses interviews et même dans Les Guignols. J’ai fini par attraper la musicalité de sa voix, que j’ai appliquée au texte », détaille l’acteur.


Des répliques extraites d’interventions de Chirac
La performance est sidérante. « Une fois, son majordome, qui l’a servi pendant neuf ans, est venu nous voir. Il m’a dit avoir été très troublé, qu’il avait l’impression de l’avoir revu. C’est le plus beau compliment que l’on puisse me faire », confie Marc Chouppart. Et pour cause : les répliques sont, pour beaucoup, issues des discours de l’ancien hôte de l’Élysée, de ses interventions télévisées ou de petites phrases bien senties qu’il lançait lors de ses campagnes et qui sont devenues culte. Dans l’auditoire, l’effet est immédiat et les rires fusent, bien que les auteurs aient aussi apporté des touches plus sombres à l’homme politique.

Fermer
Source Source
logo Spectatif

Chirac

Les jeux sont tout simplement brillants ! Un fichu beau travail d’interprétation.

Un spectacle singulier et étonnant qui présente une évocation réaliste et soignée du personnage célèbre et populaire, de l’homme politique controversé et adulé qu’est Jacques Chirac. Écrite avec une précision documentée, et ciselée dans un... Lire plus

Un spectacle singulier et étonnant qui présente une évocation réaliste et soignée du personnage célèbre et populaire, de l’homme politique controversé et adulé qu’est Jacques Chirac.
Écrite avec une précision documentée, et ciselée dans un discours narratif empruntant tous les rites et les symboles qui ont contribué à la renommée de l’homme public, cette pièce de Dominique Gosset et Géraud Bénech relève du biopic romancé façon « faisons un rêve ».
« Dans un jardin public, une femme rencontre Jacques Chirac. La discussion s'engage... Petit à petit, l'ancien Président révèle l'homme qui se cachait derrière ses lunettes en écaille. »
Il ressort de cette pièce, avec une finesse d’approche et une profonde empathie de la part des auteurs, les nombreux aspects attachants et somme toute un peu complices des caractéristiques personnelles chiraquiennes. De la séduction à l’autodérision, des petites phrases assassines aux formules humoristiques sans oublier le fil conducteur de l’homme cultivé qui n’en avait pas l’air. Un tour d’horizon des embuches de l’histoire de vie chemine avec les allusions à la carrière politique et donne à voir les forces et les faiblesses d’un homme politique devenu populaire.
La mise en scène centre le regard sur le duo de comédiens. En fond de plateau, des images projetées de Romain Veillon donnent les éléments d’ambiance. La lumière de François Ancellet accentue ou adoucit les situations, renforçant l’émotion apportée par les personnages.
Les jeux sont tout simplement brillants. La complémentarité des deux comédiens est exemplaire et fonctionne à merveille sur le fil ténu de cette situation imaginaire.
Fabienne Galloux interprète cette femme accoucheuse de la parole d’un Chirac revenu ici et maintenant, mort et enterré pourtant, avec une discrétion et une passion entremêlées qui permet un échange incongru et finalement crédible.
Marc Chouppart incarne Chirac avec un brio détonant. Il ne singe pas ou imite, il est le personnage. Une interprétation très troublante, toute en nuances et sans forcer les traits symptomatiques de ce qui est resté le plus connu de la parole du Président. Remarquable travail.
Un spectacle qui surprend avant tout, qui captive sans qu’on ne le veuille ni qu’on s’en aperçoive. Un fichu beau travail d’interprétation.

Fermer
Source Source
Logo Paris Match

Chirac

Chirac ressuscité !

CHIRAC RESSUSCITÉ   Quand Valérie (Fabienne Galloux) s'assoupit dans un parc parisien, la quadra fan de Jacques Chirac est réveillée par l'ancien président en personne. Pendant une heure, la jeune femme va dialoguer avec un homme revenu d'entre les morts et évoquer aussi bien son bilan... Lire plus

CHIRAC RESSUSCITÉ

 

Quand Valérie (Fabienne Galloux) s'assoupit dans un parc parisien, la quadra fan de Jacques Chirac est réveillée par l'ancien président en personne. Pendant une heure, la jeune femme va dialoguer avec un homme revenu d'entre les morts et évoquer aussi bien son bilan politique que son parcours sur terre. Aussi saugrenue que soit l'idée, Géraud Bénech et Dominique Gosset, les auteurs de « Chirac » ont tenu à coller à leur héros en reprenant ses tics de langage comme ses plus célèbres saillies. Le comédien Marc Chouppart s’est emparé du personnage au point de lui ressembler. Au final, cette conversation permet d'aborder la question de l'héritage. Gosset et Bénech tentent d'approcher les zones d'ombre de l'être humain mais ne cherchent pas à le mettre face à ses contradictions politiques et le dépeignent même comme un visionnaire. Chirac décédé, Chirac célébré, Chirac ressuscité !

Benjamin Locoge / Paris Match du 12 au 18 août

Fermer
Télécharger l’article
Logo Etat critique

Chirac

Étonnamment (ré)incarné ! Pièce très joliment traitée, un moment drôle et émouvant...

« Une ultime séduction »… Que dire de plus ! Cette phrase qui conclut la courte présentation en quatrième du texte de la pièce résume admirablement et en trois mots l’impression que l’on ressent en sortant du théâtre. Ça et un indéfinissable... Lire plus

« Une ultime séduction »…

Que dire de plus ! Cette phrase qui conclut la courte présentation en quatrième du texte de la pièce résume admirablement et en trois mots l’impression que l’on ressent en sortant du théâtre. Ça et un indéfinissable sentiment de légèreté malgré le sérieux soulevé par certains messages d’une pièce le plus souvent drôle et légère. Dans le meilleur des sens.

Sobrement mis en scène, deux chaises de jardin parisien, comme celles que l’on retrouve au Luxembourg ou aux Tuileries sur fond de projections et de quelques mélodies…c’est parfait.

Restent les acteurs qui remplissent, emplissent l’espace.

Marc Chouppart ressuscite et campe un Chirac plus vrai que nature, aussi charmeur que toujours. Pour moi, pour ceux de cette génération née dans les années 80, Chirac symbolise la France politique qui aura accompagné notre enfance, l’adolescence, le passage dans le 21ème siècle et l’arrivée à l’âge adulte…

 

Étonnamment (ré)incarné

Marc Chouppart se réapproprie jusque dans le port (haut, au dessus du nombril) du pantalon, les cheveux bien tirés avec l’inévitable épis le long du col, la gestuelle, le maintien, l’esprit, l’attitude, l’éloquence, l’élégance et le charme, l’esprit et le souvenir de l’image d’un Chirac qui aura laissé cette douce impression dans l’esprit de la majorité des Français. Déjà hier et encore aujourd’hui.

Amateur de beaux mots, joliment tournés, usant du verbe à propos avec brio et humour – toujours pour servir ses objectifs, pour désamorcer les possibilités d’attaques – Chirac qui disait « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » me surprend au tournant avec cette phrase oubliée (pour moi) « je n’ai jamais trompé ma femme, je me suis seulement trompé de femme. Nuance. » Récité à la perfection par l’acteur. On croirait à certain moment réellement entendre Chirac. C’est parfois troublant. Le voir revenir parmi les vivants (Valérie fait le lien entre les deux mondes. Celui devenu dématérialisé pour lui, ancré dans le réel pour elle) pour nous livrer quelques ultimes messages et recommandations. Un spectre. On se retrouve face au fantôme vivant et palpable du président. On aimerait qu’il reste encore un peu, pouvoir lui poser des questions, prendre le temps de discuter autour d’un verre. Puisqu’il s’agit d’un rêve, j’aurais voulu m’endormir pour pouvoir les rejoindre.
Lorsqu’il quitte la scène sur ces paroles émouvantes et pleines de bon sens : « Enfin, nous devons renouer avec la nature ce lien de respect et d’harmonie ».

On ressent cette impression de vide qui accompagne le départ de ceux qui habitent les lieux où ils se trouvent. Surtout quand le questionnement qui résonne après est d’importance et d’actualité.

Pour ceux qui sont aimé, admiré Chirac, c’est l’occasion de le revoir une dernière fois.

Pour ceux qui ne l’ont pas ou peu connu, c’est l’occasion de le découvrir sous son meilleur profil.

Pour les autres, ce sera toujours un excellent moment. Au-delà de l’évident hommage à l’homme, à son côté profondément Humaniste, à celui plus méconnu, moins mis en avant du temps de son vivant de sa passion pour l’Afrique et de l’Asie, au poète muselé – statut oblige- la pièce est efficace, drôle, questionnante et dynamique de bout en bout. Peut-être un peu trop courte ; j’en aurais bien pris pour une heure de plus !

Les acteurs sont excellents. Ce soir la interprétée par Fabienne Galloux-Meurisse (Giscard, Pécresse….) ne se laisse nullement voler la vedette par le remarquable Chirac/Chouppart.
Toujours à propos, il y a notamment ce moment propre à donner des frissons (en tout cas qui m’en a procuré) me rappelant au souvenir de ce poème de Baudelaire qu’ils récitent ensemble puis de concert.

« L’homme et la mer
Homme libre toujours tu chériras la mer
[…]
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables »

Voilà encore un aspect qui rend la pièce des plus agréable. Baudelaire, Rimbaud, le lien qui unit certaines figures politiques aux poètes et à la poésie…
C’est en définitive une pièce très joliment traitée, un moment drôle et émouvant, un retour à un univers politique que l’on pourrait croire jovial, bon enfant. Une pièce qui retrace avec bienveillance une partie du parcours et de la vie d’un homme politique aimé vraiment (par nombre de français, ce fût peut-être le dernier), qui gardera une place à part chez ses « chers compatriotes » ainsi que dans une belle partie du paysage politique contemporain et de l’(H)histoire politique de France.

Certains en prennent pour leur grade.

M. Sarkozy pour ne citer que lui. Toujours avec intelligence et humour. Presque avec délicatesse…. mais avec conviction!

J’en suis ressorti ragaillardi (cela faisait dix ans depuis ma dernière fois au théâtre et je recommande chaudement, avec l’envie d’y retourner rien que pour entendre encore une fois M. Chouppart faire la liaison du t »

Fermer
Source Source
Logo Point de Vue

Chirac

Truculent et tendre à la fois ! Marc Chouppart campe un grand Jacques saisissant, séducteur, cultivé.

Abracadabrantesque ! Une jeune femme (Fabienne Galloux-Meurisse) s’endort dans un parc. Elle vient d’achever la lecture de la biographie de Jacques Chirac. À son réveil, le président défunt est là, prêt ou presque à répondre à toutes les questions que l’ouvrage... Lire plus

Abracadabrantesque !

Une jeune femme (Fabienne Galloux-Meurisse) s’endort dans un parc. Elle vient d’achever la lecture de la biographie de Jacques Chirac. À son réveil, le président défunt est là, prêt ou presque à répondre à toutes les questions que l’ouvrage laisse en suspens. Entre la rêveuse et le fantôme, l’échange commence mal : elle s’appelle Valérie !

 

Truculent et tendre à la fois, le texte de Dominique Gosset et Géraud Bénech revient sur l’un des destins hors norme de la cinquième République. Marc Chouppart campe un grand Jacques saisissant, séducteur, cultivé. Le comédien évite avec subtilité la caricature, révèle aussi échecs, douleurs et jardins secrets d’un animal politique au verbe haut.

Fermer
Télécharger l’article
Logo Le Figaro.fr

Chirac

L'ancien président, brillamment porté par Marc Chouppart !

"Chirac" au Théâtre de la Contrescarpe Dans un parc, par une après-midi de beau temps, une femme s'assoupit en pleine lecture. Soudain comme sorti d'une nuée divine, l'ancien président, brillamment porté par Marc Chouppart, lui apparaît. S'ensuit un échange abracadabrantesque. Qu'il... Lire plus

"Chirac" au Théâtre de la Contrescarpe

Dans un parc, par une après-midi de beau temps, une femme s'assoupit en pleine lecture. Soudain comme sorti d'une nuée divine, l'ancien président, brillamment porté par Marc Chouppart, lui apparaît. S'ensuit un échange abracadabrantesque. Qu'il est étonnant de voir arriver sur scène un Chirac d'1,90m pantalon feu de plancher et bretelles ajustées. Qu'il est encore plus étonnant de l'entendre parler comme le vrai. « Mal à droite et un peu gauche » de son propre aveu, c'est un Chirac repenti et fantasmé qui tire gentiment sur ses anciens congénères, Sarkozy en tête, et affuble son épouse du sobriquet « Bourriquette ». Questionné par la jeune femme décidément bien informée sur la vie du président, il revient sur l'affaire « du bruit et de l'odeur » la qualifiant d'erreur monumentale, de bêtise. Se défend de son implication dans les essais nucléaires de la France « il ne faudrait pas confondre Corée et Corrèze ». Enfin, il semble avoir pris conscience du danger écologique dans lequel se trouve notre planète et passe assez vite (et avec humour) sur les affaires d'emploi fictif, de faux électeurs et de « frais de bouche ». Bref, Chirac se rachète une conduite…post-mortem.

Fermer
Source Source

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

Mise en scène, rythmée et dynamique, particulièrement réussie. Jeu talentueux !

La pièce est inspirée de l’histoire de Charles VII, que l’on pourrait sous titrer « Riches années et sombres heures d’un Roi » nous découvrons la guerre de cent ans et ses aléas, quasi en live car racontés par le Roi lui-même. 
De Jeanne d’Arc, la pucelle... Lire plus

La pièce est inspirée de l’histoire de Charles VII, que l’on pourrait sous titrer « Riches années et sombres heures d’un Roi » nous découvrons la guerre de cent ans et ses aléas, quasi en live car racontés par le Roi lui-même. 
De Jeanne d’Arc, la pucelle d’Orléans, à qui il doit son sacre de Roi de France, en passant par Jacques Cœur, l’homme le plus riche de son époque qui deviendra le grand Argentier de la Couronne, jusqu’à la toute jeune très belle Agnès Sorel qui portera le titre officiel, créé pour elle, de Favorite du Roi, on découvre ici un parcours peu connu de Charles VII.


La mise en scène, rythmée et dynamique, est particulièrement réussie. Les acteurs, par leur jeu talentueux où peut percer l’humour, enchantent les spectateurs pendant les 75 minutes du spectacle. 
Encore un sympathique divertissement offert par le Théâtre de la Contrescarpe !

Fermer
Source Source
L'Évasion des Sens

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

5 acteurs dynamiques et jouant admirablement !

Au Théâtre de la Contrescarpe, "J’ai sauvé la France" est une bonne pièce pour les amateurs d’histoire et de secrets. Dimanche dernier, direction le 5 ème arrondissement où un petit théâtre en sous-sol et plein comme un œuf accueille les amateurs de spectacles. 5... Lire plus

Au Théâtre de la Contrescarpe, "J’ai sauvé la France" est une bonne pièce pour les amateurs d’histoire et de secrets.

Dimanche dernier, direction le 5 ème arrondissement où un petit théâtre en sous-sol et plein comme un œuf accueille les amateurs de spectacles.

5 acteurs dynamiques et jouant admirablement pour orchestrer, raconter la vie, l’histoire du roi Charles VII.
Ce roi-là a été, est mis à mal dans la mémoire et la conscience des Français. Alors la pièce met en scène ce monarque malgré lui ; il est mû par une volonté de reconstruire l’autorité royale alors que cette dernière a été anéantie par les échecs successifs de ses aïeux pendant la guerre de Cent Ans. Charles VII fut-il un tyran, un héros ? That is the question, aurait dit un auteur mémorable !
Pour relater cette période historique, la sobriété de la mise en scène est plaisante et les dialogues bien rythmés en une écriture soignée.
Vous aimez l’Histoire ; courez voir la pièce !

 

Fermer
Source Source
Lhistoire

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

Pièce aux accents étonnamment modernes et fort bien interprétée.

La solitude de Charles VII Au soir de sa vie, le roi de France évoque son règne marqué par la guerre de Cent Ans. La pièce s’ouvre le 22 juillet 1461 au château de Mehun-sur-Yèvre, lorsque Charles VII s’apprête à avaler le « médicament »... Lire plus

La solitude de Charles VII
Au soir de sa vie, le roi de France évoque son règne marqué par la guerre de Cent Ans.
La pièce s’ouvre le 22 juillet 1461 au château de Mehun-sur-Yèvre, lorsque Charles VII s’apprête à avaler le « médicament » envoyé par son fils, le futur Louis XI. A l’émissaire déchiré entre le père et le fils, le vieux souverain raconte les faits saillants de son long règne de 40 ans. Sa fuite à 15 ans à peine pour échapper à Jean sans Peur, la nuit du 29 mai 1418, grâce au prévôt Tanneguy du Chastel, et son installation à Bourges. L’« infamie » du traité de Troyes en 1420 par lequel son propre père, Charles VI dit le Fol, consacrant l'union perpétuelle des couronnes de France et d'Angleterre, le destitue au profit d'Henri V, l'éclatant vainqueur d'Azincourt. Les guerres intestines qui ravagent le pays. L’irruption de Jeanne d’Arc à Chinon, la victoire à Orléans et le sacre à Reims en 1429. Et peu à peu l’affermissement d’un pouvoir politique, militaire, économique. La fin de la guerre qui opposait Armagnacs et Bourguignons, celle de la guerre de Cent Ans sont largement à mettre à son crédit, comme la réorganisation de l’armée, l’affaiblissement des grands féodaux, ou encore la Pragmatique Sanction qui clarifie les rapports avec l’Église.
Autour de Charles gravitent quelques personnalités clés : Yolande d’Aragon, mère de Marie d’Anjou épousée alors qu’ils n’avaient pas 10 ans, femme forte et redoutable tacticienne politique ; Tanneguy, fidèle entre les fidèles, qui se résigne à son éviction ; Jeanne, abandonnée aux Anglais et au bûcher en 1431 ; Jacques Cœur, grand argentier lui aussi sacrifié, condamné pour concussion et ruiné ; Agnès Sorel, la Dame de Beauté morte en couches au grand chagrin du roi. « Un roi n’a pas d’amis » répète Charles le Victorieux, « au cœur vêtu de noir », au soir de sa vie. Au-delà d’un destin quasi shakespearien clairement mis en perspective, c’est, en effet, la grande question de la solitude du pouvoir qui est posée dans cette pièce aux accents étonnamment modernes et fort bien interprétée.
Huguette Meunier

Fermer
Source Source
Sorties à Paris logo

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

Très beau texte qui rend ce récit captivant. Talentueuse distribution, belle soirée de qualité.

La Guerre Guerre de 100 ans, racontée par le Roi de France qui l'a gagnée : Charles VII dit "le Victorieux", Monarque oublié de nos livres d'Histoire. Un très beau texte de Alain PERON, qui rend ce récit captivant. C'est ce que me dit Anne Gouinguenet, qui était dans la salle ce soir: "Une... Lire plus

La Guerre Guerre de 100 ans, racontée par le Roi de France qui l'a gagnée : Charles VII dit "le Victorieux", Monarque oublié de nos livres d'Histoire.

Un très beau texte de Alain PERON, qui rend ce récit captivant.

C'est ce que me dit Anne Gouinguenet, qui était dans la salle ce soir:
"Une très talentueuse distribution, une belle soirée de qualité, une affiche à recommander.
Anne-Victoire AMSTRONG, qui est à la fois Agnès Sorel et Jeanne d'Arc, est séduisante et de toute élégance."

Fermer
Source Source
Logo Spectacles Sélection

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

On se laisse emporter avec fougue au fil de sentiments et de comportements.

1461. Charles VII, au seuil de sa mort, se raconte. Celui que l'on surnomma « le Victorieux » ou « le Bien Servi » pour avoir bouté les Anglais hors de France grâce à Jeanne d'Arc, n'était guère tenté par l'exercice du pouvoir, mais rêvait de lectures et de culture. Les... Lire plus

1461. Charles VII, au seuil de sa mort, se raconte. Celui que l'on surnomma « le Victorieux » ou « le Bien Servi » pour avoir bouté les Anglais hors de France grâce à Jeanne d'Arc, n'était guère tenté par l'exercice du pouvoir, mais rêvait de lectures et de culture. Les aléas familiaux firent de lui un roi au très long règne, qui sut s'entourer de fidèles conseillers, quitte à les bannir ensuite, fut aimé de la plus belle dame du temps, et détesté par son propre fils, le futur Louis XI. Mais, à sa mort, il laisse un pays cohérent, sinon pacifié.

 

À la fois spectateur dans l'ombre et narrateur de ce cheminement, le vieux roi évoque lucidement et sans fard ces figures qui l'ont aidé dans l'accomplissement de ce qui a seul compté pour lui, le salut et l'épanouissement de la France. L'ami loyal Tanguy du Chastel, la retorse Yolande d'Aragon sa belle-mère, Jacques Cœur l'habile financier, Agnès Sorel lumineuse et amoureuse. Et surtout le jeune Charles tel qu'il fut et devint. Ainsi se brosse la fresque de ce qui contribua à la construction du pouvoir royal, par un monarque souvent déprisé. Une toile d'araignée patiente et efficace, souvent au prix de la sérénité et de l'amour.


Pour rendre tangible la mort qui rôde, tant dans les récits de bataille et de bûcher que dans les trahisons, les punitions et l'enfer entrevu, la mise en scène fait le choix du noir d'autant plus omniprésent que le décor est minimaliste. Seules échappées de lumière, l'immense cape blanche de Tanguy et surtout la robe flamboyante d'amour portée par Agnès la blonde.

 

On se laisse emporter avec fougue au fil de sentiments et de comportements, joyeux ou tragiques, que les cinq comédiens servent avec un enthousiasme complice. Grâces leur soient rendues de rendre si vivante une tranche d'Histoire méconnue.

Fermer
Source Source
It Art Bag

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

Mise en scène dynamique ! Jeu des acteurs humoristique, touchant !

Une mise en scène dynamique permet de comprendre parfaitement les doutes et les confessions du roi. Le jeu des acteurs, humoristique, touchant, donnent alors à la pièce un nouveau souffle sur l’histoire de ce roi méconnu, au Théâtre de la Contrescarpe.

Source Source

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

Spectacle de qualité, rondement mené

Charles VII aimait les livres et non les duels. Pour régner, il était dépourvu de grand zèle. Et, «incapable d’imaginer l’avenir», «Il cherchait des clefs du passé», sans coup férir. «Azincourt est la répétition de Crécy» ; Il... Lire plus

Charles VII aimait les livres et non les duels.
Pour régner, il était dépourvu de grand zèle.
Et, «incapable d’imaginer l’avenir»,
«Il cherchait des clefs du passé», sans coup férir.

«Azincourt est la répétition de Crécy» ;
Il fallait donc que la ruse fût réussie.
«Vous partez Dauphin et vous revenez en Roi»,
Telle est la malice d’une fuite de choix.

«Elle me fixait avec une intensité»
Très «proche de la démence» ressuscitée.
«Elle passe du mutisme à l’exaltation»,
«Jeanne est un défaut dans ma cuirasse» en action.

«Une grande réussite se paie toujours»
«De grandes inimitiés» au long du parcours.
Spectacle de qualité, rondement mené
À «La Contrescarpe» finement animée.

Propos concis dans une intrigue resserrée
Aux phrases percutantes élégamment tournées
Quand les actions ne cessent de se retourner.
De jolis rôles pour ces têtes couronnées
Que la dague, tôt ou tard, va faire valser
À l’incandescent brasier
De crimes particuliers,
Familiaux,
Viscéraux,
Déloyaux,
Peu royaux.

La gloire est éphémère,
Même aux yeux d’une mère ;
On se venge d’un père
Qui perd tous ses repères.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge

Fermer
Source Source

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

Le jeu des cinq acteurs est un véritable régal !

Charles VII au Théâtre de la Contrescarpe Une scène épurée s’ouvre au doux air d’une mandoline. De dos, un homme courbé sous le poids des années et du devoir : le vieux roi Charles VII au Théâtre de la Contrescarpe. Par un retour rétrospectif dans le temps,... Lire plus

Charles VII au Théâtre de la Contrescarpe
Une scène épurée s’ouvre au doux air d’une mandoline. De dos, un homme courbé sous le poids des années et du devoir : le vieux roi Charles VII au Théâtre de la Contrescarpe.

Par un retour rétrospectif dans le temps, c’est le drame personnel d’un homme durci par les responsabilités qui se joue devant les spectateurs. A l’origine, rien ne prédisposait en effet ce cadet de famille, maniant plus aisément les idées que l’épée, à recevoir un jour la couronne du royaume. Une enfance marquée par le traumatisme d’Azincourt, les deuils successifs, une vie hantée par le spectre de Jean sans Peur qu’il tue à seize ans sur le pont de Montereau… Dans l’adversité, la guerre, les querelles politiques et les trahisons, dans le fer et le sang, le roi obsédé par ses propres vulnérabilités apprend peu à peu, pour asseoir son autorité, à s’isoler de ceux qui avaient fait la joie et le succès de sa jeunesse ; le gai Tanneguy du Chastel, l’ardente Jeanne, la sage Yolande d’Aragon… La mort se charge de lui ravir l’étincelante Agnès Sorel.
 
Une pièce qui sait suggérer avec finesse l’agitation de ces années précaires et le trouble de ce roi, trop délaissé des cours d’Histoire. Les caractères sont rendus dans toute leur complexité, les moindres gestes ou intonations des acteurs sont pensés avec beaucoup de subtilité, le jeu des cinq acteurs est un véritable régal. Dans cette petite salle du théâtre de la Contrescarpe, point n’est besoin d’exagération ; les répliques semblent glissées au spectateur en toute confidentialité…

Henriette Casaubieilh

Fermer
Source Source
Logo Théâtre Passion

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

Un beau livre d’Histoire à feuilleter !

Charles VII l’homme qui ne voulait pas être roi, cultivé, plongé dans ses livres, fils de Charles VI le fol et père du futur Louis XI, ce n’est guère évident pour ce jeune homme que rien ne prédisposait à cette lourde tâche, en pleine guerre. A la fin de sa vie, Charles... Lire plus

Charles VII l’homme qui ne voulait pas être roi, cultivé, plongé dans ses livres, fils de Charles VI le fol et père du futur Louis XI, ce n’est guère évident pour ce jeune homme que rien ne prédisposait à cette lourde tâche, en pleine guerre.

A la fin de sa vie, Charles souffre, son médecin Adam Fumée tente de le soulager, il lui propose une boule de pavot… le vieux roi n’est pas dupe, il sait que le remède sera définitif… alors Charles VII lui propose un marché, et raconte son histoire.

Le jeune Charles, n’était pas promis au trône, il a deux frères ainés devant lui, mais le destin en a voulu autrement, et la mort des dauphins, le projette en pleine lumière, il a fort heureusement auprès de lui, un ami fidèle Tanguy du Chastel.

Il a du courage, de l’endurance et surtout ses lectures lui ont permis d’avoir un jugement juste sur la situation du pays, de la guerre, des ennemis. Reconquérir la couronne, ne pas laisser la France aux mains des Anglais, se battre contre les bourguignons, il s’imposera comme un grand stratège mais à quel prix !
Une jeune fille va l’aider, le soutenir, le convaincre, elle a du caractère et surprend par son audace et sa lumière, mais Jeanne devra affronter seule son destin. Et puis Jacques Cœur, qui enrichit certes le roi, mais se prend de larges « commissions », il aura le malheur de vouloir trop plaire à la belle Agnès Sorel, et sera jeté au cachot.

La belle Agnès, lance la mode (vêtements, produits de beauté !), elle sera le grand amour de Charles, elle aussi sera sacrifiée.
La mise en scène de Rémi Mazuel est dynamique, créative, Denis Souppe campe un valeureux Charles VII, arrogant, sûr de lui ou tendre, Leo Bastard est un fougueux Charles VII jeune et un bien rusé Louis XI, Anne-Victoire Armstrong a la lourde tâche d’incarner la pureté et la sensualité, elle réussit à convaincre dans les deux rôles, Sophie Taoc est une parfaite Yolande d’Aragon. Rémi Mazuel est médecin, Tanguy ainsi que Jacques Cœur le roué, « à Mazuel vaillant rien d’impossible ! »

Un beau livre d’Histoire à feuilleter, certes j’ai été un peu étonnée de la tenue d’Agnès, bien contemporaine pour le sujet, mais la mode et la beauté sont intemporelles !
Anne Delaleu

Fermer
Source Source
Logo Etat critique

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

Enrichissante et captivante, c’est une pièce à aller voir, à faire découvrir...

Le pouvoir isole Voilà un spectacle bien rodé, joué par une troupe investie, passionnée et qui emporte le spectateur dans les méandres des souvenirs et les turpitudes de la vie et du règne d’un roi méconnu, trop peu mentionné et qui aura pourtant fait pour la France plus que... Lire plus

Le pouvoir isole

Voilà un spectacle bien rodé, joué par une troupe investie, passionnée et qui emporte le spectateur dans les méandres des souvenirs et les turpitudes de la vie et du règne d’un roi méconnu, trop peu mentionné et qui aura pourtant fait pour la France plus que bien d’autre.

C’est sur le modèle de la « focalisation interne » qu’on découvre un homme au soir de sa vie, courbé par le poids des années et du devoir d’un rôle auquel il n’était nullement prédisposé mais qu’il acceptera tout de même de remplir… avec un brio qui échappera à beaucoup de ses successeurs pourtant davantage présents dans les mémoires et les livres d’histoire.

– ( CQFD !? ) je pourrais me lancer dans un truc sur la partialité et le manque d’objectivité de ceux qui sont responsables des programmes et manuels scolaires, mais cela n’a sans doute pas sa place ici –

Un peu suivant les traces de Marguerite Yourcenar dans ses « mémoires d’ Hadrien », Charles VII « le victorieux, le Bien Servi » raconte – comme Hadrien quelque douze siècles plus tôt – ce qui l’a mené à devenir ce qu’il était destiné à devenir : un grand monarque. Mais à quel prix ?

À la fois acteurs, spectateurs et narrateurs, Hadrien et Charles VII posent tous deux un regard calme et lucide sur la période historique durant laquelle ils ont eu la charge du pouvoir.

Éclairant sur sa vision psychologique, sur la noirceur de l’âme humaine, évoquant les différents acteurs ayant participé à la création de l’empire qu’il laissera à son successeur – un empire territorialement étendu mais politiquement affaibli – on découvre comment il se résigne petit-à-petit à être seul. Le pouvoir isole plus que nul autre devoir. Hadrien se livre à son scribe. Il lui raconte avoir perdu son « mignon », son amant, après neuf années de partage, d’amour et de confiance. Avec lui il avait découvert qu’à certain moments l’âme humaine peut être belle et magnifique. Dévasté par cette perte il y laissera un grande partie ce qu’il gardait comme capacité à voir le beau et à rêver.

On peut voir ici un parallèle avec ce qu’Alain Péron, l’auteur de la pièce, met en perspective au travers du décès de la Dame de Beauté, Agnès Sorel, morte en couches pour le plus grand désespoir du roi.

Passionné de lecture et de culture, Charles VII aurait sans doute préféré, s’il avait eu le choix, la vie d’un érudit à celle d’un roi guerrier au règne marqué par la guerre de cent ans et les instabilités politiques. Charles VII apportera de la cohérence à son royaume et veillera à la construction d’un pouvoir stable et ferme, souvent au détriment de ce qui lui aurait rendu la vie tolérable. Ainsi, il devra mettre de côté la sérénité, l’amour et l’amitié.

« Un roi n’a pas d’amis » 

La scène s’ouvre sur un décor où le metteur en scène – Rémi Mazuel, qui est aussi acteur dans la pièce – met habilement l’accent sur le noir. Il fait le choix de l’obscurité. Peut-être pour illustrer l’état d’esprit que l’on peut avoir lorsque l’on pose un regard sobre et objectif sur quarante ans d’un règne qui aura laissé nombre de cicatrices ? mais d’où la France sortira grandie, plus épanouie. Ou plus simplement lorsque l’on décide de s’observer en conscience ; certainement ce qu’il y a de plus compliqué et douloureux quand on le fait complètement, entièrement.

C’est sans doute ce qui importait le plus à Charles VII : la France qu’il laisserait derrière lui. On se rassure comme on peut… Le reste lui demeurait inaccessible, interdit.

La fin approche, il le sait. C’est à l’émissaire envoyé par son fils, le futur roi Louis XI, qu’il raconte les épisodes les plus marquants de son règne. 

On retrouvera dans les différentes portails ouverts son loyal Tanguy du Chastel (lui-même tel qu’il fut et deviendra), Jeanne (qui brûlera, abandonnée par les siens aux anglais en 1431) ou encore Agnès Sorel, son lumineux amour (c’est d’ailleurs sa robe flamboyante qui, avec la longue cape blanche irradiante de Tanguy, apporte les seules notes de couleur et de lumière sur scène). L’amour et l’amitié. (« un roi n’a pas d’ami ») lui seront enlevés. L’obscurité continue de prévaloir – Jacques Cœur le financier aux idées brillantes, Yolande d’Aragon belle-mère retorse et compliquée.

Ce qu’il y a de merveilleux, c’est que les comédiens – par l’harmonie de leur entente et leur façon d’habiter les personnages qu’ils incarnent – apportent la touche de lumière manquant volontairement au décor. Cohérence et cohésion sont les mots d’ordre au sein de cette troupe qui évolue – en symbiose et avec rythme – au travers de différents tableaux brossés qui s’enchaînent parfaitement dans une pièce où le texte, la mise en scène, l’enjeu de la compréhension de l’époque et du message sont parfaitement compris et interprétés par des acteurs qui nous font passer un délicieux moment. Enrichissante et captivante, c’est une pièce à aller voir, à faire découvrir et dont il serait bon de parler. Elle fait réfléchir, non seulement d’un point de vue historique (mais aussi et surtout sociologique et psychologique), sur la nature profonde de l’Homme et la solitude qui l’accompagne tout au long de sa vie, et ce quelle qu’en soit l’ampleur ou la magnificence.

Du plus illustre empereur au plus anonyme des êtres humains, quand vient la fin… on se retrouve seul et avec le temps va, tout s’en va… Alors vraiment…

Fermer
Source Source
Logo La Théâtrothèque

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

Cette pièce est une réussite évidente !

Plié sous le poids des années et des devoirs : le vieux roi Charles VII nous dévoile sa vie au Théâtre de la Contrescarpe. Une enfance marquée par le traumatisme d'Azincourt, la succession de ceux qui ont perdu la vie, la ligne de sa main hantée par le fantôme de Jean sans Peur, qu'il tua... Lire plus

Plié sous le poids des années et des devoirs : le vieux roi Charles VII nous dévoile sa vie au Théâtre de la Contrescarpe.
Une enfance marquée par le traumatisme d'Azincourt, la succession de ceux qui ont perdu la vie, la ligne de sa main hantée par le fantôme de Jean sans Peur, qu'il tua à seize ans sur le pont de Montereau... Dans l'adversité, la guerre, les querelles politiques et les trahisons, le fer, le sang, le roi est hanté par ses propres vulnérabilités et apprend peu à peu, à asseoir son pouvoir, à s'isoler de ceux qui l'ont rendu heureux et prospère dans sa jeunesse.

Trente-neuf ans de règne : plus que la présence au pouvoir de tous les présidents de la Ve République réunis, de Charles de Gaulle à François Mitterrand ; Le règne de Charles VII s'est façonné autour de notre histoire.
On a vu la victoire succéder au désastre, l'unité nationale après la guerre civile, la monarchie centralisée puis l'anarchie féodale, les armées professionnelles succéder aux écorcheurs, l'ordre financier succéder au brigandage, la prospérité après la famine, les premières indulgences de la Renaissance à la dureté du Moyen Âge. L'héritier douteux, affaibli et souffrant du Roi Fou est considéré comme le dernier au sommet du pouvoir et de la gloire.
De 1422 à 1461, Charles VII régna respectivement sur une France déchirée par la guerre, occupée aux trois quarts, exsangue, puis sur l'État le plus fort et le plus unifié d'Europe.

Bien sûr, il y a le miracle politique, psychologique, et spirituel de Jeanne d'Arc et ses épopées. Mais le spectateur penché sur ce siècle, débordant de figures emblématiques et de vérité comme une tapisserie animée, sort littéralement envouté par l'énergie et le talent des comédiens .

Ce roi est tout à la foi l'homme de l'échec et celui des apothéoses. Nous avons là un panorama exhaustif de l'histoire de la vie du roi Charles VII jouée admirablement par Denis SOUPPE, Leo BASTARD, Anne-Victoire ARMSTRONG, Sophie TAOC et Rémi MAZUEL. Et pour renforcer cette talentueuse distribution, on découvre la personnalité d'un roi, analysée en détails par lui-même, par l'auteur de la pièce et par notre regard de spectateur envouté par cette mise en scène remarquable de Rémi MAZUEL.

Cette pièce est une réussite évidente car elle montre - avec une précision horlogère dans un temps scénique relativement court pour y loger la vie de ce monarque - que ce roi sera capable de surmonter les infortunes d'une enfance dominée par le malheur, de compter sur l'aide indispensable de femmes d'exception - Yolande d'Aragon, Jeanne d'Arc, Agnès Sorel - jouées admirablement dans cette pièce et de s'entourer d'une cohorte de serviteurs mus par une cause exceptionnelle : la formation d'une patrie.

La salle entière se penche envoutée par des comédiens passionnés sur ce siècle, débordant d'hommes et de faits à la manière d'une tapisserie de l'époque avec au premier plan l'auréole de la Pucelle et les flammes de son bûcher.

Dès lors on s'aperçoit vite avec le roi que l'épopée de la vierge lorraine n'est que la plus extraordinaire des « merveilles advenues en ce temps ».

La douloureuse préparation de l'événement, le labeur d'un quart de siècle grâce auquel en furent obtenus des fruits inespérés sont eux-mêmes des prodiges.

Le roi Charles VII était un homme de faiblesse et un homme de mort qui nous apparaît là conforme à ce que l'histoire nous en raconte .

Cette pièce évoque habilement les turbulences des années incertaines et troublées, d'un roi, insuffisamment étudiées dans les programmes d'histoire, car n'oublions pas que l'Histoire avec un grand «H» dans laquelle la vie de ce monarque nous replonge, devrait être comme le théâtre, un remède à la faculté d'oublier la déraison de la guerre : sujet d'actualité aux portes de l'Europe.

Fermer
Source Source
logo La galerie du spectacle

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

L’Histoire ainsi revisitée est réincarnée de manière vivante et juste !

« L’incroyable destin de Charles VII ». Le sous-titre résumé bien la pièce et la vie d’un roi méconnu, grand oublié de l’Histoire malgré ses quarante ans de règne et son rôle joué pendant la Guerre de Cent ans. On est loin du fabuleux destin d’un... Lire plus

« L’incroyable destin de Charles VII ». Le sous-titre résumé bien la pièce et la vie d’un roi méconnu, grand oublié de l’Histoire malgré ses quarante ans de règne et son rôle joué pendant la Guerre de Cent ans. On est loin du fabuleux destin d’un roi, souverain maudit et mal-aimé, comme Napoléon III, autre figure historique maltraitée par la mémoire collective. Un travail de reconstitution historique et de réhabilitation pour exhumer une pâle ou plutôt une sombre figure des manuels d’histoire, afin de lui donner un corps, une âme et peut-être un cœur. Quel paradoxal destin que celui qui n’était pas destiné à régner et qui aurait préféré rester éloigné du pouvoir pour se consacrer à d’autres passions…
Le personnage du roi se dédouble sur scène, spectateur, commentateur, voire metteur en scène de sa propre vie, au crépuscule de son existence, entre l’homme accablé par la maladie et la vieillesse et le jeune homme plein de rêves, de fougue et d’espérance qui évolue au fil des années. Le clair-obscur dans lequel baigne une grande partie de la pièce – à l’image de ce personnage de l’ombre – est propice à la méditation et aux complots. L’espace et le temps se concentrent dans cette succession d’épisodes et de personnages historiques célèbres (Yolande d’Aragon, Jeanne d’Arc, Agnès Sorel, Jacques Cœur, Louis XI), comme autant d’images d’Épinal revivifiées, entre intrigues, bataille, duel, guerre, confrontations, avec un rythme soutenu et un suspense sans cesse renouvelé.
Toutes les facettes des relations humaines sont explorées, de l’enfance à la vieillesse, en passant par la maturité lucide et amère d’un être qui veut maîtriser son destin et servir/sauver la France, malgré lui, malgré elle, envers et contre tous : relations filiales, amitié, amour, rivalité, reconnaissance, trahison. Le décor est minimaliste et sobre, les comédiens peu nombreux (jouant plusieurs rôles, comme celle qui passe de Jeanne d’Arc, incandescente et exaltée, à la flamboyante Agnès Sorel), avec une palette d’émotions et de nuances. L’Histoire ainsi revisitée est réincarnée de manière vivante et juste. Charles VII, âme torturée et complexe, restera désormais dans la mémoire du public.

Fermer
Source Source
Logo Publikart

J'ai sauvé la France ! L'incroyable destin de Charles VII

C’est un pur plaisir d’assister à cette pièce ! Un spectacle à ne pas manquer !

Une fameuse pièce historique à découvrir avec Charles VII J’ai sauvé la France au Théâtre de la Contrescarpe Dans l’imaginaire collectif, le roi Charles VII est perçu comme un roi pleutre et faiblard sauvé par l’intermission d’une Jeanne d’Arc miraculeuse.... Lire plus

Une fameuse pièce historique à découvrir avec Charles VII J’ai sauvé la France au Théâtre de la Contrescarpe

Dans l’imaginaire collectif, le roi Charles VII est perçu comme un roi pleutre et faiblard sauvé par l’intermission d’une Jeanne d’Arc miraculeuse. Son rôle dans l’issue favorable de la guerre de 100 ans serait avant tout secondaire, voire anecdotique. L’auteur Alain Peron remet les choses à leur place et le metteur en scène Rémi Mazuel donne du dynamisme et de la profondeur à une pièce où les comédiens et les comédiennes multiplient les rôles dans un ballet savamment orchestré. Le moment de théâtre passe dans un souffle avec ce récit enlevé d’une page centrale de l’histoire de France à découvrir jusqu’au 21 juin au Théâtre de la Contrescarpe.

Histoire et anecdotes

Les 40 ans de règne de Charles VII n’ont pas du tout été une sinécure. Fils de Charles VI le fou, cadet avec 2 frères plus âgés, rien ne le prédestinait à la fonction suprême. Délaissé, il s’est plongé dans les livres, gagnant en esprit ce qu’il évitait dans la vraie vie. Oui mais voilà, le décès de ses frères l’a fait dauphin alors que la guerre des 100 ans faisait rage et qu’anglais et bourguignons faisaient planer une menace bien tangible sur les restes du royaume de France. La providence lui envoya une jeune bergère lorraine décrite comme légèrement illuminée, d’abord source de motivation pour des troupes qui prirent Orléans sans coup férir avant d’être abandonnée par son souverain (vendue?). Les pages historiques se succèdent, enchainant les présences retentissantes du grand argentier Jacques Cœur et de la divine maitresse Agnès Sorel. Si vous pensez que le niveau de Game of Thrones est bien supérieur à celui de la vraie histoire, vous vous trompez lourdement comme le prouve bien cette pièce. L’histoire de Charles VII mélange drame et amour, trahison et raison d’état, perfidie et bons mots. Et comme la troupe est aussi investie que convaincante, les effets sont d’autant plus démultipliés. Un Charles VII âgé fait figure de narrateur, alternant avec sa vision plus jeune dans une fluidité totale. Denis Souppe, Leo Bastard, Anne-Victoire Armstrong, Sophie Taoc et Rémi Mazuel interagissent avec maestria, les spectateurs comprennent vite que les automatismes ont été depuis longtemps digérés pour laisser place à la passion du jeu. L’histoire le permet, alternant entre grandes pages connues et petites histoires moins renommées. Et c’est un pur plaisir d’assister à cette pièce ! Tout y est, l’émotion, la félonie, la loyauté, Charles VII a jeté les bases d’ambitions monarchiques que ses suiveurs Louis XI, François 1er et Louis XIV notamment ont porté toujours plus haut.

La pièce Charles VII j’ai sauvé la France est une plongée passionnante dans l’histoire de France, digne des plus grandes aventures télévisuelles. Le terreau est bon, l’auteur et le metteur en scène en ont tiré le meilleur pour un spectacle à ne pas manquer au Théâtre de la Contrescarpe les mardis et dimanches jusqu’au 21 juin.

 

Fermer
Source Source

L’Allée des Rois

On est pris par le rythme effréné ! La comédienne est excellente !

Cette allée est une voie d’accès à l’océan à marée basse. Elle incite une jeune fille à exprimer totalement ses besoins et souhaits.
Ses propos sont un mélange de poésie et de désir de vengeance de deux viols subis. Les mots sont parfois crus, violents, mais elle... Lire plus

Cette allée est une voie d’accès à l’océan à marée basse. Elle incite une jeune fille à exprimer totalement ses besoins et souhaits.
Ses propos sont un mélange de poésie et de désir de vengeance de deux viols subis. Les mots sont parfois crus, violents, mais elle parle aussi avec amour à son bébé qui ne verra pas le jour.


On est pris par le rythme effréné et la volonté farouche d’atteindre son but.
 La comédienne est excellente.
 Le texte, la mise en scène et la musique sont d’Irène Legouix.
 Cette pièce a été nommée dans la catégorie « Meilleure Auteure » pour le prix « Jacques 2020 ».
Un livre est sorti aux « Editions M’Amuse ».

Fermer
Source Source

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Un duo remarquable !

Le journaliste Louis-Sébastien Mercier, un révolutionnaire « pacifique », se retrouve en prison, pris dans la tourmente de la Terreur instaurée par Robespierre. Il y rencontre une détenue et échange avec elle de nombreuses confidences sur la situation actuelle. Lorsque Mercier... Lire plus

Le journaliste Louis-Sébastien Mercier, un révolutionnaire « pacifique », se retrouve en prison, pris dans la tourmente de la Terreur instaurée par Robespierre. Il y rencontre une détenue et échange avec elle de nombreuses confidences sur la situation actuelle. Lorsque Mercier découvre la véritable identité de cette femme, qui se trouve être la Princesse de Monaco, se sentant trahi, il entre dans une colère noire. Mais peu à peu la jeune femme va l’amadouer, le convaincre de sa bonne foi, de son innocence et de l’injustice de sa probable condamnation à mort. Elle espère que le journaliste pourra intercéder en sa faveur. Alors que les révolutionnaires sont entraînés dans un maelström politique, auront-ils un geste d’humanité ?

 

La pièce d’Alain Pastor, mise en scène par Pascal Vitiello, est servie par Séverine Cojannot et Patrick Courtois qui forment un duo remarquable.

Fermer
Source Source

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Une princesse qui doit être considérée (...) comme une véritable héroïne.

La rencontre d’un révolutionnaire et d’une princesse de Monaco. Paris, juillet 1794, sous la Terreur Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, devenue princesse de Monaco par mariage, est emprisonnée depuis plusieurs mois. Elle attend sa comparution devant le... Lire plus

La rencontre d’un révolutionnaire et d’une princesse de Monaco.
Paris, juillet 1794, sous la Terreur
Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, devenue princesse de Monaco par mariage, est emprisonnée depuis plusieurs mois. Elle attend sa comparution devant le Tribunal révolutionnaire qui pourrait la conduire à l’échafaud. L’entrée soudaine, dans sa cellule, de l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, qui avait rêvé à une Révolution « la plus pacifique et heureuse », est-elle le signe qu’il lui serait possible d’échapper à ce cruel destin ? D’autant que dans l’ombre se trame une conjuration contre Robespierre, suspecté d’aspirer à la dictature.
 Une rencontre improbable dans un contexte historique tragique…

 

«J’ai toujours été ému par le destin tragique de
 Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, devenue 
princesse de Monaco par mariage…
C’est bien à elle que j’ai voulu rendre hommage ; dans 
une période tourmentée, faite de bruit et de fureur.
 Une princesse qui doit être considérée, par son
 élégance et sa dignité, comme une véritable héroïne.»
Alain Pastor, auteur de la pièce

Fermer
Source Source
Théâtre & Co

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Une création remarquable qui nous transpose au cœur de la sombre période révolutionnaire

Théâtre de la Contrescarpe : Le Rêve de Mercier       Le Rêve de Mercier est une pièce originale d’Alain Pastor, présentée dans une mise en scène vibrante de Pascal Vitiello au Théâtre Princesse Grâce de Monaco fin novembre 2021, reprise... Lire plus

Théâtre de la Contrescarpe : Le Rêve de Mercier
      Le Rêve de Mercier est une pièce originale d’Alain Pastor, présentée dans une mise en scène vibrante de Pascal Vitiello au Théâtre Princesse Grâce de Monaco fin novembre 2021, reprise au Théâtre de la Contrescarpe début janvier 2022. Touché par le sort tragique de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville (1766-1794), Alain Pastor rend un magnifique hommage à cette princesse monégasque frappée de plein de fouet par la Terreur débordante et dévorante, semée par Robespierre et ses complices.
      Dans Le Rêve de Mercier, Alain Pastor évoque l’envers de la noire période de la Révolution française, qui a été autrefois farouchement idéalisée mais que l’on considère aujourd’hui avec une plus grande lucidité. Il en propose une analyse perspicace à travers une confrontation émouvante de deux figures historiques réunies à la faveur d’une rencontre inopinée, entièrement fictive : la princesse Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, emprisonnée à la suite de plusieurs dénonciations complaisantes, et l’écrivain Louis-Sébastien Mercier (1740-1814), qui lui aussi se retrouve en prison à cause de son opposition critique à la clique menée par Robespierre.
Alain Pastor s’intéresse de plus près au sort de la princesse dont il retrace l’histoire avec sensibilité : Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville se trouve en effet dans la dernière charrette envoyée place de la Nation, peu après la chute de Robespierre, pour y être exécutée à l’âge de 27 ans le 27 juillet 1794. La princesse compte ainsi parmi ces innombrables victimes éliminées par un régime révolutionnaire grâce à des procès montés sans pitié, sans pièces à conviction et à l’aide de témoins louches, en raison d’une condition sociale favorable. Mais Le Rêve de Mercier se présente tout d’abord comme une mise en débat virulente des événements historiques les plus emblématiques qui affectent directement les deux prisonniers amenés sur scène. La figure de l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, qui, par le truchement de la rencontre fictive avec la princesse, est susceptible de rapporter les derniers moments de sa vie, donne à cet échange dramatique ses lettres de noblesse ainsi qu’une émotion troublante stimulée par la déception de la Révolution basculée dans un excès de violence et par le désir de vivre en paix.

Le Rêve de Mercier mêle de manière originale le temps dramatique et le temps épique dans une perspective dialectique extrêmement subtile : de facture dramatique au sens classique du terme, l’action déroulée dans la cellule de Françoise-Thérèse au cours d’une seule journée, celle qui précède sa sortie de prison et son procès expédié en quelques dizaines de minutes, est en effet rattrapée par le récit de ce procès et de son exécution pour s’inscrire pleinement dans un temps historique. Les moments les plus importants de la vie de la princesse sont certes évoqués dans le débat avec Louis-Sébastien Mercier, dès lors que celui-ci découvre avec étonnement sa condition princière, et lui servent souvent même d’arguments pour se défendre contre les accusations soulevées par l’écrivain, mais l’écoulement du temps historique n’est introduit dans l’action qu’in extremis à travers une série de séquences narratives poignantes qui se succèdent rapidement au dénouement. Cette résolution frappante confère à l’attente angoissée de Françoise-Thérèse une dimension tragique au sens moderne du terme : la princesse, qui aurait pu échapper à son exécution, semble soudain balayée par un inéluctable concours de circonstances et ce, malgré les propos rassurants de l’écrivain vivement touché dans son humanité malgré les divergences politiques qui les opposent.
La scénographie et le travail de mise en scène jouent finement avec la tension tragique obtenue grâce à la dialectique du temps inscrite dans l’action. Une petite fenêtre en bois suspendue sur un fond noir côté jardin nous transporte dans la prétendue cellule de Françoise-Thérèse plongée dans la pénombre. L’austérité de ce type de lieu réputé pour son insalubrité jure avec l’élégance d’un fauteuil Louis XVI flanqué d’une jolie petite table basse claire et d’un paravent blanc, mais aussi avec une magnifique robe à paniers orange portée par la prisonnière. Une table à écrire et une chaise en bois, placées côté cour, contrastent avec ces éléments pittoresques dont la fonction manifeste est ici de signifier le XVIIIe siècle. Tous ces éléments de décor n’ont en fin de compte qu’un rôle symbolique : évoquer un lieu d’emprisonnement et une époque historique avec cette imprécision spatio-temporelle qui situe l’action déroulée dans une réalité scénique concrète métamorphosée, comme par enchantement, en une vision fabuleuse qui s’impose à notre regard avec une plus grande force que ne l’aurait fait une scénographie naturaliste. Le spectateur a ainsi l’impression que la confrontation entre Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville et Louis-Sébastien Mercier gagne en authenticité au mépris du caractère fictif de cette rencontre forgée dans l’esprit du dramaturge. Débarrassée du superflu d’un ancrage matériel artificiel, le sort tragique de la princesse se profile dans un saisissant clair-obscur qui nous transpose dans l’intimité bouleversante de cette prisonnière tenue dans l’attente de sa comparution fatale devant le Tribunal révolutionnaire.
L’action scénique, quant à elle, tient à la mise en espace d’un échange animé entre les deux protagonistes qui ne laissent d’abord rien présager sur le sort tragique de la princesse. Le spectateur trouve Séverine Cojannot, qui l’incarne avec une élégance épatante, assise dans le fauteuil du fond en train de coudre : Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville se fait surprendre par l’entrée de Louis-Sébastien Mercier qui l’entraîne malgré elle dans une polémique intéressée sur la Révolution, écrivain dont elle n’aurait jamais entendu parler. C’est Patrick Courtois qui s’empare de ce rôle avec la véhémence d’un homme politique acquis aux idées révolutionnaires d’égalité et de justice sociale. Les deux comédiens créent des personnages contrastés que tout semble opposer à l’exception notable de leur désir de retrouver leurs familles.
Patrick Courtois donne à l’écrivain une attitude énergique et passionnée qui correspond certes à ses convictions politiques, mais la fébrilité lisible dans des gestes et mouvements agiles traduit aussi bien sa profonde inquiétude pour sa propre vie que son violent désir de paix et la sympathie éprouvée pour la princesse. Les entrées et les sorties de Mercier relancent l’action tout en stimulant l’inquiétude grandissante de Françoise-Thérèse. Séverine Cojannot l’interprète cependant avec une attitude altière en accord avec les représentations de la morgue aristocratique : un maintien parfait, les bras appuyés contre les paniers, un parler lent et une articulation distinguée, des mouvements et des gestes réfléchis, tout montre que ce personnage est issu de la haute noblesse, avant même que son identité ne soit explicitement révélée. Séverine Cojannot garde cette même attitude tout au long de l’action en la nuançant par un certain trouble à peine maîtrisé qui montre en sourdine la souffrance de la princesse séparée de ses enfants et de son pays d’adoption. A travers ces deux postures diamétralement opposées, les deux personnages paraissent ainsi en proie à une inquiétude existentielle commune tout en émouvant avec délicatesse les spectateurs présents dans la salle.
A l’affiche au Théâtre de la Contrescarpe, Le Rêve de Mercier d’Alain Pastor est une création remarquable qui nous transpose au cœur de la sombre période révolutionnaire. Elle dresse des portraits poignants de deux figures historiques qui interrogent avec acuité notre rapport à ces événements tristement célèbres et à l’origine de notre démocratie tout en posant la question du devenir de l’homme confronté à la violence et à la manipulation. Les deux comédiens nous rassurent cependant que le sentiment d’humanité ne cesse de renaître même à ces moments sans espoir où tout semble perdu.

Fermer
Source Source
Sorties à Paris logo

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Un moment de bonheur à partager sans retenue !

"On assite à la rencontre improbable et cependant magique d’une jeune aristocrate, Thérèse de Choiseul, devenue princesse de Monaco par mariage et de l’écrivain Louis-Sébastien Mercier qui arrive par erreur dans sa cellule. Tous deux sont emprisonnés et attendent, l’une son... Lire plus

"On assite à la rencontre improbable et cependant magique d’une jeune aristocrate, Thérèse de Choiseul, devenue princesse de Monaco par mariage et de l’écrivain Louis-Sébastien Mercier qui arrive par erreur dans sa cellule. Tous deux sont emprisonnés et attendent, l’une son procès, l’autre son transfert dans un autre établissement.
Démarre alors entre ces deux personnalités authentiques et sincères un dialogue poignant aux joutes oratoires sublimes, parfois complices et souvent rudes… C’est qu’entre la belle jeune femme noble et l’écrivain rêvant d’une révolution « la plus pacifique et heureuse » possible, le décalage social et culturel est patent voire douloureux.
Mais ces êtres dignes et habités de riches convictions vont se comprendre et vouloir s’aider, se protéger… La dernière partie nous fait vivre un suspens intense : Robespierre tombe et Thérèse, condamnée à la peine capitale, va-t-elle dans sa charrette et au tout dernier moment, échapper à l’échafaud ?
A souligner le très grand talent d’Alain Pastor, auteur de ce texte magnifique aux dialogues percutants. Quant aux deux comédiens, ils sont aussi convaincants que charismatiques. Un moment de bonheur à partager sans retenue !"

Fermer
Source Source
Lhistoire

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Du sort de Robespierre (...) va dépendre le leur...

Les prisonniers de Thermidor Une pièce d’Alain Pastor met en scène la rencontre improbable d’un écrivain et d’une princesse pendant la Révolution. Un homme et une femme se font face dans une prison parisienne en juillet 1794. Louis-Sébastien Mercier est un écrivain connu,... Lire plus

Les prisonniers de Thermidor
Une pièce d’Alain Pastor met en scène la rencontre improbable d’un écrivain et d’une princesse pendant la Révolution.
Un homme et une femme se font face dans une prison parisienne en juillet 1794. Louis-Sébastien Mercier est un écrivain connu, député modéré à la Convention, emprisonné après avoir critiqué les méthodes des Montagnards. Il a rencontré un certain succès avec ses pièces et surtout une uchronie parue en 1771 et interdite en France, L’An 2440, où il expose des thèses hardies : il préconise notamment une société où les mérites personnels l’emporteraient sur les privilèges héréditaires. Son Tableau de Paris (12 volumes parus entre 1781 et 1788) a suscité beaucoup d’intérêt à l’étranger.
Thérèse-Françoise de Choiseul-Stainville, nièce d’un ministre de Louis XVI, est princesse depuis son mariage avec Joseph de Monaco. Détenue pour conspiration, la toute jeune femme attend de comparaître devant le tribunal révolutionnaire.
Elle ne connaît pas Mercier, qui en est légèrement vexé, elle lit Racine, que Mercier exècre, mais ils se retrouvent dans leur aspiration commune à retrouver leurs filles et la légèreté d’une existence paisible. A travers leurs confidences et les rumeurs venues de l’extérieur se dévoile un peu de l’atmosphère lourde de thermidor an II, l’espoir d’un transfert, la peur des délateurs, les rivalités des gouvernants.
Du sort de Robespierre, encore tout-puissant pour quelques heures, va dépendre le leur : la charrette vers la guillotine de la place du Trône renversé ou la libération.
Huguette Meunier

Fermer
Source Source
Logo Point de Vue

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Face-à-face émouvant...

L’écrivain monégasque Alain Pastor a imaginé le face-à-face émouvant entre une jeune aristocrate française devenue princesse de Monaco et un écrivain, tous deux emprisonnés pendant la Terreur. PAR ANNE-CÉCILE HUPRELLE   Séverine Cojannot est... Lire plus

L’écrivain monégasque Alain Pastor a imaginé
le face-à-face émouvant entre une jeune
aristocrate française devenue princesse de
Monaco et un écrivain, tous deux emprisonnés
pendant la Terreur. PAR ANNE-CÉCILE HUPRELLE

 

Séverine Cojannot est Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, princesse de Monaco, face à l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, interprété par Patrick Courtois. L’auteur monégasque Alain Pastor, officier de l’ordre de Saint-Charles et officier de l’ordre du Mérite culturel en principauté.

C’est un fil, souvent tendu, parfois délicat, entre deux personnages au même destin tragique mais que tout oppose. Paris, juillet 1794. Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, nièce du ministre du roi Louis XV, devenue princesse de Monaco après avoir épousé Joseph Grimaldi, est détenue depuis plusieurs mois. Elle attend sa condamnation devant le Tribunal révolutionnaire. Et peut-être l’échafaud. Une arrivée inopportune rompt un moment sa grande solitude : Louis-Sébastien Mercier est écrivain. Le dramaturge, témoin privilégié de cette époque, auteur d’un étonnant roman d’anticipation, L’An 2440, rêvait jusqu’ici d’une révolution « pacifique et heureuse ». Toutes les circonstances lui prouvent le contraire. Un gouvernement révolutionnaire, centré sur le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale, a été mis en place. Issu de la Convention nationale, il se donne pour mission de mater les révoltes et insurrections.

 

Dans Le Rêve de Mercier, l’auteur monégasque Alain Pastor met en lumière le ressort psychologique de cette époque : « J’ai lu quantité d’ouvrages sur la Révolution. J’avais besoin de connaître ces années-là. Et au-delà du déroulé chronologique, il était nécessaire que je comprenne les causes psychiques de ce que l’on appelle aujourd’hui la Terreur. » En découlent une rencontre et un dialogue romancés entre deux personnages historiques. « Cela faisait quelques années déjà que je souhaitais travailler autour de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, il fallait que je trouve un autre personnage pour créer une confrontation théâtrale. » Louis-Sébastien Mercier sera ce pivot permettant de créer une dramaturgie toute particulière à cette pièce. Alain Pastor lit ses écrits durant des mois, s’imprégnant de son univers, de sa façon de composer les mots et de décomposer les certitudes : « Mercier est intéressant car il est acquis aux idéaux révolutionnaires, mais il est lui-même victime des contradictions et excès de son époque. Cet aspect m’intéressait pour montrer qu’à un moment donné, une folie générale s’est emparée de la France. » Ce duel théâtral, qui tourne parfois au duo, inspire une certaine empathie. Alain Pastor assume la bienveillance qu’il a conférée à ces personnages : « Mercier est profondément humain, il est impétueux et plein de contradictions, parfois ridicule… par exemple, il estimait que Racine et Corneille étaient des auteurs mineurs. » Cette humanité, l’auteur de théâtre voulait qu’elle fasse écho à celle de Françoise- Thérèse de Choiseul-Stainville « J’ai souhaité faire réagir cette femme dans toute sa sincérité, en sa qualité de femme, de mère et de princesse, elle ne renie pas son appartenance à l’aristocratie. Elle est même digne de son rang. » Avant les représentations parisiennes, la pièce Le Rêve de Mercier a été proposée pour la première fois à Monaco, le 30 novembre dernier, devant la princesse Caroline de Hanovre et les descendants de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville : « Ce fut très émouvant, se souvient Alain Pastor, d’autant plus que le sort de cette princesse moderne est doublement tragique. Victime malheureuse de la Révolution, elle a fait partie de la dernière charrette des guillotinés.» À vingt-quatre heures près, la princesse, qui n’avait pas 28 ans, aurait pu être sauvée.

 

NOSTALGIE MONÉGASQUE Le Rêve de Mercier nous rappelle que la Principauté était un État bien plus vaste au XVIIIe siècle. Étendu entre Menton et Roquebrune, Monaco bénéficiait de la protection de la France jusqu’à l’époque de Louis XIV. Le prince Honoré III avait déclaré la neutralité de la Principauté pour se tenir à l’écart des conflits entre les puissances européennes. La Révolution française va précipiter la disparition temporaire de l’État monégasque. Début 1793, ce dernier est rattaché à la France sous le nom de Fort-Hercule, sous-préfecture du département des Alpes-Maritimes. De 1793 jusqu’au traité de Paris du 30 mai 1814, Monaco n’existera plus en tant que principauté. C’est après la chute de Napoléon Ier que les Grimaldi retrouveront la pleine possession de leur État.

Fermer
Patrimoine de France

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Un véritable challenge pour les comédiens !

À l'ombre de la guillotine, une histoire vraie sous la Révolution Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, devenue princesse de Monaco par mariage, est emprisonnée depuis plusieurs mois avec la peur d'être conduite à l’échafaud.... Lire plus

À l'ombre de la guillotine, une histoire vraie sous la Révolution
Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, devenue princesse de Monaco par mariage, est emprisonnée depuis plusieurs mois avec la peur d'être conduite à l’échafaud.

Quel sera leur destin ? 
Dans l'attente de sa comparution devant le Tribunal révolutionnaire, elle fait la connaissance de l’écrivain Louis-Sébastien Mercier. Son nouveau compagnon de cellule avait rêvé d'une Révolution « la plus pacifique et heureuse ».

Inspirée d'une histoire vraie, le Rêve de Mercier nous plonge à l'heure de la Fin de la Terreur en juillet 1794.
La Révolution a produit le pire alors que certains en attendaient le meilleur, un rêve poursuivi par Mercier qui fait une rencontre inattendue. Alors comment faire vivre une période si trouble ? C'est le pari dans lequel s'est engagé l'auteur Alain Pastor.

Un véritable challenge pour les comédiens durant cette tragédie qui se tient à huis clos. "Le sujet est captivant mais dense, les comédiens ont assuré ! nous décrit Vincent, entre un idéaliste qui refuse la réalité qui se déroule tragiquement sous ses yeux et la jeune noble, maintenue dans sa position par son éducation, qui pour rien au monde ne veut changer l'ordre établi, les dialogues sont percutants". 

Un véritable choc des cultures qui reste toujours d'actualité, un échange durant lequel les acteurs nous incitent à la réflexion. Pour un monde meilleur ? La question est bien encore d'actualité
Vous en jugerez par vous-même, c'est à voir au Théâtre de la Contrescarpe jusqu'à la fin mars.

Fermer
Source Source
Logo Point de Vue

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Le prince souverain Albert II de Monaco était à Paris pour assister à une représentation !

Albert II de Monaco Un rendez-vous sur scène Le prince souverain était à Paris pour assister à une représentation de la pièce Le Rêve de Mercier d’Alain Pastor. Il nous a donné son sentiment sur ce spectacle retraçant le destin de Françoise-Thérèse de... Lire plus

Albert II de Monaco
Un rendez-vous sur scène
Le prince souverain était à Paris pour assister à une représentation de la pièce Le Rêve de Mercier d’Alain Pastor. Il nous a donné son sentiment sur ce spectacle retraçant le destin de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, devenue princesse de Monaco. PAR EMMANUEL CIRODDE

Ce jeudi 24 février, l ’effervescence était grande aux abords du charmant théâtre de la Contrescarpe au cœur de Paris.
Parmi les spectateurs s’apprêtant à voir le très beau spectacle Le Rêve de Mercier d’Alain Pastor avec Séverine Cojannot et Patrick Courtois, mis en scène par Pascal Vitiello, nous reconnaissions plusieurs membres de l’entourage du prince Albert II.

Et pour cause, celui-ci ne tardait pas à apparaître à son tour pour prendre place au balcon afin de découvrir ce dialogue imaginaire entre l’écrivain Louis-Sébastien Mercier et la princesse Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, épouse du prince Joseph Grimaldi, qui fut guillotinée en 1794 (PDV n°3835). À l’issue de la représentation très applaudie, le prince est monté sur scène pour féliciter acteurs et auteurs. « J’ai été très heureux de découvrir cette pièce, nous a-t-il confié. Je remercie et félicite Alain Pastor pour ce travail servi par de très beaux comédiens. Lorsqu’il m’a dit qu’il allait écrire une pièce sur cet épisode tragique de la Révolution qui a touché la Principauté, je l’ai bien sûr encouragé. Son texte met en lumière la personnalité de cette jeune femme courageuse, qui n’a pas cherché à se soustraire à son destin. Elle a fait partie de la dernière charrette. Cette jeune mère de famille, même si elle était princesse, n’aurait jamais dû être condamnée. »

Fermer
Télécharger l’article
Logo Théâtre Passion

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Un moment délicat de théâtre !

La Révolution française, une grande idée de liberté, fraternité, d’égalité, voilà le rêve des Français et de Louis-Sébastien Mercier écrivain (que je ne connaissais pas !) et révolutionnaire, en revanche si on vous dit Grimaldi Monaco, vous... Lire plus

La Révolution française, une grande idée de liberté, fraternité, d’égalité, voilà le rêve des Français et de Louis-Sébastien Mercier écrivain (que je ne connaissais pas !) et révolutionnaire, en revanche si on vous dit Grimaldi Monaco, vous connaissez mieux, et voilà donc la triste histoire de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, épouse Grimaldi, princesse de Monaco.

Nous sommes donc le 7 thermidor 1794, Mercier se retrouve dans la cellule d’une charmante jeune femme, ils ne se connaissent pas, mais dans le malheur on oublie vite les convenances, et ils sympathisent très vite, la jeune femme est mariée, elle a deux filles, Mercier a lui aussi deux filles. Elle ne dévoile pas son identité, lui est fier de se présenter, il est écrivain, ardemment républicain, mais toute cette violence, ces hommes et ces femmes que l’on envoie à l’échafaud, trop de sang, trop de délation, oui le peuple aspire à la paix et la réconciliation, mais c’est sans compter avec le Tribunal de Fouquier-Tinville.
Une princesse ? oui mais elle pensait être épargnée par son statut de princesse étrangère, hélas Monaco s’est ralliée à la république française, et voilà Thérèse de nouveau française, elle pressent bien ce qui va lui arriver…alors elle fait croire lors de son procès qu’elle est enceinte, au moins elle gagne une journée pour se préparer et surtout donner un souvenir à ces chères filles.
L’histoire vraie de cette jeune femme, qui n’aspirait qu’à être heureuse de vivre avec son mari et ses enfants, moins connue que Marie-Antoinette, elle n’aura pas vécu longtemps pour laisser une trace dans la grande Histoire.
Mais voilà pour les passionnés d’Histoire, et les autres, une pièce bien écrite, intéressante et jouée avec beaucoup de finesse par Séverine Cojannot et Patrick Courtois qui apporte truculence et humanité.

Pascal Vitiello a su éviter le pathos pour nous offrir un moment délicat de théâtre, sur un très beau texte d’Alain Pastor.

Anne Delaleu

Fermer
Source Source

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Une pièce audacieuse qui fait voir la Révolution française et les enjeux de pouvoir d’un autre regard.

Pendant la Révolution, des personnes très différentes peuvent se retrouver dans la même geôle. Des rencontres singulières qui peuvent marquer l’Histoire. Que diriez-vous d’aller au cœ ur de cet univers carcéral? L’écrivain Louis-Sébastien Mercier proteste de... Lire plus

Pendant la Révolution, des personnes très différentes peuvent se retrouver dans la même geôle. Des rencontres singulières qui peuvent marquer l’Histoire. Que diriez-vous d’aller au cœ ur de cet univers carcéral?

L’écrivain Louis-Sébastien Mercier proteste de sa présence dans cette prison, il devait être emmené ailleurs. Il tente un coup de bluff en se disant protéger par Robespierre. On ne sait jamais. Il doit passer prochainement devant un tribunal révolutionnaire. La peur lui tiraille les entrailles car il y a peu de chance qu’il puisse être déclaré innocent. La question n’est pas vraiment de savoir s’il est coupable ou non. Dans la cellule, il découvre une femme d’un certain niveau social au vue de sa tenue vestimentaire et de sa façon d’être. Ils se mettent à discuter sur l’horreur de la situation où les têtes n’arrêtent pas de tomber. En essayant d’en savoir plus sur sa situation dans les couloirs, il apprend une information de taille. Cette dame qui refusait de décliner son identité est Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, princesse de Monaco. Une vraie aristocrate, une pure ennemie de la liberté et de l’égalité du peuple ce qui amène à changer le ton des échanges devenus plus vifs, plus inquisiteurs.
Ne vous attendez pas à un échange gentil/méchant, les choses sont bien entendues plus complexes. L’auteur Alain Pastor s’est régalé de faire des choses plus réflexives. D’ailleurs, il en profite pour évoquer la position de la femme dans la société qui est grandement discriminée qu’importe sa place et sa « fortune ». Impossible de ne pas faire un clin d’œil à Olympe de Gouges que tout le monde connaît. Et aussi à Marie-Antoinette, accusée des pires infamies qui a même eu le droit à des chansons populaires dont le sens s’est perdu avec le temps comme : « il pleut, il pleut bergère ».

Séverine Cojannot et Patrick Courtois mettent toute leur passion dans leur personnage qui ont tout pour s’opposer et qui au final possèdent de nombreux points communs. Malgré un bouleversement inattendue, la princesse de Monaco restera un personnage très marquant.

Une pièce audacieuse qui fait voir la Révolution française et les enjeux de pouvoir d’un autre regard.

Fermer
Source Source
Logo Holybuzz

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Une pièce historique très réussie ! Un régal pour l’oreille !

Confrontation féconde. « Le Rêve de Mercier » est une pièce historique très réussie : on y apprend bien des choses tout en ayant le sentiment de se distraire. Historique, car les personnages ont bien existé. Se sont-ils rencontrés ? Mystère, mais... Lire plus

Confrontation féconde.
« Le Rêve de Mercier » est une pièce historique très réussie : on y apprend bien des choses tout en ayant le sentiment de se distraire. Historique, car les personnages ont bien existé. Se sont-ils rencontrés ? Mystère, mais réussi, ce spectacle l’est par la confrontation de ces deux caractères forts face à l’épreuve. En mettant en vis-à-vis un réalisme héroïque avec des aspirations idéalistes, il lui donne une vraie vivacité. Le texte, qui multiplie allitérations et assonances, est un régal pour l’oreille. Il est servi par des interprètes d’une grande crédibilité. Dans un décor évocateur, mais sans excès, ils nous invitent à communier aux imprévus, aux espoirs et aux épreuves vécues par leurs personnages. Ce n’est pas pour rien que la pièce est désormais en prolongation !
Pierre FRANÇOIS

Fermer
Source Source

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Captivant, Émouvant, Attrayant.

Captivant, Émouvant, Attrayant. Louis Sébastien Mercier révolutionnaire pacifique fut emprisonné en 1993 après le triomphe des Montagnards pour avoir pris position pour les Girondins. Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville est devenue Princesse de Monaco en 1782. Suite à la... Lire plus

Captivant, Émouvant, Attrayant.
Louis Sébastien Mercier révolutionnaire pacifique fut emprisonné en 1993 après le triomphe des Montagnards pour avoir pris position pour les Girondins.
Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville est devenue Princesse de Monaco en 1782. Suite à la révolution, elle suivit son époux le prince Joseph de Grimaldi Monaco ayant peur des représailles hors de France. Puis souffrant d’être éloignée de ses jeunes enfants, elle revint en France et après quelques péripéties fut arrêtée en 1793 comme femme d’émigré.
Alain Pastor avec talent, imagine leur rencontre dans la prison à Sainte Pélagie où ils attendent leur comparution devant le Tribunal révolutionnaire.
Cette rencontre improbable va nous éclairer à travers leurs conversations, leurs révélations, leurs peurs et leurs espoirs sur l’époque de la Terreur instaurée par Robespierre.
Ces deux êtres que tout oppose se retrouvent dans une situation identique et tragique.

L’échafaud sera-t-il pour eux ?
Mercier est un révolutionnaire victime des absurdités, des contradictions, des atrocités, des abus et de la violence de cette époque ayant parfois des idées et des certitudes qui nous font sourire.
« Racine et Corneille sont des auteurs qui seront vite oubliés ». Nous dira-t-il

Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville est avant tout une mère qui ne souhaite qu’une chose, revoir ses enfants mais c’est aussi une aristocrate qui ne renie point ses origines.
Leurs premiers contacts sont froids et acides mais au fil du temps et de leurs confidences une certaine bienveillance s’installe entre eux.
Ce texte est passionnant et nous dévoile la barbarie de la Terreur sous Robespierre mais aussi mille petits détails tous aussi intéressants.
Après le 10 août 1792, la place du trône   est rebaptisée « place du Trône-Renversé ». Elle n'est encore qu'un terrain vague.
Notre-Dame est rebaptisée Temple de la Raison
La scénographie de Livia Ruspoli, ainsi que les costumes de Corinne Pagé nous immergent avec aisance en 1793.
Les lumières de Thibault Joulié accentuent les émotions.
La mise en scène de Pascal Vitiello assisté de Jérémy de Teyssier est dynamique et bien orchestrée.
Patrick Courtois nous captive, il nous entraine avec brio et vitalité dans cette période trouble et sombre de l’histoire.
Séverine Cojannot est émouvante, elle incarne avec finesse et sensibilité cette princesse au destin tragique.
Claudine Arrazat

Fermer
Source Source
logo La galerie du spectacle

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Nuancée et délicate comme du Racine... Une belle leçon d’Histoire

Le prince Albert II de Monaco a assisté à la représentation le 24 février 2022 : monté sur scène, il a félicité chaleureusement les comédiens. Cette pièce d’un auteur monégasque encouragé par le souverain quand il lui a fait part de son projet, fait... Lire plus

Le prince Albert II de Monaco a assisté à la représentation le 24 février 2022 : monté sur scène, il a félicité chaleureusement les comédiens. Cette pièce d’un auteur monégasque encouragé par le souverain quand il lui a fait part de son projet, fait revivre une héroïne de l’ombre ressuscitée dans une rencontre fictive avec Louis-Sébastien Mercier au cours de l’été 1794.
Une belle leçon d’Histoire dans un huis-clos accentué par le resserrement temporel d’une seule journée décisive.

Tout semble séparer le révolutionnaire convaincu et passionné et Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, épouse Grimaldi, princesse de Monaco, dont l’identité n’est découverte qu’un peu plus tard, ce qui provoque l’indignation de l’écrivain. Au contraste des tempéraments s’ajoute la lutte des classes, perceptible dès la première confrontation entre d’une part, l’homme sincère aux gestes et au verbe abrupts, qui s’emporte facilement, dans son discours vibrant, et d’autre part, celle qu’il tutoie en l’appelant « citoyenne », cette jeune aristocrate raffinée et élégante dans sa belle robe qui semble tout droit sortie du XVIIIe siècle. Avec ses manières posées (sans être maniérée pour autant) et son langage châtié et doux, cette politesse distante qui est le reflet de sa conscience de classe, elle garde son sang-froid en toutes circonstances, dans un mélange de courage et de stoïcisme jusqu’à son dernier souffle. C’est un beau portrait de femme et de mère, jamais figé ni stéréotypé, émouvant et sobre – comme le décor – et qui n’est pas alourdi par les tentations de l’apitoiement larmoyant et du pathétique facile.

Nous sommes plongés loin du fracas du monde, dans le clair-obscur d’une prison, antichambre de la mort. Le contexte révolutionnaire est bien évoqué, dans une atmosphère de chaos, de violence et de confusion politiques, propice aux coups de théâtre, à l’ombre de Robespierre et de la sinistre guillotine, quand l’humanité devient le jouet des caprices d’une Histoire absurde qui bégaie. Le danger qui vient de l’extérieur est suggéré par les bruits, la petite fenêtre de la cellule, l’attente fébrile des deux personnages en sursis, devenus presque proches au fil des dialogues, des confidences et dans l’urgence de la mort qui frappe au carreau. L’ailleurs est suggéré par les échos des procès iniques qui font tomber des têtes souvent innocentes et à la fin de la pièce, on est suspendu à la lente description de l’ultime voyage du convoi de condamnés vers la place du Trône renversé.

Nuancée et délicate comme du Racine (évoqué comme lecture favorite de la jeune femme qui n’a pas entendu parler de l’écrivain qui s’en offusque), la pièce mêle réalisme historique, psychologique et tragédie toujours d’actualité, dans un juste équilibre entre réflexion et émotion : le rêve de Mercier et de la princesse n’est-il pas finalement la recherche d’un bonheur simple et tranquille dans une société sereine ?

Fermer
Source Source
logo Theatres et spectacles de Paris

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Une pièce qui vous tiendra en haleine de bout en bout.

Séverine COJANNOT et Alain PASTOR VOUS PARLENT DE « LE RÊVE DE MERCIER » INTERVIEW CROISÉE Actuellement à l’affiche du Théâtre de la Contrescarpe, la pièce « Le rêve de Mercier » rencontre un succès incontestable. Entre réalité... Lire plus

Séverine COJANNOT et Alain PASTOR VOUS PARLENT DE « LE RÊVE DE MERCIER »

INTERVIEW CROISÉE

Actuellement à l’affiche du Théâtre de la Contrescarpe, la pièce « Le rêve de Mercier » rencontre un succès incontestable. Entre réalité et fiction, vous vous plongerez au cœur de la sombre période révolutionnaire, à la rencontre de deux figures historiques. Une pièce qui vous tiendra en haleine de bout en bout.

 

Que raconte la pièce ?
Alain Pastor : La pièce raconte le destin tragique d’une jeune aristocrate française,devenue princesse de Monaco par mariage, sous la Terreur. De sa rencontre imprévue avec l’écrivain Louis-Sébastien Mercier (interprété par Patrick Courtois),révolutionnaire sincère mais lui aussi détenu, va naître le fol espoir d’échapper à la guillotine, d’autant plus qu’au dehors se trame une conjuration contre Robespierre. Séverine Cojannot : C’est aussi et surtout la peinture d’une époque passionnante,celle de la Révolution. Ici, c’est le revers de l’idéal de Liberté qui est montré avec le basculement dans la Terreur, l’obscurantisme. Pascal Vitiello, le metteur en scène, m’a envoyé la pièce en plein confinement et cette époque un peu folle m’a fait penser à la nôtre par certains aspects.

Quelle est la part de réalité, la part de fiction ?
AP : Pour reprendre une phrase célèbre,je dirai que tout est vrai et rien n’est vrai. Les personnages ont existé, le contexte historique est conforme à la réalité des événements, ici la Révolution française,seule la rencontre entre la jeune princesse et Mercier n’a jamais eu lieu.

M. Pastor, Le rêve de Mercier :une pièce historique ou un hommage à Françoise- Thérèse de Choiseul Stainville ?
Les deux, sans doute. J’ai toujours aimé les pièces historiques,évidemment on songe tout de suite à Shakespeare, mais pour ce sujet j’avais le souvenir aigu de Georg Büchner,auteur de La Mort de Danton. Mais il est vrai que depuis longtemps, je voulais rendre hommage au courage et à la dignité de cette femme.

Mme Cojannot, vous avez joué beaucoup de personnages historiques, aux destins souvent tragiques. Qu’est-ce qui vous a plu dans ce rôle ?
C’est d’abord la pièce qui m’a beaucoup plu. J’ai toujours voué une sorte de culte à la Révolution française, et aux Lumières,alors c’était très intéressant pour moi de regarder ses ténèbres. Et puis, c’est un très beau rôle : une femme déterminée,intègre, mais aussi une victime innocente.

Explorer la place des femmes dans l’Histoire et la société, une mission commune ?
SC : C’est vrai… Depuis quelques années,je cherche à explorer et questionner cette place au travers de mes rôles et de mes lectures. Comment a-t-on pu être réduites au silence pendant tous ces siècles ? Je ne me lasse pas d’essayer de comprendre la mécanique de cette aliénation, et quand je le peux, j’aime mettre en lumière les éclaireuses qui ont eu le courage d’oser !
AP : Certainement, et Séverine Cojannot, après Jeanne d’Arc, incarne avec talent Françoise-Thérèse ; deux femmes certes victimes, mais qui font preuve de vertus exceptionnelles, des héroïnes, et si l’une est mondialement connue, j’ai voulu aussi que le public puisse découvrir sur scène la jeune princesse de Monaco confrontée au tragique de l’Histoire.

Le Prince Albert II de Monaco est venu assister à la pièce, quel retour vous en a-t-il fait ?
SC : Si j’osais, je dirais que le Prince a été charmant !
AP : C’était un honneur que le Prince vienne assister à une représentation de la pièce, à Paris. Il a été très séduit par le texte qu’Il a trouvé fort et émouvant. Il a aussi tenu à féliciter chaleureusement toute l’équipe.

Avez-vous d’autres projets en préparation ?
SC : Jeanne d’Arc (de et mise en scène par Monica Guerritore), seul en scène que je vais enfin jouer au Théâtre Le Petit Chien au Festival d’Avignon en juillet prochain, après plusieurs années de report. Je serai bien entourée par mes deux collaboratrices françaises Jeanne Signé et Bénédicte Bailby ! C’est une grande joie de retrouver ce modèle de courage et de foi !
AP : Le Rêve de Mercier est ma priorité dans l’immédiat, et, je l’espère, pour longtemps encore. Je travaille aussi à la création de ma pièce Héliogabale, l’empereur fou, après le succès de la lecture-spectacle, faite à Monaco avec Geneviève Casile, Arnaud Dupont,et Bernard Lanneau.

Fermer
Logo Froggy's Delight

LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

Remarquable qualité de cet excellent spectacle !

La princesse et le révolutionnaire, potentiels inspirateurs d'une fable à la manière lafontainiennne, sont les protagonistes de la comédie dramatique composée par Alain Pastor. Inscrit dans le genre du théâtre de conversation sur fond historique "Le Rêve de Mercier" relate la rencontre... Lire plus

La princesse et le révolutionnaire, potentiels inspirateurs d'une fable à la manière lafontainiennne, sont les protagonistes de la comédie dramatique composée par Alain Pastor.

Inscrit dans le genre du théâtre de conversation sur fond historique "Le Rêve de Mercier" relate la rencontre fictionnelle, dans une situation dramatique, de deux figures réelles ayant vécu au 18ème siècle dont les différences tiennent tant au statut social qu'au positionnement sur l'échiquier politique.
Sous le régime de la Terreur, inculpée pour conspiration contre l'Etat, Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, aristocrate issue d'une famille de la noblesse d'épée depuis l'an mille 1000 devenue princesse de Monaco par mariage, voit entrer dans sa geôle l'écrivain Louis-Sébastien Mercier issu de la petite bourgeoisie devenu député qui se trouve emprisonné pour dissidence.
La partition s'avère émérite tant par l'écriture dans la belle langue classique en usage au temps de l'action, et ce sans esbroufe ni pédantisme, que par la dramaturgie de la confrontation affranchie de la réduction manichéiste.
Et, de plus, avec une gestion judicieuse et réussie de la tension dramatique qui préside au dévoilement des personnalités et à la confrontation d'idées, dont nombre d'entre elles revêtent une résonance contemporaine, révélant leur convergence philosophique sur un idéal humaniste.
Au service de cet passionnant opus se déroulant dans la scénographie épurée de Livia Ruspoli, quelques éléments mobiliers pour signifier la cellule, complétée par le jeu de lumières de Thibault Joulié, Pascal Vitiello signe une mise en scène appropriée et une efficace direction d'acteur.
Au jeu, en costumes d'époque confectionnés par Corinne Pagé, deux comédiens à l'unisson qui gèrent tant la joute oratoire que les moments d'émotion.
L'aguerri Patrick Courtois campe avec truculence le bouillant Mercier révolutionnaire convaincu mais culpabilisé par les dérives de violence sanguinaire inhérents à la dictature, qui ne visent pas seulement l'aristocratie considérée comme l'ennemie héréditaire de l'égalité, de la liberté et du peuple mais également les opposants de tous bords et les plébéiens récalcitrants et, en tout état de cause, déstabilisé par l'argumentaire de son interlocutrice.
Séverine Cojannot, à la délicate physionomie évoquant celle des modèles de Elisabeth Vigée-Lebrun, la peintre portraitiste de l'époque, incarne magnifiquement la finesse de cœur, la pertinence d'esprit et la force morale de cette princesse au destin tragique qui n'échappera pas à la guillotine.
Et ils assurent la remarquable qualité de cet excellent spectacle.

Fermer
Source Source
Logo-coup2theatre

ACQUITTEZ-LA ! PAR PIERRETTE DUPOYET

Absolument magistrale

« Pierrette Dupoyet, absolument magistrale, incarne certainement le plus beau rôle de sa carrière »

Logo Le Parisien

ACQUITTEZ-LA ! PAR PIERRETTE DUPOYET

Une création puissante

« Une création puissante sur l’histoire d’Alexandra Lange. Battue et isolée, elle a tué son mari et fut acquittée aux assises. »

picto De la cour au jardin

MON FILS

Un très beau moment de théâtre

Un père et manques… Tu quoque fili… Une voix s’élève derrière un rideau blanc, alors que Pierre Lefrançois arrive en toute hâte du fond de la salle. Cette voix, c’est celle de maître André Dubourg, notaire à Lisieux.
Un notaire qui va délivrer un... Lire plus

Un père et manques…
Tu quoque fili…
Une voix s’élève derrière un rideau blanc, alors que Pierre Lefrançois arrive en toute hâte du fond de la salle.
Cette voix, c’est celle de maître André Dubourg, notaire à Lisieux.
Un notaire qui va délivrer un stupéfiant message : il annonce la mort de Srul Sheinaog, alias Jacques Duflot.
Le père de M. Lefrançois.
Un père qu’il n’a pas revu depuis quarante-trois ans, suite à une brutale séparation, le jour de l’anniversaire de ses dix-sept ans.
Autre chose : ce père disparu de la circulation est juif.
Tel est le point de départ de cette pièce écrite, mise en scène et co-interprétée par Erwan Szejnok-Zamor.
Erwan Szejnok-Zamor, le petit-fils d’un homme passé au travers des rafles en 1942, un homme qui a perdu toute sa famille dans les camps que l’on sait, jusqu’ à se retrouver le dernier à en porter le nom.

Dans ce texte passionnant, mêlant le vrai de la réalité familiale à l’imagination de la fiction, il va nous faire partager son positionnement de descendant de troisième génération.
Comme pour nous dire le besoin de nous faire partager le fait d’être dépositaire de cette histoire-là.

Un fils qui doit veiller le corps paternel lors d’une veillée funèbre.
Un fils et un père qui grâce à un artifice théâtral vont pouvoir se parler pour la première fois depuis plus de quarante ans.
Un fils et un père qui vont devoir chacun faire un bout de chemin l’un vers l’autre, pour se comprendre.
Un fils qui pourra faire le deuil d’un père qui fut absent.
Le sujet est délicat, de ceux qui pourraient vite déraper dans un pathos de mauvais aloi.
Ici, ce n’est absolument pas le cas. Avec beaucoup de pudeur, d’émotion juste, mais aussi d’humour, nous est racontée l’histoire de ces deux hommes, qui démarre de l’intime pour aller à l’universel.
Srul-Jacques, c’est donc l’auteur.
Pierre est interprété par Jean-Philippe Bêche, bien connu des fidèles lecteurs de ce site.
Ce qui saute immédiatement aux yeux, c’est l’apparence des deux personnages, complètement à l’opposée l’une de l’autre.
Le fils a un look très « belmondien », Jean-Philippe Bêche ayant opté pour le fameux triptyque jeans / blouson de cuir noir sur t-shirt blanc.
Le père quant lui fait penser à l’immense Popeck, petite veste sur gilet chemise-cravate, et surtout un petit chapeau à la drôle de forme.
Le duo Bêche/ Szejnok-Zamor va fonctionner à la perfection.
On croit tout à fait et instantanément aux deux personnages. Ces deux-là incarnent avec une irréprochable justesse ces deux personnages aussi attachants l’un que l’autre.
Ils nous font partir d’un grand contraste physique et psychologique pour faire subtilement évoluer les deux perceptions.

Jean-Philippe Bêche parvient de façon épatante à nous montrer l’évolution de son Pierre, qui part de très loin, qualifiant son père d’« Hébreu » (la scène est drôle, tout comme celle du saucisson-jambon. Et non, vous n’en saurez pas plus…).
Une kippa symbolisera de bien belle manière cette évolution-là.
Des scènes comportant beaucoup d’émotion juste nous attendent. Durant ces beaux moments, nous n’en menons pas large. Les deux comédiens sont alors bouleversants.

Cette pièce comporte une autre vertu, et qui mérite d’être vraiment soulignée, par les temps qui courent.
Erwan Szejnok-Zamor nous parle également de religion.
Et ce, de façon lucide et humaniste.
Je me suis parfaitement retrouvé dans son positionnement, moi l’athée complet mais qui ai compris pourquoi il était nécessaire de porter une kippa en pénétrant dans la synagogue et le cimetière de Cracovie.
Le judaïsme qu’il évoque est un judaïsme « au sens large », nous dit-il, une religion de tolérance.
D’ailleurs, son personnage nous le dit : « j’ai été juif et ceci… sans être religieux ».
Il est question de la place de l’Homme, au milieu « d’un grand tout » (autre citation du texte), un Homme dont le positionnement personnel dépend aussi de racines.

Il nous parlera des racines notamment grâce à sa clarinette, dont il tirera un magnifique morceau, nous renvoyant aux racines ashkénazes et au Yiddish, cette langue anéantie par les nazis, qui n’est plus parlée que par quelques rares communautés et un tout petit nombre d’« universitaires poussiéreux », pour reprendre l’expression de Jacques Fredj, le directeur du Mémorial de la Shoah.
Erwan Szejnok-Zamor est également très lucide sur le pathétique positionnement polonais lors de la terrible période qui a privé son grand-père des membres de sa famille. (Je rappelle d'ailleurs au passage que vous ne pouvez pas visiter le site d'Auschwitz sans un guide "officiel polonais" qui délivre "la bonne parole", même si vous y allez comme ce fut toujours mon cas avec Tal Bruttman, l'historien universitaire français spécialiste incontesté du terrible sujet. Je referme cette autre parenthèse...)
Je n’aurai garde d’oublier de mentionner les très beaux tableaux graphiques de Marion Ducasse et Maxime Richard, projetés au lointain, et qui illustrent de bien belle et bouleversante manière l’un des épisodes les plus sombres de notre histoire.



Vous l’aurez compris, j’ai assisté à un très beau moment de théâtre, que je vous conseille vivement. L'un de ceux qui vous interpellent en tant qu'individu appartenant à la fraternité humaine.
Vous aussi, allez faire le chemin.

 

Fermer
Source Source

MON FILS

Un spectacle touchant à l'atmosphère de conte mystique...

Inspiré en partie par une histoire familiale, Erwan Szejnok Zamor (texte et mise en scène) explore dans Mon fils la thématique de l'absence du père et du traumatisme familial. Au Théâtre de la Contrescarpe, dans un spectacle touchant à l'atmosphère de conte mystique, il... Lire plus

Inspiré en partie par une histoire familiale, Erwan Szejnok Zamor (texte et mise en scène) explore dans Mon fils la thématique de l'absence du père et du traumatisme familial.

Au Théâtre de la Contrescarpe, dans un spectacle touchant à l'atmosphère de conte mystique, il interprète en duo avec le comédien Jean Philippe Bêche ce couple improbable du père et du fils. La barbarie nazie n'a pas seulement eu comme conséquence de révéler toute l'inhumanité des actes commis par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Elle a aussi profondément modifié notre perception humaine du monde. Finalement, les témoignages de ceux qui ont échappé aux camps d'extermination ou de ceux qui y ont perdu toute leur famille ont été assez rares et bon nombre d'entre eux ont préféré garder leur secret jusqu'à la mort. 

Comment peut-on vivre après un tel trauma ? Peut-on guérir ? Se reconstruire ? Fonder une famille ? À toutes ces questions Erwan Szejnok Zamor répond subtilement par une habile parabole entre un père (un certain  Srul) et un fils (Pierre Lefrançois). Cette rencontre théâtrale se profile d'autant plus troublante qu'il s'agit d'un dialogue post-mortem se déroulant devant le linceul du père. Brouillé avec ce dernier depuis plus de trente ans et averti en catimini de sa mort récente par un notaire nous voyons au début de la pièce un Pierre Lefrançois intrigué, découvrant des lettres que Srul lui a laissées.
Subtilement, en une habile progression narrative, Mon fils nous raconte cette insolite et dernière rencontre entre Srul et Pierre Lefrançois. Dans un jeu spontané et inventif Jean Philippe Bêche interprète Pierre Lefrançois, ce fils en colère contre son père, ou plutôt contre son absence, qui découvrira très progressivement au cours de cette même nuit initiatique sa part enfouie de judéité ainsi que tous les évènements majeurs qui ont ponctué la tragique existence de son père.  Quant à Erwan Szejnok Zamor, il interprète brillamment ce rôle complexe de père à la fois tourmenté et volubile, confronté à la double difficulté de se réconcilier une dernière fois avec son fils et de l'éclairer plus précisément sur l'histoire même de sa vie. 

Heureusement, Mon fils échappe à la lourdeur du pathos théâtral et ce spectacle original oscille intelligemment entre la dureté des situations, la tendresse et même - quoique discret - un certain humour.  Dans la pièce l'interaction problématique père/fils nous est finement exposée par deux comédiens au jeu naturel. En outre, le texte intéressant  échappe aux poncifs qui trop souvent encombrent la littérature générale ou le théâtre comme ceux du fils larmoyant et du père empêtré dans des multiples auto-justifications. L'on sait aujourd'hui avec la psychologie moderne que les secrets familiaux ayant pour origine les périodes troublées comme celles de la Seconde Guerre Mondiale figurent parmi les plus destructifs.

Dans son roman Un secret (2004) Philippe Grimbert mettait en exergue -  sur un mode narratif original - un personnage (François) empoisonné par un secret, mais  qui parvenait enfin à se construire à la suite d'une vérité bouleversante qui lui était révélée. Dans ses ouvrages de vulgarisation le neuropsychiatre et psychanalyste Boris Cyrulnik approfondit cette notion de résilience l'élargissant au plus grand nombre. Dans le spectacle Mon fils l'empreinte de la résilience chez le père se profile d'autant plus troublante qu'elle s'inscrit dans un dialogue de l'au-delà entre les personnages de Srul et de Pierre Lefrançois. Pour le jeu expressif de ses comédiens ainsi que pour son  climat mystique et humaniste,  Mon fils se profile une curiosité théâtrale à découvrir ! 

Fermer
Source Source
Logo Spectacles Sélection

MON FILS

Un puissant tête-à-tête dont on ne sort pas indemne.

Pierre Lefrançois considère un instant le lit sur lequel repose l’homme pour qui il est venu. Soulever le drap pour considérer son visage, pas pour le moment. Il retire en revanche celui d’une psyché voilée. La lueur des bougies vacille dans l’obscurité de la pièce. Pierre est... Lire plus

Pierre Lefrançois considère un instant le lit sur lequel repose l’homme pour qui il est venu. Soulever le drap pour considérer son visage, pas pour le moment. Il retire en revanche celui d’une psyché voilée. La lueur des bougies vacille dans l’obscurité de la pièce. Pierre est encore sous le choc de la nouvelle transmise par le notaire. Jacques Duflot, alias Srul Szejnok, ce père méconnu qui l’ignore depuis plus de trente ans, se rappelle à lui sous la forme d’un testament incongru. Hériter suppose certaines conditions. Pierre doit porter la kippa, assister à la veillée funèbre, suivre les rites religieux et lire les mémoires du défunt. Le fils ne vient pas pour l’argent mais par principe. Il ignore tout de la religion juive et se montre encore plus surpris que son père le soit. Il saisit le journal, et tout à coup, Srul se tient devant lui. De crainte d’y voir son reflet, il ordonne à son fils de recouvrir le miroir et l’enjoint de mettre la kippa.

Pierre et Srul ont toute la nuit. L’un pour raconter son passé, réparer ses erreurs et transmettre. L’autre pour écouter, comprendre et pardonner. Et cette nuit ne sera pas de trop. Permettra-t-elle aux âmes des deux hommes en conflit de s’apaiser, au lien de la transmission de se nouer enfin pour que l’un parte en paix et que l’autre fasse son deuil ?

Dans une semi-obscurité, le face à face se dessine.  La musique et des vidéos l’accompagnent dans une terrible et émouvante évocation, celle des meetings du monstre, des photos jaunies d’une famille annihilée, des trains sur le chemin des camps de la mort et celles, glaçantes, des silhouettes décharnées des rares survivants.

La perte des siens a rendu impossible l’idée même d’une vie normale. Elle est celle d’un homme qui s’enfuit pour ne pas être père, n’ayant pu faire le deuil du sien, celle d’un homme qui refuse le bonheur et se croit le dernier représentant d’un patronyme qui s’éteindra avec lui.
Erwan Zamor Szejnok, très habité par le rôle du père, tient sa partie avec talent. Jean-Philippe Bêche, le fils, passe subtilement du rejet et de la rancune à l’amour.
Un puissant tête-à-tête dont on ne sort pas indemne.

Fermer
Source Source

MON FILS

Pièce bouleversante. Le duo fonctionne à merveille !

La pièce est un récit autobiographique auquel se mêle habilement la fiction . Erwan Szejnok-Zamor, l’auteur, est le petit-fils d’une famille juive que les nazis exterminèrent dans un de leurs camps de la mort. Ici, il tente de raconter son vécu, encore hanté par la mémoire des... Lire plus

La pièce est un récit autobiographique auquel se mêle habilement la fiction. Erwan Szejnok-Zamor, l’auteur, est le petit-fils d’une famille juive que les nazis exterminèrent dans un de leurs camps de la mort. Ici, il tente de raconter son vécu, encore hanté par la mémoire des horreurs passées, à travers un dialogue entre un fils et un père qui ne se seraient plus revus depuis fort longtemps.

Un coup de téléphone d’un notaire apprend à Pierre Lefrançois la mort de son père, Srul, avec qui il s’était brouillé et qu’il n’avait plus jamais revu depuis. Son père réapparait la veille de sa mort et tous deux vont tenter pendant cette dernière nuit de se comprendre. Pourquoi son père l’a-t-il ignoré si longtemps ? Pourquoi fut-il si peu présent dans son enfance ? François voudrait comprendre. Srul, de son côté, essaie d’expliquer ses erreurs, cherchant à se réconcilier avec son fils au cours de ces quelques heures. Il lui apprend, notamment, qu’il est un survivant des rafles qui ont emporté toute sa famille…

Cette pièce, bouleversante, permet à l’auteur d’imaginer un dialogue fictif de questions-réponses entre lui et lui. Il se met lui-même en scène, dans la peau de Srul, avec son petit costume, son petit chapeau façon Yiddish accompagné de Jean-Philippe Bêche, Pierre, en mec nature, jeans et blouson. Le duo fonctionne à merveille, il nous fait parfois rire avec son humour juif, et nous émeut profondément lorsqu’est évoquée la Shoah.

Fermer
Source Source
Sorties à Paris logo

MON FILS

Texte magistral et bouleversant. Mise en scène somptueuse. Un très beau et poignant moment de théâtre

"La pièce démarre par un énigmatique coup de fil que reçoit Pierre Lefrançois pour lui annoncer la mort à 93 ans d’un certain Srul Sheinaog qu’il dit tout d’abord ne pas connaître… En fait, apatride, il se faisait appeler sous un nom d’emprunt Jacques Duflot…... Lire plus

"La pièce démarre par un énigmatique coup de fil que reçoit Pierre Lefrançois pour lui annoncer la mort à 93 ans d’un certain Srul Sheinaog qu’il dit tout d’abord ne pas connaître… En fait, apatride, il se faisait appeler sous un nom d’emprunt Jacques Duflot…

Pierre se souvient de ce père absent.

Le notaire qui vient de l’appeler le convie à la veillée du corps selon la tradition juive. Stupéfaction du fils, fort peu religieux, qui se rend cependant dans la chambre du défunt, puis s’assoupit. Jacques, le père apparait et le réveille. Il a 40 ans, donc plus jeune que Pierre qui en a actuellement 60 ! S’entame alors un dialogue poignant et intense entre la frustration et les reproches d’un fils qui s’est senti abandonné et un père qui, à travers son histoire et celle de sa famille persécutée par la barbarie nazie, tente d’expliquer sinon de justifier les raisons de son refus de paternité. Petit à petit, ils vont s’apprivoiser et faire évoluer leurs âmes vers une paix commune.

Erwan Szejnok Zamor, auteur de ce texte magistral et bouleversant joue le rôle de Jacques/Srul avec une conviction et une force qui fait écho et honneur à sa propre histoire. Sa mise en scène est somptueuse, notamment la chorégraphie originale et émouvante des danses effectuées par les deux acteurs sur un fond d’images de camps de concentration.
Quant à Jean-Philippe Bêche, il campe un Pierre révolté et touchant avec beaucoup de talent. Un très beau et poignant moment de théâtre à ne pas manquer… Pour ne pas oublier !"

Fermer
Source Source

CE MONDE POURRA-T-IL CHANGER UN JOUR ?

Sandra Duca est étonnante par sa présence magnétique et sa justesse.

“À ne surtout pas manquer ! Une saga familiale qui ressemble, sous bien des aspects, à celle que nombre d’entre nous traînons dans nos valises et qui résonne d’une manière particulière avec l’actualité en ce début du XXIe siècle. Sandra Duca est... Lire plus

“À ne surtout pas manquer ! Une saga familiale qui ressemble, sous bien des aspects, à celle que nombre d’entre nous traînons dans nos valises et qui résonne d’une manière particulière avec l’actualité en ce début du XXIe siècle. Sandra Duca est étonnante par sa présence magnétique et sa justesse. 

Fermer
Logo Nice Matin

CE MONDE POURRA-T-IL CHANGER UN JOUR ?

À découvrir !

“La pépite cachée du Festival ! À découvrir ”

CE MONDE POURRA-T-IL CHANGER UN JOUR ?

Lucas Andrieu confirme un talent prometteur !

“Lucas Andrieu confirme un talent prometteur de futures autres succès dans les années à venir.”

Logo-Vaucluse-matin

CE MONDE POURRA-T-IL CHANGER UN JOUR ?

Parle à toutes les générations

Parle à toutes les générations.

CE MONDE POURRA-T-IL CHANGER UN JOUR ?

Émouvant et bouleversant

Émouvant et bouleversant

Réduire la liste
Afficher tous

À lire aussi

Calendrier et Tarifs - Théâtre de la Contrescarpe

Plan d’accès Théâtre de la Contrescarpe

Comment se rendre au Théâtre de la Contrescarpe

  • Place Monge (Ligne 7), Cardinal Lemoine (Ligne 10)
  • Luxembourg (RER B)
  • Monge (47), Cardinal Lemoine (47, 89) et Panthéon (84)
  • Soufflot-Panthéon
  • 5110, 5012, 5016
  • Paris/Lacépède et Paris/Monge

Les plus des Théâtres et Producteurs Associés

Théâtre de la Contrescarpe

  • L'ABC du vin by la Truffière

    L'ABC du vin by la Truffière

    - 5% de réduction sur votre addition sur présentation de vos billets du... Lire plus

    - 5% de réduction sur votre addition sur présentation de vos billets du Théâtre de la Contrescarpe !

    Avant ou après nos spectacles, la jolie cave à vins du restaurant la Truffière vous accueille !

    Située juste à côté du Théâtre de la Contrescarpe, au 3 rue Blainville, la directrice du lieu, Florence Saragoni vous y conseillera pour la dégustation des vins de qualité ! 

    L'ABC du vin by la Truffière propose des verres de vins à partir de 5€ et des bouteilles à partir de 10€ (avec une carte comprenant plus de 4200 références de vins différents) que vous pourrez accompagner de sardines, de planches de charcuteries et/ou fromages et de plats raffinés...

    Jours et horaires d'ouverture : du mardi au samedi de 18h à minuit.

    Fermer
  • LA "CARTE PRIVILÈGES" du Théâtre de la Contrescarpe = tarifs PRIVILÉGIÉS toute l'année !

    LA "CARTE PRIVILÈGES" du Théâtre de la Contrescarpe = tarifs PRIVILÉGIÉS toute l'année !

    LA " CARTE PRIVILÈGES " = TARIFS PRIVILÉGIÉS TOUTE L’ANNÉE !... Lire plus

    LA " CARTE PRIVILÈGES " = TARIFS PRIVILÉGIÉS TOUTE L’ANNÉE !

    Nous vous proposons une " Carte Privilèges " à petit prix, pour bénéficier toute l’année de tarifs très réduits (jusqu'à - 50 %), pour vous et un accompagnant !

    Tarif de la " CARTE PRIVILÈGES " : 16 €

    La carte nominative est valable un an à partir de la date d’achat.

     

    Elle vous donne accès : 

    • aux tarifs privilégiés pouvant aller jusqu’à moins 50%, sur tous nos spectacles et autant de fois que vous le souhaitez dans l’année.

    • aux tarifs privilégiés pour vous et un accompagnant.

    • aux tarifs “ABONNÉ” pour acheter vos places directement sur notre site internet.

    • à une invitation le jour de votre anniversaire pour un spectacle au Théâtre de la Contrescarpe. (Sur présentation d’un justificatif de votre date de naissance)

    • à des invitations aux événements du Théâtre de la Contrescarpe (Présentations de saison, générales, lectures,…)

    • à la lettre d’information mensuelle des avantages et privilèges.

    Fermer

Services à votre disposition