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« L’Amant » : le vertige des apparences avec Sara BIASINI et Pierre ROCHEFORT

Spectacle

Après avoir conquis le Festival Off d’Avignon 2025 où il affichait complet soir après soir, « L’Amant » du dramaturge britannique Harold PINTER poursuit son chemin au Théâtre de Paris dans une mise en scène de Thierry HARCOURT. Entre comédie de mœurs, thriller psychologique et exploration des territoires du désir, le spectacle invite le spectateur dans un labyrinthe dont il ne ressort jamais tout à fait indemne.

Dans un intérieur aux accents presque psychédéliques, Sarah et Richard semblent former un couple parfaitement ordinaire. Les premières conversations paraissent banales, presque ennuyeuses. On parle du quotidien, d’habitudes, de rendez-vous.

Pourtant, dès les premiers échanges, quelque chose grince. Sarah a un amant. Richard le sait. Ce n’est ni un secret ni un scandale. Le sujet est abordé avec une désarmante simplicité. Lui-même évoque sa maîtresse avec une désinvolture dérangeante. Le ton est donné.

 

« Un terrain de jeu espiègle, vertigineux et dangereusement sensuel. C’est sec, tendu, parfois drôle, toujours profondément dérangeant. Une façon de se brûler pour mieux s’aimer. » – L’ŒIL D’OLIVIER

 

Peu à peu, Harold PINTER brouille les pistes. Les frontières entre vérité et mensonge, fantasme et réalité, amour et domination deviennent poreuses. Chaque phrase semble contenir un secret. Chaque silence devient suspect. Le spectateur cherche des repères, tente de comprendre les règles de ce jeu étrange qui se déploie sous ses yeux.Lorsque le jeu de rôle s’installe véritablement, la mécanique devient fascinante. Sarah BIASINI et Pierre ROCHEFORT composent un duo d’une grande intensité. Les mots se font plus rugueux, les comportements plus abrupts. Sous l’apparente légèreté des situations affleure une violence sourde. Les personnages se séduisent, se défient, se manipulent. Ils jouent des rôles, puis jouent à jouer des rôles, jusqu’à ce que toute certitude s’effondre.

 

« Une belle complicité. Une exploration du couple et de la nature humaine qui enchante le public. » – LE DAUPHINÉ LIBÉRÉE

 

Thierry HARCOURT dirige cette partition avec une remarquable précision. Fidèle à l’écriture de PINTER, il laisse les silences parler autant que les dialogues. La confusion n’est jamais un défaut, mais une invitation. On se surprend à reconstruire l’histoire pendant la représentation, puis encore longtemps après la tombée du rideau.

Vénéneux, élégant et profondément dérangeant, « L’Amant » est de ces pièces qui refusent les réponses faciles. Un théâtre de l’ambiguïté où chaque regard compte et où chaque mot peut mentir.

  

« Énigmatiques et dérangeants à souhait, ils nous questionnent avec légèreté et insolence sur l’art d’aimer. » – TÉLÉRAMA TTT

 

Ne cherchez pas à tout comprendre immédiatement. Laissez-vous entraîner dans ce fascinant jeu de miroirs et découvrez pourquoi cette œuvre continue, plus de soixante ans après sa création française, à troubler et captiver son public.

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