
MOLIÈRE n’a jamais cessé de nous parler. Dans cette nouvelle adaptation du « Malade imaginaire » présentée au Lucernaire par la Compagnie du Néant, le célèbre chef-d’œuvre retrouve une étonnante modernité grâce à une mise en scène inventive qui fait de l’esprit critique le véritable moteur de l’action.
Inspirée par un univers steampunk aussi fantasque qu’inventif, et porté par une lecture audacieuse, cette grande comédie de MOLIÈRE mêle satire, quiproquos et théâtre dans le théâtre pour interroger autant les figures d’autorité que notre propension à croire aveuglément ceux qui prétendent savoir.
Argan est persuadé d’être constamment malade et place une confiance aveugle dans les médecins qui profitent de ses inquiétudes. Désireux de renforcer ses liens avec ce milieu qu’il admire tant, il souhaite marier sa fille Angélique à Thomas Diafoirus, jeune médecin aussi prétentieux que ridicule. Mais Angélique aime déjà Cléante et refuse ce destin tout tracé. Tandis que Béline, la seconde épouse d’Argan, nourrit des intérêts bien moins nobles qu’elle ne le prétend, Toinette, la servante pleine d’esprit, mets en œuvre une série de stratagèmes pour dévoiler les mensonges, faire tomber les masques et ouvrir les yeux du malade imaginaire sur ceux qui l’entourent.

Dès le prologue, où MOLIÈRE lui-même semble venir nous souffler quelques vérités à l’oreille, le ton est donné. Dans l’ombre, Polichinelle et Dorine deviennent les véritables maîtres du jeu. Manipulateurs bienveillants, ils tirent les ficelles de cette grande mascarade.
« Un Molière éclatant de vivacité : la mise en scène allie précision, rythme et intelligence. Comique ciselé, scénographie claire et inventive. Un pur moment de théâtre moderne et fidèle, jubilatoire de bout en bout. » — Françoise via TPA.FR
La scénographie est l’une des grandes réussites du spectacle. Bois, cuir, cuivre, masques de peste, transistors et mécanismes ingénieux composent un fascinant cabinet de curiosités. Au centre trône Argan, roi dérisoire installé sur son « trône percé », un ingénieux fauteuil mécanique, couronné de son si célèbre bonnet de nuit.
Autre prouesse : quatre comédiens incarnent une douzaine de personnages avec une virtuosité réjouissante. Les changements de rôles s’enchaînent à vue, multipliant les effets comiques et les surprises.

La farce retrouve ici toute sa puissance. Les masques tombent, les médecins sont cloués au pilori, et la médecine devient sous la plume de Molière un terrain de jeu irrésistible pour la satire. Entre drôlerie, théâtre dans le théâtre et éclats de rire, le spectacle rappelle combien le rire demeure une arme redoutable contre la crédulité.
« Une mise en scène qui fait confiance au texte, des comédiens engagés et un vrai travail sur le rythme. » — Julie via TPA.FR
Si vous aimez les classiques revisités avec imagination et respect, ne manquez pas ce « Malade imaginaire » au théâtre Lucernaire (Paris 6ème AR) : une adaptation inventive, drôle et intelligente, qui prouve, une fois encore, que les grands textes ne vieillissent jamais.
