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LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco 

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Théâtre de la Contrescarpe - Paris

De Alain PASTOR

Paris, juillet 1794, sous la Terreur.

Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, devenue princesse de Monaco par mariage, est emprisonnée depuis plusieurs mois. Elle attend sa comparution devant le Tribunal révolutionnaire qui pourrait la conduire à l’échafaud. L’entrée soudaine, dans sa cellule, de l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, qui avait rêvé à une Révolution « la plus pacifique et heureuse », est-elle le signe qu’il lui serait possible d’échapper à ce cruel destin ? D’autant que dans l’ombre se trame une conjuration contre Robespierre, suspecté d’aspirer à la dictature. Une rencontre improbable dans un contexte historique tragique...

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Durée

 :  1h15

Première

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Dernière

 : 

Mise en scène :

Pascal VITIELLO

Assistant mise en scène :

Jérémy DE TEYSSIER

Décor :

Livia RUSPOLI

Costumes :

Corinne PAGE

Création lumière :

Thibault JOULIÉ

La presse parle de LE RÊVE DE MERCIER : la rencontre d'un révolutionnaire et d'une princesse de Monaco

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Remarquable qualité de cet excellent spectacle !

La princesse et le révolutionnaire, potentiels inspirateurs d'une fable à la manière lafontainiennne, sont les protagonistes de la comédie dramatique composée par Alain Pastor. Inscrit dans le genre du théâtre de conversation sur fond historique "Le Rêve de Mercier" relate la rencontre... Lire plus

La princesse et le révolutionnaire, potentiels inspirateurs d'une fable à la manière lafontainiennne, sont les protagonistes de la comédie dramatique composée par Alain Pastor.

Inscrit dans le genre du théâtre de conversation sur fond historique "Le Rêve de Mercier" relate la rencontre fictionnelle, dans une situation dramatique, de deux figures réelles ayant vécu au 18ème siècle dont les différences tiennent tant au statut social qu'au positionnement sur l'échiquier politique.
Sous le régime de la Terreur, inculpée pour conspiration contre l'Etat, Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, aristocrate issue d'une famille de la noblesse d'épée depuis l'an mille 1000 devenue princesse de Monaco par mariage, voit entrer dans sa geôle l'écrivain Louis-Sébastien Mercier issu de la petite bourgeoisie devenu député qui se trouve emprisonné pour dissidence.
La partition s'avère émérite tant par l'écriture dans la belle langue classique en usage au temps de l'action, et ce sans esbroufe ni pédantisme, que par la dramaturgie de la confrontation affranchie de la réduction manichéiste.
Et, de plus, avec une gestion judicieuse et réussie de la tension dramatique qui préside au dévoilement des personnalités et à la confrontation d'idées, dont nombre d'entre elles revêtent une résonance contemporaine, révélant leur convergence philosophique sur un idéal humaniste.
Au service de cet passionnant opus se déroulant dans la scénographie épurée de Livia Ruspoli, quelques éléments mobiliers pour signifier la cellule, complétée par le jeu de lumières de Thibault Joulié, Pascal Vitiello signe une mise en scène appropriée et une efficace direction d'acteur.
Au jeu, en costumes d'époque confectionnés par Corinne Pagé, deux comédiens à l'unisson qui gèrent tant la joute oratoire que les moments d'émotion.
L'aguerri Patrick Courtois campe avec truculence le bouillant Mercier révolutionnaire convaincu mais culpabilisé par les dérives de violence sanguinaire inhérents à la dictature, qui ne visent pas seulement l'aristocratie considérée comme l'ennemie héréditaire de l'égalité, de la liberté et du peuple mais également les opposants de tous bords et les plébéiens récalcitrants et, en tout état de cause, déstabilisé par l'argumentaire de son interlocutrice.
Séverine Cojannot, à la délicate physionomie évoquant celle des modèles de Elisabeth Vigée-Lebrun, la peintre portraitiste de l'époque, incarne magnifiquement la finesse de cœur, la pertinence d'esprit et la force morale de cette princesse au destin tragique qui n'échappera pas à la guillotine.
Et ils assurent la remarquable qualité de cet excellent spectacle.

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Une pièce qui vous tiendra en haleine de bout en bout.

Séverine COJANNOT et Alain PASTOR VOUS PARLENT DE « LE RÊVE DE MERCIER » INTERVIEW CROISÉE Actuellement à l’affiche du Théâtre de la Contrescarpe, la pièce « Le rêve de Mercier » rencontre un succès incontestable. Entre réalité... Lire plus

Séverine COJANNOT et Alain PASTOR VOUS PARLENT DE « LE RÊVE DE MERCIER »

INTERVIEW CROISÉE

Actuellement à l’affiche du Théâtre de la Contrescarpe, la pièce « Le rêve de Mercier » rencontre un succès incontestable. Entre réalité et fiction, vous vous plongerez au cœur de la sombre période révolutionnaire, à la rencontre de deux figures historiques. Une pièce qui vous tiendra en haleine de bout en bout.

 

Que raconte la pièce ?
Alain Pastor : La pièce raconte le destin tragique d’une jeune aristocrate française,devenue princesse de Monaco par mariage, sous la Terreur. De sa rencontre imprévue avec l’écrivain Louis-Sébastien Mercier (interprété par Patrick Courtois),révolutionnaire sincère mais lui aussi détenu, va naître le fol espoir d’échapper à la guillotine, d’autant plus qu’au dehors se trame une conjuration contre Robespierre. Séverine Cojannot : C’est aussi et surtout la peinture d’une époque passionnante,celle de la Révolution. Ici, c’est le revers de l’idéal de Liberté qui est montré avec le basculement dans la Terreur, l’obscurantisme. Pascal Vitiello, le metteur en scène, m’a envoyé la pièce en plein confinement et cette époque un peu folle m’a fait penser à la nôtre par certains aspects.

Quelle est la part de réalité, la part de fiction ?
AP : Pour reprendre une phrase célèbre,je dirai que tout est vrai et rien n’est vrai. Les personnages ont existé, le contexte historique est conforme à la réalité des événements, ici la Révolution française,seule la rencontre entre la jeune princesse et Mercier n’a jamais eu lieu.

M. Pastor, Le rêve de Mercier :une pièce historique ou un hommage à Françoise- Thérèse de Choiseul Stainville ?
Les deux, sans doute. J’ai toujours aimé les pièces historiques,évidemment on songe tout de suite à Shakespeare, mais pour ce sujet j’avais le souvenir aigu de Georg Büchner,auteur de La Mort de Danton. Mais il est vrai que depuis longtemps, je voulais rendre hommage au courage et à la dignité de cette femme.

Mme Cojannot, vous avez joué beaucoup de personnages historiques, aux destins souvent tragiques. Qu’est-ce qui vous a plu dans ce rôle ?
C’est d’abord la pièce qui m’a beaucoup plu. J’ai toujours voué une sorte de culte à la Révolution française, et aux Lumières,alors c’était très intéressant pour moi de regarder ses ténèbres. Et puis, c’est un très beau rôle : une femme déterminée,intègre, mais aussi une victime innocente.

Explorer la place des femmes dans l’Histoire et la société, une mission commune ?
SC : C’est vrai… Depuis quelques années,je cherche à explorer et questionner cette place au travers de mes rôles et de mes lectures. Comment a-t-on pu être réduites au silence pendant tous ces siècles ? Je ne me lasse pas d’essayer de comprendre la mécanique de cette aliénation, et quand je le peux, j’aime mettre en lumière les éclaireuses qui ont eu le courage d’oser !
AP : Certainement, et Séverine Cojannot, après Jeanne d’Arc, incarne avec talent Françoise-Thérèse ; deux femmes certes victimes, mais qui font preuve de vertus exceptionnelles, des héroïnes, et si l’une est mondialement connue, j’ai voulu aussi que le public puisse découvrir sur scène la jeune princesse de Monaco confrontée au tragique de l’Histoire.

Le Prince Albert II de Monaco est venu assister à la pièce, quel retour vous en a-t-il fait ?
SC : Si j’osais, je dirais que le Prince a été charmant !
AP : C’était un honneur que le Prince vienne assister à une représentation de la pièce, à Paris. Il a été très séduit par le texte qu’Il a trouvé fort et émouvant. Il a aussi tenu à féliciter chaleureusement toute l’équipe.

Avez-vous d’autres projets en préparation ?
SC : Jeanne d’Arc (de et mise en scène par Monica Guerritore), seul en scène que je vais enfin jouer au Théâtre Le Petit Chien au Festival d’Avignon en juillet prochain, après plusieurs années de report. Je serai bien entourée par mes deux collaboratrices françaises Jeanne Signé et Bénédicte Bailby ! C’est une grande joie de retrouver ce modèle de courage et de foi !
AP : Le Rêve de Mercier est ma priorité dans l’immédiat, et, je l’espère, pour longtemps encore. Je travaille aussi à la création de ma pièce Héliogabale, l’empereur fou, après le succès de la lecture-spectacle, faite à Monaco avec Geneviève Casile, Arnaud Dupont,et Bernard Lanneau.

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Nuancée et délicate comme du Racine... Une belle leçon d’Histoire

Le prince Albert II de Monaco a assisté à la représentation le 24 février 2022 : monté sur scène, il a félicité chaleureusement les comédiens. Cette pièce d’un auteur monégasque encouragé par le souverain quand il lui a fait part de son projet, fait... Lire plus

Le prince Albert II de Monaco a assisté à la représentation le 24 février 2022 : monté sur scène, il a félicité chaleureusement les comédiens. Cette pièce d’un auteur monégasque encouragé par le souverain quand il lui a fait part de son projet, fait revivre une héroïne de l’ombre ressuscitée dans une rencontre fictive avec Louis-Sébastien Mercier au cours de l’été 1794.
Une belle leçon d’Histoire dans un huis-clos accentué par le resserrement temporel d’une seule journée décisive.

Tout semble séparer le révolutionnaire convaincu et passionné et Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, épouse Grimaldi, princesse de Monaco, dont l’identité n’est découverte qu’un peu plus tard, ce qui provoque l’indignation de l’écrivain. Au contraste des tempéraments s’ajoute la lutte des classes, perceptible dès la première confrontation entre d’une part, l’homme sincère aux gestes et au verbe abrupts, qui s’emporte facilement, dans son discours vibrant, et d’autre part, celle qu’il tutoie en l’appelant « citoyenne », cette jeune aristocrate raffinée et élégante dans sa belle robe qui semble tout droit sortie du XVIIIe siècle. Avec ses manières posées (sans être maniérée pour autant) et son langage châtié et doux, cette politesse distante qui est le reflet de sa conscience de classe, elle garde son sang-froid en toutes circonstances, dans un mélange de courage et de stoïcisme jusqu’à son dernier souffle. C’est un beau portrait de femme et de mère, jamais figé ni stéréotypé, émouvant et sobre – comme le décor – et qui n’est pas alourdi par les tentations de l’apitoiement larmoyant et du pathétique facile.

Nous sommes plongés loin du fracas du monde, dans le clair-obscur d’une prison, antichambre de la mort. Le contexte révolutionnaire est bien évoqué, dans une atmosphère de chaos, de violence et de confusion politiques, propice aux coups de théâtre, à l’ombre de Robespierre et de la sinistre guillotine, quand l’humanité devient le jouet des caprices d’une Histoire absurde qui bégaie. Le danger qui vient de l’extérieur est suggéré par les bruits, la petite fenêtre de la cellule, l’attente fébrile des deux personnages en sursis, devenus presque proches au fil des dialogues, des confidences et dans l’urgence de la mort qui frappe au carreau. L’ailleurs est suggéré par les échos des procès iniques qui font tomber des têtes souvent innocentes et à la fin de la pièce, on est suspendu à la lente description de l’ultime voyage du convoi de condamnés vers la place du Trône renversé.

Nuancée et délicate comme du Racine (évoqué comme lecture favorite de la jeune femme qui n’a pas entendu parler de l’écrivain qui s’en offusque), la pièce mêle réalisme historique, psychologique et tragédie toujours d’actualité, dans un juste équilibre entre réflexion et émotion : le rêve de Mercier et de la princesse n’est-il pas finalement la recherche d’un bonheur simple et tranquille dans une société sereine ?

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Captivant, Émouvant, Attrayant.

Captivant, Émouvant, Attrayant. Louis Sébastien Mercier révolutionnaire pacifique fut emprisonné en 1993 après le triomphe des Montagnards pour avoir pris position pour les Girondins. Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville est devenue Princesse de Monaco en 1782. Suite à la... Lire plus

Captivant, Émouvant, Attrayant.
Louis Sébastien Mercier révolutionnaire pacifique fut emprisonné en 1993 après le triomphe des Montagnards pour avoir pris position pour les Girondins.
Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville est devenue Princesse de Monaco en 1782. Suite à la révolution, elle suivit son époux le prince Joseph de Grimaldi Monaco ayant peur des représailles hors de France. Puis souffrant d’être éloignée de ses jeunes enfants, elle revint en France et après quelques péripéties fut arrêtée en 1793 comme femme d’émigré.
Alain Pastor avec talent, imagine leur rencontre dans la prison à Sainte Pélagie où ils attendent leur comparution devant le Tribunal révolutionnaire.
Cette rencontre improbable va nous éclairer à travers leurs conversations, leurs révélations, leurs peurs et leurs espoirs sur l’époque de la Terreur instaurée par Robespierre.
Ces deux êtres que tout oppose se retrouvent dans une situation identique et tragique.

L’échafaud sera-t-il pour eux ?
Mercier est un révolutionnaire victime des absurdités, des contradictions, des atrocités, des abus et de la violence de cette époque ayant parfois des idées et des certitudes qui nous font sourire.
« Racine et Corneille sont des auteurs qui seront vite oubliés ». Nous dira-t-il

Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville est avant tout une mère qui ne souhaite qu’une chose, revoir ses enfants mais c’est aussi une aristocrate qui ne renie point ses origines.
Leurs premiers contacts sont froids et acides mais au fil du temps et de leurs confidences une certaine bienveillance s’installe entre eux.
Ce texte est passionnant et nous dévoile la barbarie de la Terreur sous Robespierre mais aussi mille petits détails tous aussi intéressants.
Après le 10 août 1792, la place du trône   est rebaptisée « place du Trône-Renversé ». Elle n'est encore qu'un terrain vague.
Notre-Dame est rebaptisée Temple de la Raison
La scénographie de Livia Ruspoli, ainsi que les costumes de Corinne Pagé nous immergent avec aisance en 1793.
Les lumières de Thibault Joulié accentuent les émotions.
La mise en scène de Pascal Vitiello assisté de Jérémy de Teyssier est dynamique et bien orchestrée.
Patrick Courtois nous captive, il nous entraine avec brio et vitalité dans cette période trouble et sombre de l’histoire.
Séverine Cojannot est émouvante, elle incarne avec finesse et sensibilité cette princesse au destin tragique.
Claudine Arrazat

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Une pièce historique très réussie ! Un régal pour l’oreille !

Confrontation féconde. « Le Rêve de Mercier » est une pièce historique très réussie : on y apprend bien des choses tout en ayant le sentiment de se distraire. Historique, car les personnages ont bien existé. Se sont-ils rencontrés ? Mystère, mais... Lire plus

Confrontation féconde.
« Le Rêve de Mercier » est une pièce historique très réussie : on y apprend bien des choses tout en ayant le sentiment de se distraire. Historique, car les personnages ont bien existé. Se sont-ils rencontrés ? Mystère, mais réussi, ce spectacle l’est par la confrontation de ces deux caractères forts face à l’épreuve. En mettant en vis-à-vis un réalisme héroïque avec des aspirations idéalistes, il lui donne une vraie vivacité. Le texte, qui multiplie allitérations et assonances, est un régal pour l’oreille. Il est servi par des interprètes d’une grande crédibilité. Dans un décor évocateur, mais sans excès, ils nous invitent à communier aux imprévus, aux espoirs et aux épreuves vécues par leurs personnages. Ce n’est pas pour rien que la pièce est désormais en prolongation !
Pierre FRANÇOIS

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Une pièce audacieuse qui fait voir la Révolution française et les enjeux de pouvoir d’un autre regard.

Pendant la Révolution, des personnes très différentes peuvent se retrouver dans la même geôle. Des rencontres singulières qui peuvent marquer l’Histoire. Que diriez-vous d’aller au cœ ur de cet univers carcéral? L’écrivain Louis-Sébastien Mercier proteste de... Lire plus

Pendant la Révolution, des personnes très différentes peuvent se retrouver dans la même geôle. Des rencontres singulières qui peuvent marquer l’Histoire. Que diriez-vous d’aller au cœ ur de cet univers carcéral?

L’écrivain Louis-Sébastien Mercier proteste de sa présence dans cette prison, il devait être emmené ailleurs. Il tente un coup de bluff en se disant protéger par Robespierre. On ne sait jamais. Il doit passer prochainement devant un tribunal révolutionnaire. La peur lui tiraille les entrailles car il y a peu de chance qu’il puisse être déclaré innocent. La question n’est pas vraiment de savoir s’il est coupable ou non. Dans la cellule, il découvre une femme d’un certain niveau social au vue de sa tenue vestimentaire et de sa façon d’être. Ils se mettent à discuter sur l’horreur de la situation où les têtes n’arrêtent pas de tomber. En essayant d’en savoir plus sur sa situation dans les couloirs, il apprend une information de taille. Cette dame qui refusait de décliner son identité est Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, princesse de Monaco. Une vraie aristocrate, une pure ennemie de la liberté et de l’égalité du peuple ce qui amène à changer le ton des échanges devenus plus vifs, plus inquisiteurs.
Ne vous attendez pas à un échange gentil/méchant, les choses sont bien entendues plus complexes. L’auteur Alain Pastor s’est régalé de faire des choses plus réflexives. D’ailleurs, il en profite pour évoquer la position de la femme dans la société qui est grandement discriminée qu’importe sa place et sa « fortune ». Impossible de ne pas faire un clin d’œil à Olympe de Gouges que tout le monde connaît. Et aussi à Marie-Antoinette, accusée des pires infamies qui a même eu le droit à des chansons populaires dont le sens s’est perdu avec le temps comme : « il pleut, il pleut bergère ».

Séverine Cojannot et Patrick Courtois mettent toute leur passion dans leur personnage qui ont tout pour s’opposer et qui au final possèdent de nombreux points communs. Malgré un bouleversement inattendue, la princesse de Monaco restera un personnage très marquant.

Une pièce audacieuse qui fait voir la Révolution française et les enjeux de pouvoir d’un autre regard.

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Un moment délicat de théâtre !

La Révolution française, une grande idée de liberté, fraternité, d’égalité, voilà le rêve des Français et de Louis-Sébastien Mercier écrivain (que je ne connaissais pas !) et révolutionnaire, en revanche si on vous dit Grimaldi Monaco, vous... Lire plus

La Révolution française, une grande idée de liberté, fraternité, d’égalité, voilà le rêve des Français et de Louis-Sébastien Mercier écrivain (que je ne connaissais pas !) et révolutionnaire, en revanche si on vous dit Grimaldi Monaco, vous connaissez mieux, et voilà donc la triste histoire de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, épouse Grimaldi, princesse de Monaco.

Nous sommes donc le 7 thermidor 1794, Mercier se retrouve dans la cellule d’une charmante jeune femme, ils ne se connaissent pas, mais dans le malheur on oublie vite les convenances, et ils sympathisent très vite, la jeune femme est mariée, elle a deux filles, Mercier a lui aussi deux filles. Elle ne dévoile pas son identité, lui est fier de se présenter, il est écrivain, ardemment républicain, mais toute cette violence, ces hommes et ces femmes que l’on envoie à l’échafaud, trop de sang, trop de délation, oui le peuple aspire à la paix et la réconciliation, mais c’est sans compter avec le Tribunal de Fouquier-Tinville.
Une princesse ? oui mais elle pensait être épargnée par son statut de princesse étrangère, hélas Monaco s’est ralliée à la république française, et voilà Thérèse de nouveau française, elle pressent bien ce qui va lui arriver…alors elle fait croire lors de son procès qu’elle est enceinte, au moins elle gagne une journée pour se préparer et surtout donner un souvenir à ces chères filles.
L’histoire vraie de cette jeune femme, qui n’aspirait qu’à être heureuse de vivre avec son mari et ses enfants, moins connue que Marie-Antoinette, elle n’aura pas vécu longtemps pour laisser une trace dans la grande Histoire.
Mais voilà pour les passionnés d’Histoire, et les autres, une pièce bien écrite, intéressante et jouée avec beaucoup de finesse par Séverine Cojannot et Patrick Courtois qui apporte truculence et humanité.

Pascal Vitiello a su éviter le pathos pour nous offrir un moment délicat de théâtre, sur un très beau texte d’Alain Pastor.

Anne Delaleu

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Le prince souverain Albert II de Monaco était à Paris pour assister à une représentation !

Albert II de Monaco Un rendez-vous sur scène Le prince souverain était à Paris pour assister à une représentation de la pièce Le Rêve de Mercier d’Alain Pastor. Il nous a donné son sentiment sur ce spectacle retraçant le destin de Françoise-Thérèse de... Lire plus

Albert II de Monaco
Un rendez-vous sur scène
Le prince souverain était à Paris pour assister à une représentation de la pièce Le Rêve de Mercier d’Alain Pastor. Il nous a donné son sentiment sur ce spectacle retraçant le destin de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, devenue princesse de Monaco. PAR EMMANUEL CIRODDE

Ce jeudi 24 février, l ’effervescence était grande aux abords du charmant théâtre de la Contrescarpe au cœur de Paris.
Parmi les spectateurs s’apprêtant à voir le très beau spectacle Le Rêve de Mercier d’Alain Pastor avec Séverine Cojannot et Patrick Courtois, mis en scène par Pascal Vitiello, nous reconnaissions plusieurs membres de l’entourage du prince Albert II.

Et pour cause, celui-ci ne tardait pas à apparaître à son tour pour prendre place au balcon afin de découvrir ce dialogue imaginaire entre l’écrivain Louis-Sébastien Mercier et la princesse Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, épouse du prince Joseph Grimaldi, qui fut guillotinée en 1794 (PDV n°3835). À l’issue de la représentation très applaudie, le prince est monté sur scène pour féliciter acteurs et auteurs. « J’ai été très heureux de découvrir cette pièce, nous a-t-il confié. Je remercie et félicite Alain Pastor pour ce travail servi par de très beaux comédiens. Lorsqu’il m’a dit qu’il allait écrire une pièce sur cet épisode tragique de la Révolution qui a touché la Principauté, je l’ai bien sûr encouragé. Son texte met en lumière la personnalité de cette jeune femme courageuse, qui n’a pas cherché à se soustraire à son destin. Elle a fait partie de la dernière charrette. Cette jeune mère de famille, même si elle était princesse, n’aurait jamais dû être condamnée. »

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Patrimoine de France
Un véritable challenge pour les comédiens !

À l'ombre de la guillotine, une histoire vraie sous la Révolution Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, devenue princesse de Monaco par mariage, est emprisonnée depuis plusieurs mois avec la peur d'être conduite à l’échafaud.... Lire plus

À l'ombre de la guillotine, une histoire vraie sous la Révolution
Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, devenue princesse de Monaco par mariage, est emprisonnée depuis plusieurs mois avec la peur d'être conduite à l’échafaud.

Quel sera leur destin ? 
Dans l'attente de sa comparution devant le Tribunal révolutionnaire, elle fait la connaissance de l’écrivain Louis-Sébastien Mercier. Son nouveau compagnon de cellule avait rêvé d'une Révolution « la plus pacifique et heureuse ».

Inspirée d'une histoire vraie, le Rêve de Mercier nous plonge à l'heure de la Fin de la Terreur en juillet 1794.
La Révolution a produit le pire alors que certains en attendaient le meilleur, un rêve poursuivi par Mercier qui fait une rencontre inattendue. Alors comment faire vivre une période si trouble ? C'est le pari dans lequel s'est engagé l'auteur Alain Pastor.

Un véritable challenge pour les comédiens durant cette tragédie qui se tient à huis clos. "Le sujet est captivant mais dense, les comédiens ont assuré ! nous décrit Vincent, entre un idéaliste qui refuse la réalité qui se déroule tragiquement sous ses yeux et la jeune noble, maintenue dans sa position par son éducation, qui pour rien au monde ne veut changer l'ordre établi, les dialogues sont percutants". 

Un véritable choc des cultures qui reste toujours d'actualité, un échange durant lequel les acteurs nous incitent à la réflexion. Pour un monde meilleur ? La question est bien encore d'actualité
Vous en jugerez par vous-même, c'est à voir au Théâtre de la Contrescarpe jusqu'à la fin mars.

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Face-à-face émouvant...

L’écrivain monégasque Alain Pastor a imaginé le face-à-face émouvant entre une jeune aristocrate française devenue princesse de Monaco et un écrivain, tous deux emprisonnés pendant la Terreur. PAR ANNE-CÉCILE HUPRELLE   Séverine Cojannot est... Lire plus

L’écrivain monégasque Alain Pastor a imaginé
le face-à-face émouvant entre une jeune
aristocrate française devenue princesse de
Monaco et un écrivain, tous deux emprisonnés
pendant la Terreur. PAR ANNE-CÉCILE HUPRELLE

 

Séverine Cojannot est Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, princesse de Monaco, face à l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, interprété par Patrick Courtois. L’auteur monégasque Alain Pastor, officier de l’ordre de Saint-Charles et officier de l’ordre du Mérite culturel en principauté.

C’est un fil, souvent tendu, parfois délicat, entre deux personnages au même destin tragique mais que tout oppose. Paris, juillet 1794. Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, nièce du ministre du roi Louis XV, devenue princesse de Monaco après avoir épousé Joseph Grimaldi, est détenue depuis plusieurs mois. Elle attend sa condamnation devant le Tribunal révolutionnaire. Et peut-être l’échafaud. Une arrivée inopportune rompt un moment sa grande solitude : Louis-Sébastien Mercier est écrivain. Le dramaturge, témoin privilégié de cette époque, auteur d’un étonnant roman d’anticipation, L’An 2440, rêvait jusqu’ici d’une révolution « pacifique et heureuse ». Toutes les circonstances lui prouvent le contraire. Un gouvernement révolutionnaire, centré sur le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale, a été mis en place. Issu de la Convention nationale, il se donne pour mission de mater les révoltes et insurrections.

 

Dans Le Rêve de Mercier, l’auteur monégasque Alain Pastor met en lumière le ressort psychologique de cette époque : « J’ai lu quantité d’ouvrages sur la Révolution. J’avais besoin de connaître ces années-là. Et au-delà du déroulé chronologique, il était nécessaire que je comprenne les causes psychiques de ce que l’on appelle aujourd’hui la Terreur. » En découlent une rencontre et un dialogue romancés entre deux personnages historiques. « Cela faisait quelques années déjà que je souhaitais travailler autour de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, il fallait que je trouve un autre personnage pour créer une confrontation théâtrale. » Louis-Sébastien Mercier sera ce pivot permettant de créer une dramaturgie toute particulière à cette pièce. Alain Pastor lit ses écrits durant des mois, s’imprégnant de son univers, de sa façon de composer les mots et de décomposer les certitudes : « Mercier est intéressant car il est acquis aux idéaux révolutionnaires, mais il est lui-même victime des contradictions et excès de son époque. Cet aspect m’intéressait pour montrer qu’à un moment donné, une folie générale s’est emparée de la France. » Ce duel théâtral, qui tourne parfois au duo, inspire une certaine empathie. Alain Pastor assume la bienveillance qu’il a conférée à ces personnages : « Mercier est profondément humain, il est impétueux et plein de contradictions, parfois ridicule… par exemple, il estimait que Racine et Corneille étaient des auteurs mineurs. » Cette humanité, l’auteur de théâtre voulait qu’elle fasse écho à celle de Françoise- Thérèse de Choiseul-Stainville « J’ai souhaité faire réagir cette femme dans toute sa sincérité, en sa qualité de femme, de mère et de princesse, elle ne renie pas son appartenance à l’aristocratie. Elle est même digne de son rang. » Avant les représentations parisiennes, la pièce Le Rêve de Mercier a été proposée pour la première fois à Monaco, le 30 novembre dernier, devant la princesse Caroline de Hanovre et les descendants de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville : « Ce fut très émouvant, se souvient Alain Pastor, d’autant plus que le sort de cette princesse moderne est doublement tragique. Victime malheureuse de la Révolution, elle a fait partie de la dernière charrette des guillotinés.» À vingt-quatre heures près, la princesse, qui n’avait pas 28 ans, aurait pu être sauvée.

 

NOSTALGIE MONÉGASQUE Le Rêve de Mercier nous rappelle que la Principauté était un État bien plus vaste au XVIIIe siècle. Étendu entre Menton et Roquebrune, Monaco bénéficiait de la protection de la France jusqu’à l’époque de Louis XIV. Le prince Honoré III avait déclaré la neutralité de la Principauté pour se tenir à l’écart des conflits entre les puissances européennes. La Révolution française va précipiter la disparition temporaire de l’État monégasque. Début 1793, ce dernier est rattaché à la France sous le nom de Fort-Hercule, sous-préfecture du département des Alpes-Maritimes. De 1793 jusqu’au traité de Paris du 30 mai 1814, Monaco n’existera plus en tant que principauté. C’est après la chute de Napoléon Ier que les Grimaldi retrouveront la pleine possession de leur État.

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Lhistoire
Du sort de Robespierre (...) va dépendre le leur...

Les prisonniers de Thermidor Une pièce d’Alain Pastor met en scène la rencontre improbable d’un écrivain et d’une princesse pendant la Révolution. Un homme et une femme se font face dans une prison parisienne en juillet 1794. Louis-Sébastien Mercier est un écrivain connu,... Lire plus

Les prisonniers de Thermidor
Une pièce d’Alain Pastor met en scène la rencontre improbable d’un écrivain et d’une princesse pendant la Révolution.
Un homme et une femme se font face dans une prison parisienne en juillet 1794. Louis-Sébastien Mercier est un écrivain connu, député modéré à la Convention, emprisonné après avoir critiqué les méthodes des Montagnards. Il a rencontré un certain succès avec ses pièces et surtout une uchronie parue en 1771 et interdite en France, L’An 2440, où il expose des thèses hardies : il préconise notamment une société où les mérites personnels l’emporteraient sur les privilèges héréditaires. Son Tableau de Paris (12 volumes parus entre 1781 et 1788) a suscité beaucoup d’intérêt à l’étranger.
Thérèse-Françoise de Choiseul-Stainville, nièce d’un ministre de Louis XVI, est princesse depuis son mariage avec Joseph de Monaco. Détenue pour conspiration, la toute jeune femme attend de comparaître devant le tribunal révolutionnaire.
Elle ne connaît pas Mercier, qui en est légèrement vexé, elle lit Racine, que Mercier exècre, mais ils se retrouvent dans leur aspiration commune à retrouver leurs filles et la légèreté d’une existence paisible. A travers leurs confidences et les rumeurs venues de l’extérieur se dévoile un peu de l’atmosphère lourde de thermidor an II, l’espoir d’un transfert, la peur des délateurs, les rivalités des gouvernants.
Du sort de Robespierre, encore tout-puissant pour quelques heures, va dépendre le leur : la charrette vers la guillotine de la place du Trône renversé ou la libération.
Huguette Meunier

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Un moment de bonheur à partager sans retenue !

"On assite à la rencontre improbable et cependant magique d’une jeune aristocrate, Thérèse de Choiseul, devenue princesse de Monaco par mariage et de l’écrivain Louis-Sébastien Mercier qui arrive par erreur dans sa cellule. Tous deux sont emprisonnés et attendent, l’une son... Lire plus

"On assite à la rencontre improbable et cependant magique d’une jeune aristocrate, Thérèse de Choiseul, devenue princesse de Monaco par mariage et de l’écrivain Louis-Sébastien Mercier qui arrive par erreur dans sa cellule. Tous deux sont emprisonnés et attendent, l’une son procès, l’autre son transfert dans un autre établissement.
Démarre alors entre ces deux personnalités authentiques et sincères un dialogue poignant aux joutes oratoires sublimes, parfois complices et souvent rudes… C’est qu’entre la belle jeune femme noble et l’écrivain rêvant d’une révolution « la plus pacifique et heureuse » possible, le décalage social et culturel est patent voire douloureux.
Mais ces êtres dignes et habités de riches convictions vont se comprendre et vouloir s’aider, se protéger… La dernière partie nous fait vivre un suspens intense : Robespierre tombe et Thérèse, condamnée à la peine capitale, va-t-elle dans sa charrette et au tout dernier moment, échapper à l’échafaud ?
A souligner le très grand talent d’Alain Pastor, auteur de ce texte magnifique aux dialogues percutants. Quant aux deux comédiens, ils sont aussi convaincants que charismatiques. Un moment de bonheur à partager sans retenue !"

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Théâtre & Co
Une création remarquable qui nous transpose au cœur de la sombre période révolutionnaire

Théâtre de la Contrescarpe : Le Rêve de Mercier       Le Rêve de Mercier est une pièce originale d’Alain Pastor, présentée dans une mise en scène vibrante de Pascal Vitiello au Théâtre Princesse Grâce de Monaco fin novembre 2021, reprise... Lire plus

Théâtre de la Contrescarpe : Le Rêve de Mercier
      Le Rêve de Mercier est une pièce originale d’Alain Pastor, présentée dans une mise en scène vibrante de Pascal Vitiello au Théâtre Princesse Grâce de Monaco fin novembre 2021, reprise au Théâtre de la Contrescarpe début janvier 2022. Touché par le sort tragique de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville (1766-1794), Alain Pastor rend un magnifique hommage à cette princesse monégasque frappée de plein de fouet par la Terreur débordante et dévorante, semée par Robespierre et ses complices.
      Dans Le Rêve de Mercier, Alain Pastor évoque l’envers de la noire période de la Révolution française, qui a été autrefois farouchement idéalisée mais que l’on considère aujourd’hui avec une plus grande lucidité. Il en propose une analyse perspicace à travers une confrontation émouvante de deux figures historiques réunies à la faveur d’une rencontre inopinée, entièrement fictive : la princesse Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, emprisonnée à la suite de plusieurs dénonciations complaisantes, et l’écrivain Louis-Sébastien Mercier (1740-1814), qui lui aussi se retrouve en prison à cause de son opposition critique à la clique menée par Robespierre.
Alain Pastor s’intéresse de plus près au sort de la princesse dont il retrace l’histoire avec sensibilité : Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville se trouve en effet dans la dernière charrette envoyée place de la Nation, peu après la chute de Robespierre, pour y être exécutée à l’âge de 27 ans le 27 juillet 1794. La princesse compte ainsi parmi ces innombrables victimes éliminées par un régime révolutionnaire grâce à des procès montés sans pitié, sans pièces à conviction et à l’aide de témoins louches, en raison d’une condition sociale favorable. Mais Le Rêve de Mercier se présente tout d’abord comme une mise en débat virulente des événements historiques les plus emblématiques qui affectent directement les deux prisonniers amenés sur scène. La figure de l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, qui, par le truchement de la rencontre fictive avec la princesse, est susceptible de rapporter les derniers moments de sa vie, donne à cet échange dramatique ses lettres de noblesse ainsi qu’une émotion troublante stimulée par la déception de la Révolution basculée dans un excès de violence et par le désir de vivre en paix.

Le Rêve de Mercier mêle de manière originale le temps dramatique et le temps épique dans une perspective dialectique extrêmement subtile : de facture dramatique au sens classique du terme, l’action déroulée dans la cellule de Françoise-Thérèse au cours d’une seule journée, celle qui précède sa sortie de prison et son procès expédié en quelques dizaines de minutes, est en effet rattrapée par le récit de ce procès et de son exécution pour s’inscrire pleinement dans un temps historique. Les moments les plus importants de la vie de la princesse sont certes évoqués dans le débat avec Louis-Sébastien Mercier, dès lors que celui-ci découvre avec étonnement sa condition princière, et lui servent souvent même d’arguments pour se défendre contre les accusations soulevées par l’écrivain, mais l’écoulement du temps historique n’est introduit dans l’action qu’in extremis à travers une série de séquences narratives poignantes qui se succèdent rapidement au dénouement. Cette résolution frappante confère à l’attente angoissée de Françoise-Thérèse une dimension tragique au sens moderne du terme : la princesse, qui aurait pu échapper à son exécution, semble soudain balayée par un inéluctable concours de circonstances et ce, malgré les propos rassurants de l’écrivain vivement touché dans son humanité malgré les divergences politiques qui les opposent.
La scénographie et le travail de mise en scène jouent finement avec la tension tragique obtenue grâce à la dialectique du temps inscrite dans l’action. Une petite fenêtre en bois suspendue sur un fond noir côté jardin nous transporte dans la prétendue cellule de Françoise-Thérèse plongée dans la pénombre. L’austérité de ce type de lieu réputé pour son insalubrité jure avec l’élégance d’un fauteuil Louis XVI flanqué d’une jolie petite table basse claire et d’un paravent blanc, mais aussi avec une magnifique robe à paniers orange portée par la prisonnière. Une table à écrire et une chaise en bois, placées côté cour, contrastent avec ces éléments pittoresques dont la fonction manifeste est ici de signifier le XVIIIe siècle. Tous ces éléments de décor n’ont en fin de compte qu’un rôle symbolique : évoquer un lieu d’emprisonnement et une époque historique avec cette imprécision spatio-temporelle qui situe l’action déroulée dans une réalité scénique concrète métamorphosée, comme par enchantement, en une vision fabuleuse qui s’impose à notre regard avec une plus grande force que ne l’aurait fait une scénographie naturaliste. Le spectateur a ainsi l’impression que la confrontation entre Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville et Louis-Sébastien Mercier gagne en authenticité au mépris du caractère fictif de cette rencontre forgée dans l’esprit du dramaturge. Débarrassée du superflu d’un ancrage matériel artificiel, le sort tragique de la princesse se profile dans un saisissant clair-obscur qui nous transpose dans l’intimité bouleversante de cette prisonnière tenue dans l’attente de sa comparution fatale devant le Tribunal révolutionnaire.
L’action scénique, quant à elle, tient à la mise en espace d’un échange animé entre les deux protagonistes qui ne laissent d’abord rien présager sur le sort tragique de la princesse. Le spectateur trouve Séverine Cojannot, qui l’incarne avec une élégance épatante, assise dans le fauteuil du fond en train de coudre : Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville se fait surprendre par l’entrée de Louis-Sébastien Mercier qui l’entraîne malgré elle dans une polémique intéressée sur la Révolution, écrivain dont elle n’aurait jamais entendu parler. C’est Patrick Courtois qui s’empare de ce rôle avec la véhémence d’un homme politique acquis aux idées révolutionnaires d’égalité et de justice sociale. Les deux comédiens créent des personnages contrastés que tout semble opposer à l’exception notable de leur désir de retrouver leurs familles.
Patrick Courtois donne à l’écrivain une attitude énergique et passionnée qui correspond certes à ses convictions politiques, mais la fébrilité lisible dans des gestes et mouvements agiles traduit aussi bien sa profonde inquiétude pour sa propre vie que son violent désir de paix et la sympathie éprouvée pour la princesse. Les entrées et les sorties de Mercier relancent l’action tout en stimulant l’inquiétude grandissante de Françoise-Thérèse. Séverine Cojannot l’interprète cependant avec une attitude altière en accord avec les représentations de la morgue aristocratique : un maintien parfait, les bras appuyés contre les paniers, un parler lent et une articulation distinguée, des mouvements et des gestes réfléchis, tout montre que ce personnage est issu de la haute noblesse, avant même que son identité ne soit explicitement révélée. Séverine Cojannot garde cette même attitude tout au long de l’action en la nuançant par un certain trouble à peine maîtrisé qui montre en sourdine la souffrance de la princesse séparée de ses enfants et de son pays d’adoption. A travers ces deux postures diamétralement opposées, les deux personnages paraissent ainsi en proie à une inquiétude existentielle commune tout en émouvant avec délicatesse les spectateurs présents dans la salle.
A l’affiche au Théâtre de la Contrescarpe, Le Rêve de Mercier d’Alain Pastor est une création remarquable qui nous transpose au cœur de la sombre période révolutionnaire. Elle dresse des portraits poignants de deux figures historiques qui interrogent avec acuité notre rapport à ces événements tristement célèbres et à l’origine de notre démocratie tout en posant la question du devenir de l’homme confronté à la violence et à la manipulation. Les deux comédiens nous rassurent cependant que le sentiment d’humanité ne cesse de renaître même à ces moments sans espoir où tout semble perdu.

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Une princesse qui doit être considérée (...) comme une véritable héroïne.

La rencontre d’un révolutionnaire et d’une princesse de Monaco. Paris, juillet 1794, sous la Terreur Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, devenue princesse de Monaco par mariage, est emprisonnée depuis plusieurs mois. Elle attend sa comparution devant le... Lire plus

La rencontre d’un révolutionnaire et d’une princesse de Monaco.
Paris, juillet 1794, sous la Terreur
Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, devenue princesse de Monaco par mariage, est emprisonnée depuis plusieurs mois. Elle attend sa comparution devant le Tribunal révolutionnaire qui pourrait la conduire à l’échafaud. L’entrée soudaine, dans sa cellule, de l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, qui avait rêvé à une Révolution « la plus pacifique et heureuse », est-elle le signe qu’il lui serait possible d’échapper à ce cruel destin ? D’autant que dans l’ombre se trame une conjuration contre Robespierre, suspecté d’aspirer à la dictature.
 Une rencontre improbable dans un contexte historique tragique…

 

«J’ai toujours été ému par le destin tragique de
 Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, devenue 
princesse de Monaco par mariage…
C’est bien à elle que j’ai voulu rendre hommage ; dans 
une période tourmentée, faite de bruit et de fureur.
 Une princesse qui doit être considérée, par son
 élégance et sa dignité, comme une véritable héroïne.»
Alain Pastor, auteur de la pièce

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Un duo remarquable !

Le journaliste Louis-Sébastien Mercier, un révolutionnaire « pacifique », se retrouve en prison, pris dans la tourmente de la Terreur instaurée par Robespierre. Il y rencontre une détenue et échange avec elle de nombreuses confidences sur la situation actuelle. Lorsque Mercier... Lire plus

Le journaliste Louis-Sébastien Mercier, un révolutionnaire « pacifique », se retrouve en prison, pris dans la tourmente de la Terreur instaurée par Robespierre. Il y rencontre une détenue et échange avec elle de nombreuses confidences sur la situation actuelle. Lorsque Mercier découvre la véritable identité de cette femme, qui se trouve être la Princesse de Monaco, se sentant trahi, il entre dans une colère noire. Mais peu à peu la jeune femme va l’amadouer, le convaincre de sa bonne foi, de son innocence et de l’injustice de sa probable condamnation à mort. Elle espère que le journaliste pourra intercéder en sa faveur. Alors que les révolutionnaires sont entraînés dans un maelström politique, auront-ils un geste d’humanité ?

 

La pièce d’Alain Pastor, mise en scène par Pascal Vitiello, est servie par Séverine Cojannot et Patrick Courtois qui forment un duo remarquable.

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