Paris
Les théâtres à Paris

Théâtre de la Contrescarpe 

Salle ouverte
Chères spectatrices, chers spectateurs,

Votre sécurité et celle de notre personnel restent notre priorité !

Voici nos mesures sanitaires complémentaires :
• Nous désinfectons les rampes et les poignées avant et après chaque représentation, en plus d’une désinfection quotidienne de la salle par une entreprise de ménage spécialisée.
• Nous aérons et renouvelons l’air de la salle entre deux spectacles.
• Nous mettons à votre disposition du gel hydroalcoolique à l’entrée et sur les paliers.
• Nous organisons la circulation au sein du théâtre afin de limiter les contacts.
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5, rue Blainville
75005 Paris

T : 01 42 01 81 88

Directrice Artistique : Maud MAZUR

Directeur : Dominique GOSSET

Inscrit dans un environnement vivant, intellectuel, chargé d’histoire, à deux pas du Panthéon, du Jardin du Luxembourg, de la Sorbonne,… le Théâtre de la Contrescarpe met à l’honneur le théâtre contemporain (historique, philosophique, sociétal, jeune public…), avec une sélection exigeante de spectacles tous publics !

 

Le Théâtre de la Contrescarpe abrite et participe également à la création d’œuvres théâtrales inédites. 

 

L’intimité avec le public et l’acoustique sont particulièrement appréciées, en théâtre, mais aussi lors des spectacles musicaux et concerts ! Musique baroque, concerts internationaux de guitare Fingerstyle, artistes Pop/Rock,… ont déjà choisi le Théâtre de la Contrescarpe pour des représentations exclusives : Imany, Oldelaf, Ben Mazué, Austin Brown… !

 

Le Théâtre de la Contrescarpe, écrin rouge et noir de 110 places, se niche dans une petite rue pittoresque du quartier mythique du Quartier Latin et de la rue Mouffetard.

A l'affiche au Théâtre de la Contrescarpe

La presse parle du Théâtre de la Contrescarpe

La Chute de Camus

Une œuvre majeure, sur le sujet majeur l’individualisme de l’homme moderne.

Jean-Baptiste Clamence est un avocat français émigré au Pays bas, à Amsterdam. Il vit une vie parfaite, à tous niveau, jusqu’au jour où un bruit assourdissant brise cette perfection. Le bruit d’un corps s’abattant sans l’eau calme du fleuve, quelque minutes après... Lire plus

Jean-Baptiste Clamence est un avocat français émigré au Pays bas, à Amsterdam. Il vit une vie parfaite, à tous niveau, jusqu’au jour où un bruit assourdissant brise cette perfection. Le bruit d’un corps s’abattant sans l’eau calme du fleuve, quelque minutes après qu’il soit passé sur le pont. Glacé par la stupéfaction de cette situation, il ne parvient pas à faire quoi que ce soit.
Jean-Baptiste Clamence est un être à qui tout sourit. Le travail, la famille, les femmes. Il est formidable et tout le monde le lui rend.
Le jour où il passe sur un pont traversant la Seine, et que la jeune femme qu’il avait aperçue alors, se jette dans le fleuve, tout son être est pétrifié. Il ne sait pas quoi faire. Il attend, il se questionne. Il se dit que quelqu’un va faire quelque chose, qu’il n’est pas seul. Mais personne n’agit. Et il poursuit sa route. 

À ce moment-là, sa vie parfaite bascule. Sa culpabilité remonte à la surface. Sa vie est menée que par une chose : la crainte du jugement dernier. Il n’est plus si parfait que ça, il se sent épié par les autres (et on sait bien que l’Enfer c’est les autres …). Le regard des autres le traumatise. Il pense que tout le monde considère qu’il a laissé mourir cette femme, qu’il aurait pu la sauver. Mais est-ce vrai ? Personne ne peut l’affirmer. 
Parlons de la mise en scène de Géraud Bénech. Il faut expliquer tout d’abord que Jean-Baptiste Clamence s’adresse à quelqu’un. Quelqu’un qu’il croise dans un bar. Mais que nous ne voyons pas. Dans un décor savamment épuré, chaque objet a sa signification. 
Il passe de chez lui à la salle du bar en quelques mots. La scène est donc partagée entre les deux lieux. Mais le bar est-il réel ? Parle-t-il véritablement à quelqu’un ou est-ce finalement son jugement dernier qu’il matérialise ici ? 

Précisément au milieu de ces deux espaces, un mannequin représentant cette femme, dans le fond mais qui prend la place la plus importante de la scène. 
Le mannequin éclairé, qu’on voit tout au long de la pièce, qui nous regarde, nous rappelle la culpabilité de Clamence, qui pèsera toute sa vie sur lui. Cette femme avec qui il vit désormais, sans la connaitre. 
Une œuvre majeure, sur le sujet majeur l’individualisme de l’homme moderne. L’homme moderne qui ne voit plus que son propre intérêt, sa propre vie, au point de passer son chemin sur la détresse de l’autre. 
Parce qu’en fait, qui n’a rien sur la conscience ? Même quelque chose dont on n’est pas responsable ? C’est toute cette question qu’aborde Camus dans cette œuvre. 

 

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La Chute de Camus

Magnifique mise en scène ! Intense et sobre !

La chute. Théâtre littéraire à la contrescarpe. Nouveau horaires Jean-Baptiste Clamence se confie à un inconnu, dans un bar douteux d’Amsterdam. Il se présente comme « juge-pénitent », étrange profession consistant à s’accuser soi-même afin de pouvoir... Lire plus

La chute. Théâtre littéraire à la contrescarpe. Nouveau horaires
Jean-Baptiste Clamence se confie à un inconnu, dans un bar douteux d’Amsterdam. Il se présente comme « juge-pénitent », étrange profession consistant à s’accuser soi-même afin de pouvoir devenir juge.
Il se raconte : naguère avocat à Paris, il mena une brillante carrière. Respecté de tous et ayant une haute opinion de lui-même, il se considérait au-dessus du jugement du commun des mortels. En parfait accord avec lui-même, sa vie était une fête, et il était heureux.
Jusqu’au soir où il passa sur un pont duquel il entendit une jeune fille se jeter. Il poursuivit son chemin, sans lui porter secours. Cette chute entraîna celle, morale, de Clamence et marqua le début de sa quête existentielle.
Depuis 10 ans, Géraud Bénech, metteur en scène et Stanislas de la Tousche, comédien explore la littérature et l’emmène au théâtre.

Après le merveilleux Céline, Derniers entretiens joué au théâtre de la contrescarpe et au poche Montparnasse, Cette année est l’occasion de revisiter, de façon théâtrale, ce récit écrit par l’une des figures les plus marquantes de la pensée du XXe siècle.

Loin des affrontements historiques et idéologiques des années 1950 (Guerre froide, décolonisation, forte influence du marxisme dans les courants de pensée en Europe), qui lui donnaient des allures de manifestes, cette étrange confession s’inscrit à présent dans un contexte plus émouvant et proche de nos sensibilités contemporaines, davantage tournées vers l’intime et le personnel.

Un homme rompu à l’art de la parole, brillant avocat comme il se décrit... comédien comme il se prétend, va se mettre à nu dans un « jeu de la vérité » sans concessions.
Un homme rompu à l’art de la parole, brillant avocat comme il se décrit... comédien comme il se prétend, va se mettre à nu dans un « jeu de la vérité » sans concession ?
La mise en perspective théâtrale de ce texte s’appuie sur la stratégie d’écriture de Camus. Le spectateur, tout comme le lecteur, n’est pas pris à partie directement. La parole de Jean-Baptiste Clamence, portée par le comédien Stanislas de la Tousche, est adressée à cet interlocuteur invisible qu’il tente de convertir et d’entraîner dans sa chute salvatrice. Petit à petit, sans s’en apercevoir, alors que la confession avance, on se sent tous concernés, pris à partie et presque gênés de voir à quel point le mensonge, si souvent usité, peut faire des dégâts colossaux.

Qui est ce personnage qui se désigne sous le nom de Jean-Baptiste Clamence. À qui s’adresse-t-il ?

La magnifique mise en scène de Géraud Bénech, à la fois intense et sobre met la place du miroir en évidence et à chaque instant, le spectateur est confronté à plusieurs informations. Jeu d'acteur, bande sonore, projections. Le tout se mêle en un jeu d'illusions et ajoute encore, une folle intensité à cette introspection. Un texte, tout en ambigüité voulue par Camus et très bien retranscrit par Stanislas de la Tousche, à la mélopée très particulière.
” Ces nuits-là, ces matins plutôt car la chute se produit à l’aube, je sors, je vais, d’une démarche emportée, le long des canaux. Dans le ciel livide, les couches de plumes s’amincissent, les colombes remontent un peu. Une lueur rosée annonce, au ras des toits, un nouveau jour de ma création (...) Alors planant par la pensée sur tout ce continent qui m’est soumis sans le savoir, buvant le jour d’absinthe qui se lève, ivre enfin de mauvaises paroles, je suis heureux. Je suis heureux, vous dis-je, je vous interdis de ne pas croire que je suis heureux, je suis heureux à mourir ! ”

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La Chute de Camus

Un spectacle profond, actuel voire intemporel.

On se régale de ce texte qui a - sans doute - contribué à l'attribution du Prix Nobel de Littérature, qui a récompensé Albert CAMUS en 1957. Une jolie promenade dans l'univers existentiel du héros Clarence, marri de ne pas avoir sauvé une jeune fille se jetant d'un pont et de s'y noyer.... Lire plus

On se régale de ce texte qui a - sans doute - contribué à l'attribution du Prix Nobel de Littérature, qui a récompensé Albert CAMUS en 1957.

Une jolie promenade dans l'univers existentiel du héros Clarence, marri de ne pas avoir sauvé une jeune fille se jetant d'un pont et de s'y noyer.

Un spectacle profond, actuel voire intemporel.

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A voir à lire

La Chute de Camus

Époustouflante adaptation de La Chute.

Alors que cette année célèbre le triste anniversaire des soixante ans de la mort d’Albert Camus, l’un des plus grands intellectuels français, quel plus beau cadeau pouvaient lui faire Géraud Benech et Stanislas De La Touche avec cette époustouflante adaptation de La Chute, court roman aux... Lire plus

Alors que cette année célèbre le triste anniversaire des soixante ans de la mort d’Albert Camus, l’un des plus grands intellectuels français, quel plus beau cadeau pouvaient lui faire Géraud Benech et Stanislas De La Touche avec cette époustouflante adaptation de La Chute, court roman aux allures de monologue intérieur.

Résumé : La Chute c’est celle d’un homme, Jean-Baptiste Clamence. Alors qu’il s’enivre dans un bar d’Amsterdam, il va faire la rencontre d’un français à qui, sous couvert de servir de guide, va en réalité se dévoiler. S’il le fait au départ sous un jour des plus favorables, petit à petit, son autoportrait se fait de plus en plus aigre, cynique, mesquin et se termine par l’aveu d’une culpabilité qu’il tente de taire depuis des années.
Critique : Sur sa machine à écrire, il tape frénétiquement, buvant avidement avec l’air de celui qui boit, mais qui n’a plus soif, sans prêter à attention à nous. Puis, alors que la salle se remplit peu à peu, il nous jette enfin un regard pour nous toiser de son regard inquisiteur, comme si nous étions entrés par effraction, sans lui demander son avis.

Alors qu’il est seul sur scène, des bruits de fêtes se font entendre, le décor est planté Stanislas de la Touche devient Jean-Baptiste Clamence, héros camusien iconique, parfois considéré comme l’alter ego de l’auteur.
Semblant errer sans but dans cette fête, il va faire la rencontre d’un Français qu’on ne verra jamais et dont on ne sait rien, avec qui il va se mettre à parler.
Comme dans le texte de Camus, le choix est fait de laisser cet homme dans l’ombre, pour accentuer la solitude du héros qu’on pourrait qualifier sans difficulté de tragique, car c’est là que réside toute la violence du texte, dans la solitude de l’homme moderne, pour reprendre les mots de Camus.
Rapidement Jean-Baptiste Clamence se présente à son nouvel ami sous un jour des plus plaisants, avec parfois une pointe de vantardise propre à celui qui cherche l’approbation de son auditoire. Pourtant, très vite, le monologue de Clamence prend une toute autre dimension et devient plus introspectif, plus intime. Petit à petit, la carapace se fissure et il se donne à voir tel qu’il est vraiment, n’hésitant pas à se décrire sous un jour plus cynique, mesquin, comme lorsqu’il avoue jubiler à l’idée de faire l’aumône ou lorsqu’il parle de ses conquêtes amoureuses et de sa façon de traiter les femmes.
Si, dans le texte de Camus, l’intime est à ce point dévoilé, Géraud Bénech et Stanislas de la Touche, à travers leur mise en scène, ont fait le choix de l’accentuer, pour faire raisonner un peu plus en nous ce texte écrit il y a plus de soixante ans et dont la modernité reste toujours aussi saisissante.
En effet, si l’intime est à ce point central dans l’adaptation à l’instar de l’œuvre originale, c’est qu’il est au cœur de l’évolution du personnage. Il ne fait aucun doute que Clamence était au départ l’homme qu’il décrit avec délectation, mais un événement tragique va venir bousculer ses certitudes et le transformer en cet être cynique qui se donne à voir.

Le récit de Camus est parfois abrupt, tant le personnage semble passer d’un état à un autre, tel un corps porté par les flots. La prestation de Stanislas de la Touche parvient, avec beaucoup de justesse, à transposer le texte sur scène. L’acteur est constamment en équilibre pour conférer au propos ce qu’il faut de pathos et de cynisme, sans jamais exagérer le trait. Stanislas de la Touche donne vie sous nos yeux au héros camusien, avec une incroyable facilité.
De plus, le choix de la mise en scène et du décor épuré accentuent cet effet de solitude et participent au sentiment de malaise que le spectateur ressent parfois à l’écoute des confidences du héros. Le spectateur assiste impuissant à la chute de cet homme, mais pas à celle de l’acteur qui, au contraire du héros, s’élève grâce à sa prestance.

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La Chute de Camus

Un texte puissant, impeccablement servi !

"La Chute" au Théâtre de la Contrescarpe : un texte puissant, impeccablement servi Quel bonheur de pouvoir retourner au Théâtre de la Contrescarpe où Baz'art a pu voir tant de beaux spectacles ces dernières années, comme Fausse note de Didier Caron ou Pas d'souci du... Lire plus

"La Chute" au Théâtre de la Contrescarpe : un texte puissant, impeccablement servi

Quel bonheur de pouvoir retourner au Théâtre de la Contrescarpe où Baz'art a pu voir tant de beaux spectacles ces dernières années, comme Fausse note de Didier Caron ou Pas d'souci du génial Philippe Fertray ! Un bonheur décuplé quand la pièce du Grand Retour s'avère aussi puissante que bien interprétée.

Nous voici dans un bar miteux, quelque part en Hollande. Un homme, Jean-Baptiste Clamence (Stanislas de la Tousche) se tient debout, ou du moins, essaie, fortement ébranlé par un état d'ébriété qui va le pousser à la confidence.

Pendant une heure, il raconte, s'épanche, se dévoile. Tantôt avec désespoir, tantôt avec colère. Parfois avec cynisme. Il nous parle d'une Chute, ou plutôt, de plusieurs. Celle d'une femme, un soir, dans la Seine : une femme qu'il n'a pas voulu secourir et dont le souvenir le hante. De celle qui a été la sienne, depuis le drame, aussi. Jadis homme du monde, brillant avocat, apprécié des femmes, Jean-Baptiste Clamence a connu la déchéance et se présente désormais comme comédien, ou "juge-pénitent" à qui veut bien l'entendre et accepte de l'écouter.

Les mots puissants d'Albert Camus sont incroyablement incarnés par Stanislas De la Tousche, impeccable du début à la fin, quelles que soient les émotions traduites dans ce soliloque déversé comme un intarissable torrent.

La mise en scène sobre et efficace de Géraud Bénech allie habiles effets de lumière et sonores qui nous projettent tantôt dans l'obscurité d'un bar bruyant, tantôt en pleine rue, au bord d'une eau glacée. Des images vidéo viennent s'ajouter à ces effets techniques, mettant l'homme face à lui-même, face au reflet de son égoïsme, de sa lâcheté, de sa culpabilité.

Albert Camus a voulu nous offrir une peinture sans fards de l'homme occidental à travers cet homme qui a subi la Chute - ou l'a précipitée. C'est parfois troublant, souvent touchant, toujours puissant.

"La Chute" est une pièce exigeante à voir, à soutenir, maintenant que, ô bonheur, nos théâtres ont rouvert leurs portes. Bravo !

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La Chute de Camus

Superbe pièce interprétée à merveille par le talentueux comédien Stanislas de la Tousche !

« C’est une superbe pièce que nous présente le metteur en scène Géraud Bénech interprétée à merveille par le talentueux comédien Stanislas de la Tousche. »

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La Chute de Camus

La parole est portée de manière émérite avec une éloquence sensible par Stanislas de la Tousche !

Monologue dramatique d'après l'œuvre éponyme de Albert Camus interprété par Stanislas de la Tousche dans une mise en scène de Géraud Bénech. "La Chute" dernier opus de l'écrivain et philosophe Albert Camus, s'articule autour de la chute, entendue comme le péché... Lire plus

Monologue dramatique d'après l'œuvre éponyme de Albert Camus interprété par Stanislas de la Tousche dans une mise en scène de Géraud Bénech.

"La Chute" dernier opus de l'écrivain et philosophe Albert Camus, s'articule autour de la chute, entendue comme le péché originel, et la thèse de la culpabilité consubstantielle à la nature humaine dans une variation athée de la morale judéo-chrétienne qu'il aborde dans le registre de la controverse philosophique.

Albert Camus a précisé qu'il dressait "le portrait d'un petit prophète comme il y en a tant aujourd'hui. Ils n'annoncent rien du tout, et ne trouvent pas mieux à faire que d'accuser les autres en s'accusant eux-mêmes". Un homme singulier, et dont le nom Jean-Baptiste Clamence renvoie symboliquement au prophète biblique Jean le Baptiste clamant dans le désert, se révélant un vaniteux pratiquant une autosatisfaction sans limite quant à sa supériorité intellectuelle, délivre sa confession de p(r)êcheur pour qui "chaque homme témoigne du crime de tous les autres".

Ce témoignage-confession sous forme dialogale de convention avec un interlocuteur muet est celui d'un homme obsédé par un acte, non sa commission mais son omission, qui ressort à la confrontation avec soi-même sur le mode du plaidoyer et/ou réquisitoire d'un homme révélant non seulement sa culpabilité mais sa duplicité.

Travaillent régulièrement de concert, ainsi pour le superbe "Derniers entretiens" d'après l'oeuvre de Louis-Ferdinand Céline, le comédien Stanislas de la Tousche et le metteur en scène Géraud Bénech présentent une transposition scénique qui rend compte de la dualité consubstantielle du personnage, ainsi que ce dernier l'indique en évoquant "la fine crête qui sépare l'hyperacuité de la folie".

L'ambiguité de la confrontation avec soi-même, à laquelle s'ajoute l'invocation, d'autant plus brillante qu'elle émane d'un ancien avocat, de la circonstance atténuante tenant à l'universalité du comportement humain se révèle, en l'espèce, on dans le bar orignel mais "in door" dans l'espace intime d'un cabinet de travail.

La parole est portée de manière émérite avec une éloquence sensible par Stanislas de la Tousche qui navigue subtilement entre la vraie fausse humilité du repentant et le faux vrai cynisme du "pécheur".

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La Chute de Camus

Camus porté en majesté !

Une adaptation libre et nécessaire du texte d’Albert Camus La chute au Théâtre de la Contrescarpe Programmée tous les mercredis et les jeudis à 19h au théâtre de la Contrescarpe, la pièce imaginée par Albert Camus et publiée chez Gallimard en 1956 retrouve une nouvelle... Lire plus

Une adaptation libre et nécessaire du texte d’Albert Camus La chute au Théâtre de la Contrescarpe

Programmée tous les mercredis et les jeudis à 19h au théâtre de la Contrescarpe, la pièce imaginée par Albert Camus et publiée chez Gallimard en 1956 retrouve une nouvelle jeunesse avec l’excellent Stanislas de la Tousche dans le rôle de Jean-Baptiste Clamence avec la mise en scène inventive de Géraud Bénech. Quelques accessoires bien trouvés permettent d’insuffler un vrai rythme à un monologue qui remet en cause les certitudes sur une vie réussie. La pièce montre bien que le blanc est noir, que le noir est blanc, et rien n’est acquis à l’homme, ni sa force, ni sa faiblesse ni son cœur.

 

Camus porté en majesté
Ce qui est considéré comme le dernier grand récit d’Albert Camus est un véritable réquisitoire contre les fausses certitudes de l’homme moderne. Avec un art consommé du mot et du verbe, l’auteur nobelisé remet en cause la réussite professionnelle, la reconnaissance collective et les conquêtes amoureuses en soulignant bien la vanité constante des choses, les flagorneries jamais entendues et tout ce qui construit l’édifice du vaniteux du XXe siècle. Un quidam visiblement imbu de lui-même si on tient compte de sa prolifique et inarrêtable faconde s’adresse à un inconnu dans un bar miteux d’Amsterdam nommé Mexico City. Ce rade dérisoire est le dernier royaume d’un mondain parisien échoué là suite à une disgrâce personnelle. Après un torrent de fleurs jetées sur son oeuvre de grand homme et de bon samaritain, le masque tombe et la véritable personnalité, longtemps autant cachée qu’ignorée, refait surface. Jean-Baptiste Clamence avoue ses travers et se définit comme un juge pénitent qui s’accuse soi-même afin de pouvoir devenir juge des autres. Le comédien rivalise de procédés oratoires pour coller au texte de Camus tout en prenant des libertés surprenantes, comme ce moment charnière où le personnage entend un corps tomber dans l’eau sans savoir sauver cette personne à la dernière extrémité de sa vie. Le moment où tout bascule passe sur un magnéto qui fait défiler une bande qui accompagne le comédien tout du long du spectacle. Avec une canne à pêche, il signifie son désir de sauver autrui, avec une ballerine, il figure ses conquêtes féminines, un miroir symbolise un côté sombre où des personnages démoniaques apparaissent. Là où la fête occupait l’existence d’un homme imbu de lui-même, le spectacle de la déchéance personnelle le fait descendre de son piédestal et se rendre compte de l’égoïsme de sa condition. Le texte, la mise en scène et le comédien sont au diapason pour faire réfléchir les spectateurs sur la force intrinsèque d’un texte essentiel de la littérature française.

Après de nombreuses présences à d’autres adaptations de ce texte de Camus, force est de constater que celle-ci est au-dessus du lot. Parfaitement interprété avec un texte déclamés au cordeau, La Chute redevient ce texte essentiel à lire et relire pour se donner une bonne dose de modestie et d’humilité. De quoi croire aux valeurs de justice et de responsabilité en mettant à distance les mirages de la société capitaliste, le bon moment pour revoir cette pièce tous les mercredis et jeudis soir de Juillet au Théâtre de la Contrescarpe à Paris !

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La Chute de Camus

Une belle performance d’acteur !

Un avocat très imbu de lui-même croise sur un pont une jeune fille prête à sauter à l’eau. Il continue son chemin, l’entend tomber, et ne se retourne pas. Sa vie dès lors prendra une tout autre tournure. Cette surprenante pièce, adaptée du roman éponyme d’Albert... Lire plus

Un avocat très imbu de lui-même croise sur un pont une jeune fille prête à sauter à l’eau.
Il continue son chemin, l’entend tomber, et ne se retourne pas.
Sa vie dès lors prendra une tout autre tournure.
Cette surprenante pièce, adaptée du roman éponyme d’Albert Camus, nous interroge sur notre égoïsme et la futilité de nos motivations.

Stanislas de la Tousche, seul en scène, fait vivre intensément son personnage. Une belle performance d’acteur !

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Théâtre au vent

La Chute de Camus

L’homme qui parle nous émeut.

Dans sa prière d’insérer de l’édition de la Chute (1956) Camus présente « L’homme qui parle » : Il a le cœur moderne, c’est-à-dire qu’il ne peut supporter d’être jugé… Fait-il son procès ou celui de son temps ?... Lire plus

Dans sa prière d’insérer de l’édition de la Chute (1956) Camus présente « L’homme qui parle » : Il a le cœur moderne, c’est-à-dire qu’il ne peut supporter d’être jugé… Fait-il son procès ou celui de son temps ?
Pour adapter ce roman-monologue sur une scène de théâtre, il faut rentrer dans le film du personnage, c’est-à-dire deviner ce qu’il voit, ce qu’il ressent tandis qu’il parle car aussi bien, il y a ce que disent les gestes, le corps et que les mots seuls ne peuvent exprimer.  C’est tout l’intérêt de cette représentation théâtrale de la chute. Incarné par Stanislas de la TOUSCHE, Jean-Baptiste Clamence devient un personnage sur scène au même titre qu’un personnage Shakespearien ou plus évident pour nous qu’un personnage de Dostoïevski, Stavroguine dans les Possédés ou le narrateur des Carnets du sous-sol décrit comme un individu maniaco-dépressif.
Mais au fond, au-delà de sa description sociale – il s’agit d’un ancien avocat très prisé – qui se nomme Jean-Baptiste Clamence, il est un homme parmi les hommes qui est tout nu dès lors qu’il s’expose au jugement et au regard des autres. Le point de départ du cataclysme moral de cet individu est terrible. L’homme est obsédé par le souvenir d’une défaillance : il n’est pas venu au secours d’une jeune femme en train de se noyer. 
L’origine de cette défaillance pourrait être interprétée de diverses façons. La plus simple est de penser qu’il n’a pas eu le courage. Manquer de courage c’est aussi être humain mais Jean-Baptiste Clamence déteste cette image que lui renvoie son comportement, il la déteste au point qu’il la foule à ses pieds et à travers reconnait celle de l’homme en général.
Le réquisitoire contre la société de son temps est sous-tendu par la véhémence d’une douleur quasiment physique, l’homme a aussi bien mal dans son corps que dans son esprit.


La mise en scène de Géraud BENECH fait penser à un rêve éveillé, un cauchemar qui a cela de pittoresque qu’il nous transporte dans un bouge, un bar d’Amsterdam où se retrouvent des êtres qui fuient la solitude. Et il y a cet instrument magique du miroir qui ne cesse de s’agiter, de vaciller, se consumer comme une flamme telle la vie de cet homme.
Cette intrusion du fantastique donne de la chaleur au personnage, elle s’accorde à la fièvre qui l’habite si justement exprimée par Stanislas de la TOUSCHE.


Le personnage hanté par le souvenir de sa propre lâcheté, nous ne le voyons pas en quête du bonheur ni même de son salut. Pour excessive que puisse paraître son introspection bordée de cynisme, elle agit comme un volet qui frappe contre le mur, elle l’appareille au monde.


Le public se trouve dans la position de l’interlocuteur muet de Jean-Baptiste Clamence, certainement embarrassé, médusé par cette confession torrentielle.  Stanislas de la TOUSCHE ne donne même pas l’impression de jouer, il est cet homme qui se confesse, se livre corps et esprit pour regarder la nuit en face.  De chair et de sang, avec cet ego vacillant comme une mouche aveugle, en quête de lumière, l’homme qui parle nous émeut.

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La Chute de Camus

À voir absolument !

Un bar à matelots à Amsterdam. Une atmosphère enfumée, glauque, pleine de la cacophonie des beuveries qui s'entrechoquent. Jean-Baptiste Clamence, un habitué des lieux, y détone par son élégance décontractée, son sourire et sa faconde courtoise. Il se porte au secours d'un... Lire plus

Un bar à matelots à Amsterdam. Une atmosphère enfumée, glauque, pleine de la cacophonie des beuveries qui s'entrechoquent. Jean-Baptiste Clamence, un habitué des lieux, y détone par son élégance décontractée, son sourire et sa faconde courtoise. Il se porte au secours d'un client en peine de boisson et noue une camaraderie de circonstance, qui va se muer en complicité touristique au long des quais, dans la senteur trouble des feuilles mortes.
S'inaugure alors, comme une sorte d'exorcisme inefficace, la longue confession de Clamence, ressassée, sans cesse peaufinée. Celle des souvenirs décrits avec précision qui l'ont amené à son statut actuel, loin du Paris de ses succès professionnels et mondains d'antan. Tel fut le choc vital d'une mauvaise conscience jamais amendée, du cynisme amoureux, de la vanité qui explosent au détour d'un quai nocturne, d'une chute inexorablement amorcée.
L'exil vers ces lieux sordides, quasi exotiques, autorise une résurrection morale, que désormais il partagera avec des inconnus de fortune, à qui il offre ainsi la possibilité de leur salut. Juge-pénitent, juge légitimé par sa propre pénitence, Clamence extrapole son expérience au dévoilement de la veulerie universellement partagée.

 

Ce texte flamboyant, d'une originalité et d'une puissance inouïes, n'a pas pris une ride depuis 1956. Stanislas de la Tousche renforce davantage sa vitalité signifiante, faisant de chaque spectateur l'inconnu de passage qu'il interpelle sans lui laisser le temps de reprendre souffle, avant de le laisser s'en retourner vers son propre questionnement. Ébranlé, pas indemne.
À voir absolument.

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La Chute de Camus

C'est magistralement servi !

La Chute au Théâtre de La Contrescarpe : Stanislas de la Tousche, impressionnant, sert le texte d’Albert Camus dans une mise en scène de Géraud Bénech, une mise en abyme qui laisse le spectateur fixer la limite entre la représentation et sa réflexion Sur la scène, un bureau, une... Lire plus

La Chute au Théâtre de La Contrescarpe : Stanislas de la Tousche, impressionnant, sert le texte d’Albert Camus dans une mise en scène de Géraud Bénech, une mise en abyme qui laisse le spectateur fixer la limite entre la représentation et sa réflexion
Sur la scène, un bureau, une machine à écrire, un magnétophone à bandes, un miroir. Pendant que le public trouve sa place, un homme entre sur scène, en marcel et bretelles, écoute la bande au casque, tape à la machine… Cette nuit là, en novembre, je regagnais la rive gauche et mon domicile par le Pont Royal…

Cette nuit là, l’homme a vu une jeune femme tomber dans la Seine, il n’a pas réagi. Maintenant il est à Amsterdam, au Mexico City, un bar de marins. Il partage des genièvres avec un inconnu, il va lui raconter sa vie. La vie d’un avocat brillant à qui tout vient facilement, la réussite, l’argent, les femmes. Devant cet homme, il va prendre conscience de l’égoïsme, du vide de sa vie. Il a laissé un de ses camarades mourir sous ses yeux, il a manipulé les femmes, sans jamais s’intéresser à un autre que lui. Petit à petit, ce n’est plus de lui qu’il parle, mais de l’homme moderne, en tout cas dans sa version occidentale.

Le spectateur est là, il voit cet homme mettre à nu sa conscience devant un inconnu, s’observer à travers un miroir, laisser s’effondrer les valeurs sur lesquelles il s’est construit.


Le travail de Stanislas de la Tousche est impressionnant. Il sert le texte avec une profondeur qui force le respect, en se donnant le temps, dans les gestes, dans la voix, une voix sans urgence, qui sait allonger les syllabes, retrouver le ton du parisien bien éduqué des années 50. Avec lui, grâce à lui, je sentais petit à petit s’effondrer Jean-Baptiste Clamence, ses certitudes, ses barrières. Je voyais un homme qui ne s’est intéressé qu’à lui même franchir une borne, réaliser sa propre vacuité, cette vacuité à laquelle il ne peut plus échapper.

 

La mise en scène de Géraud Bénech apporte une mise en abyme complémentaire, il y a sur scène un acteur, deux hommes, celui qui se livre et celui qui écrit, Clamence et Camus. Clamence est-il Camus, je suis sorti sans trancher, faut-il d’ailleurs choisir entre le niveau de la réflexion et celui de la représentation, le spectateur observe-t-il Camus qui observe Clamence, ou le spectateur est-il, comme Camus, comme Clamence, un homme moderne face à sa vacuité… chacun trouvera sa frontière.

 

Une raison d’aller voir la pièce ? Parce que c’est Camus, et que c’est magistralement servi. Pour la beauté du texte. Parce que le propos est actuel, trop actuel. Parce que vous aimez le théâtre. Parce que Camus est à votre programme de Français ou de Philo. Parce qu’il vous arrive de réfléchir.

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La Chute de Camus

Un texte aux profondes réflexions, sans préjugés...

À chacun son esclave, mais qui le dira ? Certaines vérités, qui les reconnaîtra ? Qui s'afficherait tel qu'il est réellement ? Un homme se revisite intérieurement, Il retrace sa vie presqu'éternellement Comme un voyage se refait mentalement. Au «Théâtre de la... Lire plus

À chacun son esclave, mais qui le dira ?
Certaines vérités, qui les reconnaîtra ?
Qui s'afficherait tel qu'il est réellement ?
Un homme se revisite intérieurement,
Il retrace sa vie presqu'éternellement
Comme un voyage se refait mentalement.

Au «Théâtre de la Contrescarpe», défilent
Toutes les petites lâchetés qui s'enfilent
Sur le collier d'existence où s'attache un fil
Qui pourrait se transformer en un nœud coulant.

Chacun exige d'être innocent à vil prix ...
Un miroir renvoie une image déformée,
Livrant son âme pieds et poings liés et pris
Dans les filets du monde qui s'est transformé.

«Le sommeil était une chute»
«Et la veille un accroupissement»,
Dans une cellule où on lutte
Recroquevillé sur ses tourments.

«Je suis la fin et le commencement»
«J'annonce la loi» pour un jugement.
«Les juges intègres» ne sont finalement
Qu'une pâle copie voguant innocemment.

Discours qui libère philosophiquement ;
«Plus je m'accuse et plus j'ai le droit de vous juger».
Un texte aux profondes réflexions, sans préjugés,
Servi par un souffle qui a su exiger
De l'acteur qu'il l'expulse de lui intensément.

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La Chute de Camus

Vibrant hommage à Albert Camus ! Formidable performance !

Une méditation vertigineuse sur l'homme moderne occidental, un vibrant hommage à Albert Camus. Dans La Chute se joue l'introspection aussi partiale que, néanmoins, impitoyable, d'un brillant avocat au soir de sa vie. Un homme aux succès multiples, parfaitement satisfait dans son égoïsme et son... Lire plus

Une méditation vertigineuse sur l'homme moderne occidental, un vibrant hommage à Albert Camus.
Dans La Chute se joue l'introspection aussi partiale que, néanmoins, impitoyable, d'un brillant avocat au soir de sa vie. Un homme aux succès multiples, parfaitement satisfait dans son égoïsme et son hubris, fascinant son entourage - à l'en croire du moins. Un jeu constant avec les sentiments d'autrui. Un tourbillon de divertissements, jusqu'à l'épuisement. Une forme d'enivrement, après les années noires de la guerre. Mais une homme qui sombre lorsqu'il se rend compte qu'il a eu la lâcheté de laisser sous ses yeux se noyer une jeune femme, sans un regard, sans une main tendue. Chute d'un corps dans la Seine, qui dès lors se représentera sans cesse à son imagination enfiévrée, chute morale d'une conscience brusquement rappelée à une responsabilité qu'elle avait oubliée. Chute d'un esprit qui ne peut supporter l'éblouissement de la lucidité.


C'est un défi que de représenter La Chute sur scène. Relevé haut la main. Formidable performance de Stanislas de la Tousche qui, seul sur scène, sait capter l'attention de son public. Il sait restituer ce malaise instauré par le point de vue unique, l'abîme insondable d'un être confronté à la fissuration de son être social et à l'irruption soudaine d'un miroir assassin.
Henriette Casaubieilh

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Cette adaptation se caractérise par son éclatante cohérence !

“Une valise à la main, tout de blanc vêtu, l’homme avance lentement sur scène. Bientôt, les mots de Proust s’élèvent dans leur troublante et mystérieuse beauté. Réalisée à partir d’extraits plus ou moins connus de “À la recherche du temps perdu”, cette adaptation se caractérise par son... Lire plus

“Une valise à la main, tout de blanc vêtu, l’homme avance lentement sur scène. Bientôt, les mots de Proust s’élèvent dans leur troublante et mystérieuse beauté. Réalisée à partir d’extraits plus ou moins connus de “À la recherche du temps perdu”, cette adaptation se caractérise par son éclatante cohérence. Une même évidence qui se retrouve dans la mise en scène où le moindre objet a sa justification, le moindre silence sa raison d’être. Une réussite parachevée par l’interprétation envoûtante de David Legras, qui nous emmène sur le chemin sinueux des souvenirs à la rencontre de la duchesse de Guermantes ou d’Albertine. Un plaisir rare au goût aussi savoureux que celui d’une petite madeleine.”

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

La présence scénique humanise tout en sobriété cette écriture géniale.

Une gageure que de mettre sur les planches “À la recherche du temps perdu”. Virgil Tanase s’y essaie pourtant et parvient à nous faire entrer dans le monde de Marcel Proust par une petite porte tout en finesse. Des morceaux choisis, des phrases, des moments de texte qui évitent l’écueil des raccourcis. Sur scène,... Lire plus

Une gageure que de mettre sur les planches “À la recherche du temps perdu”. Virgil Tanase s’y essaie pourtant et parvient à nous faire entrer dans le monde de Marcel Proust par une petite porte tout en finesse. Des morceaux choisis, des phrases, des moments de texte qui évitent l’écueil des raccourcis. Sur scène, quelques-unes des thématiques fortes du roman : la réminiscence et le souvenir chers à l’auteur, entre autre. Et David Legras, seul sur le plateau, nous fait partager intelligemment la phrase proustienne, dont la structure complexe se déroule avec jouissance, servie par la clarté de la diction et l’expressivité du comédien. La présence scénique humanise tout en sobriété cette écriture géniale. Sans l’appauvrir.
L’on écoute comme une évidence ce soliloque oiseux, cette introspection qui, au sens propre, nous parle. Les quelques accessoires suggèrent l’incarnation des figures chéries. Ils rythment les moments du texte soutenant l’attention de l’auditoire, servant d’allégories à tous les personnages et notions présents fantomatiquement. En une heure et quart, le spectateur perçoit les plus minuscules détails qui peuplent la vie de l’enfant jusqu’à ceux qui obnubilent l’homme d’âge mûr. Une description de chambre, une évocation de femme ou une peinture de comparses vieillissants.
Combray, Albertine, Swan, vous n’aurez qu’une hâte au terme du spectacle : les retrouver, (r)ouvrir l’un des tomes, au hasard et ressentir à nouveau ce que vous avez éprouvé à la lecture d’un Proust, jadis”

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Des tonalités cristallines pour une symphonie romanesque.

Des tonalités cristallines pour une symphonie romanesque “À la recherche du temps perdu de Marcel Proust rivalise avec l’ambition des cathédrales et des symphonies. Virgil Tanase met en scène cette balade du souvenir aux couleurs sépia, trempées des rayons réfractés de la vie passée. Des occasions... Lire plus

Des tonalités cristallines pour une symphonie romanesque
“À la recherche du temps perdu de Marcel Proust rivalise avec l’ambition des cathédrales et des symphonies. Virgil Tanase met en scène cette balade du souvenir aux couleurs sépia, trempées des rayons réfractés de la vie passée. Des occasions d’éblouissements pour des intuitions que l’on croyait perdues, avec la sérénité et l’inquiétude contrôlée de David Legras, le flâneur dont les pensées et les mouvements mènent à des relais obligés du cycle proustien. L’écriture, produite dans une chambre tapissée de liège, ne saurait oublier toutes les alcôves protectrices de l’enfance, entre rideaux de mousseline à la blancheur d’aubépines chez les grands-parents à Combray, et l’odeur de renfermé que distillent des brindilles de bois sur le sol, un morceau de temps retrouvé: « Longtemps, je me suis couché de bonne heure… ». Surgit soudainement à la mémoire la disparition signifiante de la grand-mère, l’instant où le garçon prend conscience qu’il ne la reverra plus, tout en chaussant ses bottines.
Miracle d’un crissement qui laisse affleurer les jours anciens
Au rendez-vous, la fameuse madeleine, moment inattendu d’une félicité goutée à nouveau, à l’instant même où les «miettes du gâteau » imbibées de thé touchent le palais. Voilà l’envahissement d’un « plaisir délicieux » dont l’adulte ne peut saisir la cause, une simple offrande dominicale de la tante Léonie à l’enfant qu’il était. Quand au sentiment de l’amour, il s’impose à travers le portrait d’Albertine, l’adolescente si changeante rencontrée pendant la villégiature normande. Le spectacle donne la mesure des trésors poétiques de l”A la recherche du temps perdu” à l’aide d’images scéniques réinventées, non pas par le déséquilibre attendu des « deux dalles inégales du baptistère de Saint-Marc », mais grâce à une voiture enfantine du siècle dernier avec un guignol de poupées. Miracle d’un crissement de métal pleurant qui laisse affleurer les jours anciens.”

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Les réminiscences s’entremêlent et donnent la vie à ce très beau “À la recherche du temps perdu”

“Il faut du cran pour se risquer à pénétrer dans le temple de Proust. Le parfum de ses réminiscences échappe à nombre de flacons… Alors, une heure et quart de recherche. Il s’agit de faire jaillir le passé dans le présent ; de réitérer une sensation pour lui faire dire ce qu’elle renferme de souvenirs. Le... Lire plus

“Il faut du cran pour se risquer à pénétrer dans le temple de Proust. Le parfum de ses réminiscences échappe à nombre de flacons… Alors, une heure et quart de recherche. Il s’agit de faire jaillir le passé dans le présent ; de réitérer une sensation pour lui faire dire ce qu’elle renferme de souvenirs. Le désir de Proust – retrouver par les mots un plaisir évanoui – est atteint grâce à un processus mental minutieux, auquel le spectateur assiste, en même temps qu’il se délecte de la magie poétique des images. David Legras apparaît là comme un « voyant ». Il transmet cette « fièvre de la recherche » au pays de la mémoire, avec une flamme particulièrement captivante. Il voyage dans l’écriture de Proust, en nous la restituant fluide, voluptueuse et enivrante. Les moments choisis, dont fait partie le passage de la mythique madeleine «imbibée de thé», l’amour exaltée envers l’étrange, l’ambigüe Albertine, s’incarne dans les quelques accessoires présents sur la scène. Un phono, du vieil or, des fleurs, une poupée, un simple grincement : tout nous propulse dans cette galerie de miroirs, où les émotions enfouies se conjuguent et se reflètent encore une fois, au creux des phrases complexes et infiniment extatiques de Proust. Les réminiscences s’entremêlent et donnent la vie à ce très beau “A la recherche du temps perdu”, sous le pinceau d’un Virgil Tanase, au meilleur de sa forme.”

 

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

David Legras est fascinant, magistral !

D’emblée c’est beau, blanc sur noir. Atmosphère, ombre et lumière… Des draps blancs recouvrant des meubles, et déjà prend vie une maison prometteuse d’histoires, dans laquelle pénètre lentement un homme très élégant, tout de blanc immaculé... Lire plus

D’emblée c’est beau, blanc sur noir. Atmosphère, ombre et lumière… Des draps blancs recouvrant des meubles, et déjà prend vie une maison prometteuse d’histoires, dans laquelle pénètre lentement un homme très élégant, tout de blanc immaculé vêtu, entre deux âges. Ses mains s’emploient à interroger l’espace en le/se découvrant au fur et à mesure… Son regard hypnotique invite à une intimité étrangement pudique. Il raconte, partage des fragments de son passé. Avec une fébrilité maîtrisée, de sa voix modulable, il décortique les mots qui décortiquent les moments choisis, de manière à ce qu’ils paraissent tangibles pour/par tous les sens. L’éphémère devient universel, le banal se revêtit d’une importance capitale. L’homme qui parle au passé, par sa présence, est une évidence, apaisante et troublante à la fois. Il semble chercher sans réellement en avoir besoin, sauf peut-être pour se rassurer enfin de ne pas l’avoir perdu… tout ce temps.

Seul en scène, David Legras est fascinant, magistral dans son art de jongler avec le rythme et les intonations, la précision, l’émotion. Il sert avec panache et justesse le magnifique texte proustien.

Quant à la mise en scène, elle est surprenante, esthétique, épurée et inventive à la fois : Virgil Tanase l’a forgée à la hauteur de son talent et de son imagination. Et nul doute, ce grand Monsieur est un magicien espiègle qui aime transporter les spectateurs dans son univers particulier, où derrière le moindre détail scénique se cache un symbolisme inattendu. À vous/nous de trouver !

Certains, comme Gide, aiment Proust. Les autres le (re)découvrent grâce à cette pièce qui lui rend si majestueusement hommage.

Luana Kim

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Il y a en effet de quoi être impressionné par l’interprétation de David Legras !

Réuni au sein de la petite salle du Théâtre de la Contrescarpe, le public, souvent épris de l’œuvre de l’auteur mis en scène, découvre avec surprise, parfois même avec interrogation, un spectacle captivant, toujours sur le fil. Notre avis : Proust est l’auteur qui,... Lire plus

Réuni au sein de la petite salle du Théâtre de la Contrescarpe, le public, souvent épris de l’œuvre de l’auteur mis en scène, découvre avec surprise, parfois même avec interrogation, un spectacle captivant, toujours sur le fil.
Notre avis : Proust est l’auteur qui, souvent, fait l’unanimité au sein des adeptes de littérature. Il est certain cependant que l’écriture de ce dernier peut dérouter, par son caractère fortement descriptif, introspectif, patient. Pour réussir à lire Proust, il faut du temps, il faut aussi avoir vécu. Sinon, la magie n’opère sûrement pas pleinement.
On mesure alors le défi du comédien, David Legras, et de son metteur en scène, Virgil Tanase, pour rendre la Recherche accessible. Car c’est bien le texte de Proust que le spectateur écoute, attentivement, durant cette heure de réflexion. Réflexion sur l’oubli, sur le souvenir, sur l’être.
Il y a en effet de quoi être impressionné par l’interprétation de David Legras, totalement habité par ce texte, par ses circonvolutions, par sa musicalité, qu’il nous transmet merveilleusement. Mais il fut étonnant, en tant que spectateur, de ressentir parfois l’envie de retrouver ces mots seul, à côté d’une lampe de chevet, de se les dire à soi, dans sa tête. Le texte de Proust a cette particularité qu’il ne se donne pas facilement. Et si le comédien réussit brillamment à adapter son phrasé à la complexité du propos, le désir de le faire sien est plus grand que celui de se le faire conter.
Tout n’est qu’une question de goût finalement, car ce seul-en-scène aiguise toutes les subjectivités. Qui ne s’est pas en effet, un jour, repassé le film de sa vie en retrouvant sa chambre d’adolescent ? Son odeur, sa lumière, ses bibelots. Pour qui aime à se laisser aller à des pensées, sans pour autant s’y perdre, pour qui a le goût du questionnement, de la démesure et de l’absolu dans la quête de sens, cette pièce résonnera très certainement en lui.
Mais il fut par la même amusant de ressentir davantage l’envie de se replonger dans les pages de Proust, plutôt que de se projeter dans l’imaginaire du comédien. La Recherche a cette magie, cette plénitude, qui fera d’elle le roman de chacun.
En tout cas, ce spectacle démontre que l’amour des artistes pour cette œuvre est bien palpable.

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Un bien beau moment à conseiller vivement...

Virgil Tanase, romancier et dramaturge d’origine roumaine, est bien connu du public français. Installé sur notre territoire depuis 1977, il a réalisé depuis cette date nombre d’adaptations théâtrales d’inspirations très diverses. C‘est un court texte d’André... Lire plus

Virgil Tanase, romancier et dramaturge d’origine roumaine, est bien connu du public français. Installé sur notre territoire depuis 1977, il a réalisé depuis cette date nombre d’adaptations théâtrales d’inspirations très diverses.
C‘est un court texte d’André Gide sur l’œuvre de Marcel Proust qui déclencha en lui cette envie d’un nouveau spectacle.

A partir d’extraits soigneusement choisis des divers tomes de « A la Recherche », Tanase analyse le subtil processus de souvenir inconscient indissociable, selon lui, de l’acte de création artistique.

Dans les passages proposés on retrouve bien sûr les grands classiques, de l’église de Combray à la petite madeleine trempée dans le thé. Et puis d’autres, moins connus, qu’on vous laisse identifier.

Des noms évocateurs surgissent du passé, celui de la Duchesse de Guermantes, ceux de Bergotte et de Saint Lou et aussi des prénoms qui nous sont familiers, Albertine et Gilberte, par exemple.

C’est à David Legras qu’incombe la tâche délicate d’incarner le narrateur. Nous l’avions découvert dans une adaptation du « Petit Prince » de Saint-Exupéry au théâtre de la Pépinière il y a une dizaine d’années.

Tout de blanc vêtu de la tête aux pieds, avec un élégant chapeau, il est l’incarnation parfaite du sublime Marcel. Pendant une heure un quart il nous susurre sur le ton de la confidence, parfois gourmand, amusé ou surpris, les phrases choisies par le metteur en scène. Le tempo est lent, régulier puis soudain accéléré, comme dans une sonate au piano.

Quelques meubles, d’abord cachés par des draps blancs, constituent le premier décor. Un guéridon, une chaise et une commode, objets familiers anciens d’une maison de campagne que l’on ferme après l’été et que l’on retrouve à la saison suivante.

D’autres accessoires font petit à petit leur apparition sur la scène de manière originale, tels une poussette grinçante ou un chapeau d’Albertine. La parole de l’acteur est quelquefois relayée par un gramophone qui délivre le texte derrière un délicieux grésillement.

Un bien beau moment à conseiller vivement à tous ceux qui aiment être bercés par la magie des mots et la réminiscence des souvenirs qu’on croyait perdus à jamais.

«Proust est quelqu’un dont le regard est infiniment plus subtil et attentif que le nôtre, et qui nous prête ce regard tout le temps que nous le lisons. Et comme les choses qu’il regarde sont les plus naturelles du monde, il nous semble sans cesse, en le lisant, que c’est en nous qu’il nous permet de voir ; par lui tout le confus de notre être sort du chaos, prend conscience et « nous nous imaginons » avoir éprouvés nous-mêmes ce détail, nous le reconnaissons, l’adoptons, et c’est notre passé que ce foisonnement vient enrichir » disait André́ Gide.

Alex Kiev

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Des mots pour vous dire

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

David Legras sert avec justesse et une sacrée mémoire ces très beaux textes.

Trois grands draps blancs recouvrent le mobilier.
Sous une lumière tamisée qui rend immaculé et rutilant son costume trois-pièces, David Legras surgit du passé, une valise noire à la main que l’on devine pleine de souvenirs. Le regard accrocheur, il balaie la salle, retire doucement... Lire plus

Trois grands draps blancs recouvrent le mobilier.
Sous une lumière tamisée qui rend immaculé et rutilant son costume trois-pièces, David Legras surgit du passé, une valise noire à la main que l’on devine pleine de souvenirs.

Le regard accrocheur, il balaie la salle, retire doucement redingote et chapeau, et par la bouche de Proust nous transporte au temps jadis, dans la mémoire de l’écrivain.

Là resurgissent son amour pour Albertine, la maison de Combray, la mort de sa grand-mère, sa fascination pour la duchesse de Guermantes, sa sensation extatique pour la fameuse madeleine trempée dans une tasse de thé servie par sa tante Léonie. Mais aussi, dans une introspection profonde, toutes les petites émotions de son enfance qui restituées au présent – et sous l’analyse nécessaire de l’art, chère à Proust – les rendent immortelles.

Immortelles aussi les métaphores poétiques de cette œuvre colossale constituée de sept tomes et qui résonnent par extraits choisis dans la salle de La Contrescarpe.

Le grésillement d’un phonographe, le crissement d’un landeau qui se déplace comme par magie sur scène, une coiffeuse et un vieux lampadaire rappellent le XIXe siècle.
Écharpe et pot de fleurs donnent vie aux états d’âme de Marcel entre les mains de David Legras qui, sert avec justesse et une sacrée mémoire ces très beaux textes.

Carole Rampal

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Belle et saisissante plongée dans une écriture !

Critiques / Théâtre A la recherche du temps perdu de Marcel Proust par Gilles Costaz Le tournoiement de la mémoire Proust au théâtre. C’est une transposition bien périlleuse que quelques aventuriers tentent de faire régulièrement. En général, le parti pris... Lire plus

Critiques / Théâtre
A la recherche du temps perdu de Marcel Proust
par Gilles Costaz
Le tournoiement de la mémoire

Proust au théâtre. C’est une transposition bien périlleuse que quelques aventuriers tentent de faire régulièrement. En général, le parti pris n’est pas celui de la grande reconstitution d’une société mondaine, comme le cinéma a pu le faire à plusieurs reprises, mais celui de la miniature où l’évocation passe d’abord par la diction du texte et par la mise en place d’une atmosphère. Le spectacle réglé par Virgil Tanase – grand écrivain qui n’a jamais rompu avec son goût du théâtre et de la mise en scène – se place dans cette continuité. C’est un moment à une voix, à un acteur. Le décor est 1900, rétro, nostalgique. Mais les éléments – un miroir, un fauteuil, un gramophone (qui fonctionne) – se détachent de l’obscurité. Ils semblent à peine posés, comme cette écharpe blanche que l’acteur va suspendre en entrant en scène. 
Tout est centré sur le souvenir. Le choix de textes comprend bien entendu le passage sur l’émotion déclenchée par la mastication d’une madeleine mais, dans un montage subtil qui tourne comme une valse, fait se succéder d’autres pages hantées par la mémoire, l’attente du baiser quotidien de la mère et bien d’autres… C’est un calme et pourtant brûlant tournoiement.
David Gras est tout de blanc vêtu. L’acteur traduit ainsi un homme de la bonne société, soucieux de son élégance, mais pris dans la mélancolie, par sa quête lancinante du « temps perdu ». Il ne reste pas dans l’immobilité – comme on joue généralement Proust -, il a les gestes d’une personne qui veut s’expliquer et même convaincre, d’une façon un peu désespérée. La voix est tendre, mais ferme. Les émotions sont là mais non libérées, non transparentes. Nouées au contraire. C’est une courte, belle et saisissante plongée dans une écriture, un temps et une âme heureuse de sa nostalgie.

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Une remarquable prestation qui sort judicieusement des sentiers battus.

Seul en scène d'après l'oeuve éponyme de Marcel Proust interprété par David Legras dans une mise en scène de Virgil Tanase. De la lecture ("Ecouter Marcel Proust") à la variation warlijowskienne ("Les Français") en passant par la causerie théâtralisée ("Proust en... Lire plus

Seul en scène d'après l'oeuve éponyme de Marcel Proust interprété par David Legras dans une mise en scène de Virgil Tanase.
De la lecture ("Ecouter Marcel Proust") à la variation warlijowskienne ("Les Français") en passant par la causerie théâtralisée ("Proust en clair), "A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust, oeuvre-monde, à la fois monument littéraire, mausolée d'une société disparue et réflexion sur le temps, est régulièrement portée sur scène.
Indiquant dans sa note d'intention l'envie de prolonger son plaisir de la lecture de cette oeuvre et le faire partager au public, et avec la complicité efficace de Virgile Tanase à la mise en scène, le comédien David Legra a développé une partition à la forme singulière à plus d'un titre.
En effet, pour théâtraliser cette machine à remonter le temps et à créer, par le processus de la mémoire, un présent éternel à partir d'un passé enfui matérialisé dans une oeuvre d'art, il a composé un puzzle subtil d'extraits, brefs ou longs, recomposés qui n'évoquent que de manière presque incidente certains épisodes inscrits dans l'inconscient collectif tels, entre autres, la fameuse madeleine de Tante Léonie et le coucher à Combray.
Ensuite, il s'est affranchi de la déférence rigide dévolue aux chefs-d'oeuvre et à une prose mythique dont l'oralisation dans le cadre de la théâtralisation implique l'interprétation par l'acteur usant de toute la technique vocale du comédien pour, en l'espèce, traduire en rythmes les multiples ponctuations qui maintiennent l'écriture proustienne. une écriture funambule, et soutenir, comme en musique, son expressivité.
Ainsi, en adresse au public, du grave au facétieux, en jouant les mots à l'envi et osant la fantaisie, voire l'humour avec de malicieux clins d'oeil et d'inattendus inserts, David Legras endosse le personnage du narrateur autofictionnel dans sa quête du temps retrouvé.
Celui d'un voyageur dandy de blanc vêtu apparaissant, au sens premier du terme, tel un fantôme, dans un pièce aux meubles houssés du voile de l'oubli qui se révèle sinon familière du moins suggestive d'un lieu ressortant à un espace mental pour un voyage auquel il convie le spectateur.
Et il dispense une remarquable prestation qui, n'en déplaise aux pseudo-puristes proustiens, sort judicieusement des sentiers battus.

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

David Legras nous entraine dans la beauté du texte et sublime ces phrases...

Dans un enchaînement judicieux de passages choisis, David Legras nous invite à une promenade dans l’œuvre de Marcel Proust.  En sa compagnie, nous partons pour un voyage littéraire, A la recherche du temps perdu. À travers le fil conducteur du souvenir, thème central de... Lire plus

Dans un enchaînement judicieux de passages choisis, David Legras nous invite à une promenade dans l’œuvre de Marcel Proust. 
En sa compagnie, nous partons pour un voyage littéraire, A la recherche du temps perdu.

À travers le fil conducteur du souvenir, thème central de l’œuvre, David Legras nous guide et nous aide à suivre le narrateur en regardant non pas avec les yeux mais avec la mémoire.

L’enchaînement et les coupes choisies vont à l’essentiel de la Recherche et réussissent à extraire la plus pure essence du texte.
Les chambres dans lesquelles s’est endormi le narrateur, la madeleine de tante Léonie, les yeux fiévreux d’Albertine ou le malaise de Bergotte, chacun des passages de l’œuvre trouve ici naturellement sa place.

La diction et la gestuelle permettent de dépasser la simple lecture pour retrouver le plaisir d’une théâtralité qui crée un véritable échange avec le public. 
La mise en scène évoque toute la particularité de l’écriture de Proust centrée sur le détail.
Les meubles drapés de tissus trônent sur la scène tels des fantômes du passé. David Legras, élégant, vêtu d’un costume banc d’époque est entouré de ces objets d’un autre temps qu’il découvre et à qui il redonne vie.
L’adaptation éclaire tous les détails qui naissent de l’imagination fertile du narrateur, cette force narrative qui fait que les objets prennent vie et deviennent une figure amicale et réconfortante. 

Proust est sans cesse à la recherche d’une sensation éprouvée. David Legras et Virgil Tanase saisissent toute l’importance de cet anachronisme, ce décalage émotionnel entre les faits et leur ressenti.
La vivacité du souvenir nait d’une émotion, une émotion qui renait à travers ces extraits choisis qui s’entrelacent et s’articulent avec une cohérence qui éclaire l’œuvre de Marcel Proust.

David Legras nous entraine dans la beauté du texte et sublime ces phrases complexes chargées d’émotion et de poésie. Théâtre et littérature s’harmonisent et bercent nos retrouvailles avec la délicatesse de l’écriture proustienne.

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Chaque description se goûte comme une madeleine...

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil... Lire plus

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait… Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, Première partie Combray.
Jamais les premières phrases de la Recherche, ses phrases de Marcel Proust n’auront paru si juste, lui l’insomniaque de Balbec, de Combray. Revenu aujourd’hui, en ces temps de couvre-feu imposé dans certaines villes de France depuis samedi 17 octobre 2020, à 0h, qu’en aurait-il pensé de ce temps maintenant suspendu ? Lui, l’insomniaque du boulevard Haussmann et de la rue Hamelin. Lui, dont le père, le professeur Adrien Proust fut chargé, en 1869, d’une mission officielle en Russie & en Perse en vue d’obtenir un cordon sanitaire pour protéger l’Europe du choléra ! Comment son père aurait-il “combattu” la pandémie mondiale de la Covid-19 ?

Vêtu de blanc, comme revenant d’une station balnéaire, mallette-gramophone à la main, Marcel Proust (1871 – 1922) entre dans ce lieu. Est-ce son appartement ? Les meubles sont recouverts de draps blancs, comme si le propriétaire était de nouveau là, après plusieurs semaines d’absence. Un retour vers le présent. Il lui suffira de les ôter pour qu’apparaissent une table, un lampadaire, une coiffeuse suspendue, une voiture d’enfant avec sa poupée, une chaise. Les souvenirs peuvent resurgir, le temps aussi. La Recherche va renaître en heure quinze. Au lieu de 64 jours de lecture, à raison de deux heures par jour si l’on en croit le site Proustonomic soit 128 heures (1).

Á partir de ce qui semble être la chambre de Combray du narrateur, d’où tout partit un soir, David Legras nous entraîne dans le resurgissement de l’enfance, d’Albertine, de noms de personnes rencontrées, du fatal petit pan de mur jaune… Des extraits de la mystérieuse beauté des phrases de Marcel dites d’une façon lente, très lente, dans des instants où chaque description se goûte comme une madeleine. Avec délectation pour ce choix d’extraits intemporels choisis par Virgil Tanase.

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picto De la cour au jardin

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Un bien beau moment de théâtre et de littérature, que cette heure et quart-là !

Allez chauffe, Marcel ! Marcel, il arrive côté jardin, dans un somptueux costume blanc cassé très début XXème siècle, grand manteau, trois-pièces assorti, feutre sur le chef et chaussures bicolores. Dans sa main droite, une petite valise verte. Comme une première impression de... Lire plus

Allez chauffe, Marcel !

Marcel, il arrive côté jardin, dans un somptueux costume blanc cassé très début XXème siècle, grand manteau, trois-pièces assorti, feutre sur le chef et chaussures bicolores.
Dans sa main droite, une petite valise verte.
Comme une première impression de remonter le temps.

Le temps…

Ce temps qui semble s’être arrêté dans cette chambre dont les meubles ont été recouverts de draps, afin de les protéger de la poussière de l’oubli.

Ce temps proustien que le metteur en scène Virgil Tanase et le comédien David Legras ont eu l’excellente idée voici quelques années déjà (le spectacle fut créé à Avignon en 2002), l’excellente idée de nous faire retrouver.

Les deux hommes ont donc décidé de nous proposer cette immersion dans la colossale œuvre de Proust, en sélectionnant d’une part des extraits qu’ils jugeaient essentiels, et en « passant au gueuloir » ces morceaux choisis. Une gageure totalement réussie.

Passer Proust à l’oralité ? Pas seulement.
Non content de mettre en voix le texte, il s’agit véritablement ici de “mettre en corps” tout ce que nous écrit et nous dit l’auteur, de rendre non seulement audible, mais également visible ce qui fait la spécificité de la langue de Proust.
Nous voici donc dans la chambre de Marcel.
Avec l’auteur et le comédien, nous allons nous souvenir. Nous allons nous approprier les mots, la mémoire, les images qui nous seront dits et montrés afin d’obtenir ces morceaux de « temps à l’état pur ».

David Legras va les dire ces mots, ces images mémorielles. Il va les jouer.
Et de quelle façon !

Il commence de façon assez lente, comme étonné de se retrouver dans cette chambre.
Grâce à sa diction précise, grâce aux mots qui semblent s’envoler, grâce à la gestuelle de son personnage de dandy, nous sommes vraiment plongés dans l’univers du grand Marcel.

La présence scénique de David Legras permet de rendre « palpable » le texte ô combien passionnant.

Nous ressentons ces souvenirs d’enfance et de jeunesse, nous voyons, nous avons le goût de la célèbre madeleine, nous voici face à la duchesse de Guermantes, à côté d’Albertine (quelle bonne idée que ce grand foulard couleur chair…), ou de Mme Swann, nous nous étonnons de la gravure du Prince Eugène, nous apercevons même Bénodet…

Le souvenir, la mémoire sont également mis en scène grâce au contenu de la petite valise verte qui se révèlera être beaucoup plus qu’une petite valise verte.

Le monde de l’enfance est symbolisé notamment par un petit landau, un jouet, dans lequel se trouve une poupée de chiffon.

Avec ce montage d’extraits plus ou moins connus, Virgil Tanase et David Legras nous rappellent et nous démontrent le caractère paradoxalement intemporel de l’œuvre de Proust.
Grâce à eux, Proust nous parle vraiment. Au sens propre comme au figuré.

Comme plusieurs familles hier soir, si vous voulez faire découvrir l’œuvre à des adolescents, emmenez-les donc au théâtre de la Contrescarpe.

Quant à moi, je n’avais qu’une envie en sortant de la salle : ouvrir les différents volumes de la Recherche afin de retrouver ce que j’avais vu et entendu.

Un bien beau moment de théâtre et de littérature, que cette heure et quart-là !

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

David Legras, voyageant dans l’écriture de l’auteur, nous les restitue de façon remarquable.

Le goût particulièrement agréable des petites madeleines trempées dans du thé chez sa grand-tante Zélie à Coudray fait surgir chez Marcel Proust, une explosion de souvenirs. David Legras, voyageant dans l’écriture de l’auteur, nous les restitue de façon remarquable.... Lire plus

Le goût particulièrement agréable des petites madeleines trempées dans du thé chez sa grand-tante Zélie à Coudray fait surgir chez Marcel Proust, une explosion de souvenirs.

David Legras, voyageant dans l’écriture de l’auteur, nous les restitue de façon remarquable.
Il évoque, tout d’abord ,le souvenir de la chambre où il séjournait, au décor d’autrefois avec ses rideaux de mousseline et la lumière qui pénétrait par la fenêtre à travers les branches d’un aubépine.
Il pense ensuite à la disparition successive de sa grand-mère, de son père et de sa mère.
Une nuit de 1908, il a la révélation que grâce à l’écriture la mort de ces êtres chers ne les a pas tout à fait atteints.
Ensuite, le souvenir de son ami Abertine, lui rappelle que l’amour n’est pas comme l’écoulement de l’eau d’un long fleuve tranquille. Toute passion mène à l’échec.
Il n’existe pas d’amour heureux, car aimer revient à éprouver de la jalousie.
Le tableau du duc de Guermande lui rappelle qu’en politique la vérité n’existe pas, et, que les nationalismes mènent à la guerre…
Marcel Proust n’a pas de bons rapports avec la médecine mais les bienfaits apportés par l’évocation de tout ces souvenirs en fait un médecin de l’âme.

David Legras, très élégant, voyage dans l’univers de Proust et nous le restitue sous la forme de confidences.
Le public est captivé, et pense que Marcel Proust est à la recherche des paradis perdus car ce sont les vrais paradis !

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Une pièce tout en élégance et sensualité qui s’écoute autant qu’elle se voit.

Quand Virgil Tanasse s’intéresse à Marcel Proust, cela donne un spectacle d’une beauté et d’une élégance rares. « À la recherche du temps perdu » est une rêverie poétique et mélancolique sur le temps, les souvenirs et l’art. Le passage sur la... Lire plus

Quand Virgil Tanasse s’intéresse à Marcel Proust, cela donne un spectacle d’une beauté et d’une élégance rares. « À la recherche du temps perdu » est une rêverie poétique et mélancolique sur le temps, les souvenirs et l’art.

Le passage sur la Madeleine est un moment d’une beauté époustouflante, mais la magie opère, particulièrement, quand le thème de la création artistique est abordé.

Qu’est-ce qu’une œuvre d’art sinon cette façon de contraindre l’émotion à se plier aux règles de l’esprit ?

Le lien se resserre, alors entre l’œuvre magistrale de Proust et cet objet théâtral.
Théâtre littéraire, promenade de la pensée, parcours poétique, ce seul en scène est totalement inclassable et le poser, le temps d’un instant au Théâtre de la Contrescarpe, dans le quartier de La Sorbonne, est une très bonne idée.

Tout de blanc vêtu, le comédien David Legras nous fait une démonstration malicieuse de la pensée avec un texte dense et difficile et un travail sur le rythme, remarquable.

Que ce soit par son corps ou sa voix, les ruptures sont très belles. Parfois très immobile ou se déplaçant comme un chat, il nuance subtilement le ton et passe par un phrasé très posé à des envolés beaucoup plus aériennes.

« À la recherche du temps perdu » est une pièce tout en élégance et sensualité qui s’écoute autant qu’elle se voit. La beauté des mots associée à la mise en scène et la scénographie donne une sensation très particulière proche du rêve éveillé.

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Théâtre au vent

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Interprété avec ferveur par l’excellent comédien David LEGRAS, l’expérience vaut le détour.

« Enivrez-vous. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise nos épaules et nous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve ». Comment ne pas songer à cette exhortation inspirée de Baudelaire (le spleen de... Lire plus

« Enivrez-vous. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise nos épaules et nous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve ». Comment ne pas songer à cette exhortation inspirée de Baudelaire (le spleen de Paris) après avoir assisté au spectacle A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, mis en scène par Virgil TANASE et interprété avec ferveur par l’excellent comédien David LEGRAS.

Il semblerait que les deux artistes se soient mus en abeilles penchées sur quelques phrases proustiennes, quelques branches de fleurs, quelques grappes pour en extraire le suc et le meilleur, de nature à nous étourdir et satisfaire notre soif de curiosités. 
Élégant comme un dandy, vêtu d’un long manteau blanc, le comédien distille, enveloppe, la pensée proustienne d’une voix qui accentue son apparente préciosité mais soulève ses profondeurs. 
Proust n’aurait pour seuls guides que ses sens pour se retrouver. C’est un artiste qui revient toujours sur son motif. Grâce à lui, nous nous tâtons, nous nous pinçons pour éprouver cette malléabilité de l’environnement dans laquelle nous baignons corps et esprit confusément.
Si Proust peut donner l’impression de parler une langue étrangère, cela signifie-t-il que nous ayons perdu notre faculté d’émerveillement ? Nous ne sommes pas musiciens du silence, après tout, nous n’avons pas l’oreille absolue et nos sens ne sont pas si aiguisés !
Il y a des réjouissances à portée de main, à portée de notre respiration, nous enseigne Proust, à portée de notre sensibilité. 

N’est-elle point actuelle cette réflexion « L’oubli dont on commence à sentir la force parce qu’il détruit en cours le passé ».

 

Aujourd’hui dans le 5ème arrondissement de Paris, celui où se trouve le théâtre de la Contrescarpe, la librairie GIBERT Jeune, Place Saint Michel qui datait des années 30 vient de disparaitre au grand dam de tous ses amoureux qui ne cachent pas leur tristesse. Une page de plus est tournée mais comment se résigner à cet argument à savoir que nous sommes entrés dans l’ère de l‘image et du numérique.

 

Nous ne pouvons pas empêcher les pages de se tourner mais nous pouvons continuer à cultiver notre miel, celui de tous nos sens, toujours solidaires de Don Quichotte et ses moulins à vent !

 

Dans ce joli théâtre de la Contrescarpe, véritable petite ruche théâtrale, le spectacle A la recherche du temps perdu, nous invite à rencontrer Proust, un écrivain qui nous propulse hors du temps, n’est-il pas l’auteur de cette phrase : un fauteuil magique me fera voyager à toute vitesse dans le temps et dans l’espace. Était-il visionnaire ? 
Si le passé rentre dans l’invisible, cela signifie-t-il qu’il se soit effacé ? Que penserez-vous de ces meubles recouverts de housses comme des fantômes ambulants, de ce bizarre gramophone, de cette étrange poussette 1900 qui grince et avance sur la scène aussi hésitante ou timide que peut l’être une chose du passé, vivante, dans notre présent ? A qui attribuerez-vous les pensées que ces objets vous inspireront sinon à vous-mêmes ? 

L’expérience vaut le détour. Quand le passé fait bruire notre actualité ! 

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Jubilatoire. L’évidence gourmande et sensuelle d’une prose. Cette invitation séduit...

La quintessence, très subjective signée par le metteur en scène Virgil Tanase, de La Recherche du temps perdu est scandée par la diction gourmande et la présence physique très maitrisées de David Legras. Cette invitation séduit autant ceux que la fresque mémorielle de plus de 3000... Lire plus

La quintessence, très subjective signée par le metteur en scène Virgil Tanase, de La Recherche du temps perdu est scandée par la diction gourmande et la présence physique très maitrisées de David Legras. Cette invitation séduit autant ceux que la fresque mémorielle de plus de 3000 pages rebute, que ceux qui se targuent de la relire régulièrement. Elle réussit à transmettre l’essentiel, la force de l’art, revendiquée comme par la pratique unique « de contraindre l’émotion à se plier aux règles de l’esprit ». Jubilatoire.

 

L’évidence gourmande et sensuelle d’une prose
La diction et la présence physique de David Legras portent avec gourmandise cette Recherche.

N’ayez pas peur ! Le défi est immense, presque vertigineux. Il est largement relevé. Pour tout public. Avec une très grande économie de moyens – pour mieux concentrer le spectateur sur la fascinante prose proustienne – l’adaptation et le mise en scène de Virgil Tanase l’entraine dans le pli du verbe – grâce au jeu de David Legras – bien au-delà des questions esthétiques et cognitives qu’elle embrasse. « Longtemps, je me suis couché de bonne heure », le fameux incipit de À la recherche du temps perdu fait du rituel du coucher – cette douloureuse séparation qui prive le narrateur de sa mère le temps du sommeil – la dynamique créative d’une œuvre toute entière et un formidable attrait du théâtre où l’acteur nous entraine.

En moins de 75 minutes, toute la densité d’une prose unique – et son évidence sensuelle – jaillit en matière organique et mémorielle au fil des extraits habilement sertis et joués avec une gourmandise communicatrice ; épisodes et figures (Albertine, Combray, tante Léonie, …) les plus connus sont égrenés sans artifice. Les littéraires retrouvent leurs marques mémorielles de ce roman sans intrigue. Les autres y plongent bien guidés dans les mystères de l’esprit (via la mémoire) et de l’art (via un travail en action sélective). « Mon œuvre sera la création de la mémoire involontaire. » Loin de toute théorie, le spectacle nous entraine dans ce process de recherche de la vérité compliqué des sensations.

 

Éviter l’artifice du digest
L’économie de moyens de la mise en scène de Virgil Tanase favorise à partir de quelques objets les réminiscences chères au travail proustien.

Miracle d’un crissement d’un landau enfantin pour réveiller un souvenir, prose flottante pour associer les réminiscences, tout est signifiant dans la mise en scène, même si certains recours à des enregistrements font baisser le rythme merveilleusement incarné par l’acteur dandy. Habilement, Virgil Tanase évite cependant de tomber dans la tentation de l’(auto)biographie pour tirer par l’oreille le spectateur dans leur cœur génétique de la Recherche, et de le plonger dans la réalité éphémère de la mémoire. Ce puzzle de phrases – sans autre enjeu que son déroulement – constitue une merveilleuse introduction à l’ambition de Proust ; la perception de la réalité s’enrichit quand la conscience laisse la place aux lâchers prises mémoriels déclenchés par une émotion qu’il ne s’agit de ne pas perdre : “Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais, à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi.”. Cette capacité volontaire de remémoration involontaire devient au sens plein, le travail de l’art.

 

Une heure et quart d’introspection
David Legras ne ménage pas ni de sa présence, ni les effets de comédie pour permettre au spectateur de lâcher prise sur Proust.

Dans un effet immersif et en miroir, le spectateur se laisse entrainer par la cohérence du récit. Pour le faire vivre, pour faire partager la jouissance des phrases, et nous tenir en haleine dans cette quête mémorielle de plaisir évanoui, visant à libérer tous les freins de la conscience. La pièce et son acteur nous invitent dans cette relativité du temps proustien, dans un espace du théâtre qui n’est jamais tout à fait le passé ni tout à fait le présent, mais qui participe aux deux. Le verbe nous touche, parce que ce travail d’écriture devient par la grâce de l’acteur une musique vivante, ensorcelante .
Nous ne résistons pas à citer Proust dans le dernier tome de son œuvre, Le Temps retrouvé : « La grandeur de l’art véritable, c’est de retrouver, de ressaisir, de nous faire connaître cette réalité loin de laquelle nous vivons, cette réalité que nous risquerions fort de mourir sans avoir connue, et qui est tout simplement notre vie. La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature . »

 

En ouvrant d’une manière aussi généreuse le paradoxe fertile du verbe et du conte, cette invitation à la Recherche s’impose comme une action d’intérêt général. et singulière.

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Théâtre & Co

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Une interaction envoûtante...

Créée il y a presque vingt ans au Festival d’Avignon (2002), À La Recherche du Temps Perdu conçue par Virgil Tanase, romancier et dramaturge entre autres, est toujours à l’affiche au théâtre de la Contrescarpe (>). C’est un spectacle intime tiré de l’œuvre... Lire plus

Créée il y a presque vingt ans au Festival d’Avignon (2002), À La Recherche du Temps Perdu conçue par Virgil Tanase, romancier et dramaturge entre autres, est toujours à l’affiche au théâtre de la Contrescarpe (>). C’est un spectacle intime tiré de l’œuvre fleuve de Proust, un seul-en-scène fait comme sur mesure pour David Legras qui interprète avec élégance le personnage de narrateur Marcel.
L’œuvre de Proust ne cesse de fasciner autant ses nombreux lecteurs que ses admirateurs inconditionnels amenés jusqu’à vouloir la faire vivre sur scène. S’il est inimaginable de la représenter dans sa totalité, chaque parti pris dramatique n’en propose pas moins une approche singulière qui exprime un rapport personnel à son immense richesse littéraire. Une transposition purement narrative de l’histoire paraîtrait réductrice, d’autant que cette histoire est révélatrice des processus de remémoration et par-là de la construction d’une temporalité subjective propre à chaque individu.
La conception de l’intrigue par Virgil Tanase s’inscrit précisément dans cette perspective du travail de la mémoire sur le souvenir : mettre en évidence ce travail théorisé par Proust dans des passages de La Recherche en s’appuyant sur un certain nombre de réminiscences épiques évoquées par Marcel dans son récit.
      L’effet produit est doublement proustien : le narrateur-personnage réactive des souvenirs de lecture non seulement à travers les extraits empruntés à l’œuvre, mais aussi grâce aux accessoires utilisés sur scène : le travail de remémoration provoqué par le spectacle remodèle dans le même temps ces mêmes souvenirs en les recontextualisant dans une pratique scénique tout aussi évanescente que la lecture et en suscitant de nouvelles émotions dans une intimité étroite de chaque spectateur avec lui-même. Les émotions ainsi renouvelées affectent celui-ci dans son rapport sensible à l’œuvre de Proust en allant parfois jusqu’à remuer subrepticement les sensations et sentiments de son propre vécu  conceptualisés dans le récit porté par David Legras.
« Un spectacle où les images du souvenir, « arbitraires », pour reprendre le mot de Marcel Proust, se réunissent selon la logique d’un puzzle merveilleux. Elles composent une atmosphère et s’emploient à expliciter une démarche, celle qui consiste à obtenir, par le mécanisme de la mémoire, un peu de “temps à l’état pur” ».
Virgil Tanase, Note d’intention
 
      Le discours sur les processus de remémoration se mêlent comme par accident à des épisodes épiques tirés de La Recherche, à commencer par le séjour de Combray chez la grand-mère en passant par Paris, Balbec ou Venise. Ce faisant, le Marcel de David Legras évoque plusieurs personnages significatifs dont on espère entendre parler : la mère, la tante Léonie, Gilberte ou Albertine, la duchesse de Guermantes et son époux Bazin, Robert de Saint-Loup, Bergotte, mais aussi et surtout la grand-mère dont la disparation sensible est relatée dans Sodome et Gomorrhe. Les mouvements lents, parfois hésitants, de David Legras, ses regards tournés comme dans le vide, sa voix posée, sa posture songeuse d’un voyageur dans le temps, nous transposent dans leur intimité romanesque avec un profond sentiment de nostalgie.
Une scénographie sobre, contrairement à l’abondance inépuisable des images fleuries et de menus détails fournis par l’œuvre de Proust dans l’élaboration conceptuelle de son univers romanesque, est amplement mise au service du parcours retenu de Marcel. David Legras pénètre, au lever du rideau, dans une pièce plongée dans la pénombre, les meubles recouverts de tissus blancs pour être protégés contre l’usure du temps. C’est ainsi qu’il introduit le spectateur dans la fameuse chambre du début du Côté de chez Swann où Marcel se met à parler de ses insomnies, chambre que décrit en l’occurrence le Marcel de David Legras avec une voix feutrée avant d’en dévoiler les décors qui lui rappellent certains moments de son passé. Cette trouvaille repose sur une démarche symbolique fondée aussi bien sur la métaphore du temps sur fond d’un récit rétrospectif que sur celle des fouilles dans les replis de la mémoire ranimée par la présence de certains objets à la manière de la célèbre madeleine : un bouquet de fleurs, un téléphone à cadran, un miroir ou un phonographe, tous ces objets sont porteurs d’un passé révolu qui ne cesse d’irradier nostalgiquement le présent de Marcel.
Un bagage à la main comme pour mettre l’accent sur son pèlerinage dans le temps et dans l’œuvre de Proust, David Legras paraît sur scène en habits blancs confectionnés avec une élégance d’antan, en harmonie avec nos représentations suaves de la Belle-Époque sublimée dans des images empreintes d’une joliesse raffinée. Tel un dandy sorti du salon de la duchesse de Guermantes, il condense dans son apparence éblouissante tous ces clichés gracieux sur le beau monde exposés dans Le Côté de Guermantes. Son costume contraste ainsi délicatement avec la sobriété expressive de la scénographie tout en s’inscrivant dans l’époque que celle-ci symbolique à travers le mobilier et les accessoires choisis. Il construit par-là une image scénique très forte en concurrence avec notre propre représentation mentale du personnage-narrateur parvenu à l’âge mûr, celui de la naissance de l’écrivain du Temps retrouvé, identifiable à l’auteur lui-même. La finesse avec laquelle David Legras revêt le costume de Marcel suscite cependant l’adhésion complète d’un spectateur séduit par sa prestance distinguée.
      À La Recherche du Temps Perdu montée par Virgil Tanase se joue ainsi par intermittence depuis vingt ans avec le même succès qu’à sa création et ce, dans l’intimité chaleureuse de la salle du théâtre de la Contrescarpe. Cette chaleur naît en l’occurrence dans le frottement produit par une interaction envoûtante entre une mise en scène raffinée et une attente savoureusement satisfaite.

 

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Un jeu et une adaptation relevant de la virtuosité !

Théâtre. Vingt ans après sa création au Festival d’Avignon et 600 représentations au compteur, l’adaptation à la scène par l’écrivain et metteur en scène roumain Virgil Tanase d'À la recherche du temps perdu se joue toujours avec succès. Dans une... Lire plus

Théâtre. Vingt ans après sa création au Festival d’Avignon et 600 représentations au compteur, l’adaptation à la scène par l’écrivain et metteur en scène roumain Virgil Tanase d'À la recherche du temps perdu se joue toujours avec succès. Dans une ambiance feutrée, seul en scène, le comédien David Legras réussit l’exploit de nous livrer l’essence même de la Recherche, grâce à un jeu et une adaptation relevant de la virtuosité. Virgil Tanase s’est immergé au cœur de la démarche proustienne : à partir de morceaux choisis, formant un tout d’une remarquable cohérence, il nous montre la manière dont l’auteur plonge dans les mécanismes les plus enfouis de la mémoire, ceux de la réminiscence, pour y obtenir un peu de « temps à l’état pur ».
Le souvenir surgit au cours d’une sensation, à l’instant du réveil, à la dégustation d’une madeleine ou encore à la contemplation du petit pan de mur jaune d’un tableau de Vermeer. Dans un décor d’une belle sobriété, quelques accessoires (une voiture d’enfant, un bouquet de fleurs blanches, une étole vieux rose…) suggèrent les figures aimées, Gilberte, Albertine, la duchesse de Guermantes… En dandy de la Belle Époque, David Legras nous entraîne de son impeccable diction dans le monde éblouissant d’un des génies de la littérature. I.F.

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L'Évasion des Sens

À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

Un condensé aussi savoureux que la célèbre madeleine

C’est un sacré défi que d’adapter sur les planches le monument littéraire de Marcel Proust que si peu d’entre nous ont lu intégralement, avouons-le. Le metteur en scène Virgil Tănase nous en offre un condensé aussi savoureux que la célèbre madeleine. Le texte,... Lire plus

C’est un sacré défi que d’adapter sur les planches le monument littéraire de Marcel Proust que si peu d’entre nous ont lu intégralement, avouons-le. Le metteur en scène Virgil Tănase nous en offre un condensé aussi savoureux que la célèbre madeleine.
Le texte, composé d’extraits piochés dans les sept tomes de l’œuvre écrite entre 1906 et 1922, se concentre sur l’essence de La Recherche, à savoir la mémoire et le souvenir. Sur scène, dans une chambre dont les meubles ont été recouverts de draps, le temps est comme suspendu.
Un grincement métallique, et voilà le travail de réminiscence soudain à l’œuvre. Au gré des sensations, le narrateur interprété par David Legras, seul sur le plateau et tout de blanc vêtu, revit des moments oubliés de son enfance et de sa vie d’adulte. Plongeant dans les méandres du passé, la phrase hésite parfois, comme butant au pied du souvenir, mais les images finissent par affleurer à la surface. Une poupée, un landau, un foulard… les quelques accessoires disposés sur scène font ressurgir les figures tant aimées, comme la grand-mère ou Albertine. Les noms de ville, évoqués avec gourmandise, forment à eux seuls des tableaux. Sans oublier le « petit coquillage de pâtisserie » imbibé de thé, dont le goût rappelle au narrateur les dimanche matins à Combray, quand il allait dire bonjour à sa tante Léonie.
Quel plaisir pour le spectateur d’entendre aussi distinctement les longues phrases serpentines de Proust, quel délice que de replonger dans cette œuvre magistrale, ou de la découvrir ! Qui a dit que la nostalgie ne pouvait pas être envoûtante ?

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Acquittez-la !

Absolument magistrale

« Pierrette Dupoyet, absolument magistrale, incarne certainement le plus beau rôle de sa carrière »

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Acquittez-la !

Une création puissante

« Une création puissante sur l’histoire d’Alexandra Lange. Battue et isolée, elle a tué son mari et fut acquittée aux assises. »

Joséphine Baker, un pli pour vous

Bouleversant et incontournable ! Un éblouissant hommage...

Si les “seuls en scène” furent de nouveau pléthore cette année dans le off , ils nous offrirent quelques bonheurs inestimables. Ainsi Pierrette Dupoyet rendit-elle un éblouissant hommage à l’artiste et résistante Joséphine Baker avec son spectacle “Joséphine... Lire plus

Si les “seuls en scène” furent de nouveau pléthore cette année dans le off , ils nous offrirent quelques bonheurs inestimables. Ainsi Pierrette Dupoyet rendit-elle un éblouissant hommage à l’artiste et résistante Joséphine Baker avec son spectacle “Joséphine Baker, un pli pour vous” (2). Il est vrai que  Pierrette Dupoyet est une valeur sûre, voire même une institution puisque c’est à Avignon que, depuis plus de 35 ans, la dame crée ses spectacles avant de partir les jouer dans le monde entier. Les années passent, ne semblant avoir étrangement aucune prise sur l’artiste, et les spectacles-hommages se succèdent : Colette, Alexandra David-Neel, George Sand, mais aussi Hugo, Balzac, Vian, Cocteau… Toujours intelligents, fort instructifs, habilement construits et interprétés avec talent, ces “seules en scène” reflètent les envies, les coups de cœur ou les indignations de la comédienne,  portés avec une admiration sincère que l’artiste a indéniablement l’art de partager.
“Joséphine Baker, un pli pour vous” ne fait pas exception à la règle. Le portrait de la meneuse de revue y est subtilement brossé, par petites touches successives, en remontant le temps. Le spectacle se déroule en 1969 alors que, fortement endettée, Joséphine Baker (1906-1975) est expulsée de son Château des Milandes où elle a vécu une trentaine d’années et construit sa belle "tribu arc-en-ciel", ses douze enfants adoptés aux quatre coins du monde. À travers le personnage d’une femme huissier venue remettre à la star déchue barricadée dans sa cuisine son pli d’expulsion, Pierrette Dupoyet retrace avec ferveur la vie de cette femme exceptionnelle, courageuse, généreuse, qui avait fait de sa vie un combat pour la tolérance et la liberté. Bouleversant et incontournable !

Isabelle FAUVEL

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Coquelicot

C’est drôle, intelligent, bien écrit et plein de bienveillance. Un grand bravo !

Prisca Demarez dans « Coquelicot » : laissez-vous envoûter par le pouvoir des fleurs… Depuis le 12 juin, le théâtre de la Contrescarpe accueille « Coquelicot », le nouveau spectacle de Prisca Demarez, qui nous avait déjà éblouis dans « Vraie ! » en 2021.... Lire plus

Prisca Demarez dans « Coquelicot » :

laissez-vous envoûter

par le pouvoir des fleurs…

Depuis le 12 juin, le théâtre de la Contrescarpe accueille « Coquelicot », le nouveau spectacle de Prisca Demarez, qui nous avait déjà éblouis dans « Vraie ! » en 2021. Celle qui fut à la fois une incroyable Grizabella dans « Cats », Clémentine dans « Paprika » de Pierre Palmade, Nancy dans « Oliver Twist » ou encore la voix d’Ellen dans « Le retour de Mary Poppins », revient dans un tout nouveau one woman show musical pour être enfin elle-même, un coquelicot.

« I’ve got the micro, I’ve got the power », c’est avec ces mots sortis du fond de la salle que Prisca Demarez entre en scène en interprétant « Don’t rain on my parade » (extrait du spectacle « Funny Girl »). A la manière de « Let me be your star » dans « Vraie », ce titre sera un peu le fil conducteur du spectacle et il annonce la couleur : le rouge de sa robe, le rouge de la passion, le rouge du coquelicot, cette fleur qui pousse où elle se sent bien. Prisca a décidé de nous entrainer dans une autre vision de son parcours. Ce ne sont plus les embuches du métier d’artiste qu’elle raconte mais plutôt des réflexions plus personnelles sur la vie mêlées à des anecdotes de sa vie professionnelle (notamment la rencontre hilarante avec l’humoriste Stéphane Rousseau ou encore le duo langoureux au maquillage de Bozo le clown sur « A corps perdu » de Mike Brant). Elle interpelle le public, le surprend, le séduit. Elle le fait également réfléchir au sens du mot « entendre ». Est-ce simplement écouter ou plutôt comprendre ? Tout au long du spectacle, Prisca revient sur des moments de vie importants : le choix d’une vocation artistique malgré l’avis jugeant d’un entourage, la volonté de se conformer à ce que les autres attendent de soi jusqu’à en perdre son identité, l’envie qui grandit de faire ce que l’on aime, les rencontres qui nous déroutent, le désir viscéral de s’écouter soi pour aller encore plus loin. Elle insiste également sur la différence entre la projection et le fantasme créé par le public dans un spectacle, les idées que l’on se fait du métier de comédien... C’est drôle, intelligent, bien écrit et plein de bienveillance. On sent que l’artiste a fait du chemin, qu’elle a trouvé qui elle était et qu’elle est prête dorénavant à semer tout un champ de coquelicots autour d’elle.

 

Accompagnée ce soir-là de son pianiste Stan CRAMER, elle revisite au fil des histoires qu’elle raconte des titres de comédies musicales comme « Mein Herr » ou « Cabaret », des chansons plus confidentielles comme « Un peu plus haut, un peu plus loin » (de la chanteuse québécoise Ginette Reno) ou « La tordue » (de la regrettée Maurane), en passant par un « Mourir sur scène » des plus poignants. Toujours, on retrouve la touche Prisca : émotion, interprétation, puissance, vérité. Elle est habitée par les mots qu’elle chante. Elle devient un personnage auquel elle donne vie en une note, en un regard. Son aisance vocale est remarquable et on a l’impression que tout est facile pour elle vocalement.

La mise en scène de Franck Vincent joue sur les jeux de lumière, les placements mais aussi sur les différentes voix que l’artiste peut prendre pour donner vie à ses récits. Telle une danseuse de boite à musique, Prisca tourne autour de nous et nous envoute.

 

« Coquelicot » est plus que jamais un spectacle qui fait du bien à l’âme et au cœur, un spectacle particulièrement humain. On rit, on pleure, on en ressort heureux. Je vous encourage à aller coquelicoter avec Prisca Demarez ! Un grand bravo !

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Coquelicot

Véritable thérapie de groupe musicale !

Prisca Demarez fait éclore son « Coquelicot » dans le champ des émotions Que vous l’ayez découverte féline dans Cats, intime dans un Cabaret berlinois, coquine sur une Avenue Q New-Yorkaise ou plus Vraie que nature dans son premier spectacle, Prisca Demarez n’a pas fini de vous... Lire plus

Prisca Demarez fait éclore son « Coquelicot » dans le champ des émotions
Que vous l’ayez découverte féline dans Cats, intime dans un Cabaret berlinois, coquine sur une Avenue Q New-Yorkaise ou plus Vraie que nature dans son premier spectacle, Prisca Demarez n’a pas fini de vous surprendre avec son nouveau One-Woman Show Musical Coquelicot qui vient vous cueillir là où on ne s’y attend pas !

A FLEUR DE SOI
Prisca Demarez n’est pas une artiste comme les autres. Véritable caméléon aux mille visages, elle a cette capacité à toujours se réinventer pour ne pas rester sur ses acquis. Vraie, son premier spectacle, nous dévoilait avec humour les coulisses de sa carrière et les obstacles qu’elle a du surmonter pour toujours garder la tête haute quand le moral était au plus bas. À travers de nombreuses chansons retraçant les moment forts de sa vie, Prisca nous faisait passer du rire aux larmes dans le cabaret de son existence. Finit le noir et blanc, place à la couleur, l’espiègle blonde devient l’incandescente rousse et troque ses talons aiguilles pour se retrouver bien dans ses bottes et nous amener vers son Coquelicot, fleur qui pousse là où elle se sent bien et qui incarne la force qui peut se cacher derrière une apparente vulnérabilité. Comme elle le dit si bien : « Je ne suis pas une rose qu’on coupe pour la laisser mourir dans un vase ! Je suis Coquelicot ! ».
La dernière fois que nous l’avions vu, Prisca ne rêvait que d’une chose et demandait à son public « Let Me Be Your Star ». Désormais, notre « Funny Girl » à Paris ne veut plus que personne ne gâche le plaisir qu’elle a de chanter sur une scène. Vêtue d’une robe 100% faite-maison (la version définitive dessinée par Sylvain Rigault, lauréat du Trophée de la Création Costume Comédie musicale 2022 pour Charlie et la Chocotalerie, arrivera prochainement), Prisca traverse à nouveau son public en entonnant « Don’t Rain on My Parade » de Funny Girl et nous montre qu’elle renaît sous un nouveau jour, plus forte et plus déterminée que jamais. Pendant plus d’une heure, l’artiste va chambouler les codes pour tenter de nous faire réfléchir, de nous faire entendre ce que nous n’avons qu’écouté et de dévoiler le cœur derrière les pétales de cette fleur qui s’ouvrira délicatement sous nos yeux au gré des chansons qui symbolisent sa force. Elle reviendra sur son amour de la comédie musicale avec des numéros issus de Cabaret, Funny Girl ou Avenue Q et ira chercher l’émotion avec des titres émouvants de Maurane, Ginette Reno ou encore Dalida. Accompagnée avec brio par Stan Cramer (ou Shay Alon) et mis en scène avec bienveillance et subtilité par Franck Vincent (Hairspray), ce Coquelicot devient plus qu’un spectacle mais une façon de vivre et de voir les choses après en avoir compris le concept. Véritable thérapie de groupe musicale pour aller chercher le bonheur en son for intérieur et semer des graines de positivités pour ne garder que le meilleur, le Coquelicot de Prisca Demarez pourrait avoir en sous-titre cette citation d’Oscar Wilde issue du spectacle : « Soyez vous même, les autres sont déjà pris ».

 

Que vous connaissiez ou pas Prisca Demarez, nous ne pouvons que vous conseiller d’aller découvrir cette fleur sauvage qui s’épanouit sur scène comme jamais et qui mérite vos rires et vos larmes pour continuer à fleurir. Des moments comme ça on en veut, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie et on ne veut pas du tout les manquer alors rendez-vous cet été au Théâtre de la Contrescarpe pour cueillir ce magnifique Coquelicot dans le champ des émotions.

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Coquelicot

Formidablement réussi !!!

J'étais tombé en admiration en voyant "VRAIE" en 2021 avec Prisca DEMAREZ, enfin une vraie Show-Girl en France.   Je disais alors : "Elle a tout pour elle, le charme, la beauté, l'humour et de l'octave !"   Avec ce nouveau spectacle "COQUELICOT", elle nous raconte qu'elle ne veut pas être une rose que l'on... Lire plus

J'étais tombé en admiration en voyant "VRAIE" en 2021 avec Prisca DEMAREZ, enfin une vraie Show-Girl en France.
 
Je disais alors : "Elle a tout pour elle, le charme, la beauté, l'humour et de l'octave !"
 
Avec ce nouveau spectacle "COQUELICOT", elle nous raconte qu'elle ne veut pas être une rose que l'on coupe et qui meurt dans un vase, mais un coquelicot qui vit sa vie, au gré du vent, dans la campagne.
 
Je l'avais applaudie dans des spectacles où elle n'était qu'un des personnages, comme Avenue Q.
 
Prisca DEMAREZ, ne ratez pas ce spectacle, il est formidablement réussi !!!

 

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Le monde du ciné

Coquelicot

Une autodérision irrésistible qui fait du bien.

Alors qu’elle posait déjà ses mots sur un premier one woman show musical, Vrai-e, très réussi, Prisca DEMAREZ persiste et signe en présentant, moins de deux ans après, un deuxième spectacle musical. Si le style et la thématique ont changé, on retrouve avec plaisir la... Lire plus

Alors qu’elle posait déjà ses mots sur un premier one woman show musical, Vrai-e, très réussi, Prisca DEMAREZ persiste et signe en présentant, moins de deux ans après, un deuxième spectacle musical. Si le style et la thématique ont changé, on retrouve avec plaisir la même énergie, la même bonne humeur, la même qualité de jeu et bien sûr la même excellence vocale. Prisca a toujours cette facilité à capter son public.
Une petite graine d’une fleur qui ne fane pas a donc voyagé au gré du vent de l’Archipel à la Contrescarpe. Et que trouve-t-on au pied des fortifications ? On vous le donne en mille ! Un Coquelicot… Eclatant, flamboyant. Une mauvaise herbe ? Non, mais une fleur libre de toute contrainte. Puisque contrainte, il n’y a pas, le coquelicot est donc libre d’évoluer à sa guise. La fleur ne laisse pas apprivoiser aussi facilement que la rose. C’est ainsi que Prisca nous livre avec émotion son parcours. Et si les graines de pavot se sèment, les embûches aussi et l’artiste en a traversé. Elle raconte ces embûches avec le recul et l’autodérision qui évitent de sombrer dans un show déprimant. On retrouvera avec plaisir les interprétations vocalement sensibles. Prisca se réapproprie des titres de tous genres, du musical évidemment mais pas seulement. Dans chaque titre, elle invite le public a trouvé du sens à la musique, à l’entendre, à l’écouter. Les moments semés à la volée s’enchainent entre humour et confession. Les voix, disons, même parfois les imitations ne manquent pas d’intérêt et ajoute encore à l’instant une dose de bonne humeur.
On est dans du spectacle tellement vivant que vous-même vous sentirez plus que vivant au milieu de cet épisode de fraîcheur souligné par une voix ensoleillée venue du fond du corps et du cœur. C’est un petit moment d’été frais qui s’offre à votre esprit.
Respirez, vous sentez ce parfum ? Ça sent les fleurs des champs en plein cœur de Paris ! Une bien jolie escapade pour ceux qui restent dans la capitale… Et pour les autres aussi !

 

L’HISTOIRE

« Je ne suis pas une rose qu’on coupe pour la laisser mourir dans un vase ! Je suis Coquelicot ! »
Comment rester fidèle à soi-même quand, dès la naissance, le monde entier cherche à nous cataloguer ? Comment trouver sa Joie ?
Dans ce One Woman Musical, Prisca nous dévoile les coulisses de sa vie d’artiste et de femme pour nous poser ces questions avec humour, folie et poésie.
Après avoir été premier rôle dans Cats, Oliver Twist, Avenue Q, la truculente Clémentine de Paprika nous entraîne dans un tourbillon d’émotions. Une autodérision irrésistible qui fait du bien.

 

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Coquelicot

Un tourbillon de vie ! Il faut aller la voir, mieux, aller l'entendre et écouter.

"Coquelicot" Prisca Demarez Un tourbillon de vie en jupe de tulle rouge Alors que Peter Brook prenait son envol ce samedi 2 juillet, laissant au théâtre un espace définitivement vide, je prenais place au Théâtre de la Contrescarpe en soirée pour assister à un spectacle avec en tête... Lire plus

"Coquelicot" Prisca Demarez Un tourbillon de vie en jupe de tulle rouge
Alors que Peter Brook prenait son envol ce samedi 2 juillet, laissant au théâtre un espace définitivement vide, je prenais place au Théâtre de la Contrescarpe en soirée pour assister à un spectacle avec en tête d'affiche Prisa Demarez. Quand son attaché presse - un super mec ! (on ne remercie pas assez les attachés de presse) Passionné - m'a envoyé les infos, j'ai dit : oui ! Sans hésiter.
Prisca Demarez, je me souvenais d'elle dans le rôle de la méchante reine dans la comédie musicale "Blanche Neige" qui se jouait à Bobino. J'avais embarqué mon fils, alors âgé de 6 ans, et il s'était ennuyé, sauf devant les sept nains qui étaient "vachement marrants" et parce que la reine faisait "un petit peu peur de temps en temps". La Reine, majuscule et magistrale Prisca. Sans elle, le show n'aurait donc pas été le même. La voix, le corps et l'énergie qu'elle déployait sur scène étaient époustouflantes ! Quelques heures plus tard, grâce au réseau social, j'ai envoyé un message très court à l'artiste pour la féliciter de m'avoir tenu sur le siège de Bobino jusqu'au bout. Saluant sa performance.

La revoir, seule cette fois, car entre "Blanche neige" et "Coquelicot", il s'en est passé des shows ! De "Cats" à "Avenue Q" en passant par l'excellent "Cabaret", elle en a joué des spectacles de haut niveau. Mais elle n'était pas en solo. Là, oui ! Presque, car un excellent claviste accompagne sa voix divine.
Prisca est bien là ! Elle donne, elle joue, elle chante et partage ce bonheur palpable d'être sur une scène et d'y être bien. Si bien, qu'elle pourrait même "mourir sur scène". Dans "Coquelicot", elle se livre, c'est elle, l'artiste. Elle raconte au public, un bout de son parcours, les idées reçues sur son métier, les incompréhensions des uns et des autres, les siens, ses proches comme souvent, malheureusement. Faire plaisir pour ne pas trahir, accepter de s'éloigner, loin, très loin, de son désir. Tel a été le destin de Prisca Demarez. Puis, soudain, le désir devient plus fort et agir c'est sauver sa peau, "être ce qu'on est, vivre ce qu'on veut" pour ne pas sombrer piano piano…

Elle a travaillé dur mais, toujours, elle a été passionnée. Cela se sent, se ressent tant elle offre aux spectateurs le bonheur de jouer, d'être là, si vivante, si débordante d'envie, si belle et surtout sensationnelle. Car, des espaces vides qu'elle a rencontrés sur son chemin, l'artiste a pris une place à chaque recoin d'une scène pour incarner, chanter et danser. Voilà toute la beauté de son "Coquelicot" : "petit pavot sauvage à fleur rouge vif". Vêtue d'une jupe en tulle rouge, elle tourbillonne de vie autour de son récit ponctué de chansons sans jamais déborder. Juste ce qu'il faut pour émouvoir, le dernier morceau, en particulier.
Prisca Demarez, il faut aller la voir, mieux, aller l'entendre et écouter. L'entendre et profiter.

Peter Brook s'en est allé, triste nouvelle pour le monde du spectacle vivant, alors quoi de plus rassurant de voir que l'espace continue d'être occupé par des artistes brillants qui, avec pour seuls complices : la musique, le chant, le corps, leur voix et sans autre décor, ne partagent que la beauté de leur immense talent.

Ainsi va la vie, ainsi est Prisca Demarez et son solo que je vous recommande chaudement cet été.

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Coquelicot

Une époustouflante showgirl ! Prisca Demarez a du talent, du métier et du cœur...

One woman musical show de Prisca Demarez accompagnée au piano par Stan Cramer (ou Shay Alon) dans une mise en scène de Franck Vincent. Après "Vraie !", l'artiste,chanteuse et comédienne Prisca Demarez formée à la dure école de la comédie musicale et récompensée par le... Lire plus

One woman musical show de Prisca Demarez accompagnée au piano par Stan Cramer (ou Shay Alon) dans une mise en scène de Franck Vincent.
Après "Vraie !", l'artiste,chanteuse et comédienne Prisca Demarez formée à la dure école de la comédie musicale et récompensée par le trophée l'artiste interprète féminine de la comédie musicale 2017 pour son rôle dans "Oliver Twist, le musical", cultive sa "danseuse", le spectacle en solo dans le genre du one woman show musical et sa thématique autofictionnelle avec "Coquelicot".

Féminine en sexy robe rouge et rebelle avec ses original doc martens, sa tenue annonce la couleur d'un opus qui relate quelques épisodes d'un parcours personnel, illustré d'anecdotes souvent drôlissimes et de pertinentes réflexions, qui n'est cependant pas semé que de pétales de rose.
De rose et de coquelicot, la comparaison entre ces deux fleurs constituant un des mantras du spectacle - l'alternative entre la fleur de vase parfaite bien policée et la fleur champêtre telle une "tâche de rousseur sur le teint de la vie" - avec celui du choix de vie et de l'épanouissement personnel pour aller jusqu'au bout de ses rêves.
Prisca Demarez scande sa farouche détermination à s'affranchir des injonctions familiales comme sociétales et des avis des conseilleurs qui ne sont pas les payeurs de manière "en-chantée" en puisant dans le répertoire des chansons de revue de cabaret ("Ça c'est Paris"), des standards des classiques de la comédie musicale anglo-saxonne tels "Funny Girl", "Cabaret" et "Cats" et de la chanson francophone ("C'est beau") et parfois, de manière pointilliste dans la musique classique, ainsi avec la "Gymnopédie I" d'"Erik Satie.
Et ce dans un opus stylistiquement contrasté à la faveur d'un grand écart entre les registres du comique clownesque et de l'émotion, du toon avec Mickey et Maya l'abeille au naturalisme, avec des séquences d'anthologie, tels, et entre autres, la rencontre avec Stéphane Rousseau, le beau gosse québécois où elle est contaminée par l'accent céliondionesque et le medley vocal sur la chanson "Mourir sur scène".
Mise en scène par Franck Vincent qui ne bride pas son éxubérance et sa superbe vitalité en belle interactivité avec le public et accompagnée au clavier par Stan Cramer, Prisca Demarez s'avère une époustouflante showgirl pour qui la scène s'avère résolument son univers de prédilection.
Comédienne émérite et même imitatrice, chanteuse-fregoli à l'impressionnante palette et puissance vocales, danseuse et, de surcroît, humoriste maniant l'humour comme l'autodérision sans modération, Prisca Demarez a du talent, du métier et du cœur, un combo gagnant pour délivrer son ode à la joie et, avec cette délicate métaphore florale, son manifeste circonstancié aux consonances féministes, pour la conquête de sa liberté de femme et d'artiste.

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Mais quoi ?

Coquelicot

Ce show est un petit bijou ! Une artiste dans toute sa splendeur !

Mais quoi ? Qu'est-ce que c'est ? « Je ne suis pas une rose qu’on coupe pour la laisser mourir dans un vase ! Je suis Coquelicot ! » Comment rester fidèle à soi-même quand, dès la naissance, le monde entier cherche à nous cataloguer ? Comment trouver sa Joie ? Dans ce One Woman Musical,... Lire plus

Mais quoi ? Qu'est-ce que c'est ?
« Je ne suis pas une rose qu’on coupe pour la laisser mourir dans un vase ! Je suis Coquelicot ! » Comment rester fidèle à soi-même quand, dès la naissance, le monde entier cherche à nous cataloguer ? Comment trouver sa Joie ? Dans ce One Woman Musical, Prisca nous dévoile les coulisses de sa vie d’artiste et de femme pour nous poser ces questions avec humour, folie et poésie. Après avoir été premier rôle dans Cats, Oliver Twist, Avenue Q, la truculente Clémentine de Paprika nous entraîne dans un tourbillon d’émotions. Une autodérision irrésistible qui fait du bien !

Mais quoi ? J’en pense quoi ?

C’est quoi le mot plus fort que dithyrambique ? Car s'il existe, je veux pouvoir qualifier cet article comme il se doit ! Je suis plus que conquis, je suis plus que subjugué par la performance de Prisca Demarez. J’étais déjà en manque de mots pour son premier seul en scène « Vraie », je suis sans voix, souffle coupé pour ce deuxième « Coquelicot ». Mais quoi ? Vous l’aurez compris, j’ai A-DO-RÉ. Prisca excelle en tout. C’est une excellente comédienne et une divine chanteuse. Elle nous raconte son parcours, les difficultés du métier d’artiste, ses galères amoureuses, sa vie de joli coquelicot ! Ce spectacle est une revanche, une ode à la vie ! Un spectacle où tout est possible, un spectacle qui te donne envie d'aller plus loin, de croire en toi, toujours, de foncer, d'aimer et de ne pas s'oublier ! Mais quoi ? Je suis surpris par la sincérité de jeu de Prisca. Je suis encore totalement chamboulé de sa prestation de "Un peu plus haut, un peu plus loin" de Ginette Reno. Prisca se donne entièrement sur scène, une générosité rare ! Je suis également hilare face à ses grimaces, et ses ruptures de jeu très maîtrisées. Je suis aussi surpris de Prisca, en mode stand-up, micro main. L'exercice est loin d'être facile et là encore elle brille et nous on rit beaucoup ! Elle est également divinement accompagné au piano par Stan Cramer ou Shay Alon, ce qui ajoute un côté live unique ! La mise en scène de Franck Vincent est délicate et précise. Rien n'est laissé au hasard. Ce show est un petit bijou ! Une artiste dans toute sa splendeur ! Mais quoi ? Tout ce que j'aime ! Foncez !

 

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Coquelicot

C’est drôle, enthousiasmant, tendre et émouvant.

Dans ce one woman show musical, Prisca Demarez présente un spectacle de grande grande qualité à travers de très belles chansons et un choix d’anecdotes pleines d’humour et d’humanité. Elle évoque des pages de sa vie professionnelle et nombre de petits faits dont son aventure,... Lire plus

Dans ce one woman show musical, Prisca Demarez présente un spectacle de grande grande qualité à travers de très belles chansons et un choix d’anecdotes pleines d’humour et d’humanité. Elle évoque des pages de sa vie professionnelle et nombre de petits faits dont son aventure, narrée de façon désopilante, avec un humoriste québécois. Par ses chansons et ses récits, elle nous adresse un message : soyez vous mêmes, vivez à fond vos envies, réalisez vos rêves.

Prisca, mise en scène par Franck Vincent et accompagnée au piano par Stan Cramer ou Shay Alon, nous fait participer au show en s’adressant souvent à nous de sa voix magnifique et avec une énergie communicative. C’est drôle, enthousiasmant, tendre et émouvant.

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Coquelicot

TT "Truculente... Son audace garantit la bonne humeur"

TT "Truculente, elle bouscule son public, lui tire des sourires... Son audace garantit la bonne humeur"

Coquelicot

Le talent côtoie le rire pour la plus grande satisfaction des spectateurs.

Il existe des individus qui ont une destinée. C’est le cas de Prisca Demarez où l’art a toujours coulé dans ces veines. Et pour que sa vie devienne un rêve, elle a du passer par la case psychomotricienne sur l’île de La Réunion.  Après son premier seule en scène,... Lire plus

Il existe des individus qui ont une destinée. C’est le cas de Prisca Demarez où l’art a toujours coulé dans ces veines. Et pour que sa vie devienne un rêve, elle a du passer par la case psychomotricienne sur l’île de La Réunion. 

Après son premier seule en scène, Prisca Demarez revient dans un tout nouveau one woman show musical sous le nom délicat de « Coquelicot ». C’est pour cela qu’elle porte une robe rouge flamboyante. Rien de tel pour mettre en avant son regard pétillant et son sourire plein de malice. A l’image de cette fleur sauvage, elle est forte et fragile à la fois. L’envie d’être artiste sommeille en elle depuis son plus jeune âge. Mais la famille impose des choix pour un futur plus confortable et respectable. Un diplôme en poche, un petit ami sérieux et la voilà qui peut avoir une vie normale conforme aux attentes de normalisation. Par amour, elle suit sa moitié à la Réunion. Le manque d’opportunité professionnelle lui permet de réaliser enfin son rêve en allant chantant dans des bars. Progressivement, la confiance en elle gagne chaque cellule de son corps avec une certitude : maintenant qu’elle est grande, elle deviendra saltimbanque.

Avec une incroyable énergie et fougue, elle poursuit de raconter des éléments de sa vie. Car la petite et timide Prisca est maintenant devenue un nom évocateur, c’est Prisca Demarez, la chanteuse. Elle a pu s’illustrer dans des comédies musicales comme « Cats », « Cabaret », « Titanic »… Le spectateur pourra écouter émerveiller le talent et la puissance de cette voix. Chanter n’est pas la seule corde à son arc. Elle joue avec les mots pour faire rire, nous faire réfléchir et partager des moments cocasses. Avec beaucoup de délicatesse, elle se dévoile pour nous inciter à être plus fort, plus téméraire et plus curieux. Il faut s’ouvrir aux autres, à l’imprévue pour semer des champs de coquelicots. Son collaborateur, le pianiste Shay Alon, est lui aussi heureux d’être là, car jamais il ne se départit de son sourire quand il l’accompagne. Pourrait-il en être autrement? On sent son plaisir d’être présente sur scène, d’être avec tous ces inconnus qui rient de bon coeur. Elle rayonne de plaisir car sa place est vraiment là, sur scène. Personne dans la salle comble n’en doute une seule seconde. La preuve s’entend à la fin du spectacle avec ces chaleureux applaudissements qui tardent à s’arrêter. Il n’y a pas d’autre façon de lui dire merci et bravo.
Ne passez pas à côté d’un spectacle où le talent côtoie le rire pour la plus grande satisfaction des spectateurs.

 

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Coquelicot

Une comédienne aux talents inoubliables : Prisca Demarez !

Une comédienne aux talents inoubliables : Prisca Demarez ! 
Même s’il ne faut jamais faire la comparaison entre les artistes, sachez qu’elle réunit aussi bien la pêche de Caroline Vigneaux que l’agilité et la verve de Véronic DiCaire. L’autrice et interprète de ce... Lire plus

Une comédienne aux talents inoubliables : Prisca Demarez !

Même s’il ne faut jamais faire la comparaison entre les artistes, sachez qu’elle réunit aussi bien la pêche de Caroline Vigneaux que l’agilité et la verve de Véronic DiCaire. L’autrice et interprète de ce seule en scène musical possède en outre un physique et une gestuelle qui leur sont communs.
Coquelicot est un spectacle aux multiples registres, dont les personnages sont toujours interprétés avec finesse et élégance. Excellente comédienne, Prisca Demarez a aussi une belle interaction avec le public, qu’elle qualifie même d’histoire d’amour. « Public, projection, fantasme ! » Elle alterne tour à tour moments d’intimité et moments de représentation, pour illustrer le tiraillement de l’artiste qui, comme tout autre être humain, recherche parfois désespérément à être aimé, quitte à se perdre.

Il y a par ailleurs une réelle complicité entre la comédienne et son pianiste Shay Alon, dont nous avons beaucoup apprécié le jeu plein de vie et de sensibilité. Prisca Demarez, danseuse, se meut avec une grâce étonnante dans chacun de ses tableaux qui sont d’une grande variété. Chanteuse, sa voix nous fait revivre les grands moments de la comédie musicale Cabaret.

Nous avons particulièrement aimé la mise en scène et les lumières superbes, qui subliment un décor simple et élégant, où même le verre d’eau brille, qu’il soit sur la table ou dans la main de la comédienne.

Rendez-vous au Théâtre de la Contrescarpe pour vous découvrir Coquelicot et vous faire une idée. Outre les représentations d’août, vous pourrez retrouver Coquelicot à la rentrée, à 19h, du 16 au 23 septembre, et le 29 septembre à 21h.

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On sort ou pas

Coquelicot

Un cocktail détonnant entre musique, chansons et anecdotes

Note : ***   J’aime bien Prisca, et plus le temps passe, plus j’aime ce qu’elle fait. Normal, elle aime le spectacle en musique, et cette fois avec ce nouveau spectacle qu’elle rode au Théâtre de la Contrescarpe, elle réussit un cocktail détonnant entre musique, chansons et... Lire plus

Note : ***

 

J’aime bien Prisca, et plus le temps passe, plus j’aime ce qu’elle fait.
Normal, elle aime le spectacle en musique, et cette fois avec ce nouveau spectacle qu’elle rode au Théâtre de la Contrescarpe, elle réussit un cocktail détonnant entre musique, chansons et anecdotes. Un cocktail explosif à ne pas rater et qui s’intitule COQUELICOT.
Si elle nous affirme que sa dernière date en Août sera le 10, ne désespérons pas, et soyons toutefois rassurés. Elle reviendra, comme elle nous l’affirme dans cet entretien exclusif : https://youtu.be/Yzq1idajj-Q

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Coquelicot

Un spectacle délicieux qui fait un bien fou

Un tourbillon de vie, d’humour et de chansons Cet été un tourbillon s’est abattu sur le théâtre de la contrescarpe. Tout de rouge coquelicot vêtue, Prisca Demarez, ce petit bout de femme à la voix d’or, avec une énergie folle, déboule dans la salle du... Lire plus

Un tourbillon de vie, d’humour et de chansons

Cet été un tourbillon s’est abattu sur le théâtre de la contrescarpe. Tout de rouge coquelicot vêtue, Prisca Demarez, ce petit bout de femme à la voix d’or, avec une énergie folle, déboule dans la salle du théâtre en chantant « funny girl »

« Je ne suis pas une rose qu’on peut couper pour la laisser mourir dans un vase ! Je suis Coquelicot ! »
Comment rester fidèle à soi-même quand, dès la naissance, le monde entier cherche à nous cataloguer ? Comment trouver sa Joie ?

Dans ce One Woman Musical, Prisca Demarez, avec humour et émotion, nous parle de sa vie d’artiste et de femme. Elle chante, danse, joue la comédie et s’amuse comme une folle avec le public, mais ce n’est pas tout car Prisca, toute petite, se posait également de sacrées questions : Quand je serai grande, je serai une rose sage ou une tache de rousseur ?

Finalement, la jolie Prisca aux cheveux dorés, au grand dam des conventions, de la société et de sa famille, a trouvé sa voix… son coquelicot enfoui en elle.

La fleur rebelle

Cette fleur toute frêle, à la robe rouge sang qui n’aime pas être coupé mais qui pousse partout où on ne l’attend pas.

Cette ardeur fragile qui surmonte toute les épreuves et ouvre ses pétales de soie froissées pour capter la lumière du soleil et la renvoyer au monde.

Ce symbole d’amour pour certains ou du souvenir de la mort pour d’autres.

Cette fleur si tendre et poétique, aimée par Monet, Courbet, Klimt et d’autres artistes.

Une autodérision irrésistible qui fait du bien

Cette chanteuse vedette et reconnue, venue du monde des comédies musicales pour qui, comme tant d’autre, la crise sanitaire a été un arrêt brutal de sa carrière et qui a faillit sombrer et tout arrêter, s’est mise à écrire, écrire sans cesse et revient, aujourd’hui, plus forte et épanouie que jamais, avec ce spectacle sur l’amour de vivre sa passion et sur la résilience…

« cette sacrée gonzesse a vraiment un p... de talent »

C’est par ces mots sortis tout droit du coeur que Franck Vincent, le metteur en scène du spectacle présente sa protégée « Il était évident que c’était-elle la boss. Mon travail a simplement consisté à la canaliser, à lui apporter un regard extérieur et un point de vue différent ».

Mais Prisca Demarez, « à l’aise » dans tous les registres, aussi drôle, talentueuse qu’émouvante, n’est pas seule sur scène et forme un magnifique duo avec son pianiste Stan Cramer ou Shay Alon - en alternance, deux virtuoses rencontrés dans des comédies musicales.

Coquelicot est un spectacle délicieux qui fait un bien fou. Un spectacle particulièrement tendre bourré d’humanité et d’humour qui donne envie de rire, de chanter et de danser. Avis Foudart ????????????

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ZOLA l'infréquentable

Un Zola magistral, une leçon pour aujourd’hui encore. À voir absolument

Un Zola magistral, une leçon pour aujourd’hui encore. A voir absolument Zola l’infréquentable est une pièce écrite et mise en scène par Didier Caron. Le sujet essentiel : l’affaire Dreyfus, vue à travers le regard opposé d’Émile Zola, dont on connaît l’engagement pour Dreyfus, ce qui lui vaudra de... Lire plus

Un Zola magistral, une leçon pour aujourd’hui encore. A voir absolument

Zola l’infréquentable est une pièce écrite et mise en scène par Didier Caron. Le sujet essentiel : l’affaire Dreyfus, vue à travers le regard opposé d’Émile Zola, dont on connaît l’engagement pour Dreyfus, ce qui lui vaudra de devoir fuir la France, et de Léon Daudet, pamphlétaire et antisémite notoire, donc antidreyfusard. Nous assisterons tout du long à une confrontation permanente entre ces deux hommes, un véritable duel qui ira de la dégradation de Dreyfus à la mort de Zola.

Pierre Azéma incarne magistralement un Zola touchant dans son humanité. On le redécouvre dans la complexité de son amour, partagé entre deux femmes : Alexandrine son épouse et Jeanne sa maîtresse. Il nous émeut quand il évoque les multiples refus de l’Académie française pour l’accueillir en son sein, cette injustice profonde. Mais surtout, il nous galvanise et nous touche par son combat courageux pour faire triompher la vérité, au risque de tout perdre lui-même. Bruno Paviot interprète quant à lui, avec beaucoup de talent, un Léon Daudet cynique, sûr de lui jusqu’à l’arrogance, qui affirme avec force et sans complexe un antisémitisme qui fait mal à entendre, qui fait peur aussi car on connaît trop les conséquences de cette haine. Cette mise en scène nous permet, grâce aussi au décor (fauteuils et bureau d’époque), de nous plonger dans cette grande affaire de la fin du XIXème siècle, une affaire que l’on aimerait être d’un autre temps et d’une autre époque mais qui a des résonances hélas si actuelles. Un Zola magistral qui s’est battu pour faire triompher la vérité, un Zola dont on aimerait tous avoir le courage. Une pièce remarquable à voir absolument.

Sandrine

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ZOLA l'infréquentable

Talentueuse interprétation de Pierre Azéma et Bruno Paviot

♥♥♥ Le 5 janvier 1895, Émile Zola dîne, comme à l’accoutumée, chez son ami Alphonse Daudet. Le fils de ce dernier, Léon Daudet, pamphlétaire et journaliste nationaliste, rentre de l’École Militaire où il vient d’assister à la dégradation du capitaine Dreyfus, événement qu’il couvre pour... Lire plus

♥♥♥ Le 5 janvier 1895, Émile Zola dîne, comme à l’accoutumée, chez son ami Alphonse Daudet. Le fils de ce dernier, Léon Daudet, pamphlétaire et journaliste nationaliste, rentre de l’École Militaire où il vient d’assister à la dégradation du capitaine Dreyfus, événement qu’il couvre pour le journal Le Figaro. Son article du lendemain est prêt. Il en donne un résumé injurieux, en des termes ignominieux. Zola s’indigne et proteste contre la violence des propos : il ne peut tolérer qu’en France on puisse accuser un homme sans autre forme de procès que celui de sa religion. De cette confrontation, Émile Zola ressort transfiguré. Il décide de se lancer dans ce qui devient déjà "l’Affaire Dreyfus" . Zola l’infréquentable (écrit et mis en scène par Didier Caron) raconte la confrontation véridique et peu connue entre le romancier et Léon Daudet, polémiste antisémite, qui mènera à la parution dans l’Aurore du célèbre « J’accuse ». La talentueuse interprétation de Pierre Azéma et Bruno Paviot nous plonge dans le vif de cette fin du XIXe siècle si agitée politiquement. La mise en scène par sa sobriété donne plus de force aux débats idéologiques comme au déroulé des évènements. Le tout est d’un grand intérêt historique et sociologique.

Le regard d’Isabelle

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Jacques de Bascher

Le comédien, Gabriel Marc, se coule avec aisance dans la peau de son personnage.

Cette pièce, écrite et interprétée par Gabriel Marc, est librement inspirée de la vie de Jacques de Bascher, un personnage qui fut un « prince » des nuits parisiennes dans les années 70-80. Jacques fut le compagnon du grand couturier Karl Lagerfeld et l’amant d’Yves Saint... Lire plus

Cette pièce, écrite et interprétée par Gabriel Marc, est librement inspirée de la vie de Jacques de Bascher, un personnage qui fut un « prince » des nuits parisiennes dans les années 70-80. Jacques fut le compagnon du grand couturier Karl Lagerfeld et l’amant d’Yves Saint Laurent. Nous sommes en 1984, il a 33 ans, au moment où il apprend sa positivité au VIH. Il redécouvre son vieux magnétophone sur lequel il a enregistré des moments pour lui inoubliables, et notamment sa relation avec Karl Lagerfeld, dont il fut le compagnon, et ses rendez-vous sulfureux avec Yves Saint-Laurent dont il fut l’un des amants. Il évoque ce que furent ses rêves, ses réussites, ses échecs. Sur ce magnétophone, il enregistre ici un ultime message pour Karl Lagerfeld.
Le spectacle, très vivant, est remarquablement mis en scène par Guila Braoudé.
Le comédien, Gabriel Marc, se coule avec aisance dans la peau de son personnage. Il nous fait partager ces moments fous de la vie nocturne totalement débridée de ces années-là.

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Jacques de Bascher

Gabriel Marc incarne parfaitement ce feu-follet frénétique...

Monologue dramatique écrit et interprété par Gabriel Marc dans une mise en scène de Guila Braoudé. Le comédien Gabriel Marc a conçu une partition monologale consacrée à Jacques de Bascher, sans doute inconnu du grand public actuel hors, peut-être, les plus de cinquante ans... Lire plus

Monologue dramatique écrit et interprété par Gabriel Marc dans une mise en scène de Guila Braoudé.
Le comédien Gabriel Marc a conçu une partition monologale consacrée à Jacques de Bascher, sans doute inconnu du grand public actuel hors, peut-être, les plus de cinquante ans et encore ceux qui s'intéressent au Tout Paris mondain à travers les siècles.

En effet, jeune, séduisant et dilettante homosexuel confit dans l'oisiveté, le narcissisme et la quête permanente du regard des autres, sa naissance en 1951 a permis à Jacques de Bascher de vivre à l'époque rétrospectivement considérée comme bénie des eighties.

Plus précisément pour les figures médiatisées de la jet-set, les "happy few" des années Palace "sex, drugs and alcool" dont la vie était présentée comme une fête permanente, de celle qui étourdit pour occulter la vacuité, existentielle et sans doute la mort qui et ce, de manière quasi visionnaire en l'espèce, allait prendre le visage du sida dont il comptera parmi les premiers décimés.

Jacques de Bascher voulait être un dandy rivalisant avec ceux du 19ème siècle et des salons proustiens des Années Folles, tel le fameux Robert de Montesquiou, pour laisser sa trace et une œuvre l'inscrivant dans la mémoire de hommes et dans l'Histoire.

Alors il fait sa diva et son cinéma, plus proche du Alexandre de "La Maman et la Putain" de Jean Eustache que du von Aschenbach du "Mort à Venise" de Luchino Visconti, car, dépourvu de tout talent artistique, il n'avait pas les moyens de son ambition et ne pouvait donc qu'en revêtir le costume et ne s'illustre que dans un rôle d'utilité auprès de célébrités à la notoriété établie.

Ce qui ressort du journal intime de l'intéressé enregistré sur bandes magnétiques qu'a exploré Gabriel Marc pour, indique-t-il dans sa note d'intention, construire une tragédie à partir des confessions et des fulgurances de lucidité de l'intéressé sur ses rêves, ses névroses, ses désillusions et sa profonde solitude. Mais également pour approcher le drame intime d'un homme en quête d'amour qui existe derrière son masque de personnage à la mode dont il deviendra prisonnier.

Tout comme la scénariste et réalisatrice Guila Braoudé assurant la mise en scène qui indique appréhender ce parcours de vie à l'aune d'un "souffle romanesque inattendu", celui lié au "mourir d’aimer" pour le "Kaiser de la mode".

Misant sur cette dualité dramatique et la fascination qu'exerce ce genre de figure, Gabriel Marc réussit son entreprise en proposant, sans verser dans la facilité graveleuse, un tissage de soliloques, inserts narratifs et bribes de dialogues pour dresser, hors de sa caricature de drama-queen, l'envers du décor de l'homme se retrouvant seul face à lui-même et à la désolation.

Et dans un décor efficace d'Erwan Rio, quelques objets mobiliers dont une étonnante baignoire-canapé et images d'archives, et la création lumière de Jérôme Peyrebrune, il incarne parfaitement ce feu-follet frénétique qui s'est brûlé les ailes aux feux de la comédie mondaine.

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Jacques de Bascher

Magnifiquement de bout en bout, Gabriel Marc est Jacques de Bascher !

Aussi méconnu que le personnage qu’il s’est approprié et interprète magnifiquement de bout en bout, Gabriel Marc est Jacques de Bascher (1951-1989), un dandy parisien des années 70-80, issu d’une fort ancienne famille française anoblie par Louis XVIII en 1818, qui fut le compagnon de vie de... Lire plus

Aussi méconnu que le personnage qu’il s’est approprié et interprète magnifiquement de bout en bout, Gabriel Marc est Jacques de Bascher (1951-1989), un dandy parisien des années 70-80, issu d’une fort ancienne famille française anoblie par Louis XVIII en 1818, qui fut le compagnon de vie de Karl Lagerfeld (1933-2019) pendant dix-huit ans (1971-1989) et un éphémère amant (1973-1974) d’un autre grand couturier encore plus illustre, Yves Saint Laurent (1936-2008), chasse gardée de Pierre Bergé (1930-2017).

« On sait finalement peu de choses sur lui et ce qui m’intéressait, explique l’auteur et interprète Gabriel Marc de ce seul-en-scène sur un personnage flamboyant qui n’a rien laissé à la postérité que le nom de son compagnon et celui de son illustre amant, c’était de combler les manques, d’imaginer ce qu’était un homme qui côtoie la création artistique du monde que nous connaissons aujourd’hui et sans n’avoir jamais réussi à y [ancrer] quoi que ce soit. »

Nous sommes en 1984 et Jacques de Bascher, à 33 ans, l’âge du Christ, apprend qu’il est positif au virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui l’emportera cinq ans plus tard et c’est pour lui la fin des nuits folles avec le tout-Paris d’alors et le début d’un repli sur soi, de la solitude, d’une introspection qui va le conduire à « tirer un bilan » de sa trop courte vie et nous faire (re)vivre ses années Palace démentes, ses rencontres furtives avec Saint Laurent et ses peines et joies avec Lagerfeld, outre, en prime, un final d'enfer, un « I Am What I Am » (Gloria Gaynor, 1984), en bas résille, porte-jarretelles et nattes d'écolière qui, à lui seul, vaut le déplacement et tous nos encouragements pour la suite.

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La presse en parle

Jacques de Bascher

Autant de talent que de passion. Pièce tellement singulière… et excellente !

Vendredi dernier, nous avons eu le plaisir d’assister à la Générale de Presse de JACQUES DE BASCHER au Théâtre de la Contrescarpe. La pièce a été conçue par Gabriel Marc qui interprète magistralement le rôle de Jacques De Bascher, dandy – à la... Lire plus

Vendredi dernier, nous avons eu le plaisir d’assister à la Générale de Presse de JACQUES DE BASCHER au Théâtre de la Contrescarpe.

La pièce a été conçue par Gabriel Marc qui interprète magistralement le rôle de Jacques De Bascher, dandy – à la réputation sulfureuse – des années 70/80.

 

Le Pitch :

1984, Jacques De Bascher, le prince des nuits parisiennes, apprend qu’il est positif au VIH. Paris lui tourne le dos, il se retrouve seul dans son appartement.

Il redécouvre ses enregistrements qu’il a faits tout au long de sa vie à l’aide de son magnétophone. Cet appartement, qui a connu de grandes soirées, devient un antre plein de souvenirs, de ses petites réussites mondaines à ses grandes défaites personnelles.

Durant cette soirée, Jacques de Bascher enregistre une dernière cassette pour son compagnon Karl Lagerfeld.

Notre avis : Une pièce à ne pas manquer !

Que ce soit pour l’immersion dans ces années 70/80 où régnaient plaisir et insouciance jusqu’à l’arrivée de cette épouvantable épidémie.

Ou pour le décor d’Erwan Rio qui campe dans les moindres détails l’appartement de Jacques De Bascher

Ou encore pour la mise en scène de Guila Braoudé qui ne laisse à aucun moment place à l’ennui

mais allez-y surtout …

pour le jeu de scène de Gabriel Marc, comédien/auteur de la pièce qui se fond dans la peau de Jacques De Bascher avec autant de talent que de passion.

 

Ses réponses – qui m’ont beaucoup plu – sont autant d’éléments qui permettent de comprendre pourquoi cette pièce est tellement singulière… et excellente !

 

RENCONTRE AVEC GABRIEL MARC, AUTEUR ET INTERPRÈTE DE JACQUES DE BASCHER

Z.P : Comment vous est venue cette idée de vouloir incarner Jacques de Bascher alors que c’est une époque que – étant donné que vous êtes très jeune – vous n’avez pas pu connaître ?

G.M : J’ai commencé ma scolarité en études supérieures par deux écoles de mode (L’atelier Chardon Savard puis la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne), j’ai toujours été un amoureux du travail de Monsieur Saint-Laurent j’ai donc lu beaucoup de choses à son sujet.

À cette époque, peu de choses sont dites sur Jacques de Bascher, ou alors quelques articles le traitant de Gigolo ou du diable de Paris. Je ne comprenais pas pourquoi tant de haine à son sujet j’ai donc écrit quelques phrases, quelques idées mais vu le peu d’informations que j’avais je n’ai pas pu aller bien loin. Les films sur Yves Saint-Laurent sont sortis, puis des biographies sur Jacques et j’ai trouvé ce personnage encore plus fascinant.

J’ai surtout eu envie de lui donner la parole et d’avoir son point de vue.

Il est mort très jeune et le tout paris en a fait une cible d’un système ou d’une caste et je trouvais cela insupportable. J’ai donc créé une sorte de divagation personnelle autour de ce personnage. 

Quant à l’époque j’ai toujours été fasciné par le 20eme siècle mais dans mes références ça allait principalement des années 20 aux années 60, je trouvais les 70’s et les 80’s un peu vulgaires, mais en m’intéressant à Jacques j’ai appris à aimer cette décennie et surtout le vent de nouveauté et de liberté qu’elle avait, cette époque a été un tournant pour le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Après c’est un petit milieu que je décris, celui de la mode donc un milieu privilégié alors on est loin des crises de l’époque.

Z.P : Vous campez à merveille le dandy élégantissime… Êtes-vous, dans la « vraie vie» un fan de mode et de haute couture ou est-ce totalement un rôle de composition?

G.M : Il y a certainement beaucoup de points très similaires avec Jacques mais principalement sur son regard sur l’art et sur la mode. (Après de façon évidente comme c’est moi qui ai écrit, sur ces sujets, il y a beaucoup de moi).

Mais j’adore follement la mode, j’aime m’habiller, dénicher des pièces, faire des looks insensés et pour moi ça a toujours été un sujet sérieux, c’est social et sociétal la mode.

Même la personne qui a horreur de la mode aura besoin de s’habiller et donnera cette information par les vêtements qu’elle aura choisi. Au-delà du beau ou de la haute couture c’est vraiment cette chose-là qui m’intéresse, j’adore essayer de comprendre les gens par leur vêtement. Et puis c’est un milieu fascinant qu’on l’aime ou qu’on le déteste, ça fait toujours un peu rêver je crois, alors associer mode et théâtre c’est génial. J’en parlais il y a quelques temps avec quelqu’un, cette personne m’a dit «  je travaille dans la mode et je vais peu au théâtre mais ce sujet m’intéressait » et j’imagine que ça sera pareil pour les gens qui vont au théâtre et qui ne s’intéressent pas à la mode, si j’ai pu faire un pont entre ces deux mondes, j’en suis ravi !

Z.P : Vous avez créé cette pièce avec ce souci de réalité, de vraisemblance, dans les moindres détails, qui la rend exceptionnelle, du coup, j’imagine que vous vous êtes plongé dans des archives de l’époque pour arriver à un tel résultat ?

G.M : J’ai ce regard là quand je vais au théâtre quand je vais voir un film, d’ailleurs à l’heure où je réponds il nous manque encore quelques petits détails qui m’agacent à chaque représentation mais cela restera entre nous ! Je crois qu’il y a peu de choses modernes dans ce spectacle, tout a été chiné pour accessoiriser le beau décor fait par Erwan Rio que je remercie chaque soir parce que c’est un plaisir de jouer dedans.

J’ai construit ce spectacle comme j’aurais voulu le voir, j’avais peur des anachronismes

parce que je les vois toujours en tant que spectateur, je déteste les téléphones qui ne sont pas branchés dans une pièce de théâtre par exemple et il est vrai que le fil n’est pas très esthétique mais étrangement ça m’aide de penser que le téléphone est un vrai ( Ah les comédiens … ). Et plein de choses nous ont inspirés avec Guila en travaillant, des photos, des interview liées ou pas avec le personnage d’ailleurs. Et pour les plus attentifs, il y a plein de petites choses disséminées dans le décor qui font réellement référence à Jacques ou à Monsieur Saint-Laurent ou à Karl Lagerfeld, et c’est un petit plaisir personnel quand des gens reconnaissent des petites choses comme cela. 

Z.P : Est-ce un projet qui vous taraudait depuis longtemps ? Et si oui avez-vous eu l’opportunité de rencontrer Karl Lagerfeld de son vivant et d’évoquer ce projet avec lui?

G.M : Alors ce projet, oui, trotte depuis longtemps, comme je vous le disais j’ai commencé mes études en mode en 2012, je crois que l’idée a commencé à apparaître en 2015. J’ai essayé de contacter quelques personnes mais c’était très compliqué, et parler de Jacques avec Karl me terrifiait alors je n’ai pas osé et je le regrette un peu aujourd’hui.

Mais il y a une chose assez folle qui s’est produite en 2019 …

Je n’avais encore rien de construit sur ce spectacle. Beaucoup d’idées en vrac dans des carnets mais aucune continuité et je tombe sur un concours de seul en scène sur Facebook où il faut présenter 7 minutes et je n’y prête pas plus attention que cela donc je continue de scroller sur mon téléphone… puis je reviens dessus et je vois que la finale se déroulera au Palace, comment ne pas être convaincu au vu de mon sujet. Je passe différentes étapes et je suis sélectionné pour la finale.

Nous sommes le 18 février 2019 sur la scène du Palace et je fais revivre Jacques de Bascher !

[….] Le lendemain je vois plein de notifications sur mon portable, des news et des messages de personnes dont j’ai parlé de ce projet qui m’annoncent que Karl Lagerfeld est décédé dans la nuit. J’ai trouvé cela très étrange et je n’ai toujours pas trouvé la bonne explication à ce concours de circonstances sinistre. 

Les réponses de Gabriel Marc corroborent ma première impression : Gabriel Marc n’est pas seulement un talentueux comédien qui se serait glissé dans la peau de son personnage. C’est un passionné ! Passionné de mode, d’art, et j’irais presque jusqu’à dire de sociologie.

«  J’ai eu envie de construire ce qu’on ne sait pas de ce personnage […] il était aux premières loges de la création d’un grand nom et de l’ascension d’un génie. Mais lui dans tout cela ? Il était de toutes les soirées mondaines mais son intimité, son regard sur cette époque, nous a échappé. Tout a été dit sur le personnage, je voulais que l’homme se confie […]» Gabriel Marc

J’avoue que cet échange avec Gabriel Marc m’a beaucoup plu et m’a même donné envie de lui consacrer une rubrique « looks » c’est dire !

Quoiqu’il en soit, je ne saurais que trop vous inviter à aller applaudir cette excellente pièce au Théâtre de la Contrescarpe.

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Jacques de Bascher

Gabriel MARC, se glisse habilement dans la peau de ce personnage fantasque.

Un texte de Gabriel MARC, qui en est l'interprète. Il peaufine ce spectacle depuis 2019, le titre initial était "Jacques l'Amant Terrible". La première fois où j'ai rencontré Jacques de Bascher, c'était dans un dîner où il était le Chevalier Servant de Diane de Beauvau-Craon, dont... Lire plus

Un texte de Gabriel MARC, qui en est l'interprète. Il peaufine ce spectacle depuis 2019, le titre initial était "Jacques l'Amant Terrible".

La première fois où j'ai rencontré Jacques de Bascher, c'était dans un dîner où il était le Chevalier Servant de Diane de Beauvau-Craon, dont il semblait follement épris. Une erreur de parcours ? C'était un habitué du "Nuage" animé alors par Gérald Nanty. Il dînera souvent au "Sept", créé par Fabrice Emaer, avec Karl Lagerfeld, qu'il entraînera ensuite dans les autres établissements de la rue Ste Anne, comme "Le Colony" ou le "Bronx" imaginés par Alain-Philippe Malagnac, qui avait eu le flair de débaucher l'excellent Gérald Nanty, pour diriger les deux établissements.

Dans ce Seul en Scène, Jacques de Bascher enregistre une cassette où il fait mille confidences à son amant, Karl Lagerfeld. Ce sera son chant du cygne, avant de disparaître en 1989, victime du sida.

Gabriel MARC, se glisse habilement dans la peau de ce personnage fantasque.
Une très belle Mise en Scène de: Guila BRAOUDÉ

Lumières: Jérôme PEYREBRUNE
Chorégraphie: Julie MERCIER
Décor: Erwan RIO

Un spectacle à ne pas mettre entre toutes les oreilles, il est déconseillé aux -16 ans. Il est fidèle aux mœurs du monde homosexuel des années 70.

Une affiche originale que vous propose le Théâtre de La Contrescarpe.

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INTERVIEW de Gabriel MARC par CASTING.fr pour vous parler de JACQUES DE BASCHER

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Gabriel Marc est tout entier dans la peau du personnage...

Au Théâtre de la Contrescarpe, Gabriel Marc nous propose un spectacle émouvant, faisant renaitre sous nos yeux la fulgurante trajectoire de Jacques de Bascher, le dandy, prince de tous les excès ayant régné sur le monde de la nuit dans les années 70 et 80. La mort de Karl Lagerfeld qui fut... Lire plus

Au Théâtre de la Contrescarpe, Gabriel Marc nous propose un spectacle émouvant, faisant renaitre sous nos yeux la fulgurante trajectoire de Jacques de Bascher, le dandy, prince de tous les excès ayant régné sur le monde de la nuit dans les années 70 et 80.

La mort de Karl Lagerfeld qui fut son compagnon et les deux biopics consacrés à Yves Saint Laurent dont il fut l’amant ont remis Jacques de Bascher sous les feux de la rampe. Bien avant cela, Gabriel Marc s’est pris de passion pour ce personnage hors du commun, dont la vie courte n’est connue que pour avoir partagé celle de gens célèbres. De fait, hormis quelques photos, il n’existe sur lui que des témoignages parcellaires. Né en 1951, avec un nom à particule, le jeune homme ne détient aucun talent particulier mais il est d’une beauté et d’un charme propres à lui ouvrir les plus belles portes. C’est ainsi qu’à vingt ans, il rencontre et s’attache pour la vie Karl Lagerfeld dont il sera le seul et unique amour. En bon aristocrate, Jacques de Bascher entend vivre comme il l’entend en rupture avec les conventions d’une société dans laquelle il évolue mais qui n’est pas vraiment la sienne. Comme s’il était encore un seigneur du XVIIe siècle, ne pas travailler et s’occuper de ses plaisirs reste sa ligne de conduite, d’autant que Karl s’occupe de l’intendance. Sa rencontre avec Saint Laurent qu’il rendra presque fou a failli menacer la bonne marche de la grande maison. Mais Pierre Bergé veillait et n’ira pas par quatre chemins pour interrompre cette liaison impossible.

Gabriel Marc a choisi les épisodes marquants de cette vie débridée. Il fait débuter son récit en 1984, quand Bascher apprend sa séropositivité. Il sait que ses jours sont comptés. Désemparé, il cherche du réconfort auprès de son amie, Diane de Beauvau-Craon la princesse aussi déjantée que lui. Il appelle sans cesse Lagerfeld pour qui il enregistre les détails de sa vie sur des cassettes, en guise de testament amoureux. Durant un peu plus d’une heure, nous allons faire des aller-retour dans les moments marquant cette vie fracassée, passée à s’habiller avec le plus grand raffinement, à lancer des piques assassines à tous ceux qui ne sont pas à la hauteur autour de lui et surtout à s’envoyer en l’air en toutes occasions. En cela, Jacques de Bascher fut loin d’être unique. Pourtant, si la nuit parisienne regorgeait de personnages jouisseurs et vénéneux, elle n’en connut qu’un seul, vénéré sa vie durant par Karl Lagerfed.

La mise en scène de Guila Braoudé permet de recréer l’univers impitoyable dans lequel il évolua tout en rendant le texte parfaitement vivant, comme si Jacques de Bascher avait consenti à nous inviter chez lui. Comment ne pas y croire quand Gabriel Marc est tout entier dans la peau du personnage, avec sa désinvolture, ses peurs, ses addictions ? Rien ne lui échappe. Le comédien qui aime éperdument son personnage en a compris toutes les facettes, tous les mystères. Chacun de ses mots, de ses gestes et de ses attitudes nous disent qui était finalement Jacques de Bascher : l’enfant improbable de Visconti et de Pasolini ! Un enfant infernal, épicurien jusqu’à l’autodestruction, malheureux à en mourir d’être privé du génie de ceux qui l’ont entouré mais qui parvint à faire de sa vie un roman. Un roman que Gabriel Marc nous fait découvrir et partager avec une générosité sans pareille.

Philippe Escalier

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Jacques de Bascher

Gabriel Marc excelle en Jacques de Bascher

Gabriel Marc excelle en Jacques de Bascher au théâtre By Gaspard Granaud Iconique et controversé, Jacques de Bascher – le dandy gay parisien connu pour ses relations avec Karl Lagerfeld et Yves Saint-Laurent – est en ce moment à l’honneur au théâtre à travers une pièce... Lire plus

Gabriel Marc excelle en Jacques de Bascher au théâtre
By Gaspard Granaud

Iconique et controversé, Jacques de Bascher – le dandy gay parisien connu pour ses relations avec Karl Lagerfeld et Yves Saint-Laurent – est en ce moment à l’honneur au théâtre à travers une pièce écrite et interprétée par le jeune comédien Gabriel Marc.

Jacques de Bascher, qui restait une personnalité mystérieuse et avant tout connue des aficionados de la mode il y a encore une dizaine d’années, a été remis en lumière ces dernières années via deux longs-métrages (un de Jalil Lespert et un de Bertrand Bonello) dédiés à Yves Saint-Laurent. Il y apparaissait en amant vénéneux et un peu scandaleux, à l’irrésistible et destructeur parfum de décadence. Plusieurs ouvrages sont aussi sortis à son sujet.
Féru de mode et de cinéma, Gabriel Marc s’empare du personnage et y apporte son interprétation toute personnelle. Et le résultat est assurément intrigant et original. Porté par une mise en scène inspirée et cinématographique de Guila Braoudé assistée de Cécile Coves, l’ensemble est à la fois hybride et abouti. Hybride car l’auteur mêle pièce dramatique léchée (avec un joli sens du détail, un soin tout particulier accordé aux décors – signés Erwan Rio- et aux accessoires) et seul en scène souvent drôle, ironique, mordant. Gabriel Marc aime l’humour et le camp, il l’a prouvé à travers des vidéos sur les réseaux sociaux où il rejouait des scènes cultes de Sex and the City par exemple. Il apporte ici une fantaisie inattendue au personnage sombre de Jacques de Bascher. Mais il ne prend pas son sujet pour une blague : il le croque avec tendresse, jubile de ses extravagances et paradoxes, dessine les contours de sa vie de dandy aux allures de mirage.

Le spectacle nous plonge au cœur de l’année 1984. Jacques de Bascher est seul dans son appartement et vient d’apprendre qu’il est positif au test du VIH. Son petit monde s’écroule. Lui qui a articulé son existence autour des mondanités, ne veut plus sortir, s’isole chez lui. Pour un être aussi vif, insatiable et hédoniste, l’annonce du générique de fin est logiquement on ne peut plus insupportable. Pour Gabriel Marc c’est l’occasion de saisir la complexité du personnage, une vulnérabilité qui n’a pas souvent été évoquée. Dépassé, le dandy insouciant est obligé de composer avec le fait que son destin ne lui appartient plus désormais. Il se retrouve dans une position de faiblesse et on le voit courir après Karl Lagerfeld, tel un nécessiteux qui n’ose se l’admettre, ou se confier à demi-mots à son ex fiancée et amie Diane.
Qui dit mort annoncée dit remise en perspective de son existence. Le constat n’est pas franchement glorieux, Jacques de Bascher n’a pas crée grand chose, s’attache à quelques articles sur lui parus dans des magazines. Il est de ces personnalités devenues célèbres pour « avoir été » ou dans son cas particulier « avoir été avec ». On retient de lui le garçon ensorcelant, insolent, provocant, érudit, son goût pours les mondanités, la fête, le sexe, l’excès sous toutes ses formes. Une incarnation d’un certain hédonisme gay des années 1970 fauché en plein vol dans les eighties.
A l’évidence attiré par les projecteurs, Jacques de Bascher n’a pas réussi à laisser une trace via un véritable geste créatif. Malgré son regard avisé et ses réflexions aiguisées, il restera un personnage périphérique, « le compagnon de », « l’amant de ». Gabriel Marc trouve la bonne distance entre l’hommage et l’interprétation qu’il fait de cet homme qui a tout du personnage de cinéma. Sexy et dangereux, cet attachant serpent attise les passions et joue sur les émotions contraires. On peut le trouver attachant et insupportable, l’aimer ou le détester, le trouver fascinant ou d’une pathétique vacuité… et surtout c’est un peu tout ça à la fois et c’est ça qui le rend si magnétique.
Alors que la mort rode, Gabriel Marc nous emporte dans la nostalgie d’une époque. Celle où Jacques de Bascher naviguait entre clubs privés et prestigieux et backrooms glauques, hôtels 5 étoiles ou ères de cruising. Cela se fait à travers un dispositif ingénieux : il nous est raconté que Jacques de Bascher enregistrait anecdotes et souvenirs sur des cassettes audios. Le fil rouge est une ultime cassette enregistrée pour Karl Lagerfeld et tout le spectacle est l’occasion de rembobiner d’autres cassettes qui font ressurgir les éclats de la vie haute en couleurs de ce dandy narcissique. On se replonge dans les années Palace, on revit l’amour et la tendresse qui le lient à Karl Lagerfeld, la passion tumultueuse avec Yves Saint-Laurent.
S’il apparait cynique et superficiel, Jacques de Bascher semble turlupiné à l’aube de sa disparition par ce dont on se souviendra de lui. Il a beau essayer de s’en extirper, tout le ramène toujours au final aux deux hommes connus dont il a partagé l’intimité.

De ceux qui veulent sauver les apparences en permanence, on voit le personnage se débattre pour essayer de sauver la face même s’il sait que face au Sida c’est perdu d’avance. Cherchant à convaincre (et aussi à se convaincre) que ce qu’il a pu vivre était plus iconique que pathétique, « le garçon aux allures de prince aristocratique » apparait plusieurs fois au bord du précipice du désespoir ou de la folie. Gabriel Marc exulte en poussant le côté « diva » de son sujet et son écriture rappelle par moments Les larmes amères de Petra Von Kant de Fassbinder (pièce de théâtre et film).

Interprétation d’une époque culte et révolue entre anecdotes croustillantes, répliques cinglantes, émotion et dérision, cette pièce émeut, amuse et divertit avec brio. La comédie smart à voir absolument en ce moment.

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Jacques de Bascher

Gabriel Marc incarne magnifiquement cet artiste sans art...

Lettre à Karl Que reste-t-il d'un dandy après sa mort ? Un parfum, celui d'une époque mondaine évanescente. Parfois, une allure, aussi jalousée qu'admirée, qui s'estompe. Au seuil de sa vie, apprenant qu'il a le sida, Jacques de Bascher, l'ange vénéneux des années Palace, se... Lire plus

Lettre à Karl

Que reste-t-il d'un dandy après sa mort ? Un parfum, celui d'une époque mondaine évanescente. Parfois, une allure, aussi jalousée qu'admirée, qui s'estompe. Au seuil de sa vie, apprenant qu'il a le sida, Jacques de Bascher, l'ange vénéneux des années Palace, se livre à un entretien avec lui-même. Sur son magnétophone, il laisse en réalité une lettre d'amour à Karl Lagerfeld... 

Gabriel Marc incarne magnifiquement cet artiste sans art, amant secret d'Yves Saint Laurent, muse au masculin.
"Je vis comme une comme une vraie courtisane, on me déplace d'appartement en appartement", déclare l'aristocrate au verbe haut des nuits parisiennes qui a fait de la décadence "une forme de suicide dans la beauté, une beauté tragique".
R.M.

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Jacques de Bascher

Gabriel Marc incarne Jacques de Bascher avec autant de talent que de conviction...

La critique d'Eric Naulleau : Jacques de Bascher, chronique d'une "défête" Suprême dandy pour les uns, simple gigolo pour les autres, Jacques de Bascher, astre noir trop souvent résumé à ses deux plus célèbres amants, Karl Lagerfeld et Yves Saint-Laurent, revient grâce au... Lire plus

La critique d'Eric Naulleau : Jacques de Bascher, chronique d'une "défête"
Suprême dandy pour les uns, simple gigolo pour les autres, Jacques de Bascher, astre noir trop souvent résumé à ses deux plus célèbres amants, Karl Lagerfeld et Yves Saint-Laurent, revient grâce au seul-en-scène de Gabriel Marc.
Pour savoir à quoi ressemblait l’univers voilà quelque treize milliards d’années, on peut admirer les images fournies par le télescope James Webb. Pour savoir à quoi ressemblait Paris dans les années 1970 et 1980, du moins un certain Paris, celui des nuits sans fin de la jet-set, il suffit de se rendre au théâtre de la Contrescarpe pour voir la pièce Jacques de Bascher. Où une bonne heure durant, seul en scène, Gabriel Marc braque moins un télescope qu’un microscope sur l’astre noir de cette galaxie disparue, un homme trop souvent résumé à ses deux plus célèbres amants – Karl Lagerfeld et Yves Saint-Laurent.

Suprême dandy pour les uns, passer la journée à choisir ce qu’il porterait le soir lui paraissait une activité aussi valable qu’une autre. Simple gigolo pour les autres, il consacra l’essentiel de sa brève existence à chercher comment employer son intelligence et sa sensibilité artistique. En vain pour l’essentiel, la postérité ne retenant guère de son passage sur terre que l’organisation de la « Moratoire noire », soirée géante et décadente (deux invités s’y adonnèrent notamment au fist-fucking sur scène) donnée le 24 octobre 1977 à La Main bleue en l’honneur de Karl Lagerfeld.

Et pourtant, de la même manière que le baron Charlus dans A la recherche du temps perdu, le personnage subjugue par son insolence, par ses mots d’un esprit très français, par la lucidité sur son propre cas, par la distance amusée qu’il parvient à garder envers toutes les péripéties d’un quotidien agité – comme lorsque telle conquête de passage l’attache à son lit et, soudain devenu indifférent aux plaisirs anticipés, dérobe tous les objets de valeur avant de disparaître. D’un fait divers dans le même registre, Édouard Louis tirera quarante plus tard dans Histoire de la violence un récit douteux et lourdingue. L’anecdote crapuleuse, c’était mieux avant.

Fascination bien employée

Plutôt que de se lancer dans une biographie exhaustive (ce dont s’était fort bien acquittée Marie Ottavi dans Jacques de Bascher paru en 2017 aux éditions Séguier), le spectacle saisit une vie sur laquelle l’ombre ne cesse déjà de s’étendre. Dans son appartement d’un goût exquis, forcément exquis, l’ancien enfant terrible écoute les cassettes qu’il a enregistrées au fil du temps à la manière d’un journal intime. Si le dispositif rappelle La dernière bande de Beckett, c’est la dernière débandade qu’il faudrait évoquer. La défaite ou peut-être la défête en référence à son passé noceur.

En termes des plus brutaux, Pierre Bergé a sifflé la fin de la récréation au sujet d’Yves Saint-Laurent. Le quatuor amoureux a vécu. Pendu à son téléphone, Jacques de Bascher laisse des messages en forme de SOS à Karl Lagerfeld et Diane de Beauvau-Craon, autre personnalité extravagante, qu’il a autrefois manqué d’épouser – comme auprès de tant d’autres en cette décennie 1980, le sida vient de se faire annoncer. Qu’il s’agisse de jouer sa vie rapide ou sa mort lente, Gabriel Marc incarne Jacques de Bascher avec autant de talent que de conviction, celle que donne, du moins peut-on le supposer, une fascination bien employée envers son modèle.

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Jacques de Bascher

Une reconstitution poignante et effrontée

Le Théâtre de la Contrescarpe dévoile sa nouvelle pièce "Jacques De Bascher" retraçant les mémoires du compagnon de Karl Lagerfeld et l'amant d'Yves Saint Laurent, du 15 juillet au 20 août 2022. Au delà des paillettes, découvrez la vie compliquée de ce dandy des années... Lire plus

Le Théâtre de la Contrescarpe dévoile sa nouvelle pièce "Jacques De Bascher" retraçant les mémoires du compagnon de Karl Lagerfeld et l'amant d'Yves Saint Laurent, du 15 juillet au 20 août 2022. Au delà des paillettes, découvrez la vie compliquée de ce dandy des années 70-80. Une véritable tragédie moderne !
"Jacques De Bascher", la pièce qui retrace la vie de celui qui fut le compagnon de Karl Lagerfeld et l'amant d'Yves Saint Laurent, est à découvrir au Théâtre de la Contrescape les vendredis et samedis du 15 juillet au 20 août 2022. Une reconstitution poignante et effrontée de cette époque, née grâce à des cassettes audio sur lesquelles il enregistrait anecdotes et pensées.
Contexte : 1984, Jacques De Bascher apprend qu’il est positif au VIH. Le dandy sulfureux des années 70-80 se retrouve subitement seul dans son appartement, coupé du monde. Un isolement qui l'amène à redécouvrir les enregistrements qu’il a fait au long de sa vie, tels un journal intime. L'appartement, qui a connu de grandes soirées, devient un confessionnal, un lieu où il se remémore cette vie "exceptionnelle" teintée de regrets.

Illustre inconnu du grand public et pourtant prince de la mode et des nuits parisiennes, cette introspection dans les mémoires de Jacques De Bascher permet une plongée dans l'intimité des deux plus grands génies de la mode. Lui dans tout cela, c'était l'homme en arrière-plan, celui qui participait à cette vie mondaine trépidante et décadente sans vraiment y trouver sa place. Cette pièce, écrite et interprétée par Gabriel Marc, est l'occasion pour Jacques de se confier : "Ce sont les névroses d'un homme qui s'est perdu et d'un amoureux délaissé. Cette pièce est construite comme une tragédie, peut-être était-ce la façon dont il voyait sa vie."
Jacques De Bascher semblait avoir une vie de rêve mais c'était en réalité une course effrénée pour la reconnaissance, remise en question par le fléau du SIDA. Derrière les apparences, la pudeur des sentiments d'un homme qui émeut.

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Jacques de Bascher

Un spectacle merveilleux, visuellement très beau et superbement interprété

« J'ai été le compagnon de Karl Lagerfeld et l'amant d'Yves Saint-Laurent... Mais de moi que restera-t-il ? » Ange ou démon C’est en découvrant les enregistrements de Jacques de Bascher, le dandy des nuits parisiennes, la muse masculine, l’amoureux délaissé ou le gigolo... Lire plus

« J'ai été le compagnon de Karl Lagerfeld et l'amant d'Yves Saint-Laurent... Mais de moi que restera-t-il ? »

Ange ou démon

C’est en découvrant les enregistrements de Jacques de Bascher, le dandy des nuits parisiennes, la muse masculine, l’amoureux délaissé ou le gigolo de la mode que Gabriel Marc a eu l’idée de créer ce spectacle sur cette étoile méconnue, toujours de côté derrière les deux plus grands génies de la mode.

Fête, délire et décadence

« La décadence est un mouvement très lent, très beau. Il peut s'agir d'une forme de suicide dans la beauté, une beauté tragique »

Au centre d’un appartement cosy, Jacques de Bascher égrène ses souvenirs pêle-mêle et revit ses « années Palace » alcoolisées, ses rencontres secrètes avec Yves Saint-Laurent, sa passion tumultueuse avec Karl Lagerfeld et évoque tous ses projets avortés, mais soigneusement conservés.

Loin d’être un simple Biopic, avec ce spectacle très réussi, nous plongeons dans l’intimité de cet homme, avec cette reconstitution poignante des années 70-80, merveilleuses et décadentes.

L’homme qui ne savait rien faire, mais dont l’image était si primordiale « J’essaie de cacher que je ne sais rien faire avec de belles phrases, de belles chemises et de beaux sourires ».

L’homme qui paraissait sans morale « c'est faux, j'ai la mienne, elle n'est juste pas partagée par tout le monde… » et, que plusieurs ont désigné responsable de tous les maux de la terre « je tue, je rends dépressif et je vend mon cul » reste un pur mystère, une énigme éternelle.

Vérités maquillées et prises de consciences

La grande idée de Gabriel Marc et de Guila Braoudé est de ne pas avoir essayé de suivre une trame chronologique et de nous transmettre, à travers ces cassettes fictives des bribes de la vie et de la pensée de Jacques de Bascher.

« Cela permet également un double jeu entre ce qu'il nous laisse entendre et ce qui peut se jouer sur scène. » Gabriel Marc

Cette pièce est aussi l'occasion d'évoquer, en pointillé, cette terrible époque où la vie était freinée par le SIDA et où des gens mouraient sans savoir pourquoi.

« Jacques, c'est surtout, l'histoire d'un homme de l'ombre qui n'a pas su être aimé ». C’est un spectacle merveilleux, visuellement très beau et superbement interprété, une identification troublante de Gabriel Marc, séduisant et émouvant à souhait. Avis Foudart ????????????????

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Le Galopin

Jacques de Bascher

Remarquable interprétation de Gabriel Marc & mise en scène impeccable de Guila Braoudé.

La première fois que j'ai entendu parler de Jacques de Bascher c'était dans le film "Saint-Laurent" de Bertrand Bonello et si des amis ne m'avaient proposé d'y assister, je serai surement passé à côté de ce spectacle qui lui est consacré. Compagnon de Karl Lagerfeld depuis leur... Lire plus

La première fois que j'ai entendu parler de Jacques de Bascher c'était dans le film "Saint-Laurent" de Bertrand Bonello et si des amis ne m'avaient proposé d'y assister, je serai surement passé à côté de ce spectacle qui lui est consacré.

Compagnon de Karl Lagerfeld depuis leur rencontre, puis amant d'Yves Saint-Laurent, relation à laquelle Pierre Bergé mettra fin. C'est à travers ce prisme qu'on évoque le plus souvent De Bascher.
Si elle est exacte, cette vision du personnage est probablement un peu réductrice, et c'est à lui que Gabriel Marc sans porter de jugement donne la parole.
Dans son appartement, il raconte sa relation compliquée avec Lagerfeld, pour qui il enregistre des messages sur des cassettes audio.
Sa liaison avec YSL sur fond d'alcool et de drogue.
Son amie et complice Diane de Beauvau-Craon.
Les soirées au Palace, à la main bleue, où il n'y avait aucun interdit.
L'arrivée du sida dont il se découvre atteint en 1984.
Gigolo, cynique, insupportable, manipulateur, intelligent, charmeur etc... derrière tous ces qualificatifs qui peuvent lui être attribués on devine en filigrane un être complexe, avec ses forces et ses failles, qui a probablement souffert de n'être le plus souvent reconnu que comme le compagnon de..., ou l'amant de... qui n'aura jamais jamais réussi à faire cette collection homme dont il rêvait.
Quelqu'un qui assumait pourtant qui il était comme il le chante en reprenant Gloria Gaynor*
"I am what I am
I don't want praise, I don't want pity
I am what I am
And what I am needs no excuses" *citation des lyrics de I am what I am de Jerry Herman
Librement adapté de la vie de Jacques de Bascher, le spectacle réussit en 1h15 à évoquer une personnalité hors du commun, le monde de la mode, une époque révolue, et le début des années sida.
Une gageure tenue par l'écriture et la remarquable interprétation de Gabriel Marc, & la mise en scène impeccable de Guila Braoudé.

Bien entendu je vous recommande d'aller à la rencontre de Jacques de Bascher et de son auteur interprète
c'est au théâtre de la Contrescarpe

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Jacques de Bascher

Un exceptionnel moment de théâtre.

***** Un subtil mélange de sensibilité et d’irrévérence pour faire revivre la folie des années 70/80 à travers le destin inédit de ce dandy hors du commun mais désormais oublié que fut Jacques de Bascher. Résumé : 1984. Jacques de Bascher, le prince des... Lire plus

***** Un subtil mélange de sensibilité et d’irrévérence pour faire revivre la folie des années 70/80 à travers le destin inédit de ce dandy hors du commun mais désormais oublié que fut Jacques de Bascher.

Résumé : 1984. Jacques de Bascher, le prince des nuits parisiennes, apprend qu’il est positif au VIH. Paris lui tourne le dos, il se retrouve seul dans son appartement. Il redécouvre ses enregistrements qu’il a faits tout au long de sa vie à l’aide de son magnétophone. Cet appartement, qui a connu de grandes soirées, devient un antre plein de souvenirs, de ses petites réussites mondaines à ses grandes défaites personnelles. Durant cette soirée, Jacques enregistre une dernière cassette pour son compagnon Karl Lagerfeld. Jacques revit ses années Palace alcoolisées, ses rencontres secrètes avec Yves Saint Laurent, sa passion tumultueuse avec Karl Lagerfeld, et évoque tous ses projets avortés mais soigneusement conservés.

Critique : Né en 1951 dans une famille de la haute bourgeoisie, Jacques de Bascher est aussi beau qu’intelligent, aussi libertin qu’inapte au travail. Son domaine de prédilection, c’est la nuit, à une époque où elles sont fastueuses, souvent délirantes de libertés cependant potentiellement périlleuses pour ceux qui en outrepassent les limites. Or, il n’aime rien d’autre que l’outrance, pour le meilleur et pour le pire. Séduit par son originalité, son élégance et sa culture littéraire, Karl Lagerfeld le prend sous son aile. S’installe entre eux une relation platonique faite d’amitié et de respect. Le couturier assure finance et émancipation totale à celui dont la beauté et le goût de la perfection alimentent la puissance de son génie créatif.

Sexe, drogue, alcool et excès en tous genres ponctuent le quotidien du roi de ces fêtes qui rassemblent la jet-set mondiale. C’est au cours de l’une d’elles qu’il rencontre Yves Saint Laurent avec qui il connaît des amours passionnelles et destructrices dont Pierre Bergé sifflera la fin d’une poigne virile. En 1984, notre joyeux noceur apprend qu’il est atteint du sida. Arrive alors l’heure du bilan d’une vie dont il souhaite obsessionnellement laisser une trace, lui qui n’a vécu que de frivolité et d’oisiveté.

Seul en scène et auteur de la pièce, le comédien Gabriel Marc habite intégralement son personnage. Il en restitue toutes les nuances, de la flamboyance à la décadence, grâce à des réparties toujours justes. Oscillant sans cesse entre humour et cynisme, il nous fait partager l’univers de ce trublion aussi attachant que détestable et, ô tour de force suprême, ne manque pas d’arguments pour nous persuader que les personnages fictifs (Lagerfeld, Saint Laurent et Bergé) sont assurément parmi nous. Sur cette scène aux dimensions modestes du théâtre de la Contrescarpe, le moindre espace est utilisé pour récréer le décor et la mode de ces années de libération sexuelle et culturelle. En guise de bouquet final, la mise en scène se surpasse pour offrir au spectateur sidéré un show déjanté, digne de ceux qui illuminèrent, en leur temps, les nuits les plus folles de la capitale.

Une petite salle de spectacle (cent-dix places) pour un exceptionnel moment de théâtre.

Claudine Levanneur

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Jacques de Bascher

Spectacle bouleversant, poignant. Gabriel Marc est si touchant et si juste...

Le personnage de Jacques de Bascher, disparu des suites du Sida en 1989, et oublié depuis, fut récemment remis en lumière dans les deux films sur Yves Saint Laurent qui sortirent en 2014. On découvrit ainsi un dandy élégant et cynique, proche d’Oscar Wilde et de Marcel Proust, avec son... Lire plus

Le personnage de Jacques de Bascher, disparu des suites du Sida en 1989, et oublié depuis, fut récemment remis en lumière dans les deux films sur Yves Saint Laurent qui sortirent en 2014. On découvrit ainsi un dandy élégant et cynique, proche d’Oscar Wilde et de Marcel Proust, avec son élégante moustache et son port altier.

Véritable aristocrate qui n’hésita pas à se rajouter une particule supplémentaire, il hanta les nuits parisiennes les plus folles des années 70 et 80.

« J’ai été le compagnon de Karl Lagerfeld et l’amant d’Yves Saint-Laurent. Mais, de moi, que reste-t-il ? ». Ainsi commence ce spectacle bouleversant.

Depuis quelques années déjà Gabriel Marc avait l‘envie d’écrire et de mettre en scène un texte sur ce personnage hors normes. Les aléas des confinements le forcèrent à différer son projet mais, heureusement, c’est chose faite maintenant.

Seul en scène pendant une heure quinze environ, il ressuscite le funeste soir où le dandy apprit sa séropositivité et, dans le plus total désarroi, se remémore les grands moments de sa vie.

Moments passés auprès de -excusez du peu- Karl Lagerfeld, Yves Saint-Laurent ou Pierre Bergé, mais aussi, de celles qu’il prénomme plus discrètement Betty, Loulou ou Inès, que chacun identifiera aisément.

Tantôt il s’adresse à ces personnages, allant parfois jusqu’à imiter leur voix, tantôt il téléphone à l’un ou l’autre, demandant de l’aide sans vraiment en attendre.

Car notre dandy ne se fait pas d’illusions : dans ce milieu de paillettes et de paraître, on est toujours profondément seul.

Gabriel Marc a confié la mise en scène à Guila Braoudé, qui sait enchaîner les moments présents et passés avec une grande fluidité. Il utilise parfois la vidéo, en particulier pour nous faire revivre le fameux défilé « Ballets russes » d’Yves Saint-Laurent dans les salons grandioses de l’Hôtel Intercontinental.

Et n’hésite pas à de nombreux changements de costume en fonction des circonstances, allant même jusqu’au travestissement dans un numéro particulièrement réussi.

On est ému bien sûr, même si le monde qui passe ainsi sous nos yeux nous semble inaccessible et finalement peu enviable. Mais Gabriel Marc est si touchant et si juste qu’il parvient, sinon à nous faire aimer cette vie, au moins à déclencher en nous une certaine empathie pour le personnage.


Et ce spectacle poignant est une réflexion profonde sur le temps qui passe, avec son lot d’espoirs, d’illusions et de déceptions. Par là-même, il nous concerne tous.

Axel Kiev

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Vanity Fair

Jacques de Bascher

Cet éternel « amant de » revit au Théâtre de la Contrescarpe...

Théâtre : Jacques de Bascher, «l'amant de», de l'ombre à la lumière Au théâtre de la Contrescarpe, Gabriel Marc interprète Jacques de Bascher, l'éternel « amant de » Karl Lagarfeld et Yves Saint Laurent. La pièce permet de découvrir l'homme, ses envies... Lire plus

Théâtre : Jacques de Bascher, «l'amant de», de l'ombre à la lumière
Au théâtre de la Contrescarpe, Gabriel Marc interprète Jacques de Bascher, l'éternel « amant de » Karl Lagarfeld et Yves Saint Laurent. La pièce permet de découvrir l'homme, ses envies et ses douleurs, derrière le mythe du sulfureux dandy.
Par Valentine Ulgu-Servant


Regard conquérant et sourire charmeur, le comédien Gabriel Marc toise le public. « Je suis donc “le” dandy ! »  Ainsi se définit son personnage, Jacques de Bascher, avec toute l'humilité qu’on lui attribuait de son vivant et la sobriété qui fait sa légende depuis sa mort. De lui, on ne connaît pourtant pas grand chose. Tout juste sait-on qu’il fut le compagnon de Karl Lagerfeld pendant dix ans et l’amant d’Yves Saint Laurent deux années durant. Cet éternel « amant de » revit au théâtre de la Contrescarpe, dans un spectacle qui porte son nom et le met en pleine lumière. On se dit qu’il aurait adoré l’idée, lui qui vécut dans l’ombre des grands de son époque. 


Sur scène, on le découvre dans sa baignoire. En 1984, Jacques de Bascher apprend qu'il est malade : atteint du virus du sida, il doit se résoudre à vivre reclus. Loin, bien loin des frasques qu’il partageait avec le gratin du Paris des années 70, dont il était roi. Gabriel Marc, acteur et auteur de la pièce, a choisi de raconter la vie de Jacques de Bascher par le souvenir : l'ex-mondain, malade, se remémore les temps forts de sa vie à haute voix et les enregistre sur une cassette destinée à Karl Lagerfeld. « Plutôt mourir que d’être oublié », s'exclame-t-il, non sans ironie. Voilà un dicton qui parle à son interprète : « Le regard des autres, la marque qu’on laisse, la disparition, l’oubli… Ce sont des questions qui résonnent en moi », reconnaît Gabriel Marc, qui nous retrouve au sortir de scène. 


Prince des nuits du tout-Paris
Face à la petite salle pleine à craquer du théâtre, Jacques de Bascher replonge dans ses années de gloire. Celles du Palace, où rien ne comptait tant que d’apparaître élégant et bien accompagné. Régulièrement, les noms de « Diane », « Loulou » et « Fabrice » reviennent dans son soliloque. Les initiés reconnaîtront-là l'aristocrate Diane de Beauvau-Craon, la mannequin star Loulou de Lafalaise et le patron du Palace, Fabrice Emaer. Tous membres du microcosme ultra-chic et sulfureux dans lequel évoluait Jacques de Bascher. De Paris à New York, celui-ci organise de folles soirées, où les performances sexuelles côtoient les déguisements suggestifs. En body bustier, porte-jarretelles et poses lascives, Gabriel Marc offre à son personnage une interprétation de I am what I am avec une verve digne des plus grandes divas. C'est bien simple, dans le texte, Jacques de Bascher se compare à un « oiseau majestueux battant des ailes dans le fracas de soirées parisiennes ». 

Pour écrire le livret, Gabriel Marc s’est lancé le défi de « borner dix ans de la vie » de son personnage, tout en romançant ce qui doit l’être pour le bien de la pièce. De Jacques de Bascher, aucune image animée et aucun son ne nous sont parvenus. Alors, qu'importe que l'acteur ne soit pas son sosie. Moustache, port altier, cheveux disciplinés, look soigné, l'affaire est jouée. Pendant plus d'une heure, il revêt un costume écru, un long imper fluide, un veston de tailleur, un marcel… Entouré d'un décor sommaire, il retient l'attention à lui tout seul. Une prestation que n'aurait pas renié son sujet. 

« J’avais une frise chronologique en tête [...] La part de fiction vient de ce que je dis, des pensées que je lui attribue. Mais il y a des choses que l’on sait. Par exemple, la fameuse soirée chez Andy Warhol [où Karl Lagerfeld, Jacques de Bascher et Yves Saint Laurent étaient conviés] a vraiment eu lieu. Après, est-ce que c’est au cours de cette soirée-là qu’ils se sont engueulés ? On ne sait pas. » Pour assurer la part biographique, le comédien s’est plongé dans le livre écrit par Marie Ottavi, sous-titré Le dandy de l’ombre, et dans les deux films consacrés à YSL, signés Bertrand Bonello et Jalil Lespert. Il a également échangé avec Philippe Heurtault, photographe, auteur du livre Jacques de Bascher, éloge de la chute et, surtout, ami de Jacques de Bascher. « Je n'ai pas voulu disperser mes références parce que, d'une version à l'autre, on me parlait de lui comme d'un mondain peu agréable ou d'un type très sympa avec qui on pouvait manger des pâtes en tee-shirt », se souvient Gabriel Marc.  

« Karl, Yves, et moi »
Entre ces deux facettes du personnage, il y a le compagnon de Karl Lagerfeld. Les deux hommes se rencontrent en 1971. Le jeune mondain a 21 ans, le couturier en a 38. Le créateur allemand n'est pas représenté sur scène. Aucun interprète ne lui prête ses traits mais Gabriel Marc investit les planches du théâtre avec une telle aisance qu’on imagine sans peine le créateur, affairé à ses croquis sur son bureau, alors que son languissant compagnon s’appuie sur son épaule, s’étend par terre, ou défie du regard la fidèle assistante qui accapare « [s]on Karl ». Cet amour platonique le propulse dans le milieu de ses rêves : l’art, le beau, la mode, la poésie, « sans le moindre effort, sinon de suivre l’homme qu['il] aime ». Ne serait-ce pas une définition du luxe ?  Rien n’y fait, Jacques de Bascher ne s’en satisfait pas : « Certains diront que je n’ai aucune morale [...] La séduction est l’un de mes passe-temps préférés », s’exclame-t-il, sourcil relevé, et main dans la poche. Plus Karl Lagarfeld connaît le succès chez Fendi, plus Jacques de Bascher se sent « potiche ». Il réalise une vidéo pour la maison mais son éternel fantasme de créer sa propre collection de mode masculine s’éteint au fil des années. Il a l'impression de n'être qu’un « cobaye de tendances », avoue-t-il, amer. Pour habiller cette icône, autant muse et fashion victim, Gabriel Marc a puisé son inspiration dans ses années d’études à la Chambre syndicale de la couture parisienne. « J'ai toujours adoré la mode. J'étais très mauvais mais j'adorais le travail de Saint Laurent. Pour moi, c'est un vrai révolutionnaire. La cape jaune que j’utilise pour le spectacle est une réplique de Saint Laurent que j’ai confectionnée moi-même », ajoute-il avec un sourire. 

Après Karl, il y eut Yves, et leur histoire foudroyante. Jacques de Bascher le rencontre en 1973 ; ils se plaisent instantanément. Avec Yves Saint Laurent, le jeune homme vit ce que son couple avec Karl Lagefeld ne lui offre pas : sexe, alcool et drogues en tous genres. Entre eux, Pierre Bergé prend la mesure du triangle amoureux que devient leur couple (et leur entreprise); il s'évertue à étouffer cette relation tumultueuse. Pour Gabriel Marc, cette configuration sentimentale et sexuelle a tout d’une « tragédie » :  « Si c’était nous, comment aurions-nous fait ? Comment on dénoue ce problème de “Je suis avec Karl, je l'aime d'un amour inconditionnel, mais je suis rattrapé par mon égo, mon ambition, parce que je suis en permanence derrière un homme plus grand que moi” ? » De quoi faire rougir les plus grands tragédiens grecs. Pour mieux rendre compte de cette douleur, la metteuse en scène Guila Braoudé a tout de suite adopté le format seul en scène proposé par le comédien. « C'est mon plus gros projet. Fin 2017, j'avais plein de pages d'idées en vrac. Plein de gens me disaient même d'en faire un film ! Moi, je préférais confronter le personnage à sa solitude. Guila m'a suivi dans cette volonté d'auteur. »

Ni Saint ni démon
Avec sa pièce, Gabriel Marc accorde une forme de rédemption à Jacques de Bascher, que l'on dépeint bien facilement comme l'amant toxique et (auto)destructeur par excellence. Fruit de ses recherches, d’une certaine fascination ou d’une simple tendresse pour le personnage, difficile à dire. Quoi qu'il en soit, dans la bouche du comédien, le sulfureux mondain devient « ce pauvre garçon » : « Ce garçon, ça n’est tout de même pas Hitler ! Il a juste été guidé par ses pulsions, ses envies. Quand il rencontre Karl, il a 21 ans. Moi, à 21 ans, quand j’allais chercher une baguette de pain, j’étais en stress et je transpirais», plaisante-t-il. Cette seule mise en perspective a suffi à faire germer l’idée du spectacle son esprit : « J’ai eu le déclic en réalisant qu’il est mort très jeune [en 1989, à 38 ans, ndlr] et que tout ce que je lisais sur lui le faisait passer pour un démon. C’est facile de parler de quelqu’un qui est mort, souligne-t-il. Moi, j’avais envie de le faire parler lui, par divagations. Et qu'on arrête d'en parler comme d'un gigolo, un profiteur. Sans en faire un Saint pour autant. »
Xavier de Bascher, frère du protagoniste de la pièce, a été sensible à cet engagement : « Ça a été très émouvant pour moi de le rencontrer au sortir d'une représentation. Il avait des craintes et finalement, il a été ému. Il m'a remercié de ne pas avoir fait de son frère un gigolo, comme ça a beaucoup été dit. »
Une ligne du livret dit tout du personnage, et de l'intention de l'auteur : « Mon œuvre c’est moi, c’est la seule chose que je sais faire ». Trente-trois ans après sa mort, alors qu'on tente péniblement de faire perdurer le dandysme par l'esprit rétro et vintage, un passionné de mode et de théâtre consacre sa première grande œuvre à Jacques de Bascher. Preuve, s'il en fallait, qu'une figure de l'ombre peut traverser les époques. 

 

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    La carte nominative est valable un an à partir de la date d’achat.

     

    Elle vous donne accès : 

    • aux tarifs privilégiés pouvant aller jusqu’à moins 50%, sur tous nos spectacles et autant de fois que vous le souhaitez dans l’année.

    • aux tarifs privilégiés pour vous et un accompagnant.

    • aux tarifs “ABONNÉ” pour acheter vos places directement sur notre site internet.

    • à une invitation le jour de votre anniversaire pour un spectacle au Théâtre de la Contrescarpe. (Sur présentation d’un justificatif de votre date de naissance)

    • à des invitations aux événements du Théâtre de la Contrescarpe (Présentations de saison, générales, lectures,…)

    • à la lettre d’information mensuelle des avantages et privilèges.

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