POINT DE VUE-DU 17 au 23/12/2014
Flaubert enragé - Le meilleur stand-up de l’année ? Celui de Gad Elmaleh ou de Jamel Debbouze ? Eh bien non, c’est celui de Gustave Flaubert, « oursifié » par un formidable Jacques Weber. Après avoir reçu une lettre de rupture...
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POINT DE VUE-DU 17 au 23/12/2014
Flaubert enragé- Le meilleur stand-up de l’année ? Celui de Gad Elmaleh ou de Jamel Debbouze ? Eh bien non, c’est celui de Gustave Flaubert, « oursifié » par un formidable Jacques Weber. Après avoir reçu une lettre de rupture de sa maitresse Louise Colet, l’auteur de Madame Bovary s’emporte, charge de tous les maux l’Académie française, Lamartine, Musset et le sentimentalisme féminin. Il parle ainsi de l’amour comme « d’un lit où l’on met son cœur pour se détendre. Or on ne reste pas couché toute la journée ». Tissé avec brio par Arnaud Bédouet à partir de la correspondance de l’écrivain (cinq tomes dans la Pléiade !), ce monologue est un torrent de bons mots, aussi ravageurs que vachards. D’une mauvaise foi jouissive, tout bonnement hygiénique. R.M
A NOUS PARIS – le 15/12/2014
… Il y a ici de la sueur, de la chair, une force sauvage, fauve. S’engouffrant dans ce texte de haut voltage satirique (Arnaud Redoute). Wever met les doigts dans la prise, électrisant l’espace par ses coups de tonnerre, ses humeurs torrentielles. Un magistral coup de gueule dans l’un des derniers espaces de liberté et de conviction de notre société émolliente : le théâtre. On en ressort rincé mais vivant. Terriblement…
LE POINT-LE 13/12/2014 – Gilles Costaz
… C'est un bel exploit de comédien - la pensée et les thèmes abordés sont en désordre, quels zigzags ! - et une juste représentation de Gustave Flaubert, qui avait sans doute des moments plus silencieux et plus méditatifs. Bédouet et Weber ont privilégié l'ours mal léché, la rage de l'homme en cage dans une société qu'il rejette. C'est la pose que Flaubert a choisi d'adopter pour l'éternité et qui procure, dans cette transposition, un plaisir à la fois érudit et enfantin. "Qu'est-ce qu'il leur met, Gustave !" pense le spectateur, qui aimerait que nos meetings d'aujourd'hui aient cette verdeur et ce mépris de la bienséance.
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