Au Théâtre de Poche-Montparnasse, « Antigone » de Jean ANOUILH retrouve toute sa puissance tragique dans une mise en scène épurée de Didier LONG.
nspirée du mythe antique de SOPHOCLE, cette œuvre écrite sous l’Occupation s’impose comme un manifeste universel de résistance. Face à Créon, figure de l’autorité et de la raison d’État, Antigone incarne une jeunesse indomptable, prête à mourir pour rester fidèle à ses convictions les plus profondes.
Dans cette version resserrée et intime, le texte d’ANOUILH résonne avec une acuité troublante. Le conflit entre loi et justice, entre ordre politique et conscience individuelle, traverse la scène avec intensité. Refusant tout compromis, Antigone ne cherche ni à convaincre ni à négocier : elle affirme un « non » absolu, radical, qui fait vaciller les certitudes et interroge chacun.
Portée par une distribution engagée, la pièce déploie une tension constante, où la parole devient acte et où les corps traduisent la violence du choix. Plus qu’une tragédie classique, « Antigone » apparaît ici comme une œuvre profondément contemporaine, faisant écho aux engagements et aux fractures de notre époque.
Un théâtre de l’essentiel, qui rappelle avec force que certaines luttes dépassent le temps et les circonstances

