
Au Théâtre du Petit Montparnasse, « VOLTIGE » ne se contente pas de raconter une histoire : elle la fait ressentir, vibrer, traverser. Inspirée du parcours de Dorine BOURNETON, survivante d’un crash d’avion devenue première femme paraplégique pilote de voltige, la pièce s’inscrit dans cette lignée rare de spectacles où la vie elle-même devient matière théâtrale.
Sous la direction d’Éric MÉTAYER, le récit intime se transforme en une expérience sensorielle où se mêlent théâtre, danse et manipulation dans une fascinante poésie visuelle.
Un théâtre du corps et de l’imaginaire
Dès les premières minutes, « VOLTIGE » impose une écriture scénique singulière : le plateau devient piste de décollage, vague, carlingue ou espace mental. Les lumières sculptent les émotions, le son résonne comme un tumulte intérieur : tout se bouscule, comme dans la tête de Dorine.
Le fauteuil, loin d’être un simple accessoire, devient un partenaire de jeu à part entière. Tantôt contrainte, tantôt moteur, il se meut, se déploie, se transforme. Il ne définit pas, il accompagne. Et surtout, il refuse toute réduction : Dorine n’est pas « une PMR », elle est une femme, une pilote, une artiste, une force en mouvement.
Autour d’elle, les silhouettes des Kurokos (Mikaël FAU et Yoann LEDUC) — inspirées du théâtre japonais — prolongent son imaginaire. Elles matérialisent ses peurs, ses élans, ses combats. Ensemble, ils composent une chorégraphie d’une grande délicatesse, où la contrainte devient envol.
Une interprétation habitée, entre feu et grâce
Ce qui frappe, c’est l’incarnation. Dorine BOURNETON ne joue pas, elle revit, elle transmet son parcours, ses combats et ceux des autres. Sa présence est à la fois fragile et puissante, traversée d’humour, de colère, de joie.
Les spectateurs ne s’y trompent pas : nombreux évoquent un « moment suspendu », une « claque d’humanité », ou encore une « intensité rare ». Tous s’accordent sur un point : l’émotion est là, brute, mais jamais larmoyante. On rit, souvent. On est bouleversé, toujours.
La mise en scène d’Éric MÉTAYER, précise et inventive, évite tout pathos. Elle préfère la suggestion à la démonstration, la poésie à l’insistance, et c’est précisément là que réside sa force : faire surgir des images puissantes avec une apparente simplicité.
Une portée universelle, au-delà du récit personnel
Si « VOLTIGE » touche autant, c’est que la pièce dépasse largement le cadre du témoignage. Le handicap n’est pas ici un sujet, mais un point de départ. Très vite, la pièce interroge nos propres limites, nos renoncements, nos peurs.
« VOLTIGE » est un spectacle qui questionne notre regard, nos normes, notre capacité à croire, encore et toujours, en nos rêves.
Dorine BOURNETON incarne cette idée essentielle : nos entraves ne sont pas toujours celles que l’on croit. Et que, parfois, il suffit d’oser poser cette question simple, presque enfantine : « Et pourquoi pas ? »
👉 Venez découvrir « VOLTIGE » au Théâtre du Petit Montparnasse et laissez-vous aussi emporter dans cet élan de vie.




