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    En direct d’Avignon – Le Théâtre des Béliers

    Interview

    Le Théâtre des Béliers est un théâtre incontournable du festival OFF d’Avignon. Présent depuis 14 saisons, il axe sa programmation autour de la création contemporaine et présente des auteurs confirmés comme des talents émergents.

    La plupart de ses spectacles sont ensuite programmés dans son antenne parisienne, le Théâtre des Béliers Parisiens situé dans le 18ème arrondissement. Dans le cadre du festival, nous rencontrons aujourd’hui Arthur Jugnot, l’un des co-directeurs du théâtre.

     

    Pouvez-vous présenter l’articulation de vos activités : entre votre société de production, le Théâtre des Béliers à Avignon et celui de Paris ?

    Nous sommes 4 associés : Frédéric Thibault, David Roussel, Florent Bruneau, et moi-même et nous avons fondé en 2004 notre société de production « Les Béliers en tournée » qui produit des spectacles et les diffuse.

    Deux théâtres nous permettent de présenter nos productions : le  Théâtre des Béliers  à Avignon, acquis en 2006 et le Théâtre des Béliers Parisiens à Paris, l’ancien Sudden Théâtre que nous avons renommé en 2012 dans la continuité de notre salle avignonnaise.

     

    Quel est l’historique du Théâtre des Béliers Avignon ?

     Nous l’avons racheté en 2015, il n’y avait qu’une salle qui était techniquement sommaire. Notre but était de faire un théâtre qui puisse accueillir des spectacles ambitieux de taille importante. Nous avons donc entièrement rééquipé la salle et je pense pouvoir dire que nous sommes l’une des salles avignonnaises les mieux équipées !

     

     

    Nous travaillons également avec une équipe technique très performante qui nous permet d’accueillir facilement les spectacles.

    Nous avons ensuite construit la deuxième salle et agrandit notre équipe. L’atmosphère est très conviviale, notre cuisinière « Mamie Fanfan » prépare les repas des équipes et nous fait des crêpes au gouter. C’est une joyeuse ambiance de troupe qui s’est créée tout en restant très professionnelle.

     

    Comment se passe la reprise du festival d’Avignon cette année ? Quels enjeux cela représente pour vous ?

    Le premier enjeu était de pouvoir présenter nos spectacles, montrer notre travail et retrouver notre public ! Si nous avons une salle à Paris qui nous permet de créer, Avignon reste une vitrine majeure de l’émergence théâtrale. Il nous semblait primordial que les artistes, privés d’Avignon l’année dernière, puissent avoir l’opportunité de jouer au festival.

     

    Son annulation aurait été catastrophique d’un point de vue économique pour l’emploi. Même dans le cadre d’un festival minoré comme celui de cette année, cela représente plus de 1000 spectacles et tous les emplois impliqués : les régisseurs, les décorateurs, les éclairagistes, les comédiens etc.

    Un autre enjeu est la difficulté psychologique qui est la nôtre. Avoir une création qui ne peut jamais être présentée devient très compliqué à vivre. Les artistes se découragent et se lassent.

     

    En ce moment, nous faisons face à un « embouteillage » dans la création. Les nouveaux spectacles, écrits récemment, se retrouvent relayés derrière de nombreuses créations qui ont eu le temps d’être montées et qui n’ont pas encore été vues.

    C’est un festival un peu étrange car il y a seulement trois mois, nous ne pensions pas pouvoir rouvrir. Nous avons dû condamner l’une de nos deux salles pour éviter les flux trop importants de spectateurs.

    Il a fallu restreindre notre public drastiquement.

     

    Nous proposons d’habitude 17 spectacles par jour et cette année nous n’en avons que 6. Cette année le festival représente donc peu d’enjeux économiques pour nous, du fait de cette limite concernant le nombre de pièces que nous présentons. Il s’agit surtout de « relancer la machine » car Avignon est un salon pour présenter ses spectacles et vendre des tournées.

     

    Dans quel ordre présentez-vous vos créations entre Avignon et Paris ?

    Avant d’avoir le Théâtre des Béliers Parisiens, nous présentions d’abord nos créations à Avignon. Maintenant, cela dépend. Ce n’est pas forcément la meilleure option de commencer à Avignon.

    L’idéal est de faire une dizaine de dates de « pré-tournée », aller à Avignon pour vendre les dates en amont, puis enchainer avec Paris.

    Cependant, plusieurs cas de figure existent.

     

    Cette année, j’ai pour ma part créé une pièce : Saint-Exupéry – Le mystère de l’aviateur que j’ai décidé de présenter à Avignon en premier lieu, en raison de divers incidents liés au confinement.

     

     

    Idéalement j’aurais préféré la présenter d’abord à Paris. Il est techniquement plus compliqué de mettre en place un nouveau spectacle à Avignon en raison du nombre important de spectacles quotidiens. Le conseil que je donnerais est d’arriver avec un spectacle déjà rodé.

     

    Quels sont les spectacles attendus que vous présentez cette année ?

    Parmi les 6 spectacles que nous présentons, on retrouve Venise n’est pas en Italie  d’Ivan Calberac qui est une de nos productions d’il y a quelques années et que nous n’avons pas pu jouer l’année dernière.

    Il y a une nouvelle création Le bonheur des uns de Côme de Bellescize, auteur qui a été nominé aux Molières pour sa pièce Les beaux l’année dernière.

     

    Les poupées persanes d’Aïda Asgharzadeh créateur de La main de Leila, succès Off Avignon en 2019 ; ma pièce Saint-Exupéry – Le mystère de l’aviateur ; le nouveau spectacle d’Alex Vizorek, Ad vitam ; Mariåj en chønsons un spectacle musical du trio comique « Blond and Blond and Blond ».

    Notre programmation est assez attendue dans l’ensemble.

     

     

    Nous avons la chance d’avoir un public avignonnais fidèle. Avec le temps, nous avons instauré une ligne de programmation « amicale » avec des artistes avec lesquels nous avons l’habitude de travailler.

     

    Quelle est la ligne artistique du Théâtre des Béliers ?

    Il y a d’abord nos productions, puis il y a les artistes avec lesquels nous avons l’habitude de travailler. S’il reste des créneaux, nous pouvons chercher ailleurs mais c’est exceptionnel car nous avons un réseau de créateurs important et il est parfois compliqué de pouvoir programmer tout le monde.

    Le spectre des spectacles que nous présentons est assez large et varié. Nous aimons la création contemporaine quelle qu’elle soit. Cela peut aller de la danse, à la magie en passant par la comédie musicale.

     

    Qu’est-ce qui vous fait dire qu’un spectacle est un « bon » spectacle ?

    C’est l’émotion qu’il produit : les rires, les larmes… L’idée est de trouver le point culminant entre la dimension artistique et ce qui va plaire. Nous voulons que nos spectacles soient aimés et qu’ils aient du sens.

    Pour citer les Chiche Capon : « Des spectacles intelligents pour des gens qui n’ont pas envie de réfléchir ! ». Cela résume bien notre manière de choisir.

     

    J’aime aussi ce qu’on appelle « La culture indolore » : quand un spectacle nous emporte dans son histoire et nous fait ressentir des émotions sans que ça soit un effort. 

     

    Pourriez-vous nous en dire plus sur le métier de tourneur, l’articulation entre les lieux et les tournées ?

    Nous sommes tourneurs-producteurs. Cela consiste à proposer nos spectacles à toutes les municipalités, les programmateurs, les chargés de culture. Il faut faire des catalogues, les inviter, leur envoyer des bandes annonces. C’est un travail commercial important qui demande un grand effort de logistique.

     

    Il faut ensuite orchestrer toute la mise en place des tournées avec le montage et le démontage des spectacles. Certains spectacles sont plus faciles à vendre que d’autres selon la présence de têtes d’affiche par exemple. Il est parfois compliqué de vendre un spectacle sur le critère uniquement qualitatif. C’est pourquoi il faut parvenir à fidéliser des programmateurs.

     

    Vous avez un exemple d’un spectacle qui a eu du mal à être programmé puis qui a été un succès ?

    Le spectacle Les crapauds fous qui est une production locale avec de nombreux acteurs peu connus était compliqué à vendre « sur le papier » au départ. Il a finalement reçu deux Molières et n’a plus aucun problème à tourner aujourd’hui.

     


    "Les crapauds fous" de Mélody Mouray

    Avez qui travaillez-vous pour les décors ?

    Nous travaillons principalement avec l’atelier de production Jipanco. Personnellement je travaille avec Juliette Azzopardi qui fait les décors de mes pièces.

     

    Vous travaillez en parallèle dans d’autres théâtres ?

    Je suis co-directeur du Théâtre de la Renaissance, programmateur du Théâtre du Splendid, et j’ai des parts au Théâtre Lepic. Je suis aussi secrétaire général du SNDTP (Syndicat National du Théâtre Privé).

     

    Le mot de la fin ?

    Difficile à dire… « Force et hygiène. » (rires)

     

    ....

     

    Retrouvez également notre article sur les Béliers Parisiens !

     

    A suivre aussi : sortie de la pièce Saint-Exupéry - Le mystère de l'aviateur, au Théâtre du Splendid à partir du 25 aôut.

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